28/01/2011

Protection des Terres Indigènes : Lula, dernier de la classe

Panneau Funai TI :Guarani Mbya Angra IMG.jpgD'une manière générale, pour les peuples indigènes, la terre n'est pas un simple outil de production. Ils ont avec leur terre un lien culturel très étroit : une quasi filiation. Ils en demandent la protection. Depuis de nombreuses années, le Brésil a un dispositif de protection - la démarcation - des Terres Indigènes (TI), du pays.

Le nombre de Terres démarquées au cours d'un mandat présidentiel est certainement l'un des indicateurs de l'intérêt porté à la politique indigéniste. À ce sujet, il est utile de rappeler la volonté des constituants de 1988 - année d'adoption de l'actuelle Constitution - de voir toutes les TI être protégées dans un délai de cinq ans. Ainsi, le processus aurait dû être conduit à son terme en octobre 1993.

Selon les sources*, le nombre de TI du Brésil est différent, mais l'unanimité se fait pour affirmer qu'en janvier 2011, il reste encore de nombreuses Terres sans protection. À la fin décembre 2010, à prendre les chiffres de l'Instituto Socioambiental - ISA, de São Paulo, sur les 672 TI du pays, 135 sont seulement en voie d'identification (la première étape vers la démarcation), et il y en a 396 pour lesquelles le processus de démarcation est complètement terminé.

Pour apprécier l'action du gouvernement Lula dans ce domaine, il est possible de la comparer avec celle des gouvernements précédents. Pour cette comparaison, seul le nombre de TI "homologuées", c'est à dire en phase terminale de démarcation a été retenu ici. Ainsi, selon ISA, Le président José Sarney (avril 85 - mars 90), a homologué 67 TI d'une surface totale de 143'704 km2. À eux deux, les présidents Fernando Collor** et Itamar Franco (mars 90 - décembre 94), en ont homologué 97 (dont la TI Yanomami), d'une surface totale de 318'376 km2. Fernando Henrique Cardoso (janvier 95 - décembre 2002), en a homologué 145 d'une surface totale de 412'269 km2. Enfin, Luiz Inácio Lula da Silva (janvier 2003 - décembre 2010), en a homologué 87, d'une surface totale de 187'857 km2.

L'objectif, exprimé en 2002, dans le programme électoral des partis qui ont soutenu la candidature de Lula, de réduire tout le passif des TI non démarquées n'a pas été atteint. Lula n'a pas été le champion de la démarcation. Dans ce domaine, il est même le dernier au classement des présidents. Cependant il a à son actif l'homologation, en avril 2005***, de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, située dans l'État de Roraima, au nord du Brésil. C'est l'une des dernières grandes TI à avoir été homologuée malgré l'hostilité de la majorité de la classe politique de la région, et de riziculteurs particulièrement agressifs. Le décret d'homologation a été contesté devant le Tribunal Suprême Fédéral - STF, qui l'a déclaré valide le 19 mars 2009. À cette occasion, le STF a édicté une série de conditions pour les futures démarcations de Terres Indigènes.

Pour en savoir plus (en portugais ) : http://pib.socioambiental.org/caracterizacao.php > Terras indígenas > Demarcações

* Voir d'autres chiffes et manières de compter :

** Destitué en 1992

*** Voir AYA Info No 49

Photo B. Comoli : La FUNAI place des panneaux semblables aux entrées de Terres Indigènes protégées pour en interdire l'accès.

L'essentiel de cette note a été publié dans le bulletin "AYA Info" No 57, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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