29/10/2010

Deuxième tour des élections brésiliennes : Dilma favorite dans les sondages

L'importance du résultat obtenu au premier tour par Marina Silva (du Parti Vert), a montré la sensibilité d'une partie de l'électorat brésilien à l'égard des problèmes environnementaux. Dilma Rousseff (Parti des Travailleurs - PT) et José Serra (Parti de la Social-Démocratie Brésilienne - PSDB), les deux candidats restés en lice pour le deuxième tour qui aura lieu ce 31 octobre, ont cherché à récupérer une partie au moins des vingt millions de suffrages du Parti Vert. Ce dernier leur a demandé de se positionner sur une plateforme, un "Agenda pour un Brésil Juste et soutenable". Une des propositions de ce texte est "La conclusion de la démarcation et de l'homologation des terres indigènes et la création d'un fonds pour appuyer les projets indigènes et des autres populations traditionnelles". Leur réponse a été publiée par le Parti Vert le 16 octobre : ils ne se sont pas exprimés sur cette proposition spécifique. Ce parti a tenu une Convention le 17 octobre au cours de laquelle il a décidé, par 88 voix contre 4, de rester "indépendant" et de ne pas soutenir particulièrement l'un ou l'autre candidat au deuxième tour. Il laisse la liberté de vote à ses adhérents, mais ceux-ci ne peuvent soutenir Dilma ou Serra au nom de leur parti.

Dans l'introduction du texte déposé au Tribunal Supérieur Fédéral comme étant sa "Proposition de gouvernement", Dilma relève le caractère provisoire de ce programme susceptible d'adaptation en fonction de la coalition des partis qui soutiennent sa candidature. Le 25 octobre, la coalition présenté un document dans lequel figurent treize engagements de gouvernement. Au point 5, à propos de l'éradication de la pauvreté absolue, il est question de "promouvoir l'égalité de droits et des opportunités pour les femmes, les noirs, populations indigènes..." Cette unique mention illustre comment la politique indigéniste est restée un thème mineur de la campagne.

Cette élection a été l'occasion d'une première. En effet, le 27 octobre, le Tribunal Suprême Fédéral a appliqué, pour la première fois, la loi "Ficha Limpa" (fiche propre) adoptée en juin dernier. Il a reconnu valable l'annulation, par le Tribunal Supérieur Électoral, de l'élection de Jader Barbalho, élu sénateur de l'État du Pará le 3 octobre dernier.

La position des candidats sur l'Amazonie, les indigènes et l'écologie, ne sont pas - et de loin - les seuls critères qui vont déterminer le vote des Brésiliens. La polémique survenue pendant la campagne autour du droit à l'avortement en est un exemple. Pèse également la forte aspiration de nombreux citoyens de voir se poursuivre l'amélioration de leurs conditions de vie; amélioration apportée par la politique du gouvernement Lula.

Le dernier sondage publié avant la diffusion de cette note, donne Dilma Rousseff - candidate soutenue par Lula - en tête des intentions de vote. Elle recueillerait 57% des votes valides.

Pour en savoir plus (en portugais) :

  • "L'Agenda pour un Brésil Juste et Soutenable" et la réponse des candidats :

http://www2.pv.org.br/noticia.kmf?noticia=10818635&ca...,

  • Les propositions de la coalition qui soutient la candidature de Dilma :

http://www.dilma13.com.br/noticias/entry/os-13-principais...

  • La décision du Tribunal Suprême Fédéral :

http://www.stf.jus.br/portal/cms/verNoticiaDetalhe.asp?id...

  • Le dernier sondage :

http://www.jb.com.br/eleicoes-2010/noticias/2010/10/28/ib...

 

Cette note (mise à jour) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 54, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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22/10/2010

Terres agricoles brésiliennes : les prix augmentent, l'emprise étrangère et la concentration inquiètent

Plebiscito limita de terra 09:10 marca 215x2000.jpgAu cours du mois de juin 2010, plusieurs quotidiens brésiliens ont publié des articles au sujet de l'augmentation du prix des terres agricoles du pays. Au premier bimestre de 2010, le prix des terres agricoles à l'hectare (ha) est en moyenne de 4'599 réais (R$), soit environ 2'670 US$. Cela représente une hausse de 3,9% par rapport à la même période de l'année précédente. Trois ans plus tôt, ce prix était de 3'432 R$/ha, soit une augmentation nominale de 34%, mais qui, déduite de l'inflation (18%), constitue un gain réel d'un peu plus de 5% par an.

Ce prix moyen est très variable selon les régions du Brésil. Il est le plus élevé dans le Sud, où il avoisine les 9'500 R$/ha. Il est le plus bas dans la région Nord à un peu plus de 1'400 R$/ha. Il peut également être orienté à la baisse à certaines périodes, par exemple quand les cours du soja se réduisent à la bourse de Chicago. L'agence AgraFNP de São Paulo relève que l'arrivée de capitaux étrangers a entraîné une forte augmentation des prix de la terre dans les nouvelles frontières agricoles des États du Maranhão, Tocantins Piauí et Bahia. Au cours de ces trois dernières années, dans certaines zones des deux États amazoniens de l'Amapá et du Mato Grosso, le prix a été multiplié par six.

L'emprise étrangère inquiète.

Au début du mois de juin, dans une série d'articles, Lúcio Vaz, un journaliste du "Correio Braziliense" en a décrit les principales caractéristiques : Dans 3'694 municipalités, ce sont au moins 43'000 km2 de terres agricoles qui sont en mains étrangères. Selon lui, ces données ne sont pas complètes puisque les indications contenues dans les registres du cadastre sont fournies par les propriétaires, sans autre contrôle. Selon les techniciens de l'Institut National de Colonisation et de la Réforme Agraire - INCRA, ce chiffre pourrait être cinq fois supérieur. Le 19 août dernier, l'Avocat Général de l'Union a transmis un rapport, signé par le Président Lula et publié au Journal Officiel de l'Union le 23 août, visant à contenir l'acquisition de terres par des étrangers. Il s'agit essentiellement de la déclaration obligatoire de la nationalité de l'acquéreur, d'un double plafonnement, en surface et en part du territoire de chaque commune, et de la limitation de l'usage des terres à des projets agricoles approuvés par le Ministère du Développement Agraire.

Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre - MST a jugé ces mesures insuffisantes. Le Ministre du Développement agraire a récemment déclaré au quotidien "Valor Econômico" que le gouvernement allait formuler une "Proposition d'amendement constitutionnel - PEC" pour restreindre davantage l'achat de terres par des étrangers.

Un plébiscite pour la limitation de la taille des exploitations

Par ailleurs, les inégalités dans la distribution de la terre est historiquement très grande au Brésil. Les résultats du recensement agricole de 2006 en témoignent. L'indice de Gini, qui en illustre la réalité, a augmenté de quinze points en vingt ans. Il est passé de 0,857 en 1985, à 0,872 en 2006. Cette année-là, les exploitations agricoles de moins de 10 ha détenaient 2,36 % de la surface totale des terres agricoles, et celles de plus de 1'000 ha 44,4 %. Au début septembre, le "Forum National pour la Réforme Agraire et la justice dans la campagne - FNRA", qui regroupe plusieurs dizaines d'organisations et mouvements populaires, a organisé une campagne et un plébiscite pour demander la limitation de la taille des exploitations; cela dans une fourchette qui va de 175 ha à 3'500 ha selon les régions du pays. Les résultats de cette consultation populaire ont été publiés le 19 octobre. Plus d'un demi - million de citoyens de 23 États ont participé à cette consultation. À plus de 95 %, ils se sont déclarés favorables à la limitation de la taille des propriétés.

Pour en savoir plus (en portugais) :

  • Sur l'augmentation des prix :

http://economia.terra.com.br/noticias/noticia.aspx?idNoti... et http://economia.estadao.com.br/noticias/economia,terras-s... /

http://www.agu.gov.br/sistemas/site/templateimagemTextoTh... > Parecer AGU (2.32 MB) /

  • Sur le recensement agricole de 2006 :

http://www.ibge.gov.br/home/ > Economia > Censo Agropecuário > Resultados > Brasil, Grandes... > Comentários (pp. 107 et 109) /

(Cette note (mise à jour) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 53, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2).

 

 

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20/10/2010

Vers un "Territoire Ethno-Educationnel" pour les Yanomami et Ye'kuana

Secoya Dans une classe Yanamami.jpgLes 30 et 31 août à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, une soixantaine de leaders Yanomami et Ye'kuana, de quarante régions de la Terre Indigène Yanomami*, étaient réunis avec les représentants du Ministère de l'Éducation - MEC, de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, et de plusieurs ONG. La rencontre avait pour objet la création d'un "Territoire Ethno-éducationnel Yanomami et Ye'kuana".

Le représentant du MEC, Gersem Baniwa, a relevé la nécessité  de définir une stratégie pour élaborer, avant la fin de l'année, un diagnostic de l'éducation scolaire indigène. Les dirigeants indigènes ont évoqué plusieurs obstacles qui empêchent le bon fonctionnement de l'éducation scolaire dans l'aire Yanomami, par exemple l'accès difficile de certaines zones, qui ne peuvent être atteintes que par avion. Une Commission a été constituée pour élaborer le diagnostic avant le début novembre.

Les "Territoires ethno-éducationnels" ont été créés par un décret présidentiel du 27 mai 2009. Selon ce décret, "L'éducation scolaire indigène sera organisée avec la participation des peuples indigènes, selon leur territoire, en respectant leurs besoins et spécificités". Le "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA, que soutient l'association AYA, a participé à cette réunion.

Photo : Dans une école de l'aire Yanomami - © Secoya

Voir "AYA Info" Nos 34, 44 et 50 accessibles sur le site : http://www.terrabrasilis.ch

Pour en savoir plus (en portugais) :

* La Terre Indigène Yanomami est située dans les deux États de l'Amazonas et de Roraima dans le nord du Brésil. Elle a été démarquée (protégée) en 1992. Elle a une superficie de 96'649 km2. On y compte près de 16'000 indiens des deux ethnies Yanomami et Ye'kuana.

(Cette note a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 53, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

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15/10/2010

Elections brésiliennes : Questions à propos des candidats, de la corruption, et de la politique indigéniste

Deux questions m'ont été posées suite à la note publiée sur ce blog le 3 octobre, au sujet du premier tour des élections brésiliennes. Première question : Dilma n'est-elle pas la candidate d'un parti des plus corrompus ? Deuxième question : José Serra n'est-il pas davantage à l'écoute des peuples indigènes que Dilma ?

La corruption dans les partis politiques

Phénomène bien réel que celui de la corruption, notamment la corruption électorale. Au Brésil, depuis quelques années, un collectif d'une quarantaine d'associations et d'institutions a créé un "Mouvement de combat contre la corruption électorale" - MCCE, pour lutter contre ce fléau. En octobre 2007, ce mouvement a publié un dossier concernant les élus dont le mandat a été cassé par la justice pour corruption électorale à divers titres. Entre 2000 et 2006, 623 élus ont dû abandonner leur mandat. La grande majorité (508) étaient maires et adjoints de maires. Dans 339 cas, le nom du parti a pu être identifié. Les "cassés" appartenaient à 21 partis... Le parti des Démocrates - DEM (l'ancien PFL) a le plus de "cassés" : 69, soit 20,4%. En deuxième position, le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien - PMDB en compte 66 (19,5%). À la troisième place, le Parti de la Social-Démocratie Brésilienne - PSDB (le parti de José Serra) avec 58 "cassés" (17,1 %).  Le Parti des Travailleurs - PT, celui de Dilma Roussef, en a 10 (2,9%); il est en 9e position.

Peut-être existe-t-il une autre enquête, une autre approche, donnant une image différente du phénomène ?

À ce sujet, il convient de rappeler le vote ce printemps, par le Congrès brésilien, de la loi complémentaire No 135, appelée "Loi de la Fiche propre" relative à l'inéligibilité des personnes condamnées pour toute une série de raisons. Cette loi, entrée en vigueur le 7 juin 2010, est le résultat d'une campagne lancée en avril 2008 par le MCCE. En septembre 2009, celui-ci avait remis au président de la Chambre des Députés, ce "Projet de loi d'initiative populaire", signé par 1,3 millions de citoyens. Ce texte est une avancée sensible de la démocratie dans ce pays.

Serra n'est-il pas beaucoup plus à l'écoute des indigènes que Dilma ?

Au sujet de la politique indigéniste, c'est seulement au vu de leurs actes que l'on pourra constater si l'un ou l'autre, Dilma ou Serra, fait mieux que Lula. Pour l'heure, les programmes électoraux des candidats ont une valeur indicative. Ils sont susceptibles de changer pour le deuxième tour qui aura lieu le 31 octobre. Les deux candidats restés en lice pour la présidence vont chercher à récupérer une partie au moins de l'électorat de Marina Silva du Parti Vert - PV, qui est arrivée en troisième position au premier tour. Cette dernière leur a envoyé un "Agenda pour un Brésil Juste et soutenable". Une des propositions de l'agenda est "La conclusion de la démarcation et de l'homologation des terres indigènes et la création d'un fonds pour appuyer les projets indigènes et des autres populations traditionnelles". À voir comment ces propositions seront accueillies.

Autre signe donné par les partis est la composition des listes électorales dans les États, en particulier pour la Chambre des Députés et le Sénat, listes pour lesquelles les directions de partis ont probablement donné leur aval.

Dans l'État de Roraima, le 3 octobre, les électeurs ont élu Paulo Cesar Quartiero à la Chambre des Députés. Ce riziculteur est membre du Parti des Démocrates (DEM), parti de la coalition de José Serra. Il a été l'un des plus farouches opposants à la démarcation en aire continue de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol située dans cet État. Récemment, la "Folha de São Paulo" a souligné comment, son opposition aux aires indigènes et autres zones de protection environnementales, a été "le refrain" de sa campagne électorale. Quartiero soutiendrait-il la candidature de Serra s'il estime que celui-ci est susceptible de conduire une politique très favorable aux peuples indigènes ? Bien sûr, un seul exemple ne permet pas de porter un jugement global. Mais, dans le cas présent, Quartiero est connu au Brésil. Et la saga de la démarcation, par Lula en avril 2005, de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol, a été un cas emblématique.

Le vote des électeurs est un autre indicateur. Pour l'élection présidentielle de 2002, dans le Roraima, Lula avait obtenu 65 % des voix et Serra 34 %. Quatre ans plus tard, en 2006 pour son deuxième mandat, donc après l'homologation de Raposa Serra do Sol, les citoyens roraimenses (du Roraima), ne lui ont donné que 38,5 % des voix, contre 61,5%  à Alckmin, le candidat du PSDB.  Cette année, toujours dans le Roraima, pour le premier tour du 3 octobre, Dilma n'a obtenu que 28,7 % des suffrages contre 51% pour Serra. La démarcation de Raposa Serra do Sol a certainement laissé des traces dans cet État où la question indigène est sensible.

Le 7 octobre, la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB, a publié une lettre dans laquelle elle remercie Marina Silva pour l'attention qu'elle a portée à la question environnementale, sociale et indigène durant sa campagne. "Elle attend maintenant des candidats au deuxième tour un programme qui vise à garantir les droits des indigènes et des autres peuples de la forêt et ceux d'une Amazonie soutenable".

À suivre !

Pour en savoir plus (en portugais) :

Le dossier du MCCE : http://www.mcce.org.br/sites/default/files/politicoscassa...

La loi complémentaire No 135 "Fiche propre" : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/Leis/LCP/Lcp135.htm#...

L'Agenda pour un Brésil Juste et Soutenable de Marina Silva : http://www.minhamarina.org.br/blog/2010/10/marina-silva-a... > Agenda por um Brasil Justo e Sustentavel

Un écho de la campagne de Paulo Cesar Quartiero dans la "Folha de São Paulo" : http://www1.folha.uol.com.br/poder/809647-lider-de-arroze...

La lettre de la COIAB : http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=inde...

Les résultats des élections sur le site du Tribunal Supérieur électoral : http://www.tse.gov.br/internet/index.html

 

 

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09/10/2010

Barrage de Belo Monte : l'opposition ne désame pas

CIMI 26:08:10 manif Belo Monte.jpgL'opposition à la construction du barrage Belo Monte sur le Rio Xingu a pris des formes diverses au cours des dernières semaines. Le 10 août, un campement régional "Terre Libre" a rassemblé de nombreux leaders indigènes à Altamira, dans l'État du Pará. Toujours dans le même État, à Itaituba, les 25, 26 et 27 août a eu lieu la première rencontre des peuples et communautés atteintes et menacées par les grands projets d'infrastructures dans les bassins des rios amazoniens Madeira, Tapajós, Teles Pires et Xingu. Une manifestation symbolique a eu lieu, le 26 août à Brasilia, le jour de la signature du décret présidentiel accordant la concession d'exploitation de l'usine hydroélectrique à l'entreprise Norte Energia SA. Le 15 septembre, le mouvement "Xingu Vivant pour toujours" a mis en ligne deux vidéos montrant l'impact social et environnemental du barrage. Dans le même temps, il a appelé à signer une pétition demandant au gouvernement de renoncer à cet ouvrage. Une version légèrement réduite en anglais a également été diffusée. Cette version contient aussi un appel à signer la pétition. Par ailleurs, le 20 septembre, à Genève, à propos de la construction de ce barrage, James Anaya, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains et libertés fondamentales des peuples indigènes, a rappelé au gouvernement brésilien ses obligations qui découlent de l'art. 32 de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes en matière de consultation préalable et objective des peuples affectés par l'ouvrage. Le 29 septembre, le Ministère Public Fédéral a envoyé une note à l'Institut Brésilien de l'environnement - IBAMA, pour lui rappeler les conditions devant être respectées avant la délivrance d'une nouvelle autorisation pour la construction du barrage. Le 30 septembre, plus de 120 organisations ont publié une lettre ouverte au terme de laquelle les signataires affirment que si le gouvernement persiste dans sa volonté de réaliser cet ouvrage "...sera signée une sentence de mort du Rio Xingu et de ses habitants..."

Voir AYA Info Nos 44, 46, 47, 49 et 50

Pour en savoir plus (en portugais et en anglais) :

Les vidéos en 3D :

http://www.amazonia.org.br/noticias/noticia.cfm?id=366730; la version en anglais avec accès à la pétition : http://www.youtube.com/watch?v=K-seAAIsJLQ

Le rapport de James Anaya :

http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/15session/... > A/HRC/15/37/Add.1 p. 31 et suiv.

Le rappel du Ministère Public Fédéral : http://www.prpa.mpf.gov.br/noticias/mpf-notifica-ibama-so...

La lettre ouverte des 120 organisations sur le blog du mouvement "Xingu Vivo para Sempre" : http://xingu-vivo.blogspot.com/

Photo : © CIMI - La manifestation symbolique du 26 août à Brasilia

(Cette "brève" a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 53, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2).

 

 

 

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07/10/2010

Brésil : Le premier tour des élections présidentielles en Amazonie

Les medias ont largement rendu compte des élections brésiliennes au niveau national : L'arrivée en tête de Dilma Rousseff, candidate de Lula et d'une coalition de partis alliés au Parti des Travailleurs - PT, avec 46,91 % des 101,6 millions votes valides. Elle est suivie de José Serra, le candidat d'une coalition de partis groupés autour du Parti de la Social-Démocratie Brésilienne - PSDB, qui a obtenu 32,61 % des suffrages. Et le score surprise de Marina Silva du Parti Vert - PV, qui a été créditée de 19,33 % des votes. La demi - surprise a été la nécessité d'un deuxième tour, le 31 octobre prochain, pour désigner la nouvelle présidence du pays.

Le vote dans les États amazoniens

Selon les chiffres diffusés par "Agência Brasil", il a été dénombré près de 12 millions de bulletins valides en Amazonie légale*, soit environ 12 % de ces bulletins de tout le pays.

Toujours sur la base des résultats publiés par l'agence, dans cette partie du Brésil, Dilma Rousseff a récolté près de 54% des voix. Elle est arrivée en tête dans les États de l'Amapá, de l'Amazonas, du Pará et du Tocantins. Dans le Maranhão, elle obtient même son meilleur score national avec 71% des voix. Elle a fait son moins bon résultat national dans l'État d'Acre où elle n'a recueilli que 24% des suffrages.

José Serra a obtenu un peu plus de 29% des voix. Il est arrivé en tête dans les États d'Acre (où il a fait son meilleur score national avec 52% des voix), du Mato Grosso, de Rondônia et du Roraima. Il a fait son plus faible résultat national dans l'État d'Amazonas avec 8% des voix.

Toujours en Amazonie légale, Marina Silva a obtenu 16% des suffrages. Elle a fait son meilleur résultat régional dans l'État d'Amapá avec 30% des voix. Elle a fait son plus médiocre résultat régional dans l'État du Mato Grosso avec 12% des voix.

Si le Brésil avait voté comme l'Amazonie légale, Dilma aurait été élue dès le premier tour !

* L'Amazonie légale est composée de huit États : Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima et d'une partie du Maranhão. Elle a une superficie de 5,2 millions de km2 qui correspond à environ 61% du territoire brésilien. Elle est habitée par environ 12,5% de la population brésilienne. Voir la carte ci-contre. Amazonia_legal:2.gifDans cette statistique électorale, l'État du Maranhão a été pris dans sa globalité.

 

Pour en savoir plus sur les résultats des élections (en portugais) :

http://apuracao.ebc.com.br/

 

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03/10/2010

Les citoyens brésiliens sont appelés aux urnes ce dimanche

Ce dimanche 3 octobre, les citoyens brésiliens sont appelés à choisir une nouvelle présidence de la République, les membres de la Chambre des Députés et une partie des membres du Sénat. Ils doivent également élire les membres des Assemblées Législatives et les Gouverneurs des vingt-six États de l'Union et du District Fédéral.

À l'extérieur du Brésil, c'est surtout l'élection présidentielle qui retient l'attention. Lula ne pouvant pas briguer un troisième mandat, les observateurs s'attachent à dresser le bilan de sa présidence.

À la fin de la campagne électorale, les sondages maintiennent le suspense quant à la possible tenue d'un deuxième tour le 31 octobre. En effet Dilma Rousseff, la candidate de Lula et d'une coalition de partis alliés au Parti des Travailleurs (PT), est donnée en tête avec 52% des intentions de vote. Elle pourrait être élue dès aujourd'hui. José Serra, candidat d'une coalition de partis alliés du Parti de la Social-Démocratie Brésilienne (PSDB), est en deuxième position avec 31%; Marina Silva du Parti Vert (PV), est en troisième position avec 15%. Le candidat du Parti "Socialisme et Liberté" (PSOL), Plínio Sampaio, est crédité de 1% des intentions de vote. Mais la marge d'erreur inhérente aux sondages et les indécis engendrent l'incertitude.

On parle peu des peuples indigènes.

Les indiens sont minoritaires dans le pays : entre 0,25 et 0,37% de la population. Leur poids électoral est très faible. Ainsi, le thème "Peuples indigènes" n'a pas occupé une grande place dans les programmes électoraux.

Le résultat de la recherche, dans les "Propositions de gouvernement" des quatre principaux candidats, des mots-clefs  "indígenas", "índios", "demarcação" ou "comunidades tradicionais", traduit leur sensibilité à l'égard de cette minorité.

  • Dans le programme de José Serra, ces termes n'apparaissent pas.
  • Dans celui de Dilma Rousseff, le terme "indígenas" apparaît deux fois. La première dans le point 19. q), où il est question de développer les politiques de promotion de l'égalité raciale et au point 48. d) à propos du développement de politiques relatives aux droits de base : travail, habitat, alimentation, santé, éducation et accès à la justice et à la citoyenneté.
  • Marina Silva aborde plusieurs fois la question indigène et des communautés traditionnelles dans ses lignes directrices de gouvernement. Au point 3.2.6 d. à propos de la valorisation de la diversité socioculturelle et environnementale, elle affirme vouloir garantir les processus de démarcation et d'homologation des terres indigènes et les possibilités de développement autonome de ces peuples.
  • Plínio Sampaio affirme son opposition à la construction de l'usine électrique de Belo Monte et à la transposition du rio São Francisco (points 4 et 5 de ses propositions). Au point 13, il donne son appui à la démarcation, l'homologation des territoires indigènes et "quilombolas", (les territoires des communautés noires d'anciens esclaves marrons).

Au moment de l'adoption de l'actuelle Constitution - le 5 octobre 1988 - les Constituants ont fixé un délai de cinq ans pour démarquer toutes les terres indigènes du pays. Vingt-deux ans plus tard, cette disposition constitutionnelle est loin d'avoir été complètement appliquée. Et seuls, les deux candidats minoritaires font expressément référence à cette obligation constitutionnelle dans leur programme électoral.

Bonne journée aux électuers brésiliens !

Pour en savoir plus (en portugais) :

Sur le sondage Datafolha du 30 septembre :

http://agenciabrasil.ebc.com.br/home/-/journal_content/56...

Le site du Tribunal Supérieur Electoral (TSE) fournit de nombreux renseignements sur les élections :

http://www.tse.gov.br/dia_eleicao/index.html

Les programmes des candidats sont accessibles sur le site du TSE :

• Dilma Rousseff :

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

• José Serra :

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

• Marina Silva :

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

• Plínio Sampaio

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

 

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