01/04/2009

Raposa Serra do Sol, une victoire patiemment attendue*

comoli raposa del sol.jpgLe 19 mars, c'est par dix voix contre une que le Tribunal Suprême Fédéral (STF) a reconnu la validité du processus de démarcation de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol (17'000 km2), située dans l'État de Roraima et habitée par 19'000 indigènes. Cette décision a eu un écho international. Cette démarcation avait été homologuée par décret présidentiel en avril 2005.

Les juges ont également décidé le retrait rapide des fazendeiros qui ont occupé illégalement cette Terre. Le délai pour leur évacuation est fixé au 30 avril.


Pour le Conseil Indigène de Roraima (CIR), "Reconnaître cette démarcation en aire continue de Raposa Serra do Sol, c'est garantir la vie physique et culturelle des peuples Macuxi, Wapichana, Ingarikó, Taurepang et Patamona, habitants ancestraux du nord du Brésil"…. "Avec la conclusion du jugement et le retrait des occupants illégaux, le CIR croit que les communautés vivront en paix et pourront construire un futur de développement soutenable en harmonie avec la nature".

Le CIR remercie tous ceux qui ont appuyé leur lutte qui aboutit à cette décision attendue depuis plus de trente ans. Le STF a assorti son jugement de dix-neuf conditions applicables à la démarcation des autres Terres indigènes du pays, conditions qui n'ont pas été discutées par les juges. Certaines d'ente-elles sont un simple rappel de ce que prévoit la Constitution, mais d'autres inquiètent, comme celle qui empêche l'extension de la surfface des terres déjà démarquées.

Avant même le jugement, le Procureur Général de la République a fait remarquer au STF que certaines de ces conditions étaient contraires aux dispositions de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail ratifiée par le Brésil. Pour l'Institut Socioambiental (ISA) "Le STF donne d'une main et reprend de l'autre". Pour le vice-président du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI), plusieurs de ces conditions favorisent tous les groupes qui exploitent, ou désirent exploiter, les richesses des terres indigènes, ou encore, rendront plus difficiles les futures démarcations.

Bernard Comoli avec l'aide de Sélim Benaïssa

*Voir "AYA Info" Nos 31, 34 et 36.

Pour en savoir plus (en portugais) :

http://www.cir.org.br/noticias.php?id=590, http://www.cir.org.br/noticias.php?id=591, http://www.cir.org.br/noticias.php?id=592 et autres nouvelles plus récentes.

Sur l'avis du Procureur Général de la République (en portugais) :

http://www.amazonia.org.br/noticias/noticia.cfm?id=304829 > memorial (en fin d'article),

Avis de l'ISA (en portugais) : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=2859

Avis du CIMI (en portugais) :

http://www.cimi.org.br/dev.php?system=news&action=imp... et

http://www.cimi.org.br/dev.php?system=news&action=imp...

 

 

 

 

 

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