29/08/2016

Rio Tapajós : Les Munduruku gagnent une bataille

Région Rio Tapajós V4:1 - copie.jpgLe 5 août, l'Institut brésilien de l'environnement et des ressources naturelles renouvelables – IBAMA a classé le processus d'autorisation de construction de l'usine hydroélectrique de São Luiz du Tapajós. Un barrage projeté en amont de la localité d'Itaituba, dans l'État du Pará, d'une puissance prévue de 8'000 MW inondant une aire de 729 km2 (Lac Léman 581 km2).

Les premiers opposants à la réalisation de cet ouvrage ont été les Indiens Munduruku, le barrage allant inonder une partie de leur cadre de vie en particulier la Terre Indigène – TI Sawré Muybu. Dès janvier 1988, ils ont manifesté leur préoccupation en raison des relevés topographiques réalisés sur leurs terres, en lien avec l'éventualité de construction de trois barrages dans le Haut Tapajós. Plus tard, la menace s'est précisée avec l'inscription du barrage dans le Programme d'Accélération de la Croissance – PAC. En juin 2013, leur opposition s'est concrétisée quand ils ont expulsé de la Terre Indigène Munduruku des techniciens chargés de réaliser une étude environnementale, en prévision de la construction de l'ouvrage. Elle s'est encore manifestée dans d'autres occasions*. Au niveau international, en juin 2015, un leader Munduruku était à Genève**, au Conseil des Droits de l'homme pour dénoncer le non respect, par le gouvernement brésilien, des droits des peuples autochtones en matière de consultation préalable. Toujours au niveau international, Greenpeace a fait campagne pour faire connaître la revendication des Munduruku.

Le Ministère public de l'État du Para a organisé des rencontres à Santarém et Itaituba pour informer la population sur les enjeux de ces projets de barrages dans le bassin du rio Tapajós. De son côté, en juin dernier, la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI a rappelé à l'IBAMA les obstacles légaux et constitutionnels qui empêchent la construction de l'ouvrage, notamment le déplacement permanent de groupes indigènes de leurs terres.

Selon l'Institut Socioambiental, ce recul des autorités ne s'explique pas seulement par l'opposition qui s'est manifestée, mais aussi par d'autres facteurs comme les problèmes de corruption et le processus – en cours - de destitution de Dilma Rousseff partisane des mega-usines électriques. La crise économique qui sévit dans le pays oblige à réduire les investissements publics. Pour d'autres, le renoncement à cet ouvrage n'est que provisoire.

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* Voir sur ce Blog, les notes des 16 novembre 2012, 31 mai, 10 et 19 août 2013, 21 mars 2014 et 24 mars 2015

** Voir sur ce blog, la note du 7 août 2015

Carte : Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 111, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

 

 

 

 

 

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07/10/2010

Brésil : Le premier tour des élections présidentielles en Amazonie

Les medias ont largement rendu compte des élections brésiliennes au niveau national : L'arrivée en tête de Dilma Rousseff, candidate de Lula et d'une coalition de partis alliés au Parti des Travailleurs - PT, avec 46,91 % des 101,6 millions votes valides. Elle est suivie de José Serra, le candidat d'une coalition de partis groupés autour du Parti de la Social-Démocratie Brésilienne - PSDB, qui a obtenu 32,61 % des suffrages. Et le score surprise de Marina Silva du Parti Vert - PV, qui a été créditée de 19,33 % des votes. La demi - surprise a été la nécessité d'un deuxième tour, le 31 octobre prochain, pour désigner la nouvelle présidence du pays.

Le vote dans les États amazoniens

Selon les chiffres diffusés par "Agência Brasil", il a été dénombré près de 12 millions de bulletins valides en Amazonie légale*, soit environ 12 % de ces bulletins de tout le pays.

Toujours sur la base des résultats publiés par l'agence, dans cette partie du Brésil, Dilma Rousseff a récolté près de 54% des voix. Elle est arrivée en tête dans les États de l'Amapá, de l'Amazonas, du Pará et du Tocantins. Dans le Maranhão, elle obtient même son meilleur score national avec 71% des voix. Elle a fait son moins bon résultat national dans l'État d'Acre où elle n'a recueilli que 24% des suffrages.

José Serra a obtenu un peu plus de 29% des voix. Il est arrivé en tête dans les États d'Acre (où il a fait son meilleur score national avec 52% des voix), du Mato Grosso, de Rondônia et du Roraima. Il a fait son plus faible résultat national dans l'État d'Amazonas avec 8% des voix.

Toujours en Amazonie légale, Marina Silva a obtenu 16% des suffrages. Elle a fait son meilleur résultat régional dans l'État d'Amapá avec 30% des voix. Elle a fait son plus médiocre résultat régional dans l'État du Mato Grosso avec 12% des voix.

Si le Brésil avait voté comme l'Amazonie légale, Dilma aurait été élue dès le premier tour !

* L'Amazonie légale est composée de huit États : Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima et d'une partie du Maranhão. Elle a une superficie de 5,2 millions de km2 qui correspond à environ 61% du territoire brésilien. Elle est habitée par environ 12,5% de la population brésilienne. Voir la carte ci-contre. Amazonia_legal:2.gifDans cette statistique électorale, l'État du Maranhão a été pris dans sa globalité.

 

Pour en savoir plus sur les résultats des élections (en portugais) :

http://apuracao.ebc.com.br/

 

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