29/04/2017

Intense mobilisation des Indiens du Brésil

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia, Acampamento Terra Livre, Congresso, APIB, Congrès, Michel Temer, MST, MTST, CUT, CONTAG, grève Du 24 au 28 avril à Brasilia, le mouvement indigène brésilien a vécu quatre jours d’intense mobilisation lors du 14e « Campement Terre Libre » qui a réuni, selon les organisateurs, plus de 4’000 représentants de deux cents peuples indigènes de tout le pays.

Un programme fourni d’ateliers, de manifestations culturelles, de débats sur les sujets qui préoccupent les Indiens, mais aussi de rencontres avec des responsables politiques, du Ministère Public fédéral et autres. Le 25 avril, une marche, en direction du Congrès, a été perturbée par la police qui a fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc*.

La « Déclaration finale » adoptée par les participants veut alerter l’opinion publique nationale et internationale sur les attaques et mesures adoptées par l’Etat brésilien qui tendent à supprimer leurs droits garantis par la Constitution fédérale et les traités internationaux ratifiés par le Brésil. « Une offensive orchestrée par les trois pouvoirs de la République en collusion avec les oligarchies économiques nationales et internationales dont l’objectif est d’usurper et d’exploiter nos territoires traditionnels et de détruire les biens naturels essentiels à la préservation de la vie et au bien être de l’humanité et de dévaster le patrimoine socioculturel que nous préservons depuis des millénaires…  Depuis qu’il a pris le pouvoir, le gouvernement de Michel Temer a adopté de graves mesures pour démanteler toutes les politiques publiques destinées à répondre de manière différenciée aux besoins de nos peuples, comme le sous-système de santé, l’éducation scolaire indigène, l’identifications la démarcation, la gestion et la protection des terres indigènes… ». Le document évoque les coupes budgétaires qui fragilisent davantage les organes publics en charge de la protection des Indiens, les projets de lois ou d’amendements constitutionnels contraires aux droits fondamentaux des peuples indigènes. En conclusion du texte, ils appellent l’ensemble de la société brésilienne et la communauté internationale à se joindre à la lutte des peuples autochtones pour la défense des territoires traditionnels et de la mère nature pour le bien-être de toutes les formes de vie.

Ce rassemblement a compté avec la présence - et l’appui - d’autres mouvements sociaux comme le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre - MST, le Mouvement des Travailleurs Sans Toit - MTST, la Centrale Unique des Travailleurs - CUT et la Confédération Nationale des Travailleurs de l’Agriculture - CONTAG.

Le 28 avril était journée de grève générale au Brésil. Un mouvement d'ampleur nationale qui a mis des milliers de Brésiliens dans les rues. Les peuples indigènes ne sont pas seuls à affronter des temps difficiles !

* Pour visionner une brève vidéo de l’Agence France Presse (1’18’’) sur cette manifestation :

https://www.facebook.com/AFPfra/videos/vb.114100038626559...

Illustration : le logo de la manifestation. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

14/04/2017

Guyane : les Amérindiens rencontrent les deux ministres envoyés à Cayenne

Le mouvement social historique que connaît la Guyane aura permis aux Amérindiens de présenter leur "Cahier de doléances" au Ministre de l'Intérieur Mathias Felk, et à la Ministre des Outre-mer Ericka Bareigts dépêchés à Cayenne le 30 mars pour désamorcer la crise. Pour rappel, les Amérindiens avaient adressé leurs revendications à François Hollande le 25 mars, déçus qu'ils avaient été de l'attitude de Ségolène Royal qui ne les a pas consultés avant de transférer, le 17 mars, à la Collectivité Territoriale de Guyane – CTG, 200'000 hectares de terres qu'ils estiment être les leurs*.

La délégation ministérielle a eu à travailler sur les demandes formulées par l'ensemble des collectifs constitués à l'occasion de cette crise : non seulement celui des Amérindiens, mais aussi ceux qui ont vu le jour dans l'éducation, la santé, la justice et la sécurité, chez les agriculteurs, les employeurs, les syndicats, les "500 frères contre la délinquance", celui "Pou la Guyane dékolé" (Pour que la Guyane décolle), etc… En fait, c'est l'ensemble du corps social guyanais qui se plaint des nombreuses déficiences des services publics.

Plusieurs centaines de pages de revendications ont été soumises à la délégation ministérielle qui a rédigé un "Plan d'urgence pour la Guyane" d'un montant d'environ un milliard d'euros approuvé lors du Conseil des Ministres, le 5 avril. Le gouvernement propose également des mesures complémentaires à inscrire dans le projet de "Pacte pour l'avenir de la Guyane". Il souhaite qu'un "Groupe de suivi" contrôle l'application de ces textes.

Une douzaine d'accords thématiques complètent ce Plan d'urgence dont une partie concerne les Amérindiens qui ont rencontré la délégation ministérielle le 31 mars : il leur est rétrocédé 400'000 hectares de terres gérées par un "Office foncier" pour qu'ils puissent mener une vie conforme à leurs aspirations; une représentation leur est faite à la Commission départementale des Mines; et l'histoire des communautés amérindiennes et bushinengué** doit être introduite dans le projet académique pour la Guyane.

Un deuxième document intitulé "Tableau de réponses aux propositions du Collectif", énumère les réponses que le gouvernement donne aux revendications qui ne relèvent pas toutes de sa compétence. Toujours pour les Amérindiens, en ce qui concerne les classes bilingues, il est mentionné que la sensibilisation à la spécificité des communautés amérindiennes relève de l'université. Dans le domaine de la santé, le développement de centres délocalisés de prévention et de soins est en cours d'évaluation par l'Agence Régionale de Santé – ARS. Une loi est nécessaire pour rendre localement férié la Journée mondiale des peuples autochtones (9 août). Une fois de plus, les Amérindiens ont demandé que la France ratifie la Convention 169 de l'OIT. La réponse renvoie au problème constitutionnel que constitue cette ratification. D'autres parties du "Plan d'urgence" concernent les Amérindiens, par exemple dans le domaine de l'éducation, la construction d'établissement d'enseignement et l'augmentation du nombre d'intervenants en langue maternelle.

Pour l'heure, les deux principales organisations amérindiennes de ce département français, la Fédération des Organisation Autochtones de Guyane - FOAG et l'Organisation des Nations Autochtones de Guyane - ONAG, ne se sont pas encore exprimées publiquement sur l'ensemble de ces textes d'origine gouvernementale.

À suivre !

                                                                                     ***

* Voir sur ce blog, la note du 29 mars.

** Les communautés bushinengué sont constituées de descendants d'esclaves marrons.

Voir article : Amérindiens de Guyane : les oubliés de la République (07 avril 2017).

Voir vidéo sur le même sujet (durée 3'37") :

                                                                             
Décryptage Amérindiens                                                     

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

18:33 Publié dans La lettre d'AYA | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |