22/03/2013

Avec l'appui de la Ville de Genève, des Yanomami se forment dans le domaine de la santé

Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, Amazonas,Yanomami,Secoya, Genève, E-Changer, DSEI-Y,Manaus, rio Marauiá, Bicho-Açu, Sylvie Petter, Judith Schnyder, SUS, Sodis, PET, helminthiases, ascaris, oxyure, oxiure, lixo,saúde indígena, Conferência Nacional de Saúde IndígenaEntre le 13 et le 20 décembre 2012, une vingtaine d'Agents Indigènes de Santé - AIS, de leaders et de professeurs, actifs dans les villages Yanomami du rio Marauiá, étaient réunis à Bicho-Açu* pour une formation en matière de santé. Le cours a été dispensé par les animateurs du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYAde Manaus. Le cours a porté sur deux thèmes centraux : le "contrôle social" et l'éducation en santé.

Le terme de "contrôle social" est utilisé au Brésil pour désigner la démocratie participative. Il s'agit de la participation de représentants des populations concernées dans les instances prévues pour la mise en oeuvre de telle ou telle politique publique, l'éducation, l'emploi, la santé, etc.

En guise d'introduction, les participants ont eu à s'exprimer sur le concept de santé en présentant des éléments symboliques, souvent des végétaux, trouvés dans la nature qui, selon chacun, illustrent le fait d'être en bonne santé. Au terme de ce travail, les animateurs ont présenté les objectifs et le programme du cours.

L'étude de la thématique de contrôle social a commencé dans des groupes de travail par une réflexion – au moyen de dessins - sur le Système Unique de Santé – SUS national. En plénière, la vision de chaque groupe a été illustrée par des exemples concrets du fonctionnement du SUS, tant au niveau des centres urbains que dans les villages. À partir de cette réalité, les animateurs ont présenté un historique de l'organisation du service de santé brésilien replacé dans un contexte international. Deux jours ont été consacrés au SUS et au Sous - système de santé indigène, les principes fondamentaux sur lesquels il base son action : universalité (le droit à la santé pour tous); intégralité (la santé doit prendre l'être humain comme un tout); l'équité (respectant les personnes et leur mode de vie) et leur application. Le cours a également traité de la législation relative à la santé et les institutions chargées de sa mise en œuvre. Il a aussi été question de la préparation de la Ve Conférence nationale de santé indigène, prévue à Brasilia en novembre. Celle-ci doit être préparée par des rencontres locales et régionales prévues au cours du premier semestre 2013.

La formation en santé a occupé trois journées. Ont été traités des aspects théoriques comme le concept de santé/maladie : le fait d'être en en bonne santé ne se limite pas à l'absence de maladie. Le concept et les actions de prévention, par exemple la propreté des villages, l'alimentation, l'hygiène personnelle. L'hygiène environnementale dans le contexte de la vie villageoise, par exemple les eaux stagnantes, la présence de nombreux cafards, la contamination de l'eau par les matières fécales, etc. a fait l'objet d'une étude spécifique.

Les formateurs ont également abordé le cas des principales helminthiases, ces maladies dues à l'infestation des intestins par des vers : les ascaris, les oxyures, leurs cycles de transmission, les symptômes, les complications, la prévention et les traitements.

Une journée entière avait pour sujet les traitements de l'eau et des ordures. Les différentes manières de purifier l'eau ont été abordées et discutées, y compris la méthode Sodis qui permet une purification de l'eau contenue dans des bouteilles de PET en les exposant aux rayons du soleil. En ce qui concerne les ordures, une partie du cours a été ouverte aux habitants de Bicho-Açu. L'évacuation des déchets vers les centres urbains n'est pas toujours possible. Il est alors nécessaire de les brûler sur place. Les participants ont demandé que les visiteurs repartent des villages en emportant leurs détritus.

L'évaluation réalisée le dernier jour a porté sur la compréhension, par les participants, des contenus étudiés. Cela a donné l'occasion de remercier l'équipe de cuisine, les habitants et les leaders de Bicho-Açu pour la qualité de leur hospitalité.

La Secoya a remarqué la très forte motivation des participants à acquérir de nouvelles connaissances. La présence de leaders a pour résultat la décision de ces derniers de susciter une réunion avec d'autres pour améliorer la participation dans les instances de contrôle social.

AYA tient à remercier la Ville de Genève qui a accordé une subvention pour ce programme de santé de la SECOYA placé sous la responsabilité de Sylvie Petter , une volontaire de l'organisation E-Changer dont le siège est à Fribourg / CH. Sylvie est l'auteure du rapport qui a permis la rédaction de cette note.

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* Un village situé dans l'État brésilien d'Amazonas et sur la Terre Indigène Yanomami

Photo © Secoya : Le tri des ordures avec les habitants de Bicho-Açu à l'occasion du cours.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

15/03/2013

2012 n'a pas été une année de progrès pour les peuples indigènes du Brésil

Pour les peuples indigènes du Brésil, 2012 n'aura pas été une année de progrès. S'il est vrai qu'il est difficile de retenir tout ce qui a fait l'actualité indigène au cours de ces douze mois, il reste que c'est bien la conclusion à laquelle conduit l'examen de quelques domaines-clés de la politique indigéniste du pays.

Pour les droits territoriaux, seulement sept Terres Indigènes – TI ont été démarquées le 5 juin, pour la journée mondiale de l'environnement. Et, en octobre, il y a eu la publication du rapport d'identification d'une TI dans l'État d'Amazonas. Au début décembre, les Xavante ont retrouvé leur terre ancestrale de Marãiwatsédé. Le lobby anti-indigène a été particulièrement actif au parlement. Au Sénat et à la Chambre des Députés, des élus ont mis à l'ordre du jour des Projets d'amendements constitutionnels visant à enlever au Gouvernement la responsabilité finale de la démarcation des TI. En juillet, l'Avocat général de l'Union a signé un arrêté relatif à la démarcation des TI qui a soulevé de nombreuses protestations de la part des organisations indigènes et indigénistes. L'application de ce texte a été suspendue. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI a relevé que seulement 37,66 % du budget alloué pour la "Délimitation, la Démarcation et la Régularisation des TI" a été utilisé, alors qu'il reste de nombreuses terres à protéger.

Du point de vue institutionnel, en avril, la Présidente de la république, Dilma Rousseff a nommé Marta Maria do Amaral Azevedo à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, un poste jusque - là toujours assumé par des hommes. À l'initiative de la nouvelle présidente, après une année d'inactivité, la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI a repris ses travaux en juin. Elle a tenu deux autres réunions en août et décembre 2012. Des rencontres sont déjà programmées en 2013.

L'accès aux services de santé reste problématique pour de nombreux peuples indigènes, notamment dans les zones difficiles d'accès comme la Vallée du Javari et la TI Yanomami. En décembre 2012, les carences du service de santé indigène ont amené le Ministère Public Fédéral à lancer un programme pour obliger divers services de santé à prendre des mesures concrètes en faveur des peuples indigènes dans une quinzaine d'États. Le CIMI a relevé qu'en 2012, seulement 8,17% (2,176 millions de R$ sur 26,650 millions de R$) du budget fédéral destiné à la "Structuration d'unités de santé pour le service à la population indigène" ont été utilisés.

Des leaders indigènes brésiliens sont venus à Genève en 2012. Tout d'abord, au début mars, Davi Kopenawa, président de l'Hutukara Association Yanomami – HAY, était présent au Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il a eu des contacts avec les organisations internationales. À mi-novembre, Manoel Uilton dos Santos de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a rendu visite au Haut Commissariat aux Droits de l'Homme pour demander l'appui de cette organisation pour le respect, par le gouvernement brésilien, des droits des peuples indigènes conformément aux textes internationaux ratifiés par ce pays. Le 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme, c'est Raoni, le leader Kayapó qui a aussi été reçu au Palais Wilson, le siège du Haut - Commissariat. Les effets de cette pression internationale semblent limités. Le Brésil peine à reconnaître les droits des indigènes.

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PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/03/2013

Malgré un répit, le sort du budget de la solidarité internationale reste incertain

Une mise en cause sans précédent

Au mois d'octobre, une majorité de députés du Grand Conseil genevois, formée du Parti Libéral Radical - PLR, de l'Union Démocratique du Centre – UDC et du Mouvement Citoyen Genevois – MCG a refusé l'entrée en matière sur le projet de budget 2013 présenté par le Conseil d'Etat. Cette majorité a jugé le projet trop déficitaire et pas assez en faveur de la sécurité.

Au début novembre 2012, la section genevoise du Parti Libéral Radical – PLR a publié dix remarques et formulé dix propositions sur le budget cantonal genevois 2013. Parmi celles-ci, le transfert à la Direction (fédérale) du Développement et de la Coopération – DDC, des montants affectés à la solidarité internationale et la suppression du Bureau (cantonal) de la solidarité internationale. Une telle détermination de porter atteinte à la pratique genevoise de la solidarité internationale est tout simplement sans précédent.

Selon les informations diffusées par la presse, une majorité des membres de la Commission des finances du Grand Conseil, chargée de préparer le budget, n'a pas voulu porter un tel coup à la solidarité internationale. Ce 6 mars, elle a accepté un nouveau projet de budget 2013 déficitaire de 98,4 millions de francs. La réduction de l'aide au développement a été supprimée. Une heureuse nouvelle ! Le dernier mot reviendra au Grand Conseil quand le budget sera discuté en plénière tout bientôt. Au parlement cantonal, la majorité qualifiée - 51 voix sur 100 -  est requise pour adopter un budget déficitaire. Le danger n'est donc pas écarté de voir le budget de la solidarité internationale être à nouveau attaqué à cette occasion.

La Fédération Genevoise de Coopération - FGC s'inquiète de cette situation. Créée en 1966, elle regroupe actuellement plus de soixante ONG actives dans de nombreux pays. Une part importante de ses activités est assurée par des bénévoles. Ce sont donc de nombreux projets de coopération qui pourraient être réduits, renvoyés à plus tard ou  ne pas voir le jour si la subvention qu'elle reçoit du canton devait être amputée.

La solidarité internationale, comment et combien ?

La volonté cantonale de mener une politique active en faveur de la solidarité internationale et la collaboration avec la FGC, datent des années 60. Mais c'est seulement en octobre 2001 qu'est adoptée la loi cantonale sur le financement de la solidarité internationale – LFSI; son règlement d'application est entré en vigueur le 1er juillet 2002 :  "La République et canton de Genève, en tant de cité internationale reconnue pour sa vocation de défense de la paix et de la coopération internationale, s'engage à mener une politique active en faveur de la solidarité internationale… la République et canton de Genève consacre au moins 0,7% de son budget annuel de fonctionnement à la solidarité internationale… Le Conseil d'État collabore avec les organismes genevois ou internationaux actifs dans le domaine… La Fédération genevoise de coopération (FGC) est reconnue comme interlocuteur privilégié de l'Etat de Genève"

La nouvelle Constitution cantonale, adoptée le 14 octobre 2012, confirme cette volonté : "L'État… mène une politique de solidarité internationale soutenant la protection et la réalisation des droits de l’homme, la paix, l’action humanitaire et la coopération au développement. … À ces fins, il prend toute initiative utile et met des moyens à disposition..."

En fait, le budget cantonal consacré à la solidarité internationale (15,8 millions de CHF en 2010*) est géré en partie par un service cantonal, le "Bureau de la solidarité internationale" et une autre partie par la FGC qui a reçu 2,8 millions de CHF en 2010.

Selon le relevé effectué par la FGC en 2010, ces près de 16 millions représentent 0,2% du budget de fonctionnement du canton, loin des 0,7% prévus par la LFSI. Cette non - application intégrale de la loi est en soi une économie de plusieurs dizaines de millions de CHF par an. Près de 40 millions en 2010.

Un possible effet collatéral négatif

Une baisse de la subvention cantonale peut avoir une incidence négative sur l'apport de la DDC à la FGC (3,4 millions de CHF en 2010 et 4,7 millions en 2011). En effet, le service fédéral de la coopération souhaite limiter à 40% sa part dans le budget de la FGC. Si l'un ou l'autre des contributeurs de la FGC venait à diminuer sa subvention, la part fédérale pourrait également se voir réduite. Ce serait alors une double pénalité que la FGC aurait à subir.

La FGC est déjà en insuffisance de financement

Lors de sa dernière assemblée générale, le 28 février dernier, la FGC a pris des mesures de réduction du financement des projets de ses associations membres, les demandes de ces dernières dépassant largement les montants disponibles. Ce dépassement, ou manque prévisionnel, est de 2,3 millions pour 2013, et de 3,3 millions pour 2014.

L'apport la Genève internationale

La cité internationale qu'est Genève tire un avantage non négligeable de la présence sur son territoire de nombreuses organisations internationales, pas seulement en termes de renommée, mais aussi en termes d'apport financier. En 2011, les organisations internationales établies à Genève avaient tenu 2'688 réunions, auxquelles avaient participé 198'745 experts et délégués. Les dépenses engagées cette année-là par ces organisations ont juste dépassé les 5 milliards de francs suisses. Pour le canton, la comparaison entre le "donné" et le "reçu" se passe de commentaires !

La solidarité contribue à la sécurité

L'amélioration des conditions de vie de milliers de personnes par le soutien à des projets de coopération -  ce que réalisent de nombreuses associations genevoises de par le monde – est une contribution essentielle au renforcement de la paix. C'est une source de sécurité.

Un appel aux députés du Grand Conseil 

La FGC souhaite que le budget de la solidarité internationale ne soit pas remis en question. Elle a lancé un appel aux députés. Elle a mis en ligne une pétition que chacun peut signer d'ici le 10 mars. Ce document est accessible sur le site de la FGC :

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* L'année 2010 est retenue ici en raison de la publication par la FGC de la brochure "Solidarité Genève Sud – Statistique 2010 – Participation des collectivités publiques genevoises à la solidarité internationale : État des lieux et perspectives". Une telle statistique est publiée tous les cinq ans.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note.

Cette note sera reprise dans la prochain "AYA Info" (No 81), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

01/03/2013

Josinaldo, premier médecin indigène diplômé de l'UnB

Josinaldo da Silva, 35 ans, a obtenu son diplôme de médecin. Titre qui lui a été délivré par l'Université de Brasilia – UnB en ce début d'année. Cette promotion n'est pas passée inaperçue. En effet, c'est la première fois dans son histoire que l'UnB délivre ce titre à un indigène brésilien.

Josinaldo appartient au peuple Atikum, originaire de la Terre Indigène du même nom, située dans l'État du Pernambuco, dans le sertão du Nordeste brésilien, à plus de 1'850 kilomètres de Brasilia. Interviewé par l'agence de presse de l'université, il explique comment ce n'est pas seulement l'éloignement de sa région natale qu'il a dû affronter, mais aussi le monde très différent de sa culture d'origine auquel il a dû faire face : vivre à Brasilia avec peu d'argent, sa difficile intégration au milieu estudiantin, s'adapter au rythme de la vie universitaire : "… le premier semestre a été le plus difficile !". Il a aussi trouvé l'appui de quelques étudiants et de plusieurs professeurs. Josinaldo a eu envie de devenir médecin à 22 ans, alors qu'il était déjà agent de santé.

En 2005, il a eu connaissance de la possibilité d'entreprendre ces études à l'Université de Brasilia. En effet, une convention* signée en 2004 entre l'UnB et la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a entrouvert une porte pour des étudiants indigènes dans plusieurs disciplines. Il lui a fallu passer – et gagner - plusieurs épreuves de sélection. Il souhaite maintenant parfaire sa formation comme médecin de famille avant de retourner se mettre au service de son peuple. Ce retour fait partie de l'accord avec la FUNAI. "Un indien a toutes les conditions pour servir son peuple quand il réunit le savoir de l'université et le savoir traditionnel" dit le nouveau médecin.

Plus récemment, en août 2012, la présidente de la république a signé une loi – et un décret d'application - instituant un système de quotas pour les institutions fédérales d'éducation supérieure en faveur des étudiants en provenance de l'enseignement public, issus de familles à faible revenu. Un quota s'applique également aux  noirs, mulâtres et indigènes.

* Une monographie universitaire a été consacrée aux défis que représentent cette convention.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

15/02/2013

Les États invités à signer la Convention de Minamata sur le mercure

À Genève, le 19 janvier au matin, après une semaine de négociations, 137 pays ont accepté d'adopter un traité international de prévention des émissions et rejets de mercure, ce métal lourd, dangereux pour la santé de millions d'êtres humains. Une idée suisse dit l'Office fédéral de l'environnement - OFEV.

La Convention, élaborée sous les auspices du Programme des Nations Unies pour l'environnement - PNUE, sera soumise à la signature des États en octobre prochain dans la ville japonaise de Minamata; une cité dont les habitants ont particulièrement souffert d'une pollution au mercure des années durant. Elle entrera en vigueur trois mois après sa ratification par cinquante États.

Le PNUE estime à 727 tonnes les émissions annuelles de mercure causées par l'orpaillage, soit 35% des émissions mondiales. Les orpailleurs d'Amazonie sont donc concernés par cet accord. En effet, un article et une annexe du projet de Convention traitent de "l'extraction minière et artisanale à petite échelle de l'or", celle qui est réalisée par "des mineurs individuels ou de petites entreprises dont les investissements et la production sont limités". Tous les pays de la région étaient représentés à la conférence sauf le Surinam. Selon le "Bulletin des Négociations de la Terre", le Brésil a participé activement à ces dernières discussions.

Le texte officiel du traité devrait être publié en mars. En décembre 2012, L'International Pops Elimination Network - IPEN a envoyé une note aux autorités brésiliennes pour faire part de ses réserves à l'égard du projet de Convention qui, selon l'ONG, ne répond pas aux objectifs fixés, notamment par manque de définitions et délais précis. Le même texte a été adressé aux délégués à la Conférence. Au terme de celle-ci, elle a publié un communiqué dans lequel elle exprime ses critiques à l'égard d'un texte qu'elle juge insuffisant.

En mars 2011, le Ministère brésilien de l'environnement a créé un Groupe de travail pour suivre les négociations relatives à cette Convention.

À voir dorénavant quelle suite, le Brésil et les autres pays amazoniens concernés par l'orpaillage, entendent donner à cet accord.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

08/02/2013

Les Amérindiens de Guyane ont du mal à se faire entendre

Examen Périodique Universel,France,Conseil des droits de l'homme, Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones,Convention 169 de l'OIT,Comité pour l’élimination de la discrimination raciale,CERD,Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme,CNCDH, États généraux du multilinguisme dans les outre-mer,Décret No 87 – 267 du 14 avril 1987,Déclaration de Cayenne,Amérindiens,Guyane,Alexis Tiouka,Bureau Européen pour les Langues Moins Répandues,BELMR,Palais de l'Elysée,Docip,CetimCe mois de janvier, la France était l'un des quatorze pays inscrits à l'ordre du jour de la 15e session du Groupe de travail du Conseil des droits de l'homme chargé de l'Examen périodique universel - EPU. C'est une procédure destinée à faire le point sur l'application des droits humains dans les différents États. Le premier examen concernant la France a eu lieu en 2008.

Les droits des peuples autochtones sont abordés dans plusieurs textes.

Dans son "Rapport national", le gouvernement français rappelle qu'en 2007, il a voté en faveur de l'adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. La France "s'attache donc à prendre en compte les aspirations exprimées par les populations autochtones dans le principe constitutionnel d'égalité des citoyens". Il signale également la tenue, en Guyane, en décembre 2011 des "États généraux du multilinguisme dans les outre-mer". Une manifestation au terme de laquelle a été adoptée la "Déclaration de Cayenne". L'objectif de ce texte est "d'organiser la coexistence du français et des langues de l'outre-mer sur un même territoire et de concilier la nécessaire maîtrise du français et la non moins nécessaire prise en compte des langues parlées sur les territoires".

Dans la "Compilation" établie par le Haut – Commissariat, il est noté que la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme – CNCDH - un organisme français – est d'avis que "l’idéal commun d’une "République une et indivisible" passe par une mise en œuvre universelle de tous les droits de l’homme et une application effective du principe d’égalité et de non-discrimination. Cela implique également un engagement des pouvoirs locaux et une prise en compte des spécificités des territoires et des populations d’outre-mer, trop souvent négligés dans la mise en œuvre effective des droits de l’homme".  Elle recommande la signature et la ratification dans les meilleurs délais de plusieurs instruments internationaux, dont la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail - OIT. De son côté, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale – CERD (un organe onusien) se dit préoccupé par le fait que le système actuel ne permettait pas de reconnaître des droits collectifs aux peuples autochtones, notamment le droit ancestral à la terre. Il a recommandé à la France de reconnaître ces droits.

Dans le "Résumé" du Haut – Commissariat, en matière de Droits culturels, le Bureau Européen pour les Langues Moins Répandues – BELMR est d'avis que "la conception française de l'égalité des droits des citoyens qui implique la non – discrimination, l'unité et l'indivisibilité de la nation" légitime les discriminations culturelles, territoriales et sociales et nie le droit à l'existence des communautés différentes de la communauté monolingue francophone. Du fait de cette conception, les groupes minoritaires qui pourraient être qualifiés de peuples minoritaires ou autochtones ne peuvent jouir de leurs droits culturels et linguistiques.

Le gouvernement français répondra à ces interpellations lors de la 23e session du Conseil des Droits de l'homme en mai - juin prochain.

Présente à Genève pour assister aux débats, Florencine Edouard, coordinatrice de l'Organisation des Nations Autochtones de Guyane – ONAG a exprimé, lors d'une conférence de presse, sa déception vis-à-vis du rapport présenté par la France face à la situation dans laquelle se trouvent les communautés amérindiennes de Guyane, notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation. Selon elle, les "États généraux du multilinguisme" sont pour l'heure sans résultats. Est également encore sans effets, la promesse faite en janvier 2012 par Nicolas Sarkozy, de consacrer le montant des ventes de  l'or saisi à la réalisation d'infrastructures* au bénéfice des communautés autochtones.

Florencine a remis un rapport sur les droits autochtones publié en novembre 2012 par l'ONAG. Un texte cosigné par Alexis Tiouka**, juriste et expert en Droit humain, spécialiste en droit autochtone, et Philippe Karpe, chercheur juriste du Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement - CIRAD

Un premier chapitre est consacré au patrimoine culturel et aux langues régionales. Il est reproché au ministère de l'éducation nationale de ne reconnaître qu'au seul créole guyanais le statut de langue régionale et d'en exclure les langues amérindiennes au nombre d'une demi-douzaine.

Un deuxième chapitre traite du droit foncier et des ressources naturelles. Même si, dans le cadre de la décentralisation, quelques textes, notamment un décret de 1987, ont donné un peu plus de droits aux communautés tirant traditionnellement leurs moyens de subsistance de la forêt, l'ONAG est d'avis que la situation des autochtones de Guyane n'a pas évolué. Comme la CNCDH, elle demande à la France de signer et ratifier la Convention 169 de l'OIT.

La troisième partie du rapport est consacrée au droit à la santé. Les peuples autochtones sont confrontés à l'orpaillage clandestin de plus en plus important et de plus en plus agressif et à une épidémie de suicides. Une situation reconnue par la France. Le manque d'accès aux soins mène à des problèmes de santé identifiables pour les Amérindiens. En plus de l'empoisonnement au mercure, suicides et maladies infectieuses se sont répandus malgré les efforts du gouvernement pour remédier à ces problèmes. Entre autres mesures, l'ONAG demande de réduire efficacement l'extraction illégale (de l'or) et la recherche de solutions de rechange alimentaires culturellement appropriées pour les populations amérindiennes.

Le passage à Genève de Florencine a été relativement discret. Sa conférence de presse*** bien moins fréquentée que celle de Raoni, tenue au Club de la presse de Genève le 10 décembre 2012. Peu avant, le leader Kayapó avait été reçu au palais de l'Élysée par le président français…

À lire la liste des organisations de la société civile qui ont envoyé des remarques en vue de cet examen périodique, particulièrement sur la situation des Amérindiens de Guyane, peu sont françaises. Les organisations agissant en France dans les domaines de la solidarité, des droits humains ou du développement durable sont-elles indifférentes au sort de leurs (trop) lointains concitoyens ?

Les Amérindiens de Guyane française ont de la peine à se faire entendre !

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*Voir sur ce blog, la note du 03/02/2012

** Alexis Tiouka a publié deux articles les 12 et 22 janvier derniers sur les droits autochtones et leur application en Guyane.

*** Organisée le 21 janvier avec le soutien du CETIM et du doCip

Photo © B. Comoli – Florencine Edouard animatrice de l'ONAG, lors de la conférence de presse du 21/01/2013

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

01/02/2013

Coupe 2014 : à Rio, les indiens de "l'Aldeia Maracanã" refusent de quitter les lieux

Coupe du monde 2014,Copa do Mundo,Rio de Janeiro,Maracana,Brasil,Brésil,FIFA,Aldeia Maracanã,MPF,Câmara dos Deputados,Olympiades 2016,CIO,Comitês populares da Copa,Jeux Olympiques 2016,Sérgio Cabral,Estado do Rio de Janeiro,Museu do Índio,Antigo museu do índioC'est connu, la Coupe du monde de football 2014 se déroulera dans une douzaine de villes brésiliennes. Les travaux de rénovation ou de reconstruction des stades sont commencés. C'est le cas à Rio de Janeiro où le célèbre stade de Maracana et la zone qui lui est proche font l'objet d'aménagements.

Les autorités de l'État de Rio de Janeiro avaient décidé de démolir un édifice proche du stade, un bâtiment du 19e siècle qui a été, dès 1910, le siège de la Société de Protection des Indiens – SPI, l'ancêtre de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Il a aussi abrité le Musée de l'Indien de 1953 à 1977.

Laissé à l'abandon, il est occupé depuis 2006 par une soixantaine d'indigènes de plusieurs ethnies qui refusent de quitter ce qu'ils appellent maintenant l'Aldeia Maracanã. Une controverse est née. Un mouvement de solidarité s'est créé, site Internet à l'appui. La Fédération Internationale de Football Association – FIFA a démenti avoir demandé à l'État de Rio de démolir cet immeuble. Le Ministère Public Fédéral est intervenu pour en empêcher la démolition. La Commission des droits humains et des minorités de la Chambre des députés et d'autres entités ont manifesté leur solidarité à l'égard des indiens. Parmi celles-ci on trouve l'Articulation nationale des Comités populaires de la Coupe du monde 2014 et des Olympiades 2016.

Cette Articulation regroupe les douze comités populaires, constitués de nombreux mouvements sociaux, dans les villes où se dérouleront les différents matches. Ces comités ont pour objectif de faire respecter les droits des habitants et des travailleurs avant et pendant le déroulement des manifestations. Un membre de cette articulation était récemment de passage en Suisse où siègent le Comité International Olympique – CIO et la FIFA.

Selon les dernières informations , les autorités ont renoncé à la démolition et ont l'intention de rénover l'immeuble. Elles proposent de déplacer les indiens dans un autre lieu ce qu'ils refusent. À suivre…

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Photo Agência Brasil : vue partielle de l'ancien Musée de l'Indien

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 Cette note a été publiée le dernier "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

25/01/2013

Meyrin solidaire des Yanomami

Amazonie, Amazônia, Amazonas, Brasil, Brésil, Manaus, Marauiá, Demini, Bicho-Açu, Yanomami, xapono, SECOYA, Meyrin, indigènes, indígenas, Santa Isabel do Rio Negro, Barcelos, Yarimu, SESAI, FUNAIDispersés dans des communautés, souvent installées à proximité ou sur les berges des rivières, loin des chefs-lieux de municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et Barcelos, les Yanomami subissent malgré eux, les conséquences d'un système qui leur est étranger à bien des égards. Ils n'ont guère de prise sur leur propre destin. Mais la situation évolue positivement grâce, en partie, à l'appui de la  commune de Meyrin.

En 2010, la municipalité a accordé une subvention pour la réalisation d'un projet porté par l'ONG genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA": une action en faveur du renforcement des compétences des leaders Yanomami et du processus organisationnel de ces indiens de l'État brésilien d'Amazonas. En fait, il s'agit d'un soutien à un programme de l'ONG brésilienne "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA". Cette association, dont le siège est à Manaus, travaille depuis de nombreuses années dans cette partie du Brésil.

Le projet a été réalisé en plusieurs étapes. Une phase préparatoire a eu lieu en décembre 2010. Les animateurs de la Secoya ont visité plusieurs communautés pour une sorte de "mise à jour" des problèmes rencontrés par les habitants des villages dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement durable en particulier.

Une deuxième phase a commencé en avril 2011. La Secoya a organisé des réunions de démocratie participative dans une dizaine de villages de la vallée du rio Marauiá. Il s'agissait surtout de préparer un premier cours plus formel, qui a eu lieu du 20 au 28 avril dans la communauté de Komixiwë. La plupart des 47 leaders présents venaient des xapono* (villages) du rio Marauiá, mais aussi de deux villages proches du rio Demini et l'un d'eux venait même d'une communauté vivant sur territoire vénézuélien. Le cours a été animé par quatre animateurs de la Secoya.

Un deuxième cours a eu lieu à Bicho-Açu entre le 18 et le 27 octobre 2011. Près de cinquante leaders étaient présents, parmi lesquels des chefs traditionnels, des enseignants et des agents indigènes de santé. La communauté de Bicho-Açu a pris la responsabilité de la préparation des lieux et de la logistique du cours. Avec la participation de tous ses hôtes, elle a aussi organisé un "Yarimu", un cérémonial traditionnel, une guerre virtuelle entre les esprits, pour chasser ceux d'entre eux qui menacent l'équilibre et la tranquillité des communautés. Le cours a été organisé pour répondre à deux objectifs : permettre aux Yanomami d'améliorer la compréhension des situations dont ils devront assumer eux-mêmes le suivi, et de les accompagner dans une réflexion approfondie et respectueuse de leur processus organisationnel. Deux jours ont aussi été consacrés à la préparation d'une "IIe Assemblée générale des Yanomami de l'État d'Amazonas". Cette assemblée a eu lieu du 22 au 28 novembre 2011 à Bicho-Açu.

En 2010, les animateurs avaient constaté un certain découragement au sein des communautés, ceci en raison de la dégradation des conditions de vie et de l'état d'abandon dans lequel elles se trouvaient. Depuis, elles se sont regroupées. Elles ont organisé plusieurs délégations auprès des responsables des services publics en charge de la santé ou de l'éducation. Ces initiatives témoignent de la renaissance d'un certain dynamisme auquel le projet n'est, bien sûr, pas étranger. Des nouvelles très récentes montrent que la volonté de s'organiser s'est encore accentuée ces derniers mois.

En décembre dernier, AYA a remis les rapports technique et financier finals de ce projet à la mairie de Meyrin. Au nom des bénéficiaires directs du projet, les Yanomami de l'État d'Amazonas, de l'association Secoya de Manaus, AYA tient à remercier chaleureusement les autorités municipales de Meyrin d'avoir accepté de soutenir ce type de projet.

En effet, il ne s'agit pas là d'un projet de réalisations concrètes, comme par exemple, l'aménagement de jardins potagers, la construction d'écoles ou de dispensaires, etc, dont les résultats sont immédiatement mesurables et contrôlables. Ce projet de formation de leaders tend à réduire les déficiences des services publics de santé et d'éducation notamment. Il va aux causes mêmes des problèmes. Et les effets attendus, en termes de politiques publiques, concernent toutes les communautés.

Dans le même temps, en s'organisant, les habitants deviennent davantage les sujets de leur propre destin.

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* Prononcer "chapono"

Photo © Secoya : avril 2011/Rencontre dans un village pour inviter les leaders au cours de formation

PS 1 : Plusieurs fois il a été question de ce projet dans ce "blog", voir les notes des 02/04/2010, 01/07/2011 et 23/12/2011

PS 2 : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Sous une forme réduite, cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" (No 79), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

18/01/2013

Meilleurs vœux d'Amazonie

Amazonie,Amazônia,Brasil,Brésil,SECOYA,YanomamiDe Manaus, l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" – SECOYA* souhaite une année 2013 pleine de succès et de réalisations à ses membres, partenaires, collaborateurs et amis des Yanomami. À cette occasion, elle nous dit que la "lutte au côté des Yanomami a été difficile en 2012. Mais elle ne diffère pas des autres luttes collectives pour un monde plus juste, équitable et respectueux de l'environnement dans lequel nous vivons, ni des luttes individuelles de ceux qui cherchent à assumer des attitudes plus cohérentes dans une perspective de justice sociale, de consommation plus consciente et de responsabilité solidaire jusque dans les plus petits gestes."

C'est bien volontiers que l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA", se joint aux vœux de sa partenaire amazonienne et les transmet aux lecteurs réguliers ou occasionnels de ce blog qu'elle remercie de leur fidélité et de leur intérêt.

Sur la quarantaine de notes publiées sur ce blog en 2012, une dizaine ont été consacrées aux problèmes spécifiques auxquels ce peuple est confronté : présence d'envahisseurs, orpaillage illégal, déficiences du service de santé indigène, etc. Ces informations donnent un sens à la difficulté de la lutte au côté des Yanomami évoquée par la Secoya.

Les leaders indigènes souhaitent que leurs luttes et la situation de leurs peuples soient connues. C'est la raison de ce blog. L'écho en retour de cette diffusion est difficile à évaluer. Il est perçu de manière approximative dans les statistiques que "La Tribune de Genève" met à disposition de chacun de ses "blogueurs". En effet, chaque jour, mois après mois, le quotidien dresse une statistique indiquant le nombre de "visites uniques", de "visites" et de "pages" (vues).

Le nombre de "visites uniques" est établi à partir des adresses IP différentes s'étant connectées sur ce blog et ayant vu au moins une page. Celui des "visites" est le total de chaque nouveau visiteur, consultant une page, qui ne s'est pas connecté dans les 60 dernières minutes. La somme des "pages" correspond au nombre de fois qu'une page du site est vue (cumul de tout visiteur, de toute visite).

Ainsi, en 2012, ce blog a reçu 21'287 "visites uniques" (12'029 en 2011); 61'926 "visites" (31'423 en 2011) et 168'109 "pages" ouvertes (72'297 en 2011).

En 2012, la moyenne  journalière, la situation est la suivante : 58 visites uniques (32 en 2011), 169 visites (85 en 2011), 459 pages ouvertes (197 en 2011). Encore une fois, ces statistiques ont leurs limites : elles comptent des "clics" répétés ou non, des pages "vues", mais pas forcément "lues". Cependant, à la lecture de ces chiffres, il est possible d'affirmer que la fréquentation du blog a sensiblement progressé en 2012.

Encore une fois, merci à tous ceux qui s'intéressent à la cause indigène au Brésil !

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* La SECOYA est partenaire de l'Association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

Photo  © SECOYA : dans une école Yanomami

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

17:16 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : amazonie, amazônia, brasil, brésil, secoya, yanomami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/01/2013

TI Yanomami : des "violations de domicile" à répétition

Brasil,Brésil,Amazônia,Amazonie,FUNAI,Fundação Nacional do Indio,Hutukara,HAY,rio Ajarani,Roraima,Yanomami,CNRS,François Michel Le Tourneau,Instituto SocioAmbiental,ISA, garimpeiros,orpaillage,orpailleurs,Rainforest,Boa Vista,AYA,Polícia federal,Caracaraí,Davi Kopenawa,Yekuna,João Batista CatalanoL'Est de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) - la partie qui se trouve dans l'État de Roraima - est particulièrement exposé aux invasions et incursions d'orpailleurs, pêcheurs, petits paysans, exploitants forestiers. Cette situation a été rappelée en octobre dernier, lors de la VIIe Assemblée générale de l'Hutukara Associação Yanomami*

Une expédition a été organisée pour établir un "état des lieux" de ces occupations illégales. Le 27 octobre, elle a commencé à parcourir les 280 km de cette portion de frontière de la TI-Y, à partir du rio Ajarani en remontant vers le Nord. Elle est composée de membres de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, de l'Hutukara Associação Yanomami – HAY, de l'Instituto SocioAmbiental – ISA. Un chercheur du Centre National de la Recherche Scientifique – CNRS (France), François Michel Le Tourneau, a rejoint le groupe le 3 novembre. C'est une initiative soutenue par la Fondation Rainforest de Norvège.

Dans les premiers rapports publiés par ISA le 6  et le 14 novembre, le groupe a pu constater que certains panneaux qui interdisent l'accès à la TY-Y sont illisibles ou à terre. Il a retrouvé des filets de pêche, des traces de campements. La progression de l'expédition est ralentie par la sécheresse qui sévit en Amazonie et qui rend la navigation difficile.

Un bilan de l'expédition a été présenté le 24 novembre dans la communauté Serrinha située dans la municipalité de Caracaraí. Les leaders ont dénoncé le fait que la Funai n'a pas terminé l'évacuation de tous les envahisseurs. L'expédition a pu constater qu'il existe encore des zones où la forêt a été préservée. Mais elle relève aussi que le front de colonisation agricole se rapproche des limites de la TI-Y. Il a été décidé de donner une formation à une cinquantaine d'indigènes pour qu'ils soient en mesure de surveiller cette partie du territoire Yanomami.

Pour Davi Kopenawa Yanomami, présent pour ce bilan : "Cette terre est démarquée par le gouvernement fédéral, mais même ainsi, les fazendeiros n'en sont jamais sortis. Ils sont ici parce qu'ils sont protégés par le gouvernement de (l'État) de Roraima. Mais notre heure va arriver pour qu'ils sortent. Nous avons de la patience".

Encore une opération contre l'orpaillage illégal**

Par ailleurs, le 14 novembre dernier, des agents de la FUNAI, accompagnés de six Yanomami, ont arrêté 52 garimpeiros (orpailleurs) qui pratiquaient illégalement l'orpaillage dans la région du rio Apiaú, une zone difficile d'accès. En infériorité numérique, les agents de la FUNAI, n'ont pas pu empêcher la fuite de 27 orpailleurs. Seulement 25 d'entre eux ont pu être conduits au siège de la Police Fédérale de Boa Vista – la capitale de l'Etat - pour y être entendus et enregistrés. L'orpaillage étant considéré comme un délit mineur, ils ont été remis en liberté… Selon João Batista Catalano, coordinateur du front de protection ethno-environnemental Yanomami /Yekuna, il y aurait 1'200 garimpeiros dans la TI-Y.

En guise de rappel : en 2011, peu après la diffusion, sur le réseau de télévision Globo, le 9 octobre, d'un reportage sur l'orpaillage illégal dans la TI Yanomami. Et une audience publique, sur le même sujet, à la Chambre des Députés le 27 octobre suivant, une opération de police avait permis la destruction de plusieurs points d'orpaillage et l'inculpation de près d'une trentaine de garimpeiros.

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* Voir sur ce blog, la note du 09/11/2012

** Voir sur ce blog, les notes des 18/11/2011, 21/10/2011 et  07/10/2011

Carte : Instituto Socioambiental (ISA) – La frontière Est de la Terre Indigène Yanomami.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2