23/06/2014

Avant le match de la Nati à Manaus, la Suisse manifeste sa solidarité avec les Yanomami

Le programme d'éducation en santé mis sur pied par le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA1 de Manaus a reçu l'appui de l'ambassade de Suisse à Brasilia, elle-même en partenariat avec l'Association Suisse de Football – ASF.

Les bénéficiaires directs du projet sont les 350 enfants, de 0 à 5 ans, des villages yanomami du rio Marauiá2 et des ses affluents. Le projet, prévu pour durer 12 mois, doit commencer dans les prochaines semaines. L'objectif est de diminuer de moitié, en trois ans, le taux de dénutrition infantile qui est actuellement de 44%. Pour atteindre ce résultat, la Secoya a prévu d'organiser d'abord deux cours de dix jours destinés à 25 Agents Indigènes de Santé – AIS. Ces cours porteront sur la valorisation des aliments traditionnels susceptibles d'améliorer l'équilibre nutritionnel des enfants. Il s'agit de réduire les facteurs à l'origine de la perte de poids, notamment les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires, les parasitoses…

Parallèlement aux cours, d'autres actions de prévention sont prévues dans les villages : activités pratiques de purification de l'eau de consommation, hygiène personnelle et de l'habitation, élimination des ordures, etc. Pour assurer la viabilité et la durabilité de ces actions sur le long terme, la Secoya veut progressivement confier la responsabilité de ces actions à des agents multiplicateurs. Ceux-ci agiront pour favoriser des changements sociaux tout en étant de défenseurs de la culture traditionnelle des Yanomami.

La signature du partenariat Ambassade de Suisse – Secoya aura lieu, ce mercredi 25 juin à 11h à Manaus, au siège même de la Secoya, en présence de l'ambassadeur André Regli et de ses invités.

Le jour choisi pour cette cérémonie ne doit rien au hasard : le 25 juin, la Nati rencontre l'équipe du Honduras dans la capitale amazonienne, dans le cadre du Mondial de football.

Trois personnes engagées dans ce projet : le coordinateur de la Secoya, Silvio Cavuscens et deux volontaires de l'association E-Changer, Sylvie Petter (infirmière) et Judith Schnyder (anthropologue) sont de nationalité suisse. Il y a là une double solidarité bien sympathique !

La Secoya n'est par la seule ONG brésilienne à recevoir une aide helvétique. L'ambassade et l'ASF appuient des projets dans les villes ou régions où la Nati a joué les matches du premier tour de la Coupe : à Brasilia et à Salvador.

À Brasilia, un partenariat a été signé le 14 juin avec l'association Rede Urbana de Ações Socioculturais – RUAS3 et le Programa Jovem de Expressão4. L'appui a été donné pour la réalisation d'un film sur l'histoire de Sol Nascente5, l'une des plus grandes favelas du Brésil. Le documentaire sera réalisé par des jeunes de la favela.

À Salvador, le partenariat a été conclu avec l'association "Junta Salvador Pernambues em Ação6". Pernambues est un quartier défavorisé de Salvador. L'objectif est de créer des sources de revenus pour des jeunes et des femmes sans emploi. L'appui servira à l'acquisition des infrastructure et matériel nécessaires à la réalisation de cours de formation dans les domaines de la couture et d'artisanat de cuir. Les produits fabriqués seront mis en vente.

Ces actions laisseront des traces positives du passage de la Nati au Brésil hors du champ footballistique !

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Notes :

1) Le partenaire de AYA

2) Une rivière située dans la partie de l'État d'Amazonas de la Terre Indigène Yanomami

En français :

3) Réseau Urbain d'Action Socioculturelles / 4) Programme d'Expression Jeune / 5) Soleil Naissant / 6) Ensemble Salvador Pernambues en Action

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note est une version actualisée de la "brève" publiée dans AYA Info No 93, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

15/06/2014

Brésil - Croatie, les caméras n'ont-elles pas vu la revendication d'un jeune indien ?

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Elles n'ont pas montré le jeune indien qui, après avoir délivré son message de paix, a déplié une banderole rouge portant l'inscription "démarcation". Il appelait à une application concrète de cette paix. "Carta Capital", le média qui relate l'événement et en publie une photo, indique que le jeune indien vit à Krukutu, un village de la région de Parelheiros, à l'extrême sud de l'agglomération de São Paulo.

Plusieurs communautés Guarani de cette région ont récemment organisé des manifestations pour demander, soit la démarcation de leur terre, soit une extension de la surface de celles qu'ils occupent.

Le geste d'un mineur de 13 ans, appartenant à une minorité (les indiens du Brésil représentent moins de 0,5% de la population du pays), à un moment fort (la Coupe du Monde), demandant l'application des droits territoriaux des peuples premiers, était  suffisamment symbolique pour mériter une bonne couverture médiatique. Mais les cameras ont détourné leur regard… Seuls le public et les autorités présentes dans le stade – la présidente de la république Dilma Rousseff était en compagnie de Sepp Blatter, le président de la FIFA - ont pu recevoir le message.

Le leader Guarani, Fábio Jekupé n'a pas été surpris par le fait que l'acte de protestation ne soit pas relayé par la télévision : "Ils ne veulent pas montrer ça. Ils veulent seulement montrer la paix entre les peuples pour dire que tout va bien. Mais notre situation n'est pas celle-là."

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Photo © Luiz Pires / Comissão Guarani Yvyrupa – Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

* Le lâcher de colombes  et le match Brésil – Croatie peuvent être vus sur le site de la Radio Télévision Romande – RTS.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera reprise dans le prochain AYA Info (No 94), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/06/2014

Le cacique Babau empêché de rencontrer le pape François

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Selon une information de source vaticane, le pape François a demandé à l'évêque de collaborer à la rédaction d'une encyclique sur l'écologie.

Le 17 avril, le CIMI a annoncé l'interdiction faite au leader Tupinambá, Rosivaldo Ferreira da Silva, connu sous le nom de Cacique Babau**, de quitter le pays alors qu'il avait reçu son passeport pour se rendre à Rome. Il était invité par la Conférence des Evêques du Brésil – CNBB à assister à une cérémonie liée à la récente canonisation - le 3 avril dernier - du Père José de Anchieta, un jésuite qui a vécu au Brésil au 16e siècle. Il était prévu que le cacique rencontre le Pape François et lui remette un document sur la question indigène au Brésil. Le 24 avril, après une audience publique à la Chambre des députés, le Cacique s'est présenté à la police fédérale. Une campagne a été lancée pour demander sa libération. Le 29 avril, le juge Sebastião Alves dos Reis, du Tribunal Supérieur de Justice a décidé sa mise en liberté. Mais son rendez-vous avec le pape François n'a pas eu lieu…

Le Cacique Babau est présenté comme l'un des défenseurs des droits humains dans une brochure "Dix visages de la lutte pour les droits humains au Brésil" éditée en décembre 2012 par l'ONU au Brésil, en partenariat avec diverses entités, parmi lesquelles le Secrétariat des Droits humains de la Présidence de la république. Un document consacré à la protection de ces défenseurs.

Le territoire des Tupinambá est situé dans le sud de l'État de la Bahia. Depuis le début de l'année, la tension est forte entre indigènes, qui réclament la démarcation de leur terre, et les fazendeiros. Le gouverneur de l'État de Bahia a demandé la présence de l'armée pour assurer le maintien de l'ordre.

Les ancêtres des Tupinambá peuplaient la bande côtière de la région de Porto Seguro quand le Portugais Pedro Álvares Cabral a accosté au Brésil le 22 avril 1500.

L'équipe suisse de football a choisi la localité de Porto Seguro pour y établir son camp de base pendant le Mondial. La "Nati" est donc dans l'un des hauts lieux de l'histoire brésilienne. Une histoire pas encore vraiment pacifiée…

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* Voir sur ce blog la note du 27 août 2013 et ** la note du 8 avril 2014.

Photos (Cliquer sur la vignette pour l'agrandir),

En haut : ©Antono Cruz – Agência Brasil / Le Cacique Babau, le 24 avril 2014, lors de son audition devant la Commission des droits humains de la Chambre des députés.

Ci-dessous : © CIMI - Le pape François, Dom Erwin Kräutler et Paulo Suess

 

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note est une version actualisée de la "brève" publiée dans AYA Info No 92, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2