13/08/2014

Indiens isolés : un contact met fin à une résistance séculaire

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Le FPE du Envira était présent dans ce village pour enquêter suite aux doléances d'indiens Kaxinawa qui se plaignent d'avoir eu à subir des saccages et des vols commis par des indiens isolés. Ninawa Huni Kuin, le président de la Fédération du peuple Huni Kuin demande que la FUNAI réactive la base du FPE du rio Xinane fermée en 2011 après une invasion de narcotrafiquants péruviens*. Pour lui, comme pour beaucoup d'indigénistes, les peuples isolés de la région sont sous la pression de "madeireiros" (exploitants forestiers) ou de narcotrafiquants qui envahissent leurs territoires.

Le Coordinateur général  du service des indiens isolés et de contact récent de la FUNAI, Carlos Lisboa Travasso, dans une interview à "Amazônia Real", décrit le détail des contacts qui ont eu lieu avec ces visiteurs. Il exprime également sa préoccupation quant à l'avenir des groupes isolés.

Pour l'heure, le gouvernement de l'État d'Acre a apporté son appui au FPE. Le sénateur Jorge Viana a demandé au ministre de la justice de garantir à la FUNAI les ressources nécessaires à la protection des indiens isolés. Il s'agit d'un investissement de 5 millions de Reais** sur quatre ans.

Le Brésil n'est pas le seul pays à avoir des peuples isolés sur son territoire. La Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH, de l'Organisation des États Américains – OEA, est préoccupée par la situation de ces peuples dont plusieurs courent le risque de disparaître complètement. Elle vient de publier un rapport relatif aux "Peuples indigènes en isolement volontaire et en contact initial dans les Amériques". Une problématique qui, outre le Brésil, concerne la Bolivie, la Colombie, l'Equateur, le Paraguay et le Venezuela. Il y a des indices de présence de tels peuples en Guiana et au Suriname. Pour la CIDH, les principales menaces qui pèsent sur ces peuples sont : le contact en lui-même, les pressions sur leurs terres et territoires, l'extraction des ressources naturelles, les contagions et autres maladies, les agressions directes, les projets touristiques et le narcotrafic. La Commission fait une série de recommandations aux États concernés, comme la protection des territoires, la consultation préalable, libre et informée sur les projets concernant ces peuples.

Dans un article publié dans "Carta Capital", les bons connaisseurs des questions indigènes que sont le journaliste Felipe Milaneze et l'anthropologue Glenn Shepard, rappellent l'histoire des peuples indigènes du Brésil qui ont eu à souffrir du contact avec les non indiens : la période d'exploitation du caoutchouc, la dictature militaire et, maintenant, le Programme d'Accélération de la Croissance – PAC du gouvernement brésilien. Ils rappellent la trentaine d'ouvrages du programme qui impactent directement le territoire d'indiens isolés. Selon eux, l'isolement voulu par ces peuples est une stratégie de survie. Le contact établi par ces indiens isolés (qu'ils appellent Xatanawa) "met fin à une résistance séculaire". Les indigènes venus au contact des Ashaninka sont des survivants…

* Voir sur ce blog, la note (avec carte) publiée le 26 août 2011. Et "AYA Info" No 29 .

** Soit environ 2,2 millions de US$ ou 2 millions de CHF.

Photo : FUNAI, trois des indiens venus au contact du village Ashaninka

La vidéo ci-dessous a été vue plus de 2,2 millions de fois

 

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" (No 95), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2 

 

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