31/08/2012

Belo Monte : le travail a repris sur le chantier*

Le 28 août au matin, le travail a repris sur les différents chantiers de construction du barrage de Belo Monte sur le rio Xingu. Cette reprise, annoncée par Norte Energia, a été autorisée, le 27 août, par le président du Tribunal Suprême Fédéral - STF, Carlos Ayres Britto. Il a fait droit au recours de l'Avocat Général de l'Union – AGU contre une décision du Tribunal Régional Fédéral–1 qui avait ordonné, quelques jours plus tôt, la suspension des travaux. Cela en attendant la consultation, par le Congrès, des populations indigènes concernées par la construction du barrage. Le Ministère Public Fédéral avait également demandé la suspension des travaux. Sur le fond, le jugement n'a pas encore été rendu par le STF.

Parce que les travaux avancent, le mouvement "Xingu vivant pour toujours" demande au STF ne pas transformer Belo Monte en "fait accompli" : "Belo Monte n'est pas et n'a jamais été un projet légal."

À suivre…

* Voir, sur ce blog, la note du 27 août.

27/08/2012

Barrage de Belo Monte : la justice suspend les travaux

 "Nous ne pouvons admettre, dans un État de droit démocratique, un acte du Congrès qui soit un acte de dictature." Cette phrase est tirée de "l'acordão", la décision prise le 13 août par les juges composant la 5e chambre du Tribunal Fédéral Régional – 1 (TRF1) de suspendre les travaux de construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte sur le rio Xingu. L'acte visé est le Décret législatif de 2005 et d'autres qui avaient autorisé les travaux. Le tribunal s'est prononcé en réponse à une demande du Ministère Public Fédéral qui avait sollicité l'annulation de l'autorisation de l'ouvrage.

Le motif principal avancé par le TRF1 est l'absence d'une consultation préalable, par le Congrès, des peuples affectés par l'ouvrage. Une telle consultation prévue par la Constitution brésilienne et la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT ratifiée par le Brésil.

Le 23 août, Norte Energia, l'entreprise responsable des travaux a fait savoir que toutes les activités liées à la construction de l'ouvrage ont été suspendues.

L'Avocat général de l'Union* a déposé un recours contre ce jugement auprès du Tribunal Suprême Fédéral.

Plusieurs organisations brésiliennes ont lacé une campagne pour demander au Président du Tribunal Suprême Fédéral de maintenir la décision du TRF1.

Pour rappel, les peuples indigènes du Xingu s'opposent à la construction de ce barrage depuis 1989. Récemment encore, en juin et juillet, il y a eu des manifestations et des incidents en lien avec le chantier. En mars de cette année, la Commission d'experts de l'OIT chargée de veiller à l'application des Conventions avait demandé au Brésil de respecter ses obligations**.

Cet ouvrage serait le troisième plus grand du monde après celui d'Itaipú sur le rio Paraná à la frontière du Brésil et du Paraguay et celui des Trois Gorges en Chine.

À suivre…

* Au Brésil, le service de l'Avocat général est l'organe de conseil le plus élevé du pouvoir exécutif, une institution prévue par la Constitution. L'Avocat général est nommé par la Présidence de la République

** Voir sur ce blog, la note du 7 mars 2012. D'autres notes ont traité de ce sujet :  9 octobre 2010, 5 mars 2011, 8 avril 2011, 3 juin 2011, 11 novembre 2011

 

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 74, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/08/2012

La formation des professeurs Yanomami en éducation différenciée

Foto SECOYA curso de professores 2012:nota2xetapa3.pngIls sont plus d'une vingtaine de professeurs Yanomami, venant de huit communautés des rios Marauiá et Demini, à avoir participé à la 10e étape - sur 12 - d'une formation leur permettant d'obtenir, en 2014, la certification reconnue par les autorités. Ce cours de six semaines a commencé le 21 mai et s'est terminé le 29 juin. Il entre dans le cadre du programme d'éducation de l'association "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami* - SECOYA" soutenu par l'ambassade d'Australie. Il a lieu à Poraquê, dans la municipalité de Rio Preto da Eva, à environ 80 km au nord de Manaus.

Si les disciplines enseignées concernent des matières traditionnelles : mathématiques, art et expression culturelle, littérature, informatique de base, d'autres sont plus spécifiques comme, la citoyenneté et les droits indigènes. Tout en veillant à mettre en pratique la législation en vigueur, il s'agit d'une gestion participative où toutes les décisions (le calendrier, la charge horaire, les contenus...) sont prises collectivement.

L'objectif de SECOYA est d'élaborer une proposition d'éducation scolaire différenciée qui puisse être reconnue par les pouvoirs publics de l'État d'Amazonas et par le Ministère de l'éducation. L'une des caractéristiques de l'enseignement "différencié" consiste à avoir les premiers degrés d'enseignement en langue yanomami, le portugais étant enseigné dans un deuxième temps. Il s'agit également de proposer, par l'école, une alternative aux politiques publiques d'assistance.

Ces dernières sont susceptibles de répandre, chez les bénéficiaires, les Yanomami, l'idée que les solutions des problèmes auxquels ils sont confrontés vont être apportées par d'autres acteurs. Ils courent le risque de n'être que les spectateurs des changements qui les affectent, alors que leur intérêt est d'être les protagonistes de leur propre histoire. L'école différenciée peut contribuer au renforcement du pouvoir de ce peuple sur son propre devenir.

Plus généralement, l'éducation scolaire différenciée est une demande des organisations et communautés indigènes. Pour mémoire, et pour ne parler que d'un passé récent, plusieurs événements ou décisions gouvernementales ont marqué l'évolution de l'éducation scolaire indigène ces dernières années.

En juin 2007, la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB avait publié un manifeste destiné au Ministère de l'Education nationale dans lequel elle donnait un contenu pour un "Programme de Développement de l'Education indigène". Ce document a été signé par plusieurs organisations indigènes, indigéniste et autres ONG. La dixième proposition de ce manifeste demande la réalisation d'une Conférence nationale de l'éducation scolaire indigène.

Cette Conférence - une première au Brésil - a eu lieu en novembre 2009 à Luziânia (État de Goias). Elle a  été organisée par le Ministère de l'Education nationale. Elle a réuni, six cents délégués représentant plus de 200 peuples indigènes qui ont formulé des suggestions sur cinq thèmes : territorialité et autonomie, pratiques pédagogiques indigènes, financement et diversité culturelle, participation et contrôle social, lignes directrices pour l'éducation scolaire indigène. Fernando Haddad, alors Ministre de l'Education, avait souhaité une démarche participative, conforme à la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail - OIT. Cette rencontre nationale avait été précédée, dès décembre 2008, de 1'800 de réunions préparatoires dans les communautés indigènes et 18 Conférences régionales. Le document final de la Conférence a été publié en avril 2010.

En parallèle à cette consultation, un décret présidentiel (No 6.861), signé par Lula le 27 mai 2009, a créé les "Teritoires ethno-éducationnels". Ce texte prévoit que l'éducation scolaire indigène sera organisée avec la participation des peuples indigènes. Il énumère les objectifs de cette éducation différenciée et les moyens techniques et financiers à mettre à sa disposition. Ce document, s'il est une réponse à la demande des organisations et communautés indigènes peine à être appliqué. Pour l'heure il existe une vingtaine de ces Territoires.

En 2007, le Brésil comptait près de 2'500 écoles indigènes qui accueillaient près de 177'000 élèves. Mais entre 30 à 40% de celles-ci ne disposaient pas d'un local approprié et le nombre de places était insuffisant.

Par son effort de formation des professeurs Yanomami, la SECOYA contribue à mettre en œuvre le droit à l'éducation différenciée dans son aire d'activité, essentiellement dans la partie de la Terre Indigène Yanomami qui se trouve dans l'État d'Amazonas, dans les deux municipalités de Santa Isabel do Rio Negro et Barcelos. On y compte neuf écoles indigènes : six sur les rives du rio Marauiá, deux sur les rives du rio Demini et une sur les rives du rio Preto, un affluent du rio Padauiri. Plus de 400 élèves reçoivent l'enseignement d'une vingtaine de professeurs.

* Le partenaire de AYA

Photo © SECOYA : Pendant le cours...

***

Pour en savoir plus,

- En français,

- Voir AYA Info Nos 10, 19, 34, 44, 50 et 53 sur le site : http://www.terrabrasilis.ch/informations/ayainfo

- Sur ce blog, la note du 20 octobre 2010

- En portugais,

- Des informations relatives au cours sur le site de la SECOYA : http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&... et http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&...

- Le programme "Education* de SECOYA :

http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&...

- Les documents relatifs à la Conférence nationale de l'éducation scolaire indigène de novembre 2009 :

http://coneei.mec.gov.br/index.php?option=com_content&...

- Le décret présidentiel instituant les Territoires ethno-éducationnels :

http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/_Ato2007-2010/2009/D...

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 73, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

24/06/2012

Avant et pendant Rio+20, les indigènes tentent de se faire entendre

AgenciaBrasil050612WDO9806A.JPGCe mois de juin, le Brésil a accueilli la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, plus connue sous le sigle Rio+20. Mais avant même la rencontre, le gouvernement brésilien a pris quelques initiatives à l'endroit des peuples indigènes.

À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement

Le 5 juin était la Journée mondiale de l'environnement. Ce jour-là, le gouvernement a annoncé l'homologation de sept Terres Indigènes (TI), la création de deux Unités de conservation et l'extension de trois autres. Dilma Rousseff a également signé le décret relatif à la "Politique Nationale de Gestion Territoriale et Environnementale des Terres Indigènes" - PNGATI.

Cinq des TI homologuées se situent dans l'État d'Amazonas, une dans l'État d'Acre et l'autre dans le Pará. Ensemble, elles couvrent une superficie de 9'503 km2.

La PNGATI se veut une mise en oeuvre de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail. Elle a pour objectif de garantir et promouvoir la protection, la conservation et l'usage soutenable des ressources naturelles des terres et territoires indigènes. Elle veut aussi assurer l'intégrité du patrimoine indigène, l'amélioration de la qualité de vie physique et culturelle des peuples indigènes.

Sônia Guajajara, la vice - coordinatrice de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB était l'invitée de la Présidente de la république pour représenter les peuples indigènes à la célébration de cette Journée. Sônia a saisi cette occasion pour lui remettre un manifeste reprenant, en huit points, les principales revendications des peuples indigènes du pays. Par exemple, la suspension des ouvrages qui affectent les TI jusqu'à ce que soit réglementée, et appliquée, la procédure de consultation préalable, libre et informée, prévue par la C169.

Les peuples indigènes à Rio+20

À Rio, à l'occasion de la réunion de Conférence des Nations Unies, les peuples indigènes ont organisé, du 15 au 22 juin, la IXe édition de leur "Campement Terre Libre", la rencontre annuelle des indiens du pays. D'autres organisations indigènes d'Amérique centrale et du sud étaient également présentes.

Les 1'800 participants ont adopté une "Lettre de Rio de Janeiro". Un texte signé par l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, la Coordination des Organisations Indigènes du Bassin Amazonien - COICA, la Coordination Andine des Organisations Indigènes - CAOI, le Conseil Indigènes de l'Amérique Centrale - CICA et le Conseil Continental de la Nation Guarani - CCNAGUA.

Le texte appelle d'abord la nécessaire mise en place de nouvelles relations  entre les États et les Peuples indigènes pour la construction d'un nouveau modèle de société.

Une deuxième partie dénonce les fausses solutions aux crises qui frappent la planète. Plus concrètement, le texte dénonce les violences commises à l'encontre des dirigeants et des peuples indigènes qui luttent pour la défense de leurs droits; les ouvrages construits dans les territoires indigènes; les institutions qui financent ces grands travaux; les contrats REDD* et les crédits carbone; la réduction des territoires indigènes; toutes les institutions qui visent à soumettre les droits indigènes au grand capital. Le texte dénonce également l'action de Marco Terena, un ancien leader, qui a organisé une manifestation parallèle sans lien avec les organisations indigènes du pays.

La troisième partie du texte est un ensemble de propositions, un appel au respect des droits territoriaux des peuples indigènes; l'application de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail; l'amélioration des conditions de santé des peuples indigènes; la mise en place d'une éducation scolaire indigène respectant la diversité culturelle de chaque peuple. En conclusion de leur déclaration, les signataires affirment que "Finalement ce ne sont pas les fausses solutions proposées par les gouvernements et ce que l'on appelle l'économie verte qui solderont les dettes des États envers nos peuples".

Les représentants indigènes ont voulu remettre ce document aux dirigeants présents à la Conférence officielle. Empêchés d'entrer par le service de sécurité, ils ont été reçus, le 20 juin, par une délégation de la présidence de la république. Un calendrier de travail a été fixé pour les mois à venir.

Les représentants du gouvernement ont également reçu les délégués de la manifestation organisée à l'initiative de Marco Terena au cours de laquelle une déclaration appelée "Kari-Oca 2" a également été adoptée par les participants.

D'autres manifestations indigènes ont eu lieu dans le cadre de la Conférence. Par exemple, la protestation organisée devant le siège de la Banque Nationale de Développement Economique et Social - BNDES qui apporte les crédits pour la construction de nombreuses infrastructures, dont le barrage de Belo Monte. Des représentants de l'APIB ont obtenu un contact avec le vice-président de la banque.

Si Rio+20 n'a pas répondu aux attentes des peuples indigènes, la conférence a été l'occasion d'un début de reprise de dialogue entre les organisations indigènes brésiliennes et le gouvernement de ce pays. À suivre...

***

* REDD : Réduction des Émissions de gaz à effet de serre en raison de la Déforestation et de la Dégradation des forêts.

Photo : Wilson Dias /Agência Brasil / Sônia Guajajara (au centre) fait signer à Dilma (tout à gauche) le manifeste qu'elle vient de lui remettre.

Pour en savoir plus (en portugais) :

- Une note de l'Instituto Socioambiental sur cérémonie pour la Journée mondiale de l'environnement : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3569

- Le Décret No 7'747 du 5 juin 2012 instituant la PNGATI : http://www.planalto.gov.br/CCIVIL_03/_Ato2011-2014/2012/D...

- Les Décrets des 5 et 6juin 2012 : http://www4.planalto.gov.br/legislacao/resenha-diaria/201... > voir à la date du 6 juin

- Sônia remet le manifeste du mouvement indigène à Dilma : http://coiab.org/site/noticia/movimento-indigena-entrega-...

- La "Lettre de Rio de Janeiro" : http://blogapib.blogspot.ch/2012/06/documento-final-do-ix...

- La "Déclaration Kari-Oca 2" : http://indigenous4motherearthrioplus20.org/redd-in-the-ne...

- Ci-dessous la vidéo montrant l'occupation des jardins de la BNDES par un groupe d'indigènes :

 

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 73, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

15/06/2012

Mobilisation à Iquitos contre l’extraction pétrolière*

Iquitos :Eau:Carte: 150612IMG.jpgLe 8 mai dernier, une large coalition d'organisations de la société civile de la ville d'Iquitos, située dans la région du Loreto, au cœur de l'Amazonie péruvienne, s'est rassemblée pour protester contre les activités exploratrices de la multinationale pétrolière américaine ConocoPhilips. Cette entreprise envisagerait de perforer plusieurs dizaines de puits dans les lots 123 et 129 qui se superposent avec la zone de conservation régionale du Haut Nanay (voir carte ci-contre).

Cette région, presque entièrement recouverte de forêt tropicale humide, est reconnue au niveau international pour sa richesse en biodiversité et assure l'alimentation en eau potable de la ville d'Iquitos (environ 500'000 habitants). Selon la "Déclaration d'Iquitos", émise par le Comité de Défense de l'Eau d'Iquitos, ConocoPhilips aurait déjà ouvert plus de 768 km de tranchées pour réaliser de la prospection sismique. La poursuite de ces activités pourrait affecter directement la qualité de l'eau et les stocks de poissons dont dépend la population d'Iquitos pour subvenir à ses besoins. Le Comité réclame de la part du Gouvernement régional une position plus claire sur l'exploitation du pétrole dans cette région, davantage d'informations concernant les activités futures de la multinationale et le respect de l'ordonnance régionale qui définit d'intérêt public régional la protection des têtes de bassin versant.

Cette manifestation s'inscrit dans un contexte général de mobilisation de la société civile péruvienne pour protester contre les impacts environnementaux des mégaprojets d'extraction de ressources naturelles. Le cas de l'exploitation du cuivre par la multinationale suisse Xstrata dans les Andes, dans la province d'Espinar, est un autre exemple révélateur. Le 28 mai dernier, des affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants dénonçant les impacts environnementaux de cette exploitation ont causé la mort de deux manifestants. Le président péruvien a décrété l'état d'urgence - pour trente jours - dans la province.

Durant une conférence de presse, le 8 juin dernier, l'ex-parlementaire Verónica Mendoza a présenté les résultats d'une étude du Ministère péruvien de la santé qui attestent de cas de pollutions de l'eau au mercure et à l'arsenic dans la province, à proximité d'un site exploité par Xstrata.

Cette étude légitime ainsi les revendications des manifestants, même si le lien entre les activités d'extraction et ces pollutions doit encore être démontré.

***

* Cette note a été rédigée par Aurélien Stoll qui coopère avec les organisations indigènes de cette partie du Pérou. Voir, sur ce blog, la note du 20 janvier 2012 et "AYA Info" No 67

Pour en savoir plus,

- En espagnol :

- La Déclaration d'Iquitos : http://www.defensaindigena.org.pe/web/index.php?option=co...

- Sur la mobilisation à Iquitos, un article du "Programme de Défense des droits Indigènes" : http://www.defensaindigena.org.pe/web/index.php?option=co...

- En anglais,

- Un article de l'ONG "Alianza Arkana" sur la mobilisation d'Iquitos : http://alianzaarkana.org/blog/entry/a-river-of-trouble-fo...

- Un article de l'ONG "Amazon Watch" sur les actions entreprises aux Etats-Unis : http://amazonwatch.org/news/2012/0509-conoco-drilling-thr...

- Sur la situation à Espinar,

- En espagnol : http://www.diariolaprimeraperu.com/online/politica/si-hub...

- En français,

- Sur la pollution dans la province d'Espinar : http://www.france24.com/fr/20120530-perou-mine-tintaya-es...

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 72, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

08/06/2012

La Cour suprême reconnaît les droits territoriaux des Pataxó Hã Hã Hãe

Les indiens Pataxó* Hã Hã Hãe ont pu manifester leur joie : le 2 mai, la Cour suprême brésilienne (le Supremo Tribunal Federal - STF) a déclarés nuls les titres de propriété de terres détenus par des fazendeiros installés de longue date sur la Terre Indigène (TI) de Caramuru-Catarina Paraguassu. C'est la TI de 3'200 indiens de cette ethnie.

Cette TI, d'une superficie de 540 km2, s'étend sur trois municipalités de l'État de Bahia. Elle avait déjà été délimitée en 1937 par le Service de Protection de l'Indien - SPI. Mais, dans les années 60 et 70, le Gouvernement de l'État a distribué des titres de propriété aux fazendeiros qui avaient envahi la TI, créant ainsi une situation conflictuelle permanente.

En 1982 déjà, la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI a engagé une action en justice pour la reconnaissance des droits des indiens sur leur Terre. La cause a connu un début de jugement en septembre 2008, mais l'un des juges du STF a fait usage de son "droit de regard". Cette demande a entraîné la suspension du jugement pendant trois ans et demi ! C'est une procédure de trente années qui vient de trouver son épilogue !

Malheureusement ce conflit a coûté la vie à une vingtaine de leaders indigènes. Dans une note d'octobre 2010, la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB a rappelé les noms quelques victimes. Le cas de Galdino Jesus dos Santos est certainement celui qui a marqué le plus l'opinion publique brésilienne et internationale : le 20 avril 1997, une bande de jeunes lui a bouté le feu après l'avoir arrosé d'essence alors qu'il dormait sur un banc public de Brasilia. Il était dans la capitale pour faire reconnaître les droits territoriaux de son peuple.

L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a remercié les juges du STF qui ont eu la sensibilité de percevoir que la terre est plus qu'une propriété : "Elle fait partie de notre âme, de notre vie et elle signifie la survivance de notre culture et de nos fils." Elle a félicité les Pataxó Hã Hã Hãe pour leur esprit de lutte qui, même dans les moments les plus difficiles, ont été persévérants. Elle demande aux autorités de procéder à l'évacuation rapide des envahisseurs, non seulement de cette TI, mais de toutes les Terres Indigènes.

* Prononcer "Patacho"

***

Pour en savoir plus,

- En français,

- La première partie du jugement en septembre 2008 :

http://www.terrabrasilis.ch/informations/ayainfo/118-aya-...

- En portugais,

- La procédure du STF : http://www.stf.jus.br/portal/processo/verProcessoAndament...

- La note du 25/10/2010 de la COIAB : http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=inde...

- La note du 3 mai 2012 de l'APIB :

http://blogapib.blogspot.ch/2012/05/nota-publica-sobre-de...

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 72, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

01/06/2012

La Terre Indigène des Yanomami est démarquée depuis 20 ans

TI Y map_20072005 - copie.jpgLe Décret présidentiel d'homologation de la Terre Indigène Yanomami - TI-Y, signé par Fernando Collor le 25 mai 1992, compte trois articles. Le premier déclare cette Terre d'occupation indigène traditionnelle et permanente. Il mentionne les municipalités des États d'Amazonas et de Roraima sur lesquelles elle s'étend. Il en précise la superficie (96'649,80 km2) et le périmètre (3'370 km). Le deuxième est une longue suite de coordonnées géographiques qui donne le contour exact de ce territoire d'un seul tenant. Le troisième en annonce l'entrée en vigueur dès la publication, le 26 mai 1992, au Journal Officiel de l'Union.

Mais pour en arriver là que d'années de luttes, que de souffrances ! La Terre des Yanomami est sur la ligne de partage des bassins de l'Orénoque et de l'Amazone qui marque la frontière, d'abord entre les possessions espagnoles et portugaises, puis entre le Venezuela et le Brésil. Les "blancs" ont eu des contacts épisodiques avec les Yanomami par les expéditions de reconnaissance des frontières. Puis, dès la fin des années 1930, il a y eu des contacts plus permanents avec la progression des différents fronts "extrativistes" (les exploitants des ressources forestières, caoutchouc, etc.), les orpailleurs, les missions religieuses, le Service de Protection des Indiens - SPI et les militaires.

Ces contacts ont été ponctués d'actes de violences. Le "choc microbien" a provoqué de nombreuses maladies. Les premiers projets d'aire préservée pour les Yanomami datent de la fin des années 60. Il y a eu un projet formulé par les missionnaires de la Consolata (de l'Eglise catholique); d'autres par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI en 1977 et 1978.

Une organisation indigéniste, la Commission pour la Création d'un Parc Yanomami - CCPY, créée en 1978, va jouer un rôle décisif pour la démarcation de la TI-Y. Son projet est combattu par un important lobby anti-indigènes qui propose une démarcation "en îles". Il s'agit de protéger les environs immédiats des villages tout en laissant libre accès aux zones d'orpaillage. La décision de F. Collor suscite l'opposition des militaires pour lesquels les TI aux frontières de l'État constituent une menace pour la souveraineté du pays. Le contexte international a aussi facilité le geste du président : le Brésil allait accueillir la première Conférence des Nation Unies sur le développement durable : RIO 92.

La démarcation ne signifie pas pour autant que ce territoire est protégé. Cette absence de protection a maintes fois été rappelée sur ce blog. L'opération "Agata 4", conduite par l'armée en ce début mai, a montré, après d'autres actions similaires, que la surveillance du territoire doit être constante.

Pour célébrer le 20e anniversaire de la démarcation de leur Terre, l'Hutukara Associação Yanomami - HAY, à l'invitation de son président Davi a organisé, fin avril, une deuxième rencontre de chamans dont quelques reflets peuvent être visualisés sur YouTube . Une autre rencontre de leaders a eu lieu du 22 au 25 mai pour parler des politiques publiques qui devraient être développées dans les différentes communautés. D'autres événements devraient marquer cet anniversaire.

***

PS : en activant les liens hypertexte vous avez accès aux documents ou sites Internet qui vous permettront d'en "savoir plus". Ces sources sont en portugais.

Deux ouvrages, édités en 2010, permettent de mieux connaître les Yanomami :

- "Les Yanomami du Brésil - Géographie d'un territoire amérindien" de François - Michel Le Tourneau. Collection "Mappemonde", Editions Belin (Paris) / ISSN 1275-2975 / ISBN 978-2-7011-5316-2 / 480 pages.

- "La chute du Ciel - Paroles d'un chaman yanomami" . Auteurs : Davi Kopenawa et Bruce Albert. Collection  "Terre Humaine". Éditions Plon (Paris). 825 p. ISBN Plon : 978-2-259-21068-3 - ISSN : 0492-7915

Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 72, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

26/05/2012

Code forestier brésilien : le veto partiel de Dilma

C'est au terme du délai légal d'un mois que la présidente, Dilma Rousseff, devait se prononcer sur le sort qu'elle réservait au nouveau Code forestier, voté le 25 avril dernier, par la Chambre des députés.

La présidente a décidé d'opposer son veto sur 12 points et d'apporter 32 modifications au nouveau code. Selon les nouvelles diffusées par "Agência brasil", des 32 modifications, 14 sont reprises du texte voté par le Sénat le 6 décembre 2011, 5 correspondent à des dispositifs nouveaux et 13 sont des ajustements de contenu. Parmi les modifications apportées par la présidente, on trouve une différenciation entre les obligations des petits et grands propriétaires en ce qui concerne les "Aires de Protection Permanentes" à devoir être conservées.

Le veto partiel de la présidente a été annoncé à l'occasion d'une conférence de presse tenue au Palais présidentiel de Brasilia ce 25 mai. Ce sont les ministres, de l'environnement, Izabella Texeira; de l'agriculture, Mendes Ribeiro; du développement agraire, Pepa Vargas et l'avocat général de l'Union, Luis Inácio Adams qui en ont présenté les grandes lignes

Le détail des modifications fera l'objet d'une "Mesure provisoire" qui sera publiée le 28 mai au journal officiel de l'Union. Le Sénat et la Chambre des députés devront se prononcer en dernier ressort - à la majorité absolue et par bulletin secret - sur le texte final.

Les réactions à ce veto partiel sont multiples. Pour le "Comité Brésil de défense des forêts et du développement soutenable", l'organisateur de la campagne pour le veto total, la décision présidentielle "renforce la nécessité d'amplifier la mobilisation des Brésiliens d'avoir un code forestier qui concilie conservation et production". Pour le député Ronaldo Caiado, le veto est un affront au Congrès national. D'autres entités attendent le texte de la "Mesure provisoire" pour se prononcer.

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Voir sur ce blog, les notes des 4 mai 2012, 9 décembre 2011, 23 septembre 2011 et 27 mai 2011

Pour en savoir plus (en portugais) :

- Les informations d'"Agência brasil"

http://agenciabrasil.ebc.com.br/noticia/2012-05-25/dilma-... et  http://agenciabrasil.ebc.com.br/noticia/2012-05-25/veto-a...

- Le "Comité Brésil de défense des forêts et du développement soutenable" :

http://d3nehc6yl9qzo4.cloudfront.net/downloads/cartacomit...

- La note de l'Instituto Socioambiental : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3561

 

Cette information sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 72, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

25/05/2012

Campement indigène "Terre Libre" à Rio+20

Acampamento Livre 2012.jpg"La sauvegarde de la planète est dans le savoir ancestral des peuples indigènes" : telle est l'affirmation de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB contenue dans son "Appel aux peuples indigènes du Brésil et du monde", publié le 17 avril. Ce texte annonce la tenue de la 8e édition du Campement "Terre Libre" à Rio de Janeiro en juin prochain. C'est une réunion qui regroupe habituellement de nombreux leaders indigènes du Brésil. Cette année, elle aura donc lieu dans la même ville, et aux mêmes dates, que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, plus couramment appelée Rio+20, convoquée, elle, pour les 20, 21 et 22 juin. C'est aussi en même temps que le "Sommet des peuples", la réunion des ONG du monde entier qui veulent influencer les décisions prises par la rencontre onusienne.

Les organisations indigènes des neuf pays amazoniens ont préparé Rio+20 à Manaus, en août 2011 déjà, lors d'une rencontre consacrée aux changements climatiques. Les participants avaient alors élaboré le "Mandat de Manaus" dont une partie, "Solutions pour la vie et non pour les Marchés", est consacrée à la conférence de Rio.

Les organisations indigènes veulent notamment : que "l'Economie verte" soit :

- Un changement profond du modèle de production, de consommation suscitant l'harmonie entre sociétés, cultures et nature.

- La rénovation du protocole de Kyoto avec des engagements fermes de réduction des émissions de gaz à effets de serre.

- La consolidation des Territoires des Peuples indigènes.

- La création d'une Cour Environnementale Internationale.

- La réorganisation des entités onusiennes traitant de l'environnement. Le tout avec des espaces de participation des représentants indigènes.

L'APIB souhaite que le Campement et le Sommet des peuples soient des espaces de discussion sur la situation des droits indigènes, mais aussi sur les problèmes qu'affrontent l'humanité et la planète.

De son côté, les 9 et 10 mai, l'Association Brésilienne des ONG - ABONG a organisé un séminaire à Rio de Janeiro qui a marqué le lancement, au Brésil, d'une campagne internationale voulue par le Groupe d'Articulation international du "Sommet des peuples" pour la justice sociale et environnementale. Cette articulation affirme son opposition à la marchandisation de la vie et de la nature qui sont des biens communs.

Sur le fond, il y a convergence entre le mouvement indigène et la revendication du Sommet des peuples.

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Pour en savoir plus,

En portugais :

- L'appel de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2012/04/chamado-aos-povos-in...

- L'annonce du Campement "Terre Libre" par la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB : http://coiab.org/site/nota/cupula-dos-povos-o-movimento-i...

- Le "Mandat de Manaus" : http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=inde...

- Le séminaire de l'ABONG : http://www.abong.org.br/informes.php?id=5173&it=5194

En français :

- Sur le "Sommet des peuples" (en français) : http://cupuladospovos.org.br/fr/

- La campagne "Non à l'économie verte" (en français) : http://nogreeneconomy.org/

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

18/05/2012

La "Journée de l'Indien" 2012 célébrée dans l'indifférence

Au Brésil, le 19 avril est traditionnellement la "Journée de l'Indien". Une célébration voulue dès 1943 par le président Getúlio Vargas. La date a été choisie pour rappeler le 19 avril 1940, quand quelques leaders indigènes ont participé au premier Congrès indigéniste interaméricain qui se tenait à Mexico. Habituellement cette journée est l'occasion de célébrations ou d'actes marquants de la part du gouvernement. Par exemple, c'est le 15 avril 2005 que Lula a signé le décret d'homologation de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, dans l'État de Roraima.

À signaler cependant la publication, par l'Institut Brésilien de Géographie et de Statistique - IBGE, de plusieurs documents (résumé, cartes, graphiques et tableaux), concernant les indigènes brésiliens tirés du recensement de la population de 2010*. Cette année-là le Brésil comptait 817'963 indigènes, soit 0,43% de la population du pays. La proportion de municipalités avec au moins une personne s'auto-déclarant indigène est passée de 34,5 % en 1991 à 80,5 % en 2010. Des informations complémentaires devraient être publiées en juillet prochain.

Le 19 avril, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a adressé un "Message aux Peuples indigènes" : "Cette [célébration] est une opportunité pour appeler nos parents (les indiens) à ne pas abandonner la lutte. La lutte pour la terre sans laquelle il n'y a pas d'existence. La lutte pour la préservation de la culture qui nous fortifie. La lutte pour la nature qui nous nourrit... L'indigène veut être respecté comme habitant originaire de cette terre patrie et non plus être traité en citoyens de seconde classe..." L'Articulation se plaint de ne pas encore avoir été reçue par la présidente Dilma Rousseff. L'APIB termine son message en rappelant sa participation au "Sommet des peuples" pour faire entendre sa voix au monde entier pendant la Conférence Rio+20.

De leur côté, les leaders Guarani-Kaiowá de l'État du Mato Grosso du Sud - où les conflits de la terre entre indigènes et fazendeiros sont particulièrement fréquents et violents - ont publié une note dans laquelle ils dénoncent, une fois de plus, cette situation. Ils en appellent au Gouvernement et à la Justice fédérale : "Nous ne voulons plus voir nos dirigeants et parents (les indigènes) être menacés, assassinés, expulsés des petits espaces et territoires traditionnels, augmentant et alimentant plus de violence contre le peuple Guarani-Kaiowá. Pour cette raison, nous, dirigeants et porte-voix de ce peuple, à l'occasion de la semaine et du "Jour de l'Indien" 2012, nous réitérons notre demande de voir la conclusion des enquêtes policières relatives aux assassinats des dirigeants Nisio Gomes, Rolindo et Genivaldo Vera, entre autres, et surtout la punition des auteurs et des mandants. Enfin, nous sollicitons la conclusion immédiate et la publication des rapports anthropologiques d'identification de tous les territoires traditionnels Guarani et Kaiowá en cours d'étude".

L'Instituto Socioambiental - ISA a dressé un tableau critique de la situation des droits indigènes dans le pays. ISA relève notamment qu'en quinze mois, le gouvernement de Dilma, n'a homologué que trois Terres indigènes.

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Pour en savoir plus, en français :

* voir "AYA Info" no 61 du 29 mai 2011 et, sur ce blog, la note du 24 juin 2011

En portugais :

- L'origine du "Jour de l'Indien" : http://pt.wikipedia.org/wiki/Dia_do_Índio

- Les documents de l'IBGE : http://www.ibge.gov.br/indigenas/index.htm

- Message de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2012/04/19-de-abril-mensagem...

- La note du Conseil de l'Aty Guasu Guarani-Kaiowá : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/index.php?system=news&a...

- La note de l'ISA : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3532

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2