29/03/2013

L'OAB crée une Commission spéciale de Défense des Droits des Peuples Indigènes

Ordem dos Advogados do Brasil,OAB, Comissão Especial de Defesa dos Direitos dos Povos Indígenas, CNDDPI, Marcus Vinicius Furtado, Joênia Batista de Carvalho, STF, Wapixana, Mário Nicário, Raposa Serra do Sol, Lula, Boa Vista, Roraima, Supremo Tribunal Federal, doCip, Mécanisme d'Experts pour les Droits des Peuples Autochtones Le 23 février, à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, Marcus Vinicius Furtado, le président national de l'Ordre des Avocats du Brésil  – OAB a annoncé la création, au sein de l'Ordre, d'une Commission Spéciale de Défense des Droits des Peuples Indigènes – CNDDPI. L'avocate Joênia Batista de Carvalho, une indigène Wapixana* a été désignée pour présider la Commission. Cette annonce a été faite au siège du Conseil Indigène de Roraima – CIR. L'objectif est de créer un instrument permanent susceptible de porter les préoccupations des peuples indigènes et de résoudre leurs problèmes. Mário Nicário, le Coordinateur du CIRa rappelé quelques préoccupations des peuples indigènes, par exemple : la proposition d'amendement constitutionnel qui veut conditionner la démarcation des terres indigènes, le vote du Statut de l'Indien, le suivi du service de santé…

Pour Joênia Wapixana (elle est plus connue sous ce nom-là), la création de  "cette Commission arrive à un moment opportun pour appuyer et orienter les actions de l'OAB pour garantir que nous soyons entendus. Aujourd'hui nous n'avons aucune voix au Congrès national".

Joênia est la première femme indigène avocate du Brésil. Elle a terminé ses études en 1997 à l'Université Fédérale de Roraima. Dans une récente interview donnée à l'agence EBC, elle a déclaré que "le droit  à la différence et la préservation de la culture indigène sont des principes présents dans la Constitution. Mais il y a encore un long chemin pour que le droit indigène soit pleinement garanti".

Le 27 août 2008, Joênia avait défendu devant le Tribunal Suprême Fédéral – STF le décret d'homologation de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol "en aire continue" tel que signé par Lula en avril 2005, mais mis en cause par des opposants favorables à une démarcation "en îles". Le 19 mars 2009, le STF a tranché dans le sens du décret présidentiel non sans avoir formulé des "conditions" restrictives qui font encore l'objet d'une controverse. Elle a défendu la cause des indigènes à de nombreuses reprises.

Le Centre de Documentation, de Recherche et d'Information des Peuples Autochtones – doCip (Genève) a annoncé que Joênia sera à Genève du 8 au 12 juillet pour la session du Mécanisme d'Experts pour les Droits des Peuples Autochtones – MEDPA.

* Prononcer "Wapichana"

Photo Eugênio Novaes : Joênia Wapixana et Marcus Vinicius Furtado au siège du CIR

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PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

22/03/2013

Avec l'appui de la Ville de Genève, des Yanomami se forment dans le domaine de la santé

Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Amazonas,Yanomami,Secoya, Genève, E-Changer, DSEI-Y,Manaus, rio Marauiá, Bicho-Açu, Sylvie Petter, Judith Schnyder, SUS, Sodis, PET, helminthiases, ascaris, oxyure, oxiure, lixo,saúde indígena, Conferência Nacional de Saúde IndígenaEntre le 13 et le 20 décembre 2012, une vingtaine d'Agents Indigènes de Santé - AIS, de leaders et de professeurs, actifs dans les villages Yanomami du rio Marauiá, étaient réunis à Bicho-Açu* pour une formation en matière de santé. Le cours a été dispensé par les animateurs du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYAde Manaus. Le cours a porté sur deux thèmes centraux : le "contrôle social" et l'éducation en santé.

Le terme de "contrôle social" est utilisé au Brésil pour désigner la démocratie participative. Il s'agit de la participation de représentants des populations concernées dans les instances prévues pour la mise en oeuvre de telle ou telle politique publique, l'éducation, l'emploi, la santé, etc.

En guise d'introduction, les participants ont eu à s'exprimer sur le concept de santé en présentant des éléments symboliques, souvent des végétaux, trouvés dans la nature qui, selon chacun, illustrent le fait d'être en bonne santé. Au terme de ce travail, les animateurs ont présenté les objectifs et le programme du cours.

L'étude de la thématique de contrôle social a commencé dans des groupes de travail par une réflexion – au moyen de dessins - sur le Système Unique de Santé – SUS national. En plénière, la vision de chaque groupe a été illustrée par des exemples concrets du fonctionnement du SUS, tant au niveau des centres urbains que dans les villages. À partir de cette réalité, les animateurs ont présenté un historique de l'organisation du service de santé brésilien replacé dans un contexte international. Deux jours ont été consacrés au SUS et au Sous - système de santé indigène, les principes fondamentaux sur lesquels il base son action : universalité (le droit à la santé pour tous); intégralité (la santé doit prendre l'être humain comme un tout); l'équité (respectant les personnes et leur mode de vie) et leur application. Le cours a également traité de la législation relative à la santé et les institutions chargées de sa mise en œuvre. Il a aussi été question de la préparation de la Ve Conférence nationale de santé indigène, prévue à Brasilia en novembre. Celle-ci doit être préparée par des rencontres locales et régionales prévues au cours du premier semestre 2013.

La formation en santé a occupé trois journées. Ont été traités des aspects théoriques comme le concept de santé/maladie : le fait d'être en en bonne santé ne se limite pas à l'absence de maladie. Le concept et les actions de prévention, par exemple la propreté des villages, l'alimentation, l'hygiène personnelle. L'hygiène environnementale dans le contexte de la vie villageoise, par exemple les eaux stagnantes, la présence de nombreux cafards, la contamination de l'eau par les matières fécales, etc. a fait l'objet d'une étude spécifique.

Les formateurs ont également abordé le cas des principales helminthiases, ces maladies dues à l'infestation des intestins par des vers : les ascaris, les oxyures, leurs cycles de transmission, les symptômes, les complications, la prévention et les traitements.

Une journée entière avait pour sujet les traitements de l'eau et des ordures. Les différentes manières de purifier l'eau ont été abordées et discutées, y compris la méthode Sodis qui permet une purification de l'eau contenue dans des bouteilles de PET en les exposant aux rayons du soleil. En ce qui concerne les ordures, une partie du cours a été ouverte aux habitants de Bicho-Açu. L'évacuation des déchets vers les centres urbains n'est pas toujours possible. Il est alors nécessaire de les brûler sur place. Les participants ont demandé que les visiteurs repartent des villages en emportant leurs détritus.

L'évaluation réalisée le dernier jour a porté sur la compréhension, par les participants, des contenus étudiés. Cela a donné l'occasion de remercier l'équipe de cuisine, les habitants et les leaders de Bicho-Açu pour la qualité de leur hospitalité.

La Secoya a remarqué la très forte motivation des participants à acquérir de nouvelles connaissances. La présence de leaders a pour résultat la décision de ces derniers de susciter une réunion avec d'autres pour améliorer la participation dans les instances de contrôle social.

AYA tient à remercier la Ville de Genève qui a accordé une subvention pour ce programme de santé de la SECOYA placé sous la responsabilité de Sylvie Petter , une volontaire de l'organisation E-Changer dont le siège est à Fribourg / CH. Sylvie est l'auteure du rapport qui a permis la rédaction de cette note.

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* Un village situé dans l'État brésilien d'Amazonas et sur la Terre Indigène Yanomami

Photo © Secoya : Le tri des ordures avec les habitants de Bicho-Açu à l'occasion du cours.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

15/03/2013

2012 n'a pas été une année de progrès pour les peuples indigènes du Brésil

Pour les peuples indigènes du Brésil, 2012 n'aura pas été une année de progrès. S'il est vrai qu'il est difficile de retenir tout ce qui a fait l'actualité indigène au cours de ces douze mois, il reste que c'est bien la conclusion à laquelle conduit l'examen de quelques domaines-clés de la politique indigéniste du pays.

Pour les droits territoriaux, seulement sept Terres Indigènes – TI ont été démarquées le 5 juin, pour la journée mondiale de l'environnement. Et, en octobre, il y a eu la publication du rapport d'identification d'une TI dans l'État d'Amazonas. Au début décembre, les Xavante ont retrouvé leur terre ancestrale de Marãiwatsédé. Le lobby anti-indigène a été particulièrement actif au parlement. Au Sénat et à la Chambre des Députés, des élus ont mis à l'ordre du jour des Projets d'amendements constitutionnels visant à enlever au Gouvernement la responsabilité finale de la démarcation des TI. En juillet, l'Avocat général de l'Union a signé un arrêté relatif à la démarcation des TI qui a soulevé de nombreuses protestations de la part des organisations indigènes et indigénistes. L'application de ce texte a été suspendue. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI a relevé que seulement 37,66 % du budget alloué pour la "Délimitation, la Démarcation et la Régularisation des TI" a été utilisé, alors qu'il reste de nombreuses terres à protéger.

Du point de vue institutionnel, en avril, la Présidente de la république, Dilma Rousseff a nommé Marta Maria do Amaral Azevedo à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, un poste jusque - là toujours assumé par des hommes. À l'initiative de la nouvelle présidente, après une année d'inactivité, la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI a repris ses travaux en juin. Elle a tenu deux autres réunions en août et décembre 2012. Des rencontres sont déjà programmées en 2013.

L'accès aux services de santé reste problématique pour de nombreux peuples indigènes, notamment dans les zones difficiles d'accès comme la Vallée du Javari et la TI Yanomami. En décembre 2012, les carences du service de santé indigène ont amené le Ministère Public Fédéral à lancer un programme pour obliger divers services de santé à prendre des mesures concrètes en faveur des peuples indigènes dans une quinzaine d'États. Le CIMI a relevé qu'en 2012, seulement 8,17% (2,176 millions de R$ sur 26,650 millions de R$) du budget fédéral destiné à la "Structuration d'unités de santé pour le service à la population indigène" ont été utilisés.

Des leaders indigènes brésiliens sont venus à Genève en 2012. Tout d'abord, au début mars, Davi Kopenawa, président de l'Hutukara Association Yanomami – HAY, était présent au Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il a eu des contacts avec les organisations internationales. À mi-novembre, Manoel Uilton dos Santos de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a rendu visite au Haut Commissariat aux Droits de l'Homme pour demander l'appui de cette organisation pour le respect, par le gouvernement brésilien, des droits des peuples indigènes conformément aux textes internationaux ratifiés par ce pays. Le 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme, c'est Raoni, le leader Kayapó qui a aussi été reçu au Palais Wilson, le siège du Haut - Commissariat. Les effets de cette pression internationale semblent limités. Le Brésil peine à reconnaître les droits des indigènes.

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PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/03/2013

Malgré un répit, le sort du budget de la solidarité internationale reste incertain

Une mise en cause sans précédent

Au mois d'octobre, une majorité de députés du Grand Conseil genevois, formée du Parti Libéral Radical - PLR, de l'Union Démocratique du Centre – UDC et du Mouvement Citoyen Genevois – MCG a refusé l'entrée en matière sur le projet de budget 2013 présenté par le Conseil d'Etat. Cette majorité a jugé le projet trop déficitaire et pas assez en faveur de la sécurité.

Au début novembre 2012, la section genevoise du Parti Libéral Radical – PLR a publié dix remarques et formulé dix propositions sur le budget cantonal genevois 2013. Parmi celles-ci, le transfert à la Direction (fédérale) du Développement et de la Coopération – DDC, des montants affectés à la solidarité internationale et la suppression du Bureau (cantonal) de la solidarité internationale. Une telle détermination de porter atteinte à la pratique genevoise de la solidarité internationale est tout simplement sans précédent.

Selon les informations diffusées par la presse, une majorité des membres de la Commission des finances du Grand Conseil, chargée de préparer le budget, n'a pas voulu porter un tel coup à la solidarité internationale. Ce 6 mars, elle a accepté un nouveau projet de budget 2013 déficitaire de 98,4 millions de francs. La réduction de l'aide au développement a été supprimée. Une heureuse nouvelle ! Le dernier mot reviendra au Grand Conseil quand le budget sera discuté en plénière tout bientôt. Au parlement cantonal, la majorité qualifiée - 51 voix sur 100 -  est requise pour adopter un budget déficitaire. Le danger n'est donc pas écarté de voir le budget de la solidarité internationale être à nouveau attaqué à cette occasion.

La Fédération Genevoise de Coopération - FGC s'inquiète de cette situation. Créée en 1966, elle regroupe actuellement plus de soixante ONG actives dans de nombreux pays. Une part importante de ses activités est assurée par des bénévoles. Ce sont donc de nombreux projets de coopération qui pourraient être réduits, renvoyés à plus tard ou  ne pas voir le jour si la subvention qu'elle reçoit du canton devait être amputée.

La solidarité internationale, comment et combien ?

La volonté cantonale de mener une politique active en faveur de la solidarité internationale et la collaboration avec la FGC, datent des années 60. Mais c'est seulement en octobre 2001 qu'est adoptée la loi cantonale sur le financement de la solidarité internationale – LFSI; son règlement d'application est entré en vigueur le 1er juillet 2002 :  "La République et canton de Genève, en tant de cité internationale reconnue pour sa vocation de défense de la paix et de la coopération internationale, s'engage à mener une politique active en faveur de la solidarité internationale… la République et canton de Genève consacre au moins 0,7% de son budget annuel de fonctionnement à la solidarité internationale… Le Conseil d'État collabore avec les organismes genevois ou internationaux actifs dans le domaine… La Fédération genevoise de coopération (FGC) est reconnue comme interlocuteur privilégié de l'Etat de Genève"

La nouvelle Constitution cantonale, adoptée le 14 octobre 2012, confirme cette volonté : "L'État… mène une politique de solidarité internationale soutenant la protection et la réalisation des droits de l’homme, la paix, l’action humanitaire et la coopération au développement. … À ces fins, il prend toute initiative utile et met des moyens à disposition..."

En fait, le budget cantonal consacré à la solidarité internationale (15,8 millions de CHF en 2010*) est géré en partie par un service cantonal, le "Bureau de la solidarité internationale" et une autre partie par la FGC qui a reçu 2,8 millions de CHF en 2010.

Selon le relevé effectué par la FGC en 2010, ces près de 16 millions représentent 0,2% du budget de fonctionnement du canton, loin des 0,7% prévus par la LFSI. Cette non - application intégrale de la loi est en soi une économie de plusieurs dizaines de millions de CHF par an. Près de 40 millions en 2010.

Un possible effet collatéral négatif

Une baisse de la subvention cantonale peut avoir une incidence négative sur l'apport de la DDC à la FGC (3,4 millions de CHF en 2010 et 4,7 millions en 2011). En effet, le service fédéral de la coopération souhaite limiter à 40% sa part dans le budget de la FGC. Si l'un ou l'autre des contributeurs de la FGC venait à diminuer sa subvention, la part fédérale pourrait également se voir réduite. Ce serait alors une double pénalité que la FGC aurait à subir.

La FGC est déjà en insuffisance de financement

Lors de sa dernière assemblée générale, le 28 février dernier, la FGC a pris des mesures de réduction du financement des projets de ses associations membres, les demandes de ces dernières dépassant largement les montants disponibles. Ce dépassement, ou manque prévisionnel, est de 2,3 millions pour 2013, et de 3,3 millions pour 2014.

L'apport la Genève internationale

La cité internationale qu'est Genève tire un avantage non négligeable de la présence sur son territoire de nombreuses organisations internationales, pas seulement en termes de renommée, mais aussi en termes d'apport financier. En 2011, les organisations internationales établies à Genève avaient tenu 2'688 réunions, auxquelles avaient participé 198'745 experts et délégués. Les dépenses engagées cette année-là par ces organisations ont juste dépassé les 5 milliards de francs suisses. Pour le canton, la comparaison entre le "donné" et le "reçu" se passe de commentaires !

La solidarité contribue à la sécurité

L'amélioration des conditions de vie de milliers de personnes par le soutien à des projets de coopération -  ce que réalisent de nombreuses associations genevoises de par le monde – est une contribution essentielle au renforcement de la paix. C'est une source de sécurité.

Un appel aux députés du Grand Conseil 

La FGC souhaite que le budget de la solidarité internationale ne soit pas remis en question. Elle a lancé un appel aux députés. Elle a mis en ligne une pétition que chacun peut signer d'ici le 10 mars. Ce document est accessible sur le site de la FGC :

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* L'année 2010 est retenue ici en raison de la publication par la FGC de la brochure "Solidarité Genève Sud – Statistique 2010 – Participation des collectivités publiques genevoises à la solidarité internationale : État des lieux et perspectives". Une telle statistique est publiée tous les cinq ans.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note.

Cette note sera reprise dans la prochain "AYA Info" (No 81), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

01/03/2013

Josinaldo, premier médecin indigène diplômé de l'UnB

Josinaldo da Silva, 35 ans, a obtenu son diplôme de médecin. Titre qui lui a été délivré par l'Université de Brasilia – UnB en ce début d'année. Cette promotion n'est pas passée inaperçue. En effet, c'est la première fois dans son histoire que l'UnB délivre ce titre à un indigène brésilien.

Josinaldo appartient au peuple Atikum, originaire de la Terre Indigène du même nom, située dans l'État du Pernambuco, dans le sertão du Nordeste brésilien, à plus de 1'850 kilomètres de Brasilia. Interviewé par l'agence de presse de l'université, il explique comment ce n'est pas seulement l'éloignement de sa région natale qu'il a dû affronter, mais aussi le monde très différent de sa culture d'origine auquel il a dû faire face : vivre à Brasilia avec peu d'argent, sa difficile intégration au milieu estudiantin, s'adapter au rythme de la vie universitaire : "… le premier semestre a été le plus difficile !". Il a aussi trouvé l'appui de quelques étudiants et de plusieurs professeurs. Josinaldo a eu envie de devenir médecin à 22 ans, alors qu'il était déjà agent de santé.

En 2005, il a eu connaissance de la possibilité d'entreprendre ces études à l'Université de Brasilia. En effet, une convention* signée en 2004 entre l'UnB et la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a entrouvert une porte pour des étudiants indigènes dans plusieurs disciplines. Il lui a fallu passer – et gagner - plusieurs épreuves de sélection. Il souhaite maintenant parfaire sa formation comme médecin de famille avant de retourner se mettre au service de son peuple. Ce retour fait partie de l'accord avec la FUNAI. "Un indien a toutes les conditions pour servir son peuple quand il réunit le savoir de l'université et le savoir traditionnel" dit le nouveau médecin.

Plus récemment, en août 2012, la présidente de la république a signé une loi – et un décret d'application - instituant un système de quotas pour les institutions fédérales d'éducation supérieure en faveur des étudiants en provenance de l'enseignement public, issus de familles à faible revenu. Un quota s'applique également aux  noirs, mulâtres et indigènes.

* Une monographie universitaire a été consacrée aux défis que représentent cette convention.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2