31/08/2018

« La Montagne d’or » : Hulot s’en va, la Jeunesse autochtone de Guyane réagit !

Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Guyane, orpaillage, La Montagne d'or, Columbus Gold, Nordgold, Cayenne, Saint Laurent du Maroni, Commission Nationale de Débat Public, CNDP, WWF France, Emmanuel Macron, Or de question, Nicolas Hulot, Fédération des Organisations Autochtones de Guyane, FOAG, Organisation des Nations Autochtones de Guyane, ONAG, Conseil des Chefs Coutumiers de Guyane, Jeunesse Autochtone de Guyane, COP 21, Christophe Pierre, Yanuwana Tapoka, Annick Girardin, Ministre des Outremer , Gabriel Serville, Nicolas Hulot, Collectivité Territoriale de Guyane, CTG, Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Guyane, Cercle Cyclope, Monseigneur Lafont, Lettre pastorale, Guyane 1ère, Amers Indiens, Christophe Pierre, Yanuwana Tapoka, Eline Grand-Emile, Jeunesse Autochtone de Guyane, bushinenge, Organisation des Nations Autochtones de Guyane, COP 21 « Si l’on comptait sur Nicolas Hulot pour arrêter « La Montagne d’or* », on ne serait pas sur le terrain... On compte plus sur la mobilisation directe de la population ! » Sur l’antenne de Guyane 1ère,  Christophe Pierre, porte-parole la Jeunesse autochtone de Guyane – JAG, opposée au projet de mine à ciel ouvert de « La Montagne d’or» a réagi à la démission, le matin du 28 août, de Nicolas Hulot, le Ministre français de la transition écologique et solidaire :

« Cela annonce peut-être une réponse qui nous serait défavorable. Je n’en sais rien, je ne suis pas dans la tête du Président de la République...  C’était quelqu’un [Nicolas Hulot] qui avait affiché son opposition, certes très timide. Et peut-être qu’il aurait dû y aller de manière beaucoup plus concrètement contre la Montagne d’or. Mais ensuite, cela ne dépend pas de son ministère... On avait tendance à tout reposer sur Nicolas Hulot alors que la Montagne d’or dépend du Ministre de l’Économie, Bruno Lemaire. Au final ce n’est pas lui qui aurait décidé, mais le Ministre de l’Économie et le Président de la République ».

Dans le texte publié sur sa page Facebook le 29 août, la JAG relève [qu’] « Il y a néanmoins un constat partagé avec Nicolas Hulot. En effet, l'Humanité, à travers la lutte contre la crise climatique, doit relever le plus grand défi de son histoire, et doit la remporter sinon nous connaissons tous la suite... Nous imaginons que le Sommet des Peuples Autochtones qu'il a annoncé à plusieurs reprises n'aura pas lieu non plus. Donc au final, avec ou sans Hulot, nous, nous continuerons à lutter. »

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*"La Montagne d'Or" est un projet d’exploitation d’un site aurifère situé à environ 180 km à l'Ouest de Cayenne, sur la commune de Saint Laurent du Maroni. "La Montagne d'Or" est aussi le nom d'une compagnie née du regroupement de deux sociétés qui veulent exploiter le gisement. L'une, Columbus Gold est canadienne, et l'autre, Nordgold est russe. L'exploitation – prévue sur douze ans - se ferait en creusant une fosse de 2,5 km de long, sur 500 mètres de large et jusqu'à 400 mètres de profondeur. Il devrait y être retiré environ 80 tonnes d'or. Un débat public a été organisé en Guyane ces mois derniers dont on attend les conclusions. Voir sur e blog, les notes du 10 mars et du 26 juin 2018.

Illustration : cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

20/08/2018

Brésil : un défenseur de la forêt est retrouvé sans vie

Le corps - sans vie - de Jorginho Guajajara a été retrouvé le 12 août près d’une rivière, à la limite de la Terre Indigène (TI) Araribóia, dans la région d’Arame, une localité de l’État du Maranhão. Ce leader indigène était connu pour être un défenseur de la forêt amazonienne. Selon les premiers éléments de l’enquête dévoilés par la presse Jorginho est mort par noyade. Son corps ne présenterait pas de traces de violences. Son épouse aurait déclaré aux enquêteurs que son mari avait consommé de l’alcool la veille de son décès.

Pour ses proches et plusieurs organisations, dont Survival-Brésil et l’Institut Socio-environnemental - ISA, Jorginho est une victime du conflit opposant les défenseurs de la forêt aux « madeireiros » constants et violents pilleurs de bois, y compris dans les aires protégées comme les Terres Indigènes. À plusieurs reprises, la TI Araribóia a également été dévastée par des incendies qui ont mis en danger les groupes indigènes qui y vivent en état d’isolement volontaire*.

Pour combattre l’invasion de leurs territoires et la dégradation de leurs forêts, les Guajajara se sont organisés en groupes de protection territoriale appelés « Gardiens de la forêt ». Une forme de résistance.

Pour Sônia Guajajara**, Coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB : « Ce qui est arrivé est le portrait journalier du Brésil. La violence augmente chaque jour. Notre peuple est en train de mourir à l’intérieur de sa propre terre. Ce n’est pas une mort isolée, il s’agit d’un génocide programmé. Jorginho n’est pas le premier et ne sera pas le dernier avec l’absence de l’État. La mise en œuvre d’une politique publique sociale, environnementale et territoriale est une urgente nécessité ».

À suivre !

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*Voir sur ce blog, les notes du 11 novembre 2015 et du 10 décembre 2016

**Voir sa note du 15 août sur Facebook. Sônia est candidate à la vice-présidence de la République aux prochaines élections.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

09/08/2018

Journée internationale des Peuples autochtones

ONU, Journée internationale des Peuples autochtones, MCI, Mouvement pour la Coopération Internationale, Équateur, Pérou, Brésil, Guyane, Belo Monte, rio Xingu Terre-Mère, Année des langues autochtones, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, UNESCO« Les peuples autochtones comptent environ 370 millions de personnes et vivent dans 90 pays. Bien qu’ils ne représentent que 5% de la population mondiale, ils constituent aujourd’hui 15% des individus les plus marginalisés de la planète. » Voilà ce que rappelle d’abord l’ONU pour marquer la "Journée internationale des Peuples autochtones" qu’elle a décidé, en 1995, de célébrer chaque année le 9 août.

Cette année, l’ONU a souhaité que l’accent soit mis sur la situation actuelle des territoires autochtones et sur les migrations et mouvements transfrontaliers qui affectent de nombreux peuples en raison de la perte de leurs terres et de leurs ressources. Perte qui les oblige à rejoindre des zones urbaines à la recherche de meilleures perspectives de vie, d’éducation et d’emploi.

Encore récemment, le 10 juillet dernier, l’ONG genevoise, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI a eu l’opportunité d’organiser une modeste rencontre entre leaders indigènes originaires d’Équateur, du Pérou, du Brésil et de Guyane. Les uns et les autres luttent pour défendre leurs territoires mis en péril par l’extraction minière et pétrolière et la réalisation d’infrastructures comme le méga barrage de Belo Monte sur le rio Xingu au Brésil. Ces leaders indigènes ont expliqué comment leurs peuples ne restaient pas passifs face aux menaces qui pèsent sur leurs territoires. Ils sont même aux avant-postes pour la lutte contre le changement climatique qui affecte la Terre-Mère.

Diverses manifestations sont organisées pour célébrer cette journée internationale. Au siège de l’ONU à New-York, mais aussi un peu partout dans le monde, comme en Guyane par exemple.

Par ailleurs, l’ONU se préoccupe de la disparition désastreuse de nombreuses langues autochtones. Elle rappelle l’impérieuse nécessité de préserver, de revitaliser et de promouvoir ces langues et de prendre sans délai de nouvelles mesures aux niveaux national et international. L’Organisation a décidé que 2019 serait « Année des langues autochtones ». Elle invite l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (l’UNESCO) à jouer le rôle de chef de file lors de cette Année internationale.