16/04/2010

La maladie de Chagas est en voie de mondialisation. Elle est rapportée aussi à Genève

De nombreux cas de maladie de Chagas (du nom du médecin brésilien  l'a décrite en 1909), ont été observés dans les municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et de Barcelos (État d'Amazonas). Selon un spécialiste, le docteur Pedro Albajar Viñas, l'infection touche environ 5% de la population, mais ce taux passe à 15, voire 19%, chez les "piaçabeiros", les hommes - parmi eux des indiens Yanomami - qui travaillent et exploitent les feuilles, mais surtout les fibres d'une variété de palmier, la piaçaba (ou piaçava). Les fibres sont utilisées pour la fabrication de nombreux objets : sacs, balais, cordes, etc.. Et les feuilles pour la couverture des habitations. La maladie, appelée également trypanosomiase américaine, est transmise par une punaise hématophage, la triatomine, dont l'un des habitats est précisément ce palmier. Cette punaise est l'agent transmetteur de la maladie quand ses intestins sont infectés par un parasite pathogène le trypanosoma cruzi. La maladie a plusieurs modes de transmission. Le plus fréquent est vectoriel : après avoir piqué et sucé le sang de sa victime, l'insecte dépose ses excréments infectés à proximité de la piqûre. Celle-ci entraîne des démangeaisons. En se grattant, la victime favorise l'entrée du parasite dans le sang. La maladie se transmet également par voie orale (par l'absorption de boissons ou d'aliments infectés), transfusionnelle et congénitale (de la mère à l'enfant). Accompagnée de fièvre dans sa dans sa phase aiguë, la maladie peut provoquer une sorte furoncles appelés "chagomes", mais aussi des œdèmes sur les paupières si le sujet s'est frotté l'œil avec des mains contaminées. Dans sa phase chronique, de durée variable, elle est surtout à l'origine d'atteintes cardiaques, mais aussi digestives ou neurologiques pouvant être fatales. Les mesures de prévention, de dépistage et de traitement sont donc capitales. En 2007, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé un programme international pour l'élimination de la transmission et le traitement de cette affection qui ne concerne pas seulement l'Amazonie et le Brésil, mais aussi d'autres pays d'Amérique latine, où d'autres espèces de punaises sont également des agents transmetteurs. Avec les voyages et les migrations de populations, la maladie, jusque-là négligée, tend à se répandre dans le monde. Le premier cas de maladie de Chagas rapporté en Suisse a été diagnostiqué en 1996, aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). Depuis 2008, avec le soutien et la collaboration de l'OMS, les HUG ont mis en place un service de recherche, de dépistage et de traitement de cette maladie. Dans son rapport annuel 2008, le Service de médecine internationale et humanitaire (SMIH) des HUG indique avoir diagnostiqué 123 cas. En Suisse, maladie de Chagas n'est pas sur la liste des affections faisant l'objet d'une déclaration obligatoire aux services de santé. Il n'y a donc pas de statistiques à son sujet dans notre pays.

Pour en savoir plus :

http://revue.medhyg.ch/print.php3?sid=33165

http://www.medecine.unige.ch/coopinter/rvm2009.php > Collaborations pour des interventions de terrain > Partenariat OMS-HUG sur la maladie de Chagas, une parasitose tropicale négligée émergente en Europe

http://medecine-internationale.hug-ge.ch/recherche_public... > Rapport annuel 2008

(Ce texte sera publié dans le prochain bulletin "AYA Info" No 49, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

 

 

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