10/05/2013

Amazonie péruvienne : le gouvernement décrète l'état d'urgence environnemental

Pérou,Peru,rio Pastaza,rio Tigre,Quechua, Manuel Pulgar-Vidal,Juan Jiménez Mayor, FEDIQUEP, FECONAT,Emergencia Ambiental,cuenca del río Pastaza,Andoas,rio Marañón,rio Corrientes,departamento de Loreto,état d'urgenceUne belle victoire pour les organisations indigènes ! Le 26 avril, le Ministre péruvien de l'environnement, Manuel Pulgar-Vidal, a décrété l'état d'urgence environnemental dans une partie de l'Amazonie péruvienne, dans le bassin du rio Pastaza. Durant plus de 40 ans, les compagnies pétrolières ont pollué le sol et les eaux.

L’État, quasiment absent de cette région isolée et difficile d’accès, ne reconnaissait pas l’existence de cette pollution. Mais à l’heure d’Internet et du tout digital, il est désormais possible pour les populations locales de documenter et de dénoncer publiquement l’existence de cette pollution. Face aux preuves fournies par les surveillants de la Fédération des Indigènes Quechua du Pastaza - FEDIQUEP, le gouvernement a chargé une Commission d’évaluer les sites pollués. Le rapport de cette Commission a montré la gravité du phénomène et le gouvernement a enfin déclaré l’état d’urgence environnemental dans ce bassin. Cela concerne près de trente communautés, soit environ 4'000 personnes.

Un travail identique de surveillance* a été entrepris par la Fédération des Communautés Natives du Haut Tigre – FECONAT, une organisation indigène appuyée par l'ONG genevoise, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. Prochainement, une Commission se rendra dans le bassin du rio Tigre pour évaluer les sites pollués identifiés par cette Fédération. Tout laisse à penser que les résultats de cette visite devraient amener le gouvernement à déclarer le même état d’urgence dans cette autre région.

L'État péruvien a récemment adopté des standards de qualité environnementale concernant les niveaux de concentration en polluants admis dans les sols. À terme, c’est la reconnaissance et le financement, par l'État, des programmes indépendants de surveillance environnementale que les fédérations autochtones recherchent.

Le 8 mai à Lima, à l'occasion d'une rencontre avec les organisations indigènes, le Premier ministre péruvien, Juan Jiménez Mayor, a présenté les excuses du Gouvernement pour les 40 années pendant lesquelles il a laissé les compagnies pétrolières sans contrôle. Une prochaine réunion est prévue avec les organisations indigènes en vue d'une intervention dans les bassins des rios Pastaza, Corrientes, Tigre et Marañón.

***

Carte  : Partie de l'Amazonie péruvienne concernée.

*Voir aussi "AYA Info" Nos 67 et 72 et sur ce blog les notes des 20 janvier et 25 juin 2012

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note rédigée en collaboration avec Aurélien Stoll.

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 82), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

Les commentaires sont fermés.