26/11/2010

Lula crée le Secrétariat Spécial de la Santé Indigène

Assinatura_do_Decreto_da_Secretaria_Nacional_de_Sa_de_Ind_gena_050.jpgLe 19 octobre, le Président de la république a signé le décret qui place le service de santé indigène sous la responsabilité directe du Ministère de la santé. Ce service était jusque-là confié à la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA. Le décret crée ainsi le Secrétariat Spécial de la Santé Indigène - SESAI, demandé de longue date par les organisations indigènes qui se plaignaient des dysfonctionnements de la FUNASA. Les deux organes ont un délai de six mois pour effectuer la transition. Il appartient à la FUNASA de donner tout l'appui nécessaire pour que la transition se fasse sans altérer le service de santé dans les communautés indigènes. Le nouveau SESAI devra coordonner la mise en œuvre de la politique nationale de santé des Peuples indigènes par le moyen d'une gestion démocratique et participative. Le Secrétariat comportera deux départements, l'un chargé de la gestion et l'autre chargé du service de santé proprement dit. Les deux départements seront au service des trente-quatre Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes - DSEI, répartis dans tout le Brésil. Reste un énorme travail à réaliser pour rendre le nouveau SESAI opérationnel et lui donner la capacité d'apporter aux communautés indigènes le service de santé, de qualité, auquel elles ont droit. Le Secrétaire du SESAI, Antonio Alves, a déjà pris contact, à Brasilia, avec l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. Il s'est déplacé à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, pour rencontrer les responsables du DSEI Yanomami. Il a également participé à la IVe Assemblée Générale de Hutukara Association Yanomami - HAY qui a eu lieu du 1er au 7 novembre dans la communauté de Toototobi, dans la Terre Indigène Yanomami.

Voir "AYA Info" Nos 49 et 52

Pour en savoir plus (en portugais) : Le Décret présidentiel : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/_Ato2007-2010§/2010/... / L'écho au sein des organisations indigènes et des photos de la cérémonie : http://blogapib.blogspot.com/2010/10/presidente-lula-assi...

Cette note a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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19/11/2010

Onex-Cité : Mieux vivre ensemble, un modeste essai réussi

C'était pourtant mal parti ! Fin janvier 2010, la mairie d'Onex donne une suite plus consistante aux plaintes maintes fois exprimées par les voisins des "Galeries du Loup" et même, bien que plus récemment, par les commerçants de ce petit centre commercial. Elle a organisé une rencontre - une Assemblée citoyenne - à laquelle étaient invités les habitants de cette partie de la cité, les commerçants, les jeunes, les polices municipale et cantonale, le service municipal de la jeunesse et les éducateurs en milieu ouvert. Les trois Conseillers Administratifs de la commune étaient présents. Un professionnel de l'animation était là pour canaliser la discussion.

L'explication initiale a connu quelques séquences "chaudes" entre les habitants et les jeunes. Les premiers reprochant aux seconds leurs tapages nocturnes à répétition et l'abondance des traces laissées par leurs retrouvailles sur le parking et les trottoirs : cannettes, bouteilles d'alcool fort et autres détritus, sans oublier les traces odorantes émanant des espaces plus sombres utilisés comme urinoirs... Plusieurs habitants ont été déçus des explications des représentants des services de sécurité : "Nous ne sommes pas habilités à intervenir sur le domaine privé" disent les uns. "Nous manquons d'effectifs" disent les autres. Bref, il semblait que deux libertés publiques étaient inconciliables : le droit, pour les jeunes, d'être sur la voie publique, et le droit au repos nocturne pour les habitants.

La proposition de la mairie de créer un groupe de travail mixte, composé de représentants des "acteurs" : habitants, commerçants, jeunes, polices municipale et cantonale, service communal de la jeunesse et éducateurs en milieu ouvert a été accueillie avec un certain scepticisme. Pour plusieurs habitants, elle ne semblait pas être "la" réponse susceptible de résoudre le problème. D'autres ont accepté le pari d'essayer.

Ce 17 novembre, les quelques membres de ce groupe de travail étaient réunis pour faire un bilan de la situation vécue ces derniers mois. Les échos recueillis auprès des commerçants - absents à cette réunion - sont mitigés. Mais de leur côté, les habitants ont constaté une très nette amélioration : les nuits de ce printemps, de l'été et de ce début d'automne ont été généralement calmes. Il n'y a quasiment plus de détritus sur le parking et les trottoirs. Ils se sont réjouis de la récente cessation d'activité de la salle de jeux exploitée au sous-sol du Centre commercial. Elle était source de trop nombreuses nuisances, notamment sonores.

L'éducateur en milieu ouvert, présent à la réunion, a transmis une proposition émanant des jeunes : ils invitent les habitants du quartier à constituer une équipe et à les accompagner en Espagne pour participer à un tournoi de foot qui doit avoir lieu dans ce pays à Pentecôte. Ce geste aurait été impensable au mois de janvier !

Une telle évolution de la situation est, à n'en pas douter, le résultat des contacts noués au fil des réunions du groupe de travail et de ceux qui ont eu lieu directement "sur le terrain". Elle est aussi dûe à la vigilance positive des polices municipale et cantonale, sans oublier le rôle actif des éducateurs en milieu ouvert qui connaissent bien le vécu - pas toujours facile - des jeunes de la cité. Ce travail en commun, conduit par le service municipal de la jeunesse, a permis une "sortie d'anonymat" des uns et des autres, un cheminement vers la reconnaissance du respect dû à chacun, qu'il soit jeune ou adulte.

Le groupe de travail mixte a encore retenu la réflexion d'un jeune s'exprimant sur la génération arrivant à l'adolescence : "Elle n'est "pas triste" dans son comportement !" Disait-il. En d'autres termes, il est nécessaire de préserver les acquis de ces derniers mois et de se préparer à peut-être poursuivre les rencontres avec un éventuel nouveau groupe de jeunes. Pour l'heure, les représentants des habitants ont accepté de maintenir une veille pour éviter d'éventuels débordements futurs. Ils ont fait une contre-proposition aux jeunes, celle de se retrouver à la belle saison, sur le tout proche Centre sportif des Evaux, pour une rencontre sports-grillades. Un projet, s'il se concrétise, à soumettre au Comité de pilotage des "Contrats de quartiers d'Onex-Cité".

Cette approche innovante pour la concrétisation du "Mieux vivre ensemble" dans cette partie de la Cité mérite attention, même si elle est modeste.

 

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11/11/2010

Le chaman Davi Kopenawa : "La chute du ciel" menace !

La Chute du ciel 44954444c97bf0c067f5.jpg"Même si les Blancs sont persuadés qu'il s'agit de mensonges, les xapiri(1) et l'image d'Omama(2) le leur répètent aussi : "Si vous détruisez la forêt, le ciel se brisera à nouveau et il tombera sur la terre !" C'est le cri d'alarme - en forme de message prophétique - lancé par le chaman Yanomami Davi Kopenawa dans un livre publié le 30 septembre, dans la collection "Terre Humaine", aux éditions Plon (Paris).

L'anthropologue Bruce Albert, ami de Davi. est cosignataire de l'ouvrage. Il a traduit sur des "peaux de papier", avec de nombreuses explications à l'appui, le message que veut transmettre le chaman aux Blancs. Davi retrace sa vie, son contact avec les Blancs; sa fonction de chaman et son combat en faveur de son peuple et de la forêt amazonienne en bute à l'action prédatrice du "Peuple de la marchandise". Ce livre est une très  riche ouverture sur une culture en danger incarnée et racontée par Davi lui-même.

L'ouvrage est divisé en trois parties de huit chapitres chacune. Il est complété par des cartes, dessins (de Davi), deux glossaires, deux index et une bibliographie. Un livre qui fera date.

Par ailleurs, l'association regroupant les Yanomami de l'État de Roraima, l'Hutukara Associação Yanomami - HAY, a tenu son assemblée générale du 1er au 7 novembre. L'ordre du jour de la rencontre, un article et quelques photos sont en ligne sur le site Internet de l'association (3).

(1) Les esprits chamaniques (prononcer : chapiri).

(2) Le créateur.

(3) Le site Internet de l'HAY (en portugais) : http://www.hutukara.org

Pour en savoir plus (en français) :

  • Les références du livre : "La chute du Ciel - Paroles d'un chaman yanomami". Auteurs : Davi Kopenawa et Bruce Albert. Collection "Terre Humaine" éditions Plon (Paris). 825 p. - 28 Euros - ISBN Plon : 978-2-259-21068-3 - ISSN : 0492-7915
  • Une interview de Davi par Raymond Depardon dans le quotidien français "Libération" : http://voyages.liberation.fr/grandes-destinations/depardo...

Cette note (mise à jour) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 54, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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01/11/2010

Brésil : Dilma l'emporte aussi en Amazonie

Les citoyens brésiliens ont choisi. Ils ont élu à la présidence de la république, Dilma Rousseff, la dauphine le Lula et candidate du Parti des Travailleurs - PT. Elle l'emporte avec plus de 56% des 99,3 millions de votes valides. Elle arrive en tête dans quinze États de l'Union et dans le District fédéral.

Pour la première fois de son histoire, le Brésil sera dirigé par une femme.

José Serra, du Parti Social-Démocrate - PSDB, a été crédité de 44% des votes. Il arrive en tête dans onze États. Il a aussi été le favori des 80'000 électeurs brésiliens de l'étranger auprès desquels il a recueilli 59% des suffrages. Le taux d'abstention à l'extérieur du Brésil a  été particulièrement élevé : 57%.

Il est un peu tôt pour savoir sur lequel des deux candidats restés en lice, les près de 20 millions d'électeurs de Marina Silva du premier tour ont reporté leur voix. Entre le premier et le deuxième tour, Dilma a vu le nombre de ses électeurs passer de 47,6 à 55,7 millions, soit une progression de l'ordre de 17%. Et Serra de 33,1 à 43,7 millions de suffrages, soit une augmentation de près de 32%. Ces données tendent à montrer que ce dernier a davantage séduit l'électorat de Marina Silva du Parti Vert. Celui-ci avait décidé de rester "indépendant" pour le deuxième tour.

Comme au premier tour, Dilma l'a emporté en Amazonie légale* avec 62% des 11,4 millions des votes valides dénombrés dans cette région. Elle arrive en tête dans cinq États. En pourcentage, elle fait même deux de ses meilleurs scores nationaux dans les États de l'Amazonas et du Maranhão, où elle a obtenu respectivement 80% et 79% des voix. Dans cette partie du Brésil, Serra recueille 38% des voix. Il est le premier classé dans quatre États. En pourcentage toujours, il fait ses meilleurs résultats nationaux dans les deux États d'Acre et de Roraima avec 69% et  66,5% des suffrages. La coalition qui a soutenu sa candidature intègre plus particulièrement les tenants de l'agrobusiness et les opposants aux droits des indigènes.

Ce clivage politique très marqué au sein de l'Amazonie légale, ne reflète qu'en partie les divergences relatives au type développement économique de la région voulu par les deux coalitions de partis en lutte pour la présidence. Une autre vision du développement est exprimée par les organisations indigènes. Ainsi, le 29 octobre, avant même le deuxième tour, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a remis une lettre ouverte aux deux présidentiables dans laquelle elle énumère une dizaine de mesures qu'elle voudrait voir être mises en œuvre par le prochain gouvernement. Dans l'introduction, elle conteste "... un type de développement marqué par le rêve de la croissance illimitée basée sur la destruction de la Mère Nature". Dans ce texte, elle demande notamment, de renoncer à la construction du complexe hydroélectrique de Belo Monte, situé au cœur de l'Amazonie. Ce projet est soutenu de longue date par Lula et la nouvelle élue...

Pour en savoir plus (en portugais) :

• Le résultat des élections : http://divulgacao.tse.gov.br/ et http://apuracao.ebc.com.br/

• Le document de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2010/10/carta-publica-aos-pr...

* L'Amazonie légale est composée de huit États : Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima et d'une partie du Maranhão. Elle a une superficie de 5,2 millions de km2 qui correspond à environ 61% du territoire brésilien. Elle est habitée par environ 12,5% de la population brésilienne. Dans cette statistique électorale, l'État du Maranhão a été pris dans sa globalité.

Cette note sera reprise dans le bulletin (à paraître) "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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