01/11/2010

Brésil : Dilma l'emporte aussi en Amazonie

Les citoyens brésiliens ont choisi. Ils ont élu à la présidence de la république, Dilma Rousseff, la dauphine le Lula et candidate du Parti des Travailleurs - PT. Elle l'emporte avec plus de 56% des 99,3 millions de votes valides. Elle arrive en tête dans quinze États de l'Union et dans le District fédéral.

Pour la première fois de son histoire, le Brésil sera dirigé par une femme.

José Serra, du Parti Social-Démocrate - PSDB, a été crédité de 44% des votes. Il arrive en tête dans onze États. Il a aussi été le favori des 80'000 électeurs brésiliens de l'étranger auprès desquels il a recueilli 59% des suffrages. Le taux d'abstention à l'extérieur du Brésil a  été particulièrement élevé : 57%.

Il est un peu tôt pour savoir sur lequel des deux candidats restés en lice, les près de 20 millions d'électeurs de Marina Silva du premier tour ont reporté leur voix. Entre le premier et le deuxième tour, Dilma a vu le nombre de ses électeurs passer de 47,6 à 55,7 millions, soit une progression de l'ordre de 17%. Et Serra de 33,1 à 43,7 millions de suffrages, soit une augmentation de près de 32%. Ces données tendent à montrer que ce dernier a davantage séduit l'électorat de Marina Silva du Parti Vert. Celui-ci avait décidé de rester "indépendant" pour le deuxième tour.

Comme au premier tour, Dilma l'a emporté en Amazonie légale* avec 62% des 11,4 millions des votes valides dénombrés dans cette région. Elle arrive en tête dans cinq États. En pourcentage, elle fait même deux de ses meilleurs scores nationaux dans les États de l'Amazonas et du Maranhão, où elle a obtenu respectivement 80% et 79% des voix. Dans cette partie du Brésil, Serra recueille 38% des voix. Il est le premier classé dans quatre États. En pourcentage toujours, il fait ses meilleurs résultats nationaux dans les deux États d'Acre et de Roraima avec 69% et  66,5% des suffrages. La coalition qui a soutenu sa candidature intègre plus particulièrement les tenants de l'agrobusiness et les opposants aux droits des indigènes.

Ce clivage politique très marqué au sein de l'Amazonie légale, ne reflète qu'en partie les divergences relatives au type développement économique de la région voulu par les deux coalitions de partis en lutte pour la présidence. Une autre vision du développement est exprimée par les organisations indigènes. Ainsi, le 29 octobre, avant même le deuxième tour, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a remis une lettre ouverte aux deux présidentiables dans laquelle elle énumère une dizaine de mesures qu'elle voudrait voir être mises en œuvre par le prochain gouvernement. Dans l'introduction, elle conteste "... un type de développement marqué par le rêve de la croissance illimitée basée sur la destruction de la Mère Nature". Dans ce texte, elle demande notamment, de renoncer à la construction du complexe hydroélectrique de Belo Monte, situé au cœur de l'Amazonie. Ce projet est soutenu de longue date par Lula et la nouvelle élue...

Pour en savoir plus (en portugais) :

• Le résultat des élections : http://divulgacao.tse.gov.br/ et http://apuracao.ebc.com.br/

• Le document de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2010/10/carta-publica-aos-pr...

* L'Amazonie légale est composée de huit États : Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima et d'une partie du Maranhão. Elle a une superficie de 5,2 millions de km2 qui correspond à environ 61% du territoire brésilien. Elle est habitée par environ 12,5% de la population brésilienne. Dans cette statistique électorale, l'État du Maranhão a été pris dans sa globalité.

Cette note sera reprise dans le bulletin (à paraître) "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

14:44 Publié dans La lettre d'AYA | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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