28/10/2011

"Genève Ville Solidaire" des Yanomami

Marauiá nova2:version allègée:2.jpgLe 28 septembre dernier, le Conseil Administratif de la Ville de Genève a fait connaître son accord pour le financement du projet présenté par l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie (AYA), pour le soutien d'un programme réalisé en Amazonie brésilienne par son partenaire de Manaus, l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA".

Il s'agit d'organiser, chaque semestre de 2012, un cours de formation de dix jours chacun, destiné à une vingtaine d'AIS - Agents Indigènes de Santé du DSEI - District Sanitaire Spécial Yanomami des villages du rio Marauiá. Cette rivière est un affluent du rio Negro, situé sur la commune de Santa Isabel do Rio Negro dans l'État d'Amazonas. Le programme des cours couvre plusieurs thèmes : la politique indigéniste et la politique de santé des autorités brésiliennes; la prévention des maladies, l'alimentation, l'hygiène du milieu et la lutte contre les vecteurs de maladies, mais aussi la capacité à représenter les communautés dans les instances publiques où ils sont appelés à siéger.

L'association AYA tient à exprimer ici sa vive reconnaissance pour ce geste à l'égard du peuple Yanomami. Cet appui s'inscrit dans la politique de solidarité conduite par la Ville de Genève depuis de nombreuses années.

En 2010*, la "Délégation Genève Ville Solidaire" a consacré 4'187'300 CHF à la solidarité internationale : 3'459'000 CHF pour la "Coopération au développement"; 259'500 CHF pour "l'Aide humanitaire"; 141'000 CHF pour la "Coopération décentralisée" et 327'800 CHF pour la "Sensibilisation" de l'opinion publique.

Après les communes genevoises d'Onex en 2008, de Meyrin en 2010, la Ville de Genève est la troisième commune genevoise à soutenir l'action de la SECOYA par l'intermédiaire de AYA. Encore une fois : Merci !

***

- La carte (cliquer pour agradir) montre la région concernée par le projet. Les "xapono" (prononcer chapono) sont les villages Yanomami.

Pour en savoir plus (en français) sur la

-  "Délégation Genève Ville Solidaire" :

http://www.ville-geneve.ch/themes/geneve-ville-internatio...

- SECOYA (en portugais) : http://www.secoya.org.br/ > Saúde

* Chiffres tirés de la brochure "Solidarité Genève Sud - statistique 2010" éditée par la Fédération Genevoise de Coopération - FGC.

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" (No 65), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

08:29 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : genève ville solidaire, secoya, aya, yanomami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

21/10/2011

Rede Globo diffuse un reportage sur l'orpaillage illégal*

Le dimanche 9 octobre, "O Fantástico", une émission du réseau de télévision Globo, a diffusé un reportage consacré à l'orpaillage illégal dans la Terre Indigène Yanomami.

En moins de quinze minutes(14' 27''), les reporters Marcelo Canellas et Lúcio Alves montrent les lieux d'orpaillage (les garimpos) du rio Couto de Magalhes (État de Roraima) et interviewent des divers acteurs, par exemple :

- Les garimpeiros (orpailleurs) sont filmés à l'ouvrage, on y voit leur campement. La loi du silence leur interdit de révéler le nom du propriétaire de la "balsa" (le bateau utilisé pour rechercher l'or) à qui ils disent remettre 60% de leurs trouvailles et se partager les 40% restant. Les plongeurs font état de la dangerosité de leur travail.

- La doctoresse du Centre du service de santé indigène de Boa Vista (la capitale de l'État de Roraima) parle des maladies, surtout la malaria, transmises aux indiens par les garimpeiros. Maladies anormalement fatales.

- La Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI se dit préoccupée par la proximité des garimpos avec un groupe d'indiens isolés. Contact très dangereux pour la santé de ces indiens. La FUNAI a compté 110 pistes clandestines, dont 15 en fonction, pour l'atterrissage des avions transportant les garimpeiros et leur ravitaillement.

- Un ancien propriétaire de garimpo déclare avoir investi 200'000 R$** (Reais) pour pratiquer son activité. Son campement a été détruit trois fois par la police. Parlant des pistes dynamitées par les autorités : "Elles sont réparées en 15 jours..."

- Un pilote renommé affirme avoir transporté des milliers de garimpeiros dans les terres indigènes. Il dit avoir cessé cette activité très lucrative : le propriétaire d'un avion, d'une valeur de150'000 R$, qui vole dans cette région - un transport risqué - doit facturer ses services entre 60 et 70'000 R$ par mois.

- Le Ministère public fédéral a dénoncé une trentaine de garimpeiros qui n'ont jamais été arrêtés.

- La police fédérale, aidée par l'armée, mène de fréquentes opérations d'évacuation, mais les garimpeiros retournent rapidement sur les lieux.

- Un retraité de la police fédérale, maintenant joaillier, affirme que lui, comme beaucoup d'autres de ses collègues achètent l'or tiré de la terre Yanomami. Il reconnaît l'illégalité de ce commerce, et sa crainte d'être arrêté. Mais il a un avocat qui le fera sortir de prison.

- Le reportage se termine par l'interview de Davi Kopenawa, président de l'Hutukara Associação Yanomami - HAY. Il demande, une fois de plus, l'évacuation des garimpeiros de la terre Indigène Yanomami !

En un quart d'heure, la vidéo présente une synthèse relativement complète de ce qui se passe dans cette zone éloignée du Brésil où le pouvoir central a bien de la peine à faire respecter le droit. Un reportage à voir ! C'est le travail de reporters réputés.

Il est rare de voir les grands medias brésiliens publier des telles informations. Les observateurs s'interrogent. Est-ce l'approche de Rio+20 qui influence les comportements ?

Une audience publique sur ce qui se passe dans la Terre Yanomami est prévue à la Chambre des députés le 27 octobre.

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* Cette note complète et illustre celle publiée sur ce blog le 7 octobre dernier.

** Reais est le pluriel de Real, nom de la monnaie brésilienne. Au taux du jour  : 1 Real brésilien (R$) = 0.51 Franc suisse, ou 0.41 Euro, ou 0.56 Dollar US

Pour en savoir plus (en portugais) :

- L'article (en portugais) contenant l'essentiel du reportage : http://fantastico.globo.com/Jornalismo/FANT/0,,MUI1675528...

- Le reportage (en portugais et non sous-titré en français) :

14/10/2011

Guyane française : le magazine amérindien Oka.Mag’ se met en veille

Couv_OKA39_big.jpgDepuis une dizaine d'années, une poignée de courageux amérindiens de Guyane française ont fait le pari de donner une voix aux communautés amérindiennes en publiant "Oka.Mag'", un magazine, et en ouvrant un site Internet pour faire connaître les nombreux et graves problèmes auxquels sont confrontés les peuples premiers de cette terre d'Amérique du Sud.

Le 24 septembre dernier, un message de Philipppe Aquila, le fondateur du magazine annonce la mise en veille de la publication (300 abonnés et 200 points de vente en Guyane, Martinique, Guadeloupe et quelques uns en métropole) : "Plusieurs facteurs déterminent notre décision. Problèmes humains, logistique, financiers (comme toujours), mais le pire de tous est la lamentable que nous vivons au  sein des communautés amérindiennes de Guyane... la situation que nous vivons est totalement ingérable, incontrôlable et nous voyons et entendons tout et n'importe quoi... actuellement nous sommes pris dans une spirale de règlements de compte entre kali'na (amérindiens), de luttes acharnées pour le pouvoir... nous n'avons pas créé un média amérindien pour compter les points et lutter entre nous mêmes. En conséquence de cette triste et lamentable situation dans nos communautés, notre bureau exécutif a pris la sage décision de mettre Oka.Mag' en veille durant quelques mois en attendant que la sagesse atteigne enfin nos leaders politiques et chefs coutumiers. Si cela tarde trop et que les luttes internes persistent, nous enterrerons définitivement Oka.Mag' dans quelques mois." Le rédacteur fait allusion aux conflits qui divisent les organisations indigènes guyanaises, la Fédération des Organisations Autochtones de Guyane (FOAG) et l'Organisation des Nations Autochtones de Guyane (ONAG).

Sur le site, outre le fait que depuis trois ans, on trouve "AYA Info" dans la chronique "Nouvelles de nos frères d'ailleurs", les "Chroniques sur la question autochtone et les documents officiels" contiennent d'intéressantes analyses juridiques sur les droits collectifs des peuples autochtones en Guyane française. La disparition de ces textes serait une perte.

Il serait regrettable que cette voix amérindienne disparaisse définitivement. Il serait regrettable également que les organisations autochtones de Guyane française persistent dans leurs divisions.

Pour en savoir plus (en français),voir le site encore ouvert : http://www.okamag.fr

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Une première version de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 64, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

07:55 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : oka.mag', guyane française, amérindiens | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/10/2011

Le prix de l'or met en danger les Yanomami

Au début du mois de septembre, l'Hutukara Associação Yanomami - HAY a dénoncé la présence illégale de nombreux garimpeiros (orpailleurs) dans la Terre Indigène Yanomami (TI Y). Plus précisément dans les environs de la communauté indigène de Homoxi (État de Roraima). Ils seraient entre 1'000 et 1'500 dans sept lieux différents. L'information a été donnée à l'occasion de la réunion régionale de l'HAY qui s'est tenue les 6 et 7 septembre dans la communauté indigène Kori Yaupë dans la région de Surucucu.

La recrudescence de l'orpaillage est attribuée à l'augmentation du prix de l'or sur le marché international. La recherche de l'or pollue les rivières. Une pollution à l'origine de l'augmentation des maladies au sein des populations riveraines. La sécurité alimentaire est compromise. L'HAY a également signalé la destruction de cultures dans certains villages et le vol de médicaments commis par des garimpeiros dans un poste de santé de la région de Papiú.

L'HAY s'inquiète encore de constater que certains Yanomami de la région de Parafuri commencent s'allier aux garimpeiros facilitant ainsi leur progression à l'intérieur de la Terre Indigène Yanomami - TI-Y.

L'HAY demande l'intervention des autorités. Le Conseil Indigène de Roraima - CIR a adressé une lettre à la présidente de la république, Dilma Roussef demandant le retrait des garimpeiros et de tous les envahisseurs de la TI-Y. À la Chambre des députés, la députée fédérale Janete Capiberibe a dénoncé cette violation des droits des peuples indigènes.

Par ailleurs, le 14 juillet dernier, lors d'un vol de reconnaissance effectué par l'HAY et le Front de protection ethno - environnemental Yanomami et Ye'kuana de la FUNAI, un groupe d'environ 70 Yanomami ayant très peu de contacts avec ses voisins a été localisé dans la région de rio Uxiú. Il s'agirait d'un groupe "disparu" depuis la seconde moitié des années 90. Le rôle du Front de protection est d'empêcher un contact improvisé, notamment avec les garimpeiros qui sont dans la région.

Une raison de plus pour les autorités de procéder à leur évacuation.

Pour en savoir plus (en portugais);

- La présence de garimpeiros : http://www.hutukara.org/folha-de-boa-vista-indios-denunci...

- Des Yanomami qui sont aux côtés des garimpeiros :

http://www.hutukara.org/indios-da-regiao-do-parafuri-ader...

- La lettre du CIR à Dilma Roussef :  http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=noti... /

- L'argumentation de la députée Janete Capiberibe : http://www.hutukara.org/images/stories/REQ_84_2011_CAINDR...

- Un groupe de Yanomami "isolé" :  http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3416

Cette note (modifiée) a été publiée dans "AYA Info" No 64, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

08:22 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : orpaillage, garimpeiros, yanomami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |