26/10/2012

Les Yanomami refusent la superposition d'Unités de conservation avec leur Terre Indigène

 Yanomami,ICMBIO,UC,Flona Amazonas,HAY,Hutukara, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami,SECOYA,Amazonas,Pico da Neblina,Rede Rio Negro,Parque Serra do Aracá,Centro de Unidades de Conservação,CEUC,Hutukara Associação Yanomami,Davi Kopenawa,Silvio Cavuscens,ISACe n'est pas la première fois que les Yanomami expriment leur refus de voir se créer des Unités de Conservation (UC) sur la Terre Indigène Yanomami – TI-Y. Ce problème avait déjà fait l'objet de discussions en juillet 2011* quand l'Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité – ICMBIO, l'organe du gouvernement en charge de l'environnement a décidé de réactiver la Forêt nationale de l'Amazonas, dite "Flona Amazonas".

Au Brésil, il existe deux groupes d'UC, celui de "protection intégrale" comme les réserves biologiques, les parcs nationaux, et celui à "usage soutenable" comme les forêts nationales, les réserves de faune, etc.

Trois de ces UC se superposent à la TI-Y : le parc "Serra do Aracá" qui dépend du Centre des Unités de Conservation de l'État d'Amazonas, le CEUC; le Parc national Pico da Neblina (nom du plus haut sommet du Brésil – 2'994 mètres) et la "Flona Amazonas" qui, eux, dépendent de l'ICMBIO. Ces UC représentent environ 85% de la TI-Y de l'État d'Amazonas, ce qui réduit considérablement l'autonomie du peuple Yanomami sur sa propre Terre. Le statut de "Terre Indigène" apporte davantage de protection que les UC.

Le matin du 22 août, les dirigeants des associations membres du "Réseau Rio Negro" (dont l'Hutukara Associação Yanomami – HAY et le Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA) se sont réunis avec les représentants de l'ICMBIO. Ils ont remis une lettre au président de l'Institut lui demandant la révocation du décret qui a créé la Flona Amazonas. L'après-midi du même jour, ces mêmes représentants ont rencontré des membres du CEUC. Ils ont demandé la révision des limites du Parc Serra do Aracá.

L'HAY envisage une action en justice pour faire valoir le droit des Yanomami sur l'entier de leur territoire. Ce problème était l'un des points inscrits à l'ordre du jour de la VIIe Assemblée générale de l'Hutukara tenue du 9 au 14 octobre, dans la communauté Watoriki proche du rio Demini, en présence de la présidente de la Fondation Nationale de l'Indien.

*Voir sur ce blog la note du 02/09/2011 et AYA Info Nos 63 et 64

Photo : Wilde Haborahy/ISA. Sur la gauche, on reconnaît – debout - Davi Kopenawa de l'HAY et, assis à côté de lui, Silvio Cavuscens de la Secoya.

 

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 75, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

Les commentaires sont fermés.