25/03/2011

"Au clair de la lune" : une locomotive, c'est pas une flûte !

141 F Photo Musée Mulhouse CCF22032011_00000.jpgAu début du mois de février, Paul Despraz a mis en ligne sur "bardonnex.blog.tdg.ch, un extrait du "Journal de Carouge" du 25 novembre 1949, remis par Françoise Marendaz. L'article rappelle comment, Jean Excoffier, un enfant de la région, mécanicien sur locomotive à vapeur, sifflait "Au clair de la lune" en passant dans "Les Combes", un vallon franco-suisse. Une manière sympa de dire bonjour  à ses amis et connaissances, qu'ils soient "Sur Suisse" ou "Sur France" ! Une manière aussi d'affirmer la compatibilité de la poésie avec un métier difficile !

Nos parents l'ont bien connu. Au sifflement singulier de la locomotive, j'entends encore ma mère et d'autres habitants de Charrot, dire : "Ah! C'est Jean Excoffier qui passe !"

Au fil de ses passages, ce mécanicien s'est inscrit dans la mémoire collective des riverains de cette portion, pentue et tortueuse, entre Collonges-sous -Salève et Saint Julien-en-Genevois, de la ligne Bellegarde - Evian.

Gare d'Archamps:2:P2181101 - copie:2.jpgLa ligne a été ouverte à la fin août 1880 par la compagnie du Paris-Lyon-Méditerranée - PLM, puis reprise par la SNCF à partir de 1938. L'électrification en a été réalisée en 1971 jusqu'à Annemasse d'abord, puis jusqu'à Evian en 1972. Les locomotives à vapeur ont alors cédé la place aux locomotives électriques. Finie la musique !

Parmi les anciens agents de la SNCF du dépôt d'Annemasse, maintenant à la retraite, Jean Excoffier a aussi laissé un bon souvenir. L'un d'entre eux, mécanicien lui-même, précise : "Il conduisait une 141 F !". Une locomotive de type "Mikado" dont on apprend sur Internet que nombre d'entre-elles ont été construites aux Etats-Unis au sortir de la deuxième guerre mondiale. Une machine de 151 tonnes, longue de 22,74 m avec son tender. Le diamètre des roues motrices est de 1,67 m. Elle pouvait atteindre la vitesse de 105 km/h.

Ce n'est pas à cette vitesse que les trains passaient en gare d'Archamps. Souvent même, on a vu ou entendu "patiner", peiner, les locomotives, pour passer le "Pont de Combes", tout à côté de la gare.

Une 141F a été restaurée au dépôt de Portes-les-Valence, dans la Drôme. Elle est maintenant exposée au Musée du chemin de fer de Mulhouse. Le conservateur du musée a bien voulu transmettre la photo illustrant cette note.

Il est permis de se demander si la gare d'Archamps, compte tenu de sa proximité avec le "Site" du même nom, avec ses commerces, cinémas et autres administrations, ne devrait pas reprendre du service ?

Gare d'Archamps:1:P2181100 - copie:2.jpg

La note de Paul Despraz :

http://bardonnex.blog.tdg.ch/archive/2011/02/05/le-train-qui-siffle-au-clair-de-la-lune.html

Photo du haut : © "Cité du Train" de Mulhouse - une locomotive modèle 141 F

Photo du milieu : © B. Comoli - La gare d'Archamps - Collonges-sous-Salève, maintenant désaffectée

Photo du bas : © B. Comoli - La ligne, pentue et tortueuse, à la hauteur de la gare d'Archamps

 

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18/03/2011

La SECOYA reçoit un prix à Rio de Janeiro

Secoya:Prêmio Cufa:070211:Silvio +:21.jpgLe 7 février dernier, au Théâtre municipal de Rio de Janeiro, en présence de personnalités du monde politique et de la vie culturelle brésilienne, la Centrale Unique des Favelas - CUFA, a décerné ses récompenses pour l'année 2010. Le partenaire de AYA, l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA de Manaus, a reçu le "Prix ANU" pour l'État d'Amazonas - il y a un prix par État - en raison de son action dans le domaine de l'éducation dans les villages et communautés Yanomami. Le prix a été remis à Silvio Cavuscens par le Ministre de la santé, Alexandre Padilha.

Pour la SECOYA, ce prix est la reconnaissance d'années de travail pour une éducation bilingue yanomami/portugais dans les écoles indigènes des municipalités de Barcelos et de Santa Isabel du Rio Negro. Une école yanomami pour les Yanomami. Le programme "Éducation" de la SECOYA est soutenu par Terre des Hommes Genève/Suisse.

anu-preto-130506_web_.jpgL'Anu-Preto est un oiseau au plumage et au bec noirs. Il est répandu dans tout le Brésil. Une vieille croyance populaire le considère comme oiseau de mauvaise augure. "Anu-Preto" était aussi le nom utilisé comme insulte par les colons portugais et espagnols pour désigner les esclaves et les personnes à la peau très noire. Le nom du prix a été choisi par la CUFA pour lutter contre les préjugés et montrer que des actions, comme celles qui ont reçu un prix, animées par des noirs, indiens, favelados et autres exclus, sont de bonne augure pour la cohésion sociale du pays.

Le lieu choisi pour la cérémonie, le Théâtre municipal de Rio de Janeiro, est également un symbole fort voulu par la CUFA. Pour elle, des actions de terrain, conduites par de modestes habitants du pays, méritent une reconnaissance dans l'un des hauts lieux de la culture brésilienne.

Ce prochain dimanche 20 mars, c'est devant le Théâtre municipal de Rio que le président américain, Barack Obama, doit prononcer un discours à l'occasion de sa visite au Brésil. Il devrait également visiter une favela et divers points touristiques de la ville.

***

Photo du haut : Silvio Cavuscens (1er à partir de la gauche) lors de la remise du prix par le Ministre de la Santé.

Photo du bas : un Anu-Preto

Pour en savoir plus (en portugais) :

• La vidéo de 2'18" préparée par la SECOYA pour présenter sa candidature : 

• Le site de la SECOYA : http://www.secoya.org.br

• Le site de la CUFA : http://www.cufa.org.br/

• Le site particulier du Prix ANU : http://www.premioanu.com.br/in.php?id=evento

• Le site de Terre des Hommes Suisse /Genève qui présente le projet :

http://www.terredeshommessuisse.ch/sites/default/files/br...

Cette note sera publiée dans le prochain bulletin "AYA Info", No 59, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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11/03/2011

Ecouter et entendre le Peuple Yanomami

Le 18 janvier dernier, à la Maison des Associations de Genève, l'association Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA, a organisé une réunion pour échanger avec l'indigéniste et sociologue Silvio Cavuscens, sur la situation des peuples indigènes brésiliens.

"Côtoyer les peuples indigènes et ne pas respecter leurs cultures, cela revient à toucher sans sentir, regarder sans voir et écouter sans entendre !" Tel est le titre général donné par Silvio à son exposé. Dans une première partie de son intervention, il a évoqué la situation des peuples indigènes du Brésil au moment du changement de présidence de la république (1).

Prise de yãkõana.jpgDans une deuxième partie, Silvio a parlé de l'action de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA, dont il est coordinateur. L'activité de SECOYA touche quatre domaines : la citoyenneté, l'éducation différenciée, le développement soutenable et la santé. Elle a commencé son action en 1991, mais l'association a été formellement fondée en 1997. Son siège est à Manaus. Elle travaille essentiellement avec les communautés Yanomami de l'État d'Amazonas.

Coopérer avec ce peuple suppose une bonne connaissance de sa culture et de son cadre de vie. La langue, le yanomami est une petite famille linguistique avec quatre dialectes. Le cadre de vie, c'est surtout "uhiri", la terre-forêt, entité vivante qui abrite les "xapono", les maisons collectives avec leurs coutumes, comme le "wayamu", le discours matinal échangé entre les habitants...

Au milieu des années 50, les Yanomami - le nom veut dire "être humain" - ont eu à connaître les "napë" : les étrangers, ennemis ou "blancs", dont ils ont à souffrir quand ils sont "fazendeiros" (exploitants agricoles), "madereiros" (exploitants forestiers), ou "garimpeiros" (orpailleurs), envahisseurs de leur territoire.

Une Pajelança -Silvio.jpgLe chamanisme et la cosmologie qui lui est liée, est un élément central de la culture yanomami. Les chamans utilisent la "yãkõana", une poudre hallucinogène pour  entrer en contact avec les "xapori", les esprits, afin de protéger les xapono des pouvoirs maléfices venant des humains ou des non - humains. Les chamans - les "pajés" - sont aussi les guérisseurs susceptibles de diagnostiquer de nombreux types de maladies, sans être en mesure de traiter toutes les pathologies. Ils pratiquent leur art au cours de "pajelanças", séances de traitement de diverses affections.

Dans le domaine de la santé, il y a des divergences entre Yanomami et "napë" sur le sens même de la maladie et des traitements. L'ignorance de ces divergences peut conduire à des situations conflictuelles. Pour réaliser l'interface entre la médecine traditionnelle et celle des "blancs", la Secoya veut des Agents Indigènes de Santé - AIS, compétents. Ils sont des auxiliaires précieux pour réduire l'impact de certaines maladies, notamment la tuberculose, l'hépatite et le paludisme.

Dans ses programmes de santé et de citoyenneté, la SECOYA organise des cours pour permettre aux leaders Yanomami d'être en mesure d'exercer un contrôle et de participer efficacement aux décisions prises au sein du Conseil du District Spécial de Santé Indigène Yanomami et dans les autres instances dans lesquelles ils sont appelés à siéger. Un de ces cours est mis en oeuvre actuellement avec l'appui de la Commune genevoise de Meyrin (2).

Silvio a encore fait état des revendications du mouvement indigène dans le domaine de la santé. De son point de vue, "... le service de santé indigène paraît satisfaire et servir davantage notre conscience que les Yanomami !" Une conclusion qui interpelle !

La SECOYA (3) veut écouter et entendre le peuple Yanomami.

***

Photos S. Cavuscens : Une prise de "yãkõana" et une "pajelança", une séance de traitement d'une affection.

(1) Voir sur ce blog, la note du 25 février dernier résumant cette première partie.

(2) Voir sur ce blog, la note du 2 avril 2010.

(3) Pour en savoir plus sur la SECOYA (en portugais) : http://www.secoya.org.br/

APPEL : Les personnes qui souhaitent appuyer l'action de la SECOYA peuvent le faire en versant un don par l'intermédiaire de AYA, CCP 17-55066-2, avec la mention "SECOYA", ou prendre contact avec le président de AYA, M. Jacques Rémund, par téléphone : No  00 41 (0)22 793 99 36, ou par courrier électronique : jackytax@gmail.com

 

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 58, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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05/03/2011

Belo Monte* : "Lâcheté, irresponsabilité, comportement dictatorial"

Le mouvement "Xingu Vivo para Sempre" ne mâche pas ses mots pour qualifier la décision, prise avant-hier 3 mars, par le président du Tribunal Régional Fédéral 1 (TRF1), Olindo Menezes, de donner une suite favorable à un recours formé par l'Avocat Général de l'Union - AGU. Ce dernier a demandé  (et donc obtenu) l'annulation de la décision du 25 février de la justice fédérale de Belém, suspendant "l'autorisation partielle", délivrée le 26 janvier, par l'Institut Brésilien du Milieu Ambiant - IBAMA. Cette autorisation permet l'installation du chantier nécessaire à la construction du complexe hydroélectrique de Belo Monte sur le rio Xingu.

Contrairement au tribunal de Belém, Olindo Menezes est d'avis qu'il n'est pas nécessaire que toutes les mesures préalables, listées par l'IBAMA lui-même, soient réalisées avant l'ouverture du chantier.

Le mouvement "Xingu Vivo para Sempre" reproche au président du TRF1 d'avoir utilisé un instrument juridique datant de la dictature militaire pour justifier sa décision. Il reproche à une partie du gouvernement d'aller à l'encontre des personnes qui, en février dernier, lors d'une audience à la Présidence de la république, avaient promis le dialogue avec les représentants des peuples indigènes et riverains du rio Xingu.

* Voir sur ce blog, la note de hier 4 mars

Pour en savoir plus (en portugais) :

  • La décision du président du TRF1 :

http://www.agu.gov.br/sistemas/site/TemplateImagemTextoTh... > Documentos Relacionados  > Decisão

  • La prise de position du mouvement "Xingu Vivo para Sempre" :

http://www.xinguvivo.org.br/2011/03/03/covardia-irrespons...

  • Sur le contenu de l'entretien du 8 février dernier à la Présidence de la république (avec ci-dessous, en portugais, la  vidéo enregistrée lors de l'entrevue avec Rogério Sotilli) :

http://www.xinguvivo.org.br/2011/03/05/nota-o-que-vale-pa...

 

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04/03/2011

Belo Monte : la justice suspend une première autorisation

Audiencia-3.jpgLe 26 janvier, l'Institut Brésilien du Milieu Ambiant - IBAMA, a délivré une première "autorisation partielle" pour l'installation du chantier nécessaire à la construction du complexe hydroélectrique de Belo Monte sur le rio Xingu. Et une deuxième pour la suppression de la végétation. Le lendemain, le Ministère public fédéral, MPF, a introduit un recours contre "l'autorisation partielle" qui, selon lui, n'est pas prévue dans la législation brésilienne. Le 25 février, la justice a décidé de la suspension de l'autorisation. L'ouvrage ne pourra pas  commencer sans la réalisation de 29 mesures préalables, établies par l'IBAMA lui-même.

Un collectif de mouvements sociaux et d'organisations indigènes étaient réunis à Brasilia, les 7 et 8 février, pour un séminaire et une manifestation publique au sujet de l'ouvrage. Une délégation a été reçue à la présidence de la république. Elle a remis un document, approuvé par près de 80 associations et entités qui demande, entre autres, d'annuler définitivement le complexe Belo Monte. La délégation a fait état des 604'000 signatures récoltées sur Internet, au Brésil et à l'étranger, en soutient à cette position.

Le 28 janvier, la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB, a adressé une lettre à Dilma Roussef, la présidente de la république, dans laquelle elle réaffirme son opposition à la "construction du désastreux complexe hydroélectrique de Belo Monte". La Coordination questionne : "Pourquoi le gouvernement brésilien ne veut-il pas écouter notre voix ?" Parlant des injustices historiques, des exploitations, dévastations et autres misères qu'ont eu à subir les peuples indigènes, la COIAB affirme : "Nous ne voulons pas de ce progrès". Et encore de questionner : "Quel est ce progrès qui détruit ce qui devrait être préservé ?"

À suivre : voir la note du 5 mars

 

  • Photo Verena Glass : Audience au Secrétariat Général de la Présidence de la république

Pour en savoir plus (en portugais) :

http://www.prpa.mpf.gov.br/news/2011/justica-suspende-lic...

  • Le séminaire de Brasilia :

http://www.xinguvivo.org.br/2011/02/09/belo-monte-governo...

  • Le document remis à la présidence de la république :

http://www.xinguvivo.org.br/wp-content/uploads/2010/10/ca...

Cette note a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 58, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

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