08/04/2011

Belo Monte : L'Organisation des Etats Américains demande la suspension du processus

Une partie de la pêche de mars 2011 :Cimi:45a61e0e3db834a8f9b56e04abfd7936.jpgAprès la controverse juridique intervenue entre la justice fédérale de Belém et le président du Tribunal Régional Fédéral 1 (TRF1), Olindo Menezes, les travaux de terrassement ont commencé le 7 mars, la veille du Carnaval, sur le chantier du complexe hydroélectrique de Belo Monte sur le rio Xingu(1).

La construction de cet ouvrage - le troisième plus grand barrage du monde après celui des Trois Gorges en Chine, et celui d'Itaipu, sur le Paraná, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay - continue de susciter des réactions.

Les pêcheurs du rio Xingu ont organisé une grande "pescaria", une immense partie de pêche, qui s'est terminée le 14 mars par une manifestation de protestation devant l'immeuble d'Eletronorte sur les quais d'Altamira, la principale localité de la région.

Le 23 mars, le cinéaste James Cameron et l'ex-gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger étaient à Altamira pour s'informer des travaux. En 2010, le cinéaste avait déjà apporté son soutien aux mouvements sociaux qui s'opposent à l'ouvrage.

Le 25 mars, Dom Erwin Kräutler, évêque du Xingu et président du Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de la Conférence Nationale des évêques du Brésil - CNBB, chargé des questions indigènes, a publié une lettre ouverte qu'il a remise à la Vice-procureure Générale de la République, Déborah Duprat, dans laquelle il dénonce les irrégularités qui entachent le processus de décision de construction de l'ouvrage.

Le gouvernement veut construire Belo Monte. Gilberto Carvalho, principal interlocuteur de la présidence de la république avec les mouvements sociaux, l'a affirmé le 16 mars, durant le Forum sur les "Changements climatiques et justice sociale", organisé sous les auspices de la CNBB.

Le 1er avril, la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme - CIDH, de l'Organisation des États Américains - OEA, a demandé au gouvernement brésilien de suspendre le processus d'autorisation du projet et d'empêcher la réalisation de tout ouvrage jusqu'à ce que soient réalisées quatre mesures : La consultation préalable dans le but d'arriver à un accord avec les communautés affectées; l'accès de ces communautés aux études d'impact; la protection des groupes indigènes en situation d'isolement, et la mise en oeuvre de mesures sanitaires pourprévenir les maladies et épidémies pouvant toucher les communautés indigènes.

Au nom du gouvernement, l'Itaramaty, le Ministère brésilien des affaires étrangères, dans une note du 5 avril considère les sollicitations de la CIDH "précipitées et injustifiables". De son côté, le même jour, la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, a fait état des dispositions qu'elle a prises pour informer et protéger les communautés indigènes.

Le gouvernement brésilien doit répondre dans les meilleurs délais à la CIDH.

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Photo © CIMI : La "Pescaria"

(1) Voir la note du 5 mars 2011 de ce blog

La vidéo ci-dessous (2'30") montre le débu des travaux de terrassement

Pour en savoir plus (en portugais) :

- Le site de la campagne "Xingu ..." : http://www.xinguvivo.org.br/ /

- La lettre de Dom Kräutler :  http://www.cimi.org.br/?system=news&action=read&i...

- La position de G. Carvalho : http://agenciabrasil.ebc.com.br/noticia/2011-03-16/apesar...

- Le document de la CIDH : http://www.xinguvivo.org.br/wp-content/uploads/2010/10/Ca...

- La réaction de l'Itaramaty : http://www.itamaraty.gov.br/sala-de-imprensa/notas-a-impr...

- La note de la FUNAI : http://www.funai.gov.br/ > 05 de abril > Nota sobre as medidas cautelares...

 

 

 

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 59, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

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