01/03/2013

Josinaldo, premier médecin indigène diplômé de l'UnB

Josinaldo da Silva, 35 ans, a obtenu son diplôme de médecin. Titre qui lui a été délivré par l'Université de Brasilia – UnB en ce début d'année. Cette promotion n'est pas passée inaperçue. En effet, c'est la première fois dans son histoire que l'UnB délivre ce titre à un indigène brésilien.

Josinaldo appartient au peuple Atikum, originaire de la Terre Indigène du même nom, située dans l'État du Pernambuco, dans le sertão du Nordeste brésilien, à plus de 1'850 kilomètres de Brasilia. Interviewé par l'agence de presse de l'université, il explique comment ce n'est pas seulement l'éloignement de sa région natale qu'il a dû affronter, mais aussi le monde très différent de sa culture d'origine auquel il a dû faire face : vivre à Brasilia avec peu d'argent, sa difficile intégration au milieu estudiantin, s'adapter au rythme de la vie universitaire : "… le premier semestre a été le plus difficile !". Il a aussi trouvé l'appui de quelques étudiants et de plusieurs professeurs. Josinaldo a eu envie de devenir médecin à 22 ans, alors qu'il était déjà agent de santé.

En 2005, il a eu connaissance de la possibilité d'entreprendre ces études à l'Université de Brasilia. En effet, une convention* signée en 2004 entre l'UnB et la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a entrouvert une porte pour des étudiants indigènes dans plusieurs disciplines. Il lui a fallu passer – et gagner - plusieurs épreuves de sélection. Il souhaite maintenant parfaire sa formation comme médecin de famille avant de retourner se mettre au service de son peuple. Ce retour fait partie de l'accord avec la FUNAI. "Un indien a toutes les conditions pour servir son peuple quand il réunit le savoir de l'université et le savoir traditionnel" dit le nouveau médecin.

Plus récemment, en août 2012, la présidente de la république a signé une loi – et un décret d'application - instituant un système de quotas pour les institutions fédérales d'éducation supérieure en faveur des étudiants en provenance de l'enseignement public, issus de familles à faible revenu. Un quota s'applique également aux  noirs, mulâtres et indigènes.

* Une monographie universitaire a été consacrée aux défis que représentent cette convention.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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