27/01/2012

Un an de gouvernement Dilma : la politique indigéniste est laissée "pour après"

À fin décembre 2011, le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de Conférence Nationale des Evêques du Brésil - CNBB, chargée des questions indigènes, a publié une note dressant le bilan de la première année d'activité du gouvernement de Dilma Rousseff en matière de politique indigéniste : une politique "laissée pour après".

L'entité a pointé plusieurs sujets pour justifier la sévérité de son jugement. Seulement 62% du budget fédéral affecté aux actions et services destinés aux peuples indigènes ont été dépensés. La Commission de Politique Indigéniste - CNPI, l'instance de dialogue avec les organisations indigènes a cessé de se réunir. Toujours selon le CIMI, la direction de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, ignore les peuples qui luttent contre les ouvrages de tous ordres, spécialement les barrages et usines hydroélectriques. Seules trois Terres Indigènes ont été démarquées au cours de l'année. Le Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI créé par Lula en octobre 2010*, ne remplit pas encore sa mission. Enfin, la note relève que la violence contre les peuples indigènes n'a pas cessé, notamment dans l'État du Mato Grosso do Sul et que les droits constitutionnels des peuples indigènes sont attaqués au Congrès national.

Le CIMI rappelle comment, même dans un contexte difficile, les peuples indigènes n'abandonnent pas la lutte pour la défense de leurs droits.

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*Voir la note du 26/11/2010 dans ce blog

Pour en savoir plus (en portugais) :

http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&conteu...

 

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" (No 68), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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20/01/2012

Amazonie péruvienne : Genève soutient la surveillance des compagnies pétrolières

Manuel Feconaco:p,36:un moniteurphotographie un site pollué:Cliché 2012-01-02 11-55-08:2.jpgEntre 2006 et 2010, la Fédération des Communautés Natives du Rio Corrientes - FECONACO a répertorié 92 fuites de pétrole dont 69 importantes. Ces fuites proviennent des installations de la compagnie pétrolière argentine "Pluspetrol", dans le bassin du rio Corrientes, une rivière de la province de Loreto, dans le département du même nom, au nord-est du Pérou, dans le bassin amazonien.

Depuis 40 ans, les activités pétrolières dans cette région ont causé la pollution des sols et des eaux. Elles affectent le territoire et la santé des peuples Achuar, Urarina et Kichwa. Le 22 octobre 2006, un accord appelé "Dorissa", du nom d'un lieu de production pétrolière, a été conclu entre la Feconaco, le Gouvernement péruvien et l'entreprise "Pluspetrol". Cet  accord prévoit, entre autres, l'exercice d'un contrôle indépendant des activités de la compagnie par les communautés, à travers leur Fédération.

Pour rendre possible cette surveillance, la Feconaco a travaillé en partenariat avec l'ONG péruvienne "Shinai". Elle a mis sur pied un programme de contrôle territorial communautaire. Une quinzaine de gardes territoriaux indigènes ont été formés dans les domaines du droit des peuples autochtones et de l'environnement. Ils ont été équipés de GPS, d'appareils de photos et de vidéo. Leur fonction consiste à surveiller les 4'000 km2 de terres indigènes habitées par 42 communautés et à rapporter tous les incidents à la Feconaco. Celle-ci se charge d'exiger que des mesures de protection de l'environnement soient prises par le Gouvernement et les entreprises.

Les observations des gardes ont fait l'objet d'un rapport rendu public au début de 2011. Un résumé de ce document avait déjà été remis au Comité des Nations Unies pour l'Élimination des Discriminations Raciales - CERD qui tenait sa 76e session, à Genève, en février - mars 2010. Shinai et la Feconaco ont souhaité que cette expérience soit répétée dans d'autres régions victimes de situations identiques.

Pour cela, elles ont chargé un membre de leur équipe, Aurélien Stoll, un coopérant suisse, de rédiger un manuel expliquant ce processus de contrôle. Ce document a été publié en août dernier.

Manuel Feconaco:p367inf:un moniteur visite un site pollué à la suite d'une rupture d'oléoduc:Cliché 2012-01-02 11-55-59:2.jpgEn cette fin d'année 2011, un projet semblable de contrôle territorial débute avec la Fédération des Communautés Natives (Quechua) du rio Tigre - FECONAT. Celle-ci veut contrôler les activités des compagnies "Pluspetrol", "ConocoPhillips" et "Perenco". Ce projet doit être réalisé en partenariat avec l'organisation péruvienne "Solsticio" et le Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI, une ONG genevoise, membre fondateur de la Fédération Genevoise de Coopération - FGC. Cette dernière soutient cette action avec un appui du Canton de Genève.

Le 16 novembre, dans la ville d'Iquitos, six organisations indigènes de la province de Loreto ont dénoncé les dommages causés par les compagnies pétrolières. Elles demandent au président péruvien, Ollanta Humala, de prendre des mesures pour mettre un terme à ces graves atteintes à l'environnement.

 

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Photos © Feconaco : un moniteur indigène chargé de la surveillance territoriale constate la pollution...

Pour en savoir plus, en français et accéder au manuel très bien documenté (cartes, photos),

- Sur le site du MCI : http://mci.fgc.ch/mci/ > 26/11/2011 - Mise en place... > Lire manuel (en espagnol)...

- Le site de "Solsticio", la dénonciation de l'activité des compagnies pétrolières (en espagnol) : http://www.defensaindigena.org.pe/index.php?option=com_co...

- L'accord "Dorissa" :  http://www.feconaco.org/pdf/acta_dorissa.pdf

- La dénonciation au CERD (en anglais) : http://www.forestpeoples.org/documents/s_c_america/peru_c...

 

 

08:04 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : pluspetrol, feconaco, genève, fgc, pétrole, cerd, mci | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

06/01/2012

Les peuples indigènes à la COP-17 de Durban

Au niveau international, les organisations indigènes sont bien conscientes des enjeux et des menaces que les changements climatiques font peser sur leur existence. Pour l'organisation Survival International, "Les peuples indigènes sont les premiers experts en changement climatique".

De nombreuses organisations indigènes étaient présentes à la 17e Conférence des parties à la Convention de l'ONU sur les changements climatiques qui a eu lieu à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011. Une réunion plus généralement désignée par le sigle COP-17.

En prévision de cette rencontre, les organisations indigènes des neuf pays du bassin amazonien, groupées au sein de la Coordination des  Organisations Indigènes du Bassin Amazonien - COICA, avaient déjà fixé leur position lors d'une rencontre tenue à Manaus en août dernier*. La COICA recommandait la prudence vis-à-vis du mécanisme onusien de Réduction des Emissions de gaz à effets de serre en raison de la Déforestation et la Dégradation des forêts - REDD +. L'Alliance Globale des Peuples indigènes et Communautés locales a demandé l'instauration d'un moratoire sur ce mécanisme.

De leur côté, les organisations indigènes du Brésil ont envoyé cinq représentants à Durban. Pendant la conférence, la délégation a tenu à rappeler ses préoccupations en rapport avec la politique indigéniste du gouvernement brésilien :

1.- Les retards pris pour la démarcation des Terres Indigènes, en particulier celles des Guarani dans l'État du Mato Grosso do Sul; la mauvaise protection contre les envahisseurs, notamment dans la Vallée du Javari ou l'aire indigène Yanomami;  la volonté du Congrès de politiser le processus même de démarcation.

2.- La construction programmée de nombreux ouvrages hydroélectriques dans la région amazonienne. 3.- La réduction de l'émission des gaz à effet de serre compromise par la réforme du Code forestier en cours de discussion devant le Congrès.

La délégation a souligné le nécessaire respect des Conventions et Traités internationaux, la nécessité d'un plan de gestion des Terres Indigènes et le soutien aux initiatives des peuples indigènes pour la protection de leur environnement.

 

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* AYA Info No 63

Pour en savoir plus (en français),

- Le rapport de Survival International (2009) : http://www.survivalfrance.org/actu/7911 > Télécharger le rapport

- L'appel au moratoire publié par Attac International :  http://www.france.attac.org/articles/les-indigenes-contre...

- L'appel de l'Alliance Globale des Peuples indigènes et Communautés locales (en anglais):

http://climate-connections.org/2011/12/06/indigenous-peop...

- La position de la délégation indigène brésilienne (n portugais) :

http://blogapib.blogspot.com/2011/12/movimento-indigena-p...

 

Cette note a été publiée  dans "AYA Info" No 67, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

08:31 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : cop-17, peuples indigènes, redd+, coica, manaus, déforestation, durban | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |