18/01/2013

Meilleurs vœux d'Amazonie

Amazonie,Amazônia,Brasil,Brésil,SECOYA,YanomamiDe Manaus, l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" – SECOYA* souhaite une année 2013 pleine de succès et de réalisations à ses membres, partenaires, collaborateurs et amis des Yanomami. À cette occasion, elle nous dit que la "lutte au côté des Yanomami a été difficile en 2012. Mais elle ne diffère pas des autres luttes collectives pour un monde plus juste, équitable et respectueux de l'environnement dans lequel nous vivons, ni des luttes individuelles de ceux qui cherchent à assumer des attitudes plus cohérentes dans une perspective de justice sociale, de consommation plus consciente et de responsabilité solidaire jusque dans les plus petits gestes."

C'est bien volontiers que l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie – AYA", se joint aux vœux de sa partenaire amazonienne et les transmet aux lecteurs réguliers ou occasionnels de ce blog qu'elle remercie de leur fidélité et de leur intérêt.

Sur la quarantaine de notes publiées sur ce blog en 2012, une dizaine ont été consacrées aux problèmes spécifiques auxquels ce peuple est confronté : présence d'envahisseurs, orpaillage illégal, déficiences du service de santé indigène, etc. Ces informations donnent un sens à la difficulté de la lutte au côté des Yanomami évoquée par la Secoya.

Les leaders indigènes souhaitent que leurs luttes et la situation de leurs peuples soient connues. C'est la raison de ce blog. L'écho en retour de cette diffusion est difficile à évaluer. Il est perçu de manière approximative dans les statistiques que "La Tribune de Genève" met à disposition de chacun de ses "blogueurs". En effet, chaque jour, mois après mois, le quotidien dresse une statistique indiquant le nombre de "visites uniques", de "visites" et de "pages" (vues).

Le nombre de "visites uniques" est établi à partir des adresses IP différentes s'étant connectées sur ce blog et ayant vu au moins une page. Celui des "visites" est le total de chaque nouveau visiteur, consultant une page, qui ne s'est pas connecté dans les 60 dernières minutes. La somme des "pages" correspond au nombre de fois qu'une page du site est vue (cumul de tout visiteur, de toute visite).

Ainsi, en 2012, ce blog a reçu 21'287 "visites uniques" (12'029 en 2011); 61'926 "visites" (31'423 en 2011) et 168'109 "pages" ouvertes (72'297 en 2011).

En 2012, la moyenne  journalière, la situation est la suivante : 58 visites uniques (32 en 2011), 169 visites (85 en 2011), 459 pages ouvertes (197 en 2011). Encore une fois, ces statistiques ont leurs limites : elles comptent des "clics" répétés ou non, des pages "vues", mais pas forcément "lues". Cependant, à la lecture de ces chiffres, il est possible d'affirmer que la fréquentation du blog a sensiblement progressé en 2012.

Encore une fois, merci à tous ceux qui s'intéressent à la cause indigène au Brésil !

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* La SECOYA est partenaire de l'Association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

Photo  © SECOYA : dans une école Yanomami

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

17:16 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : amazonie, amazônia, brasil, brésil, secoya, yanomami | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/01/2013

TI Yanomami : des "violations de domicile" à répétition

Brasil,Brésil,Amazônia,Amazonie,FUNAI,Fundação Nacional do Indio,Hutukara,HAY,rio Ajarani,Roraima,Yanomami,CNRS,François Michel Le Tourneau,Instituto SocioAmbiental,ISA, garimpeiros,orpaillage,orpailleurs,Rainforest,Boa Vista,AYA,Polícia federal,Caracaraí,Davi Kopenawa,Yekuna,João Batista CatalanoL'Est de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) - la partie qui se trouve dans l'État de Roraima - est particulièrement exposé aux invasions et incursions d'orpailleurs, pêcheurs, petits paysans, exploitants forestiers. Cette situation a été rappelée en octobre dernier, lors de la VIIe Assemblée générale de l'Hutukara Associação Yanomami*

Une expédition a été organisée pour établir un "état des lieux" de ces occupations illégales. Le 27 octobre, elle a commencé à parcourir les 280 km de cette portion de frontière de la TI-Y, à partir du rio Ajarani en remontant vers le Nord. Elle est composée de membres de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, de l'Hutukara Associação Yanomami – HAY, de l'Instituto SocioAmbiental – ISA. Un chercheur du Centre National de la Recherche Scientifique – CNRS (France), François Michel Le Tourneau, a rejoint le groupe le 3 novembre. C'est une initiative soutenue par la Fondation Rainforest de Norvège.

Dans les premiers rapports publiés par ISA le 6  et le 14 novembre, le groupe a pu constater que certains panneaux qui interdisent l'accès à la TY-Y sont illisibles ou à terre. Il a retrouvé des filets de pêche, des traces de campements. La progression de l'expédition est ralentie par la sécheresse qui sévit en Amazonie et qui rend la navigation difficile.

Un bilan de l'expédition a été présenté le 24 novembre dans la communauté Serrinha située dans la municipalité de Caracaraí. Les leaders ont dénoncé le fait que la Funai n'a pas terminé l'évacuation de tous les envahisseurs. L'expédition a pu constater qu'il existe encore des zones où la forêt a été préservée. Mais elle relève aussi que le front de colonisation agricole se rapproche des limites de la TI-Y. Il a été décidé de donner une formation à une cinquantaine d'indigènes pour qu'ils soient en mesure de surveiller cette partie du territoire Yanomami.

Pour Davi Kopenawa Yanomami, présent pour ce bilan : "Cette terre est démarquée par le gouvernement fédéral, mais même ainsi, les fazendeiros n'en sont jamais sortis. Ils sont ici parce qu'ils sont protégés par le gouvernement de (l'État) de Roraima. Mais notre heure va arriver pour qu'ils sortent. Nous avons de la patience".

Encore une opération contre l'orpaillage illégal**

Par ailleurs, le 14 novembre dernier, des agents de la FUNAI, accompagnés de six Yanomami, ont arrêté 52 garimpeiros (orpailleurs) qui pratiquaient illégalement l'orpaillage dans la région du rio Apiaú, une zone difficile d'accès. En infériorité numérique, les agents de la FUNAI, n'ont pas pu empêcher la fuite de 27 orpailleurs. Seulement 25 d'entre eux ont pu être conduits au siège de la Police Fédérale de Boa Vista – la capitale de l'Etat - pour y être entendus et enregistrés. L'orpaillage étant considéré comme un délit mineur, ils ont été remis en liberté… Selon João Batista Catalano, coordinateur du front de protection ethno-environnemental Yanomami /Yekuna, il y aurait 1'200 garimpeiros dans la TI-Y.

En guise de rappel : en 2011, peu après la diffusion, sur le réseau de télévision Globo, le 9 octobre, d'un reportage sur l'orpaillage illégal dans la TI Yanomami. Et une audience publique, sur le même sujet, à la Chambre des Députés le 27 octobre suivant, une opération de police avait permis la destruction de plusieurs points d'orpaillage et l'inculpation de près d'une trentaine de garimpeiros.

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* Voir sur ce blog, la note du 09/11/2012

** Voir sur ce blog, les notes des 18/11/2011, 21/10/2011 et  07/10/2011

Carte : Instituto Socioambiental (ISA) – La frontière Est de la Terre Indigène Yanomami.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

04/01/2013

La COIAB participe à la COP-18 à Doha

Brasil,Brésil,Amazônia,Amazonie,COIAB,Sônia Guajajara,COP-18,Doha,Qatar,ONU,Kyoto, Durban,gaz à effet de serre,protocole,développement durable,changements climatiques,COP-17Les peuples indigènes sont préoccupés par les changements climatiques. Ils suivent de près les négociations internationales à ce sujet. Sônia Guajajara, membre de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne – COIAB était à Doha (Qatar) pour suivre les travaux de la COP-18, la 18e Conférence des parties à la convention de l'ONU sur les changements climatiques qui a eu lieu du 26 novembre au 8 décembre 2012. On sait que la conférence n'a abouti qu'a un accord minimal consistant à prolonger le protocole de Kyoto jusqu'en 2020. Les États les plus pollueurs ne sont tenus à aucun engagement.

En août 2011, les représentants des organisations indigènes des neuf pays amazoniens étaient réunis à Manaus pour adopter une position commune – le Mandat de Manaus - sur les changements climatiques. Depuis, ils ont été présents à Durban* en 2011 pour la COP-17 et à la Conférence Rio+20 de juin 2012 sur le développement durable.

À Doha, à l'occasion d'une conférence de presse, Sônia a rappelé que "le modèle de développement du Brésil est basé sur l'industrie extractive et l'agriculture d'exportation. Ce modèle requiert nécessairement le renforcement des infrastructures et l'implantation de grands ouvrages (usines hydroélectriques, lignes de chemin de fer, ports, etc) qui, inévitablement, impactent les terres et territoires, la vie socio - économique, physique, culturelle et spirituelle des peuples indigènes et autres populations locales". Selon Sônia, pour promouvoir ce modèle, le gouvernement brésilien a été complice de l'offensive des secteurs politiques et économiques qui s'opposent aux droits territoriaux des indigènes. Elle énumère ensuite les projets de lois ou dispositions administratives visant à réduire les droits des indigènes.

À ceux qui pourraient s'interroger sur le lien entre ces droits et le climat, sujet de la conférence, elle rappelle qu'en préservant, sur leurs terres, les forêts, l'environnement et la nature, les peuples indigènes contribuent à maintenir la biodiversité et à éviter les émissions de gaz à effet de serre.

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* Voir sur ce blog les notes du 16 septembre 2011 et du 6 janvier 2012

Photo : site COIAB. Sônia Guajajara au cours de la conférence de presse.

 PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

 Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 78, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

28/12/2012

Les Xavante Marãiwatsédé retrouvent leur terre, un évêque est menacé de mort !

Brasil,Brésil,Amazônia,Amazonie,Xavante,Marãiwatsédé,Mato Grosso,AGIP,FUNAI,Fundação Nacional do Indio,Alto Boa Vista,Bom Jésus do Araguaia,São Felix do Araguaia,Fazenda Suiá-Missú,Fernando Henrique Cardoso,Cerrado,Paulo Maldos,Gilberto Carvalho,Damião Paradzine,Wanderley Perin,Dom Pedro Casaldáliga,Dom Leonardo Ulrich Steiner,CNBB,Tomás Balduíno,Dilma Rousseff,prêmio direitos humanos 2012,BrasiliaEn ce début décembre, sur ordre de la justice, les forces de l'ordre évacuent les occupants illégaux de la Terre Indigène (TI) Marãiwatsédé. C'est une page qui se tourne de la dramatique histoire de cette partie du Peuple Xavante* du Mato Grosso.

En août 1966, pour permettre l'avancée de la colonisation agricole la dictature déporte, par avion militaire, cette communauté d'environ 400 personnes à 400 km plus au sud, à la Mission salésienne de São Marcos. Une épidémie de rougeole a causé la mort de 150 de ses membres. Le peuple de Marãiwatsédé tente alors de retourner sur son aire d'origine.

Leur Terre était devenue propriété d'une immense fazenda, rachetée dans les années 80 par AGIP Petrol, la société italienne. À l'approche de la Conférence de Rio de 1992, sous la pression d'une campagne internationale, le président d'AGIP promet de remettre leur Terre aux Xavante. C'était sans compter sans l'opposition de politiciens et fazendeiros locaux opposés au retour des indigènes.

Les opposants ont envahi les lieux. La Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a "identifié" la TI en 1992. Délimitée en 1993, elle a une superficie de 1'650 km2. Elle s'étend sur trois municipalités : Alto Boa Vista, Bom Jésus de l'Araguaia et São Felix de l'Araguaia. Son homologation par Fernando Henrique Cardoso date du 11 décembre 1998. Mais les occupants illégaux n'ont jamais abandonné le terrain.

En août 2004 des Xavante ont occupé environ 10% de leur Terre. Ils sont maintenant 928 à y habiter. Des moments de vive tension ont marqué toutes ces vingt dernières années. En juin 2011, l'Assemblée législative du Mato Grosso a adopté une loi demandant la transformation du Parc National d'Araguaia en Terre Indigène pour y installer les Xavante. Une bataille juridique a conclu à l'inconstitutionnalité de cette loi. Le 19 octobre dernier, le Tribunal Suprême Fédéral a fini par confirmer l'évacuation des non - indiens.

La FUNAI (voir dès le 11/12/12) a coordonné l'opération qui a commencé le 10 décembre. Même si l'occupation par les fazendeiros a été jugée comme étant de "mauvaise foi" par la justice, le gouvernement s'est engagé à réinstaller les familles répondant aux normes de la réforme agraire. Ce sont 455 personnes qui ont reçu un avis leur accordant un délai de 30 jours pour quitter les lieux avant le 17 décembre.

Les vingt-deux plus grandes fazendas s'étendent sur un tiers de l'aire indigène. Elles sont les principales responsables de la déforestation. En 1992, la FUNAI avait constaté qu'environ 66% de la TI était recouverte de forêt et 11% de "cerrado" (savane). Actuellement, 61,5% de la surface est utilisée pour l'agriculture et l'élevage.

L'évacuation a été marquée par des incidents : barrages sur les routes, confrontations avec les forces de l'ordre. Un fazendeiro a accusé publiquement Paulo Maldos, chargé de l'articulation sociale au Secrétariat de la présidence de la république, et à ce titre chargé de suivre les opérations, d'avoir sollicité le versement d'un "pot-de-vin" pour permettre aux occupants illégaux de rester sur place. Le Secrétaire général de la présidence de la république, Gilberto Carvalho, a publié un communiqué de presse pour redire sa confiance en son subordonné. Plus grave, des opposants ont adressé des menaces au cacique  Xavante Damião Paradzine et à Wanderley Perin, le maire de Alto Boa Vista.

Des menaces de mort ont également visé Dom Pedro Casaldáliga, 84 ans, évêque émérite de São Felix do Araguaia où il a exercé son ministère de 1970 à 2005. Pour le protéger, la police l'a invité à quitter sa résidence pour un lieu tenu secret. Plusieurs organisations ont tenu à manifester leur solidarité envers celui qui est connu pour son engagement en faveur du respect des droits des indigènes. Dom Leonardo Ulrich Steiner, Secrétaire de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil - CNBB s'est adressé aux évêques du pays pour expliquer la situation des Xavante et sa solidarité envers Dom Pedro. À Brasilia, le 17 décembre, lors de la 18e édition de la remise des prix des "Droits humains 2012", la Présidente de la république lui a décerné le prix dans la catégorie "Hommage spécial". C'est Dom Tomás Balduíno, l'un de ses confrères qui l'a représenté à la cérémonie. Dans son discours, Dilma Rousseff a rendu hommage aux deux évêques. Au sujet propos de Dom Pedro, elle a assuré que "l'État brésilien, avec tous les moyens, les forces policières et civiles disponibles, veillera à garantir sa sécurité et sa protection".

Au nom de sa communauté, le 8 décembre, le cacique Damião a signé une lettre, adressée à la société brésilienne, dans laquelle il remercie les autorités et toutes les entités qui ont appuyé leur lutte pour la vérité contre le mensonge. Il rappelle le nom des Xavante qui ont payé de leur vie leur engagement pour la défense de leurs droits territoriaux. Faisant allusion à la destruction de la forêt, il conclut ainsi sa lettre : "Les animaux ne peuvent souffrir davantage avec une telle destruction de la nature. Quand la terre sera rendue à notre peuple, la forêt va vivre à nouveau. Les animaux et les plantes vont revenir. Notre mère va rester plus forte et plus belle comme elle l'a toujours été. C'est ainsi que nous voulons que ce soit".

* Prononcer "Chavante"

Photo : Daniel Santini / À Rio+20 les Xavante demandent l'évacuation de leur territoire.

La vidéo ci-dessous - 12'38" - retrace l'histoire des Xavante de Marãiwatsédé (en portugais)

 

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 78, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

21/12/2012

Les organisations indigènes du Brésil demandent l'aide de l'ONU

Brasil,Brésil,APIB,Articulação dos Povos Indígenas do Brasil,Articulação dos Povos Indígenas da Região Sul,ARPINSUL,Articulação dos Povos Indigenas do Pantanal e Região,ARPIPAN,Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira,COIAB,Articulação dos Povos Indígenas da Região Sudeste,ARPINSUDESTE,Aty Guassu,Grande Assembléia Guarani,Articulação dos Povos Indígenas do Nordeste, Minas Gerais e Espírito Santo,APOINME,ONU,Uilton Tuxá,Raoni,Guarani Kaiowá,Examen Périodique Universel,Conseil des droits de l'homme,Belo Monte,Rio São Francisco,Decreto No 1775/96,Haut-Commissariat aux droits de l'homme,Conseil des droits de l'homme,OIT,Convention 169,Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtonesMoins médiatisé que Raoni*, mais représentant la grande majorité des organisations indigènes brésiliennes, Manoel Uilton dos Santos, couramment appelé Uilton Tuxá, membre de la direction de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil** – APIB était à Genève, à mi-novembre, pour demander l'appui du Haut - Commissariat aux Droits de l'homme.

Uilton a demandé l'intervention du système des Nations Unies auprès de l'État brésilien pour que celui-ci respecte les droits des peuples indigènes en vertu des textes internationaux qu'il a ratifiés, notamment la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail et la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le texte remis au Palais Wilson, le siège du Haut – Commissariat, est un état des lieux des questions qui opposent les peuples indigènes au gouvernement, au parlement et aux entités chargées de l'application de leurs droits.

La première partie du document est consacrée aux droits sociaux. L'Articulation relève que les droits reconnus dans la Constitution de 1988 sont loin d'être acquis. Il manque une loi d'application de l'article - No 231 - qui définit l'essentiel de ces droits.

La deuxième traite des Terres indigènes qui ne sont pas toutes démarquées. L'APIB mentionne le cas des Guarani Kaiowá relégués sur des aires extrêmement réduites, victimes de discrimination et d'un ethnocide.

La troisième traite des mégaprojets de développement des infrastructures voulu par le gouvernement. Selon l'organisation, 434 d'entre eux doivent affecter les territoires indigènes, comme la construction du barrage de Belo Monte et la transposition du Rio São Francisco.

Les violences faites aux peuples indigènes et les déficiences du Service de santé (le SESAI) et de la FUNAI sont traités dans la quatrième partie.

La cinquième rappelle que le Statut des peuples indigènes et la loi sur la création d'un  Conseil National de Politique Indigéniste restent dans les tiroirs du parlement.

La sixième évoque les projets d'amendements constitutionnels anti-indigènes et le projet de loi sur l'exploitation minière dans les terres indigènes.

Dans la septième partie, l'Articulation dresse la liste des mesures administratives et juridiques qui portent atteinte aux droits indigènes comme l'arrêté 303/2012 de l'Avocat Général de l'Union qui veut modifier les processus de démarcation des terres indigènes. L'APIB rappelle l'existence du décret présidentiel No 1775/96 qui définit le processus de démarcation et garantit la manifestation des avis contraires à telle ou telle démarcation.

Enfin, elle suggère aux Nations Unies de créer un système de traduction en ligne pour permettre à ceux qui ne parlent pas les langues officielles de l'Organisation de pouvoir adresser leurs dénonciations dans leur langue maternelle.

Pour rappel, en septembre dernier, devant le Conseil des droits de l'homme, le Brésil a répondu aux interrogations et propositions du Conseil dans le cadre de l'Examen Périodique Universel***.

Avec la récente visite - le 10 décembre dernier - de Raoni au Haut-Commissariat aux droits de l'homme, les instances onusiennes ont à leur disposition un état des lieux assez fourni de la situation des peuples indigènes au Brésil. Comment vont-elles répondre à ces appels ?

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Photo FUNAI/ Manoel Uilton dos Santos

* Voir sur ce blog, la note du 14/12/12

** L'APIB regroupe les six principales organisations régionales indigènes du Brésil : l'Articulação dos Povos Indígenas da Região Sul (ARPINSUL); l'Articulação dos Povos Indigenas do Pantanal e Região (ARPIPAN); la Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira (COIAB); l'Articulação dos Povos Indígenas da Região Sudeste (ARPINSUDESTE); Aty Guassu (Grande Assembléia Guarani) et l'Articulação dos Povos Indígenas do Nordeste, Minas Gerais e Espírito Santo (APOINME).

*** Voir sur ce blog, la note du 20/09/12.

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

14/12/2012

Raoni ou la lutte du pot de terre contre le béton des barrages

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Datant de 1975, le projet d'ouvrages hydroélectriques sur le Xingu est resté longtemps dans les tiroirs de l'administration brésilienne. À la fin des années 90, Fernando Henrique Cardoso l'avait inscrit dans son programme "Avança Brasil", mais sans autre suite. En 2007, Lula a repris le projet de construction du barrage de Belo Monte dans  son "Programme d'Accélération de la Croissance – PAC". Les travaux ont commencé sous l'ère de Dilma Rousseff malgré l'absence de consultation préalable des peuples indigènes concernés, comme le voudrait la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT, ratifiée par le Brésil.

Depuis 1989, constatant qu'il n'était pas entendu des autorités brésiliennes, Raoni a multiplié les voyages en Europe pour demander l'appui de nombreuses personnalités, notamment les anciens présidents français, Mitterrand, Chirac et Sarkozy.  Le 29 novembre, il a été reçu par F. Hollande au palais de l'Elysée. Pour le président français : "Ce qui se passe dans la forêt amazonienne nous concerne directement. Si la déforestation continue, si la forêt amazonienne est progressivement amputée, ce n'est pas un problème seulement pour les peuples autochtones, c'est un enjeu pour le monde !" Selon le communiqué publié par l'Elysée, le président "a souligné l'importance d'une participation des peuples autochtones aux débats et négociations qui engagent leur avenir." Raoni a remis au président la "Déclaration des peuples indigènes", adoptée en juin 2012, lors du campement "Terre Libre" tenu en parallèle à la Conférence Rio+20. Déclaration destinée aux chefs d'États. Raoni a demandé à F. Hollande de transmettre ce texte à Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, en visite officielle à Paris les 11 et 12 décembre.

Pour les observateurs, Dilma est évidemment bien informée de la position des organisations indigènes sur les infrastructures susceptibles d'avoir un impact sur leurs Terres et l'Amazonie en général. Pour mémoire rappelons que les indigènes représentent moins de 0,5% de la population brésilienne. Le taux de popularité de Dilma est à un niveau élevé : près de 76% d'avis favorables en août dernier.

Ce 10 décembre, Journée des Droits de l'homme, Le leader Kayapó était de nouveau à Genève pour demander l'aide de l'ONU. Après avoir été invité au Club suisse de la presse pour une rencontre avec les journalistes, il est allé au Palais Wilson où il a été reçu par Navi Pillay, la Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme. Le Haut Commissariat, comme l'OIT, comme James Anaya, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation de droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones, tous connaissent la situation précaire des peuples indigènes au Brésil. Raoni est venu le leur rappeler.

Il s'est ensuite rendu à Strasbourg pour solliciter l'appui du Parlement européen.

Pour ce voyage en Europe, Raoni est accompagné de deux autres membres de sa famille, son neveu, le cacique Megaron Txucarramae, et de son petit-neveu, Bemoro Metuktire. Une nouvelle génération de leaders, une relève peut-être moins médiatisée (ils ne portent pas de labret), mais tout aussi engagée dans la défense des droits des indigènes.

Les associations – Planète Amazone et la Société pour les Peuples Menacés - qui ont organisé le séjour en Europe et en Suisse de la délégation Kayapó veulent également mettre la pression sur les entreprises européennes qui participent, ou qui sont susceptibles de participer, à "l'invasion industrielle" et à l'exploitation des matières premières de l'Amazonie. Une stratégie peu utilisée jusqu'à présent…

Raoni, comme Davi Yanomami, a largement contribué à faire connaître les dangers qui pèsent sur la forêt amazonienne. Son message mérite d'être entendu. À l'avenir, si ces menaces se renforcent, il ne sera pas possible de dire : On ne savait pas !

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Photo © B.Comoli / De gauche à droite : Bemoro, Raoni et Megaron

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07/12/2012

La Secoya reçoit le renfort d'une volontaire E-Changer

Judith Schnyder, volontaire de l'organisation helvétique E-Changer basée à Fribourg, a rejoint, à Manaus, l'équipe du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami* – SECOYA  qui déploie son  activité dans l'État d'Amazonas. Actuellement, Judith fait son premier séjour en terre Yanomami en compagnie de Sylvie** l'infirmière, également volontaire de la même organisation.

Originaire du Haut-Valais, Judith est anthropologue et homéopathe. Elle a eu un engagement au sein de la section suisse de l'organisation "Homéopathes autour du monde - HMS", une association qui se mobilise pour que l'homéopathie classique soit intégrée dans le système de santé de pays touchés par la pauvreté, la guerre ou les catastrophes. Avant de rejoindre le Brésil, elle travaillait à la section suisse de Peace Brigades International – PBI, une association qui promeut la résolution des conflits. PBI met en place des équipes internationales de volontaires qui, par leur présence, dissuadent les actes de violence et permettent la création d’un espace de dialogue politique.

À la SECOYA, Judith est chargée de conseiller l'institution dans son action avec le peuple Yanomami et d'aider les leaders indigènes de l'État d'Amazonas dans leur processus organisationnel. Plus concrètement, il lui est demandé de collaborer à la réalisation de cours de formation de leaders, de les suivre dans leurs tâches de "contrôle social" – leur participation – dans les instances où ils sont appelés à siéger. La SECOYA compte également sur sa formation d'anthropologue pour consolider son expérience en matière d'école différenciée et de valorisation de la santé traditionnelle.

Comme tous les volontaires E-Changer, Judith a un groupe de soutien "Amigos dos Yanomami" à qui elle a adressé une première lettre circulaire (en allemand). Elle a également un blog sur lequel elle a déjà publié plusieurs notes (en anglais).

AYA se réjouit de l'appui apporté par Judith à son partenaire. Nous lui souhaitons plein succès dans ses activités.

* Le partenaire qu'appuie AYA

** Voir sur ce blog, les notes des 10 décembre 2010 et 4 février 2011.  

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PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

30/11/2012

Brésil : Le nouveau et controversé code forestier est entré en vigueur

Le nouveau code forestier brésilien est entré en vigueur le 18 octobre*, le jour de sa parution au Journal Officiel de l'Union. La Chambre des Députés l'avait adopté le 18 septembre, et le Sénat quelques jours plus tard, le 25 septembre. Un texte encore controversé malgré huit paragraphes et un article sur lesquels la Présidente de la république, Dilma Roussef, a exercé son droit de veto. Un premier décretd'application relatif au cadastre environnemental rural et au programme de régularisation environnemental a également été publié la 18 octobre.

Selon la ministre de l'environnement, Izabella Teixeira, les veto de la présidente visent à ne pas stimuler la déforestation illégale et à assurer l'inclusion sociale des petits propriétaires et des paysans pratiquant l'agriculture familiale. C'est un équilibre entre la protection de l'environnement et l'inclusion sociale.

Le 19 octobre, l'Institut socio - environnemental – ISA a diffusé une analyse du nouveau texte signée de Raul de Valle, un avocat de l'Institut. Selon lui, la nouvelle loi est pleine de contradictions. Elle crée deux modèles de citoyens : ceux qui ont respecté la loi jusque-là en vigueur et les autres. Et sa mise en œuvre sera difficile. La protection de l'environnement qu'elle recherche s'applique différemment selon la taille des propriétés et en fonction de leur localisation dans le pays.

Plusieurs règlements d'application doivent encore être publiés; ils sont susceptibles de réduire les dégâts produits par la nouvelle loi. Les "ruralistes", partisans de l'agrobusiness, qui sont à l'origine de la nouvelle loi, font déjà pression sur le gouvernement pour obtenir des textes qui leur soient favorables.

Cette entrée en vigueur du code forestier a précédé de peu la présentation, le 27 novembre, par l'Institut National d'Enquêtes Spatiales – INPE, des données 2012 relatives à l'évolution estimée de la déforestation en Amazonie légale : 4'656 km2 de forêt détruite entre août 2011 et juillet 2012. C'est le niveau le plus bas enregistré depuis 1988, date à laquelle l'Institut a commencé ses observations. C'est une réduction de 27% par rapport à 2011 (6'418 km2 dévastés). La forêt de l'État du Pará a le plus souffert, elle a perdu 1'699 km2.

Depuis les années 90, la plus forte déforestation a été observée en 1995 : 29'059 km2. C'est le pic le plus élevé. Les deux années 2003 et 2004 ont aussi connu une forte poussée de déforestation avec, respectivement, 25'396 et 27'772 km2. Mais depuis 2005, les chiffres sont orientés à la baisse (voir AYA Info No 56).

Le nouveau code forestier permettra-t-il de mieux lutter contre la déforestation ?

* Voir sur ce blog, les notes des 26 et 4 mai 2012, 9 décembre, 23 septembre et 27 mai 2011

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

23/11/2012

Les peuples autochtones, la dernière barrière à abattre !

Le modèle dominant de développement "met en cause l'existence même de nombreux peuples autochtones, particulièrement quand leurs territoires recèlent des matières premières ou des sources d'énergie présentant un intérêt économique. Pour ce modèle dominant, les peuples autochtones et les populations traditionnelles représentent la dernière barrière à abattre". C'est l'une des conclusions que des représentants de peuples et d'organisations autochtones d'Argentine, du Brésil, de Colombie et du Pérou ont tenu à rappeler lors du séminaire organisé à Genève, du 15 au 19 octobre, par le Mouvement pour la Coopération Internationale* (MCI). Une manifestation réalisée par cette ONG genevoise dans le cadre de son 50eanniversaire.

Le MCI a soutenu des projets en faveur des peuples autochtones dès les années 70. La présence de dirigeants d'organisations indigènes avec lesquelles il a travaillé, et travaille encore, allait de soi lors de cet anniversaire. Vivant dans des pays et contextes différents, les échanges qu'ont eus ces leaders pendant plusieurs demi-journées, ont très vite mis en évidence la similitude de leur lutte pour la survie de leurs peuples, de leurs cultures et de leurs modes de vie. Ensemble, et avec les autres participants à cette rencontre, ils ont tenu à dresser ce constat : "Dans leur grande majorité, les peuples autochtones ont une relation pleine de respect, d’harmonie et d’équilibre avec la terre­mère. Le renforcement des identités ethniques et culturelles est très important. Les territoires indigènes sont de véritables sanctuaires de vie dans leur diversité spirituelle et biologique. Mais les peuples autochtones sont touchés de plein fouet par le modèle dominant de développement. Ce modèle porte atteinte à leurs territoires ancestraux : les montagnes, les glaciers, les forêts, les fleuves et rivières. Pourtant l’existence de ces peuples constitue un signal fort pour l'humanité toute entière".

À propos de la situation qui est faite aux peuples autochtones, ils ont tenu à rappeler comment "On leur reproche d'empêcher le développement, on criminalise leur protestation, on militarise leurs territoires, on réduit leurs droits. Ces derniers, bien que reconnus par des lois et des instruments juridiques nationaux et internationaux, sont insuffisamment appliqués". Ils soulignent encore que "Le soutien à leurs revendications est d'importance capitale".

Lors de ce séminaire, qui comptait également avec la présence de représentants d'Haïti, du Timor-Leste et d'Uruguay, deux autres ateliers ont traité de la "Formation" et de "l'Économie solidaire" qui sont également des axes de travail du MCI. La déclaration finale adoptée par les participants appelle les ONG et les collectivités publiques du Nord à soutenir les associations du Sud, non seulement pour les aspects concrets de leurs programmes, mais aussi pour leur vie démocratique, leurs besoins en personnel et en matériel.

Le MCI est l'un des membres fondateurs de la Fédération Genevoise de Coopération - FGC.

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* Mouvement pour la Coopération Internationale ; c/o Maison des Associations, 15, rue des Savoises CH – 1205 Genève; Tél.: 022 320 29 02; Courriel : mci.fgc@gmail.com

PS 1 : Ce dimanche 25 novembre est une journée particulièrement consacrée aux populations autochtones dans le cadre du Festival "Filmar en América Latina" qui se déroule à Genève et sa région. Voir le programme sur le site : http://www.filmaramlat.ch/

PS 2 : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

16/11/2012

TI Kaiabi : Un mort et plusieurs blessés lors d'une opération contre l'orpaillage illégal

Munduruku,Teles Pires,Polícia Federal,Adenilson Crixi,Kirixi,Kaiabi,Terra indígena Kayabi,Pará,Mato Grosso,Jacareacanga,opération Eldorado,Operação Eldorado,garimpagem,orpaillage illégal,FUNAI,Ministério Público FederalUn mort - Adenilson Kirixi Munduruku - 32 ans, père de deux enfants -, plusieurs blessés et des arrestations chez les indiens Munduruku de Teles Pires, dans la Terre Indigène (TI) Kaiabi : tel est le bilan de la confrontation, survenue le 7 novembre dernier, entre un détachement de la Police Fédérale (PF) et des membres de cette communauté située sur la frontière des États du Pará et du Mato Grosso, dans la municipalité de Jacareacanga.

La PF intervenait pour combattre l'orpaillage illégal pratiqué sur le rio Teles Pires. Une action entrant dans le cadre de "l'Opération Eldorado" destinée à mettre un terme à l'activité d'un réseau d'extraction et de  commercialisation illégales d'or couvrant plusieurs États brésiliens.

Le jour même de l'incident, les membres de la communauté de Teles Pires ont publié un communiqué décrivant la violence de l'intervention. Ils demandent également la constitution d'une commission municipale d'enquête. Plus de cinquante organisations de la société civile ont signé un manifeste de solidarité à l'égard des indiens Munduruku : "… la confrontation répète ce qui est arrivé depuis le début de l'invasion européenne [la découverte du Brésil] : l'indien (Munduruku) défend son territoire avec des flèches et le blanc (la police fédérale) abattant avec une arme à feu ceux qu'il trouvait sur son chemin."

Le 9 novembre, la PF a diffusé un communiqué dans lequel elle explique les objectifs de l'opération Eldorado. Elle y donne sa version des faits au cours desquels trois policiers ont été blessés. Selon elle, la communauté indigène tirerait profit de la présence des garimpeiros. Elle dit avoir été victime d'une embuscade et avoir suspendu la suite de l'opération.

La relation des événements varie selon les sources. Le Ministère Public Fédéral du Pará a demandé des explications à la PF et à la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Le ministre de la justice veut une enquête approfondie. Ce 14 novembre, une centaine d'organisations de la société civile demandent au Ministère Public Fédéral du Pará d'ouvrir une enquête indépendante sur les événements survenus à Teles Pires pour rechercher les responsables d'abus commis lors de l'opération. À suivre…

Ci-dessous une vidéo montrant le début de l'intervention de la PF :

 

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note devrait être reprise dans le prochain "AYA Info" No 77, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2