27/10/2013

Vandœuvres solidaire des Yanomami

Brasil, Brésil, Amazonia, Amazonie, SECOYA, Yanomami, Santa Isabel do Rio Negro, Vandoeuvres, FGCC'est maintenant d'une pirogue neuve, équipée d'un moteur de 15 CV, dont dispose le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA pour son travail avec les communautés Yanomami de l'État d'Amazonas. Il y a moins d'un an, notre association, Appui aux Indiens Yanomami d'Amazonie – AYA* a reçu un don de la commune genevoise de Vandœuvres permettant à la SECOYA faire cet investissement en remplacement d'un ancien matériel usagé.

La pirogue a été achetée directement chez le fabricant. Il a été demandé à ce dernier d'apporter des modifications au matériel standard pour répondre aux besoins de SECOYA : ajouter trois paires de poignées latérales pour faciliter le transport du bateau quand il faut passer les "cachoeiras" (les rapides); renforcer la quille et, sur la poupe, renforcer le support du moteur. Ces aménagements spéciaux ont retardé la livraison de plusieurs mois. La pirogue a été peinte. Elle porte le logo de SECOYA et les armoiries de Vandœuvres.

Construite à Manaus, elle a été transportée par barge à 780 km de là, à Santa Isabel do Rio Negro où elle est stationnée. Cette petite ville se trouve près de l'embouchure du rio Marauiá. C'est dans cette région que la SECOYA développe l'essentiel de ces programmes dans les domaines de la santé, de l'éducation, de citoyenneté et de développement durable. Les rivières sont les principaux moyens d'accès aux communautés Yanomami.

Au nom de son partenaire brésilien, AYA tient à remercier les autorités et les habitants de Vandoeuvres pour ce geste de solidarité envers les Yanomami.

Selon le relevé effectué par la Fédération Genevoise de Coopération en 2010 (pp. 142 -143), cette commune de 2'600 habitants avait consacré 1,5% de son budget de fonctionnement pour la coopération au développement, soit une contribution de près de 49 CHF par habitant. Une générosité à remarquer.

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* Appui aux Indiens Yanomami d'Amazonie – AYA est une petite ONG genevoise

Photo © SECOYA – La pirogue à Santa Isabel do Rio Negro

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain AYA Info (No 87), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

19/10/2013

Le commanditaire de l'assassinat de Dorothy Stang est condamné à 30 ans de prison

Brasil, Brésil, Amazonia, Amazonie,Belém,Pará,Dorothy Stang,Anapu,Vitalmiro Bastos de Moura,CPT,CNBB,Comissão Pastoral da Terra,STF,Maria do Rosário Nunes, SDH/PR, PPDDHÀ l'aube du 12 février 2005, une religieuse d'origine américaine, sœur Dorothy Stang, a été assassinée par des "pistoleiros" sur une route de campagne de la municipalité d'Anapu, dans l'État amazonien du Pará. Elle a payé de sa vie de son engagement pour la défense des petits paysans. Il y a un mois, le 19 septembre, dans un quatrième jugement, le commanditaire du crime, le fazendeiro Vitalmiro Bastos de Moura, alias "Bida", a été condamné à 30 ans de prison par la justice du Pará.

Il avait été condamné à la même peine par un premier jugement prononcé en 2007. Le système judiciaire brésiliens prévoit que les condamnés à une peine supérieure à 20 ans ont droit a un deuxième jugement. Ce deuxième jugement a eu lieu en avril 2008 au terme duquel il a été acquitté. Sur le recours du Ministère public, un troisième jugement a eu lieu le 12 avril 2010. Pour une seconde fois, Bida a été condamné à 30 ans de prison. La défense a fait recours.

Le Tribunal Suprême Fédéral a annulé ce jugement le 14 mai 2013. Les juges estimant qu'à l'époque, la défense n'avait pas eu un temps suffisant pour préparer la plaidoirie. Mais ils ont maintenu l'accusé en prison.

Ce renvoi a suscité une réaction de la Commission Pastorale de la Terre – CPT, un organe lié à la Conférence Nationale des Evêques du Brésil – CNBB : "La lamentable décision de la plus haute cour de justice de ce pays sert seulement à aggraver encore plus les conflits et les morts dans la campagne brésilienne." La justice du Pará a dû fixer une nouvelle date pour un quatrième jugement, celui qui vient d'être rendu ce 19 septembre.

À cette occasion, la Ministre-chef du Secrétariat des Droits humains de la Présidence de la République –SDH/PR, Maria do Rosário Nunes, a publié une note pour rendre hommage à la religieuse "Dorothy Stang manque beaucoup à la Nation qu'elle a adopté et à laquelle elle a dédié quasiment 40 années de sa vie". Le Secrétariat rappelle, qu'à travers le Programme de Protection des Défenseurs des Droits Humains - PPDDH, il assure la protection d'environ 300 militants dans tout le pays.

Les quatre autres personnes impliquées dans ce assassinat ont été condamnées à des peines allant de 17 à 30 ans de prison. La CPT rappelle que nombreux assassinats survenus au Pará restent impunis.

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Pour en savoir plus, voir sur ce blog, la note du 20/05/2010 et "AYA Info" No 35, 38, 45 et 50

Photo : Soeur Dorothy Stang - Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Une version réduite de ette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 86) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/10/2013

Dilma ne veut pas confier au parlement le pouvoir de démarquer les terres indigènes

Brasil,Brésil,Amazonia,Amazonie,Autochtones,indigènes,indígenas,Brasilia,constitution,constituição,APIB,FUNAI,União,mobilização,bancada ruralista,PEC 215,Dilma Rousseff,Câmara dos Deputados,Conselho Indígena de Roraima,CIR,Terras indígenas, José Eduardo Cardozo, Henrique Eduardo Alves,Comissão Nacional de Política Indigenista,inconstitucionalidadePar le biais de son compte Twitter, la présidente brésilienne Dilma Rousseff, a fait savoir le 1er octobre, que son gouvernement était hostile à la Proposition d'Amendement Constitutionnel 215/2000 – PEC 215/00 qui transfère, du gouvernement au parlement, le pouvoir de démarquer les Terres indigènes. Une prérogative que la Constitution du 5 octobre 1988 attribue au gouvernement de l'Union. Une modification souhaitée par le lobby de l'agrobusiness, mais combattue par les organisations indigènes. Ces dernières avaient déjà manifesté leur hostilité à ce texte, en avril dernier, quand de nombreux leaders indigènes avaient envahi la Chambre des députés.

Dilma a publié cette annonce au début de la semaine de "Mobilisation nationale pour la défense de la Constitution" organisée par l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB*, entre le 30 septembre et le 5 octobre, à l'occasion du 25e anniversaire de l'adoption de la Constitution.

Alors qu'elle avait quasiment ignoré les représentants des peuples indigènes depuis son élection, après les importantes manifestations du mois de juin survenues dans de nombreuses villes du Brésil, le 10 juillet dernier, Dilma Rousseff avait reçu une délégation indigène au Palais présidentiel. Une rencontre attendue de longue date par les leaders indigènes. C'était la première depuis son élection à la tête du Brésil. "Un moment historique" a même affirmé le Conseil Indigène de Roraima – CIR.

Dans la "Lettre ouverte" remise alors à la Présidente, l'APIB demande la révocation de tous les textes, dont la PEC 215/00, qui menacent les droits territoriaux, la culture et la vie des peuples indigènes. Elle demande aussi la mise en œuvre effective de politiques publiques de qualité, en particulier dans les domaines de la santé et de l'éducation. L'Articulation y réaffirme sa détermination à défendre les territoires [indigènes] et sa disposition pour un dialogue ouvert, franc et sincère. La lettre se termine par un appel aux peuples indigènes, à leurs organisations et à leurs alliés pour "qu'ensemble nous évitions l'extinction programmée de nos peuples." Mais, selon "Agência brasil", le gouvernement maintient sa décision de revoir le processus de démarcation des Terres indigènes.

Cependant, pour donner une suite à cette rencontre avec la Présidente, il a été décidé de créer un "Groupe de dialogue", effectivement installé le 22 août, lors d'une réunion de la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI. Le 3 octobre, lors de la 21e rencontre ordinaire de cette Commission, le ministre de la justice, José Eduardo Cardozo, a annoncé l'envoi d'un note technique au président de la Chambre des députés, Henrique Eduardo Alves, dans laquelle il rappelle les différents points qui font de cette PEC une proposition anticonstitutionnelle.

Il semble maintenant que la position du gouvernement sur cette Proposition d'amendement soit plus claire. À voir quelle suite la Chambre des députés donnera à cet appel du gouvernement !

Et il reste bien d'autres menaces sur les droits des peuples indigènes du Brésil.

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*L'APIB regroupe les organisations régionales indigènes du Brésil. Voir, sur ce blog, les notes des 28/09/2013, 07/06/2013, 03/05/2013 et du 05/04/2012

Photo © CIMI - Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note est une version actualisée de la "brève" publiée dans le dernier AYA Info (No 86) le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2