10/06/2011

700 indigènes participent au campement "Terre Libre" 2011

Photo CIMI :Cleymenne Cerqueira:d4d2491af6171d71c1e9ee3862780446.jpg"L'Acampamento Terra Livre", c'est un peu l'assemblée générale annuelle des représentants des peuples indigènes de tout le Brésil. Plus de 700 leaders étaient réunis à Brasilia, du 2 au 5 mai, pour la 7e édition de cette manifestation. Celle de 2010 avait eu lieu en août, à Campo Grande, la capitale de l'État du Mato Grosso do Sul, où la violence à l'endroit des indigènes est particulièrement forte. Et celle de 2009 avait déjà eu lieu à Brasilia. Elle avait permis aux leaders indigènes de finaliser le projet de "Statut des Peuples Indigènes" toujours dans les tiroirs du Congrès.

La manifestation a été organisée par les membres de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil (APIB) et le Forum de Défense des Droits Indigènes (FDDI) avec l'appui de l'ambassade de Norvège. L'objectif de la réunion de cette année était de débattre des violations des droits indigènes.

Le document final adopté par les participants a pour titre "Pour le droit à la vie et à la Mère Terre". Il traite d'abord du cadre dans lequel se trouvent les peuples indigènes: "Nous n'admettons pas que ce que nous préservons depuis des millénaires – la Mère Terre – en contribuant ainsi à la durabilité environnementale et sociale du territoire national et de la planète, soit arraché de nos mains ou détruit irrationnellement comme cela s'est passé il y a 511 ans par les colonisateurs européens au détriment de la vie de nos peuples et de leurs générations futures. Nous ne pouvons pas admettre de continuer à être les victimes de la voracité du capitalisme néolibéral, du modèle de développement déprédateur qui règne sur le monde, y compris dans notre pays. Cela de forme implacable, sous le regard négligent, de connivence et avec l'adhésion explicite du gouvernement actuel." Il énumère ensuite les revendications des leaders qui touchent plusieurs domaines : la démarcation et la protection des Terres indigènes; l'impact des infrastructures sur les terres indigènes; la criminalisation des dirigeants indigènes; la restructuration de la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI); la législation indigène et la réforme politique; l'éducation et la santé indigènes; le code forestier.

Photo Walter Campanato : Agência Brasil :05052011VAC8999.jpgPour initier un dialogue avec le gouvernement, une délégation de leaders a été reçue au Palais du Planalto, le palais présidentiel, par la Secrétaire général de la présidence de la république, Gilberto Carvalho, et les ministres de la justice, des mines et de l'énergie, de la santé, de l'environnement, le président de la FUNAI et le responsable du Secrétariat Spécial de santé Indigène (SESAI) à qui les indigènes ont remis le document adopté lors de la réunion.

Selon "Agência Brasil", Gilberto Carvalho a rappelé la volonté du gouvernement de poursuivre la construction des usines hydroélectriques de Belo Monte*, Jirau et Santo Antonio, ainsi que la transposition du rio São Francisco. Il a fait remarquer à ses interlocuteurs que la présence de plusieurs ministres à cette audience était un signe de profond respect de la part du gouvernement à l'égard des communautés indigènes.

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* Voir la note publiée sur ce blog le 3 juin dernier

Pour en savoir plus en français :

Pour en savoir plus en portugais :

 

Photo du haut : Cleymenne Cerqueira / CIMI - Une des banderoles du Campement

Photo du bas : Walter Campanato / Agência Brasil - Un indigène remet à la délégation ministérielle le document adopté lors du campement 2011

 

Cette note, dans une version réduite, a été publiée dans "AYA Info" No 61, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

07:50 Publié dans La lettre d'AYA | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

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