05/01/2018

Brésil : Un professeur indigène assassiné au matin du 1er janvier

Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Xokleng, Marcondes Namblá, Penha, Santa Catarina, Terre Indigène Ibirama –Laklãnõ, Université Fédérale de Santa Catarina, José Boiteux, Funai, Cimi, Imbituba, Vitor KaingangÀ peine commencée, l'année 2018 a déjà connu un acte de violence entraînant la mort d'un leader indigène. Selon les premières informations, Marcondes Namblá - 38 ans, marié, père de cinq enfants - a été agressé au matin du 1er janvier par un homme qui l'a frappé à coups de bâton près de la plage de la localité de Penha, dans l'État brésilien du Santa Catarina (SC). Après avoir reçu les premiers secours, la victime a été conduite dans un hôpital où il a succombé à ses blessures. Selon ses proches, il était à Penha pendant ses congés d'été pour gagner un peu d'argent en vendant des sorbets. La police a ouvert une enquête.

Marcondes, était un professeur indigène de l'ethnie Xokleng* dans une école de la Terre Indigène Ibirama –Laklãnõ(1), dans la municipalité José Boiteux (SC). Il avait été formé à l'Université Fédérale de Santa Catarina où il souhaitait poursuivre des études en anthropologie. Ses amis relèvent son engagement dans sa communauté, notamment dans les domaines de la langue et de la culture du peuple Laklãnõ.

La Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a présenté ses condoléances à la famille: "La perte de Marcondes Namblá représente un manque irréparable, non seulement à sa femme, ses cinq enfants et à son peuple, mais aussi à tout le pays qui perd un important chercheur et un diffuseur de la richesse culturelle Xokleng." Les fonctionnaires régionaux de la Fondation demandent aux préfectures (mairies) d'agir pour que les indigènes qui se déplacent dans les cités reçoivent un accueil digne.

Dans une note, le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI)(2) Régional Sud, demande d'accélérer l'enquête sur les circonstances de l'assassinat et les motivations des auteurs. Il rappelle que le 30 décembre 2015**, un enfant de deux ans, Vitor Kaingang, avait été mortellement blessé à Imbituba, une autre localité du littoral du Santa Catarina. Il est d'avis que les deux événements sont les conséquences du contexte d'intolérance ethnique et anti-indigène qui avance dans le pays, plus spécialement dans la région sud.

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* Prononcer "Chokleng" / ** Voir sur ce Blog, la note du 9 février 2016.

(1) Voir : https://terrasindigenas.org.br/pt-br/terras-indigenas/3682

(2) Voir : https://www.cimi.org.br/2018/01/42618/

Photo : Marcondes Namblá. Photo extraite de son compte Facebook. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 121, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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