07/04/2012

Brésil : Des députés attaquent les droits territoriaux des peuples indigènes

Photo EM:Cimi:2103:2012:PEC 215:DSC01832.JPGLes dispositions constitutionnelles relatives à la protection des Terres indigènes viennent de faire l'objet d'une nouvelle attaque de la part des députés partisans de l'agrobusiness. Il s'agit de transférer du Gouvernement au Congrès national la compétence de l'approbation de la démarcation des terres indigènes et la ratification des démarcations déjà homologuées. Au goût des "ruralistes", il y a trop de terres réservées pour les Peuples indigènes.

En novembre 2011, des parlementaires, membres de la Commission "Constitution, Justice et Citoyenneté - CCJ" de la Chambre des députés, ont demandé la mise en votation de la  proposition d'amendement constitutionnel (PEC 215/2000) qui demande ce transfert de compétence, formulée le 28 mars 2000 déjà, par Almir Sá, un député de l'État de Roraima.

À cette époque, une bonne partie de la classe politique de cet État s'opposait à la démarcation de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, homologuée par Lula en avril 2005. À relire la documentation du printemps 2000, la proposition de ce député est passée inaperçue. Les peuples indigènes commémoraient alors le 500e anniversaire de l'arrivée des Portugais au Brésil... Cinq siècles de résistance, et l'actualité montre que cette résistance a encore sa raison d'être.

Venant de plusieurs régions du Brésil, une trentaine de leaders indigènes étaient présents à Brasilia, le 21 mars dernier pour suivre, à la Chambre des députés, les travaux de la CCJ qui délibérait sur ledit amendement 215. Ils ont manifesté leur hostilité par des chants de protestation. Cela n'a pas empêché la Commission d'approuver la proposition par 38 voix contre 2. Le texte doit maintenant suivre la procédure parlementaire.

Pour l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, la décision de la Commission est contraire à la Constitution qui, dans son article 231,  reconnaît les droits des peuples indigènes sur les terres qu'ils occupent traditionnellement. Pour elle, le fait que les ruralistes soient majoritaires à la CCJ et au parlement, a pour conséquence de livrer le destin des peuples indigènes au pouvoir des tenants de l'agrobusiness et des corporations capitalistes intéressées par les richesses que contiennent les Terres indigènes. Elle rappelle qu'il appartient au gouvernement d'intervenir pour modifier cette situation. Sinon, devant l'histoire, il passera pour être co-responsable de l'intention des élites de ce pays de rendre possible l'extinction progressive des peuples indigènes. L'APIB appelle l'opinion publique nationale et internationale à intervenir pour exiger de l'État brésilien l'application de la Constitution et des instruments internationaux de protection des droits indigènes signés par le Brésil.

En janvier dernier, l'agence d'information du Sénat a annoncé la prochaine discussion d'un amendement constitutionnel demandant de  contrôle de la démarcation des Terres indigènes par le Sénat*.

Les constituants de 1988 avaient donné un délai de cinq ans au gouvernement pour protéger toutes les terres indigènes du pays : une tâche qui est loin d'être terminée...

***

Photo : © Eden Magalhães / Cimi / Des leaders indigènes lors de la réunion de la Commission CCJ

* Voir sur ce blog la note du 17 février dernier.

Pour en savoir plus  (en portugais) :

- La législation indigéniste : http://www.funai.gov.br/ > Legislação > os índios na constituição federal de 1988

- Le texte et la procédure parlementaire de la PEC 215/200 : http://www.camara.gov.br/proposicoesWeb/fichadetramitacao...

- Un reflet des travaux de la CCJ : http://funaiceara.blogspot.com/2012/03/aprovacao-da-pec-2...

- La position de l'APIB : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&action...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

30/03/2012

Après Genève, Davi Kopenawa continue son combat au Brésil contre les garimpeiros*

imgsize.php.jpegLe public genevois, présent à la salle de l'Alhambra le 4 mars, a fait la connaissance de Davi Kopenawa. Le Yanomami était invité par l'Organisation Mondiale de lutte contre la Torture - OMCT dans le cadre de son programme de "Défense des défenseurs des droits humains". Il a répété son appel à la protection de la forêt et de l'environnement au niveau planétaire à l'occasion du débat qui a suivi la projection du film "Indiens en sursis" de Daniel Schweizer; film inscrit au programme du Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Le film, également suivi d'un débat, a encore été présenté à Sion le 8 mars.

Pendant son séjour en Suisse, Davi a également rencontré les membres de plusieurs services et organismes des Nations Unies en lien avec les droits humains et ceux des peuples autochtones. Il a aussi eu des contacts avec des organismes suisses et genevois de solidarité internationale.

À son retour au Brésil, Davi a participé à la 41e Assemblée des peuples indigènes du Roraima organisée par le Conseil Indigène du Roraima - CIR. À cette occasion, le 12 mars, il a remis à Paulo Maldos, un représentant de la présidence de la république, une lettre destinée à la présidente Dilma Rousseff dans laquelle il lui demande "de prendre des mesures pour retirer les garimpeiros qui envahissent la Terre Indigène Yanomami, de punir les organisateurs et bénéficiaires de  cette activité criminelle qui lèse les peuples indigènes". Il demande aussi la mise en place d'un programme permanent de surveillance territorial et de promotion du bien être et du bien vivre.

L'appel de Davi a eu un certain écho : entre les 18 et 21 mars, cinq sites d'orpaillage ont été détruits par l'armée dans la Terre Indigène Yanomami. Une opération semblable avait déjà été menée au début novembre 2011.

Le document final adopté par l'Assemblée à laquelle a participé Davi est destiné à Dilma Rousseff et aux membres du gouvernement. Il aborde les préoccupations des peuples indigènes de la région : droits territoriaux, violences, santé, éducation. Ceux-ci demandent l'application de mesures efficaces de la part des organes fédéraux chargés de l'application de la Constitution.

Le lecteur trouvera ci-desous les liens hypertextes pour accéder aux divers documents en relation avec cette note.

***

* Les orpailleurs

Photo : Miguel Bueno / FIFDH - Davi lors du débat du 4 mars

Pour en savoir plus, en français :

- Le film "Indiens en sursis" : http://www.rts.ch/video/emissions/temps-present/3840984-i...

- La brève interview de Davi diffusé par la RTS : http://www.rts.ch/video/info/journal-12h45/3839914-ge-le-...

- Le débat du 4 mars : http://www.dailymotion.com/video/xpaie8_les-population-au...

- La note publiée sur ce blog le 2 mars.

En portugais :

- La lettre de l'Hutukara Associação Yanomami à Dilma Rousseff : http://hutukara.org/davi-kopenawa-entrega-documento-a-pre... > documento 1 et documento 2

- Sur l'opération contre les sites d'orpaillage : http://www.folhabv.com.br/noticia.php?id=126404

- Sur l'opération du début novembre 2011 : la note publiée sur ce blog le 18 novembre 2011

- Le document final de la 41e Assemblée du CIR : http://amazonia.org.br/2012/03/carta-final-41ª-assembleia...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

23/03/2012

Les graves carences du Service santé indigène dans la Vallée du Javari

"En moins de dix ans, nous avons perdu un tiers de la population". C'est ce qu'écrit fin janvier, Clóvis Marubo, dans un manifeste publié au nom des peuples indigènes de la Vallée du Javari : "Dans le contexte actuel, nous devons vivre avec un nombre significatif de notre population contaminée par la malaria, la tuberculose, la filariose, les divers types d'hépatite et de dénutrition qui viennent faucher la vie de nos enfants, de nos femmes, de nos jeunes, de nos vieux"... "Nous demandons au Ministère de la Santé de mettre en œuvre des mesures urgentes, suivies de plus permanentes, qui retournent de manière radicale l'actuelle situation qui peut être évitée par le biais de politiques participatives de santé indigène, intégrées et efficientes". Ce n'est pas la première fois que les peuples indigènes de la Vallée du Javari alertent les autorités sur la situation alarmante de l'état de santé des peuples indigènes de cette région du Brésil*.

À la fin octobre 2011, le Centre de Travail Indigène - CTI et l'Institut Socio - environnemental - ISA ont publié un diagnostic sur la situation de la santé des peuples indigènes de cette région du Brésil. Ce rapport a été remis à Antônio Alves, le responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI au niveau fédéral.

De son côté, aussi en octobre 2011, le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil - CNBB pour les questions indigènes a lancé une pétition à envoyer à la présidente de la république. Il a produit un documentaire intitulé "Javari", dont il annonce qu'il sera projeté ce 23 mars, à l'occasion d'un débat organisé à l'Université Fédérale d'Amazonas de Manaus. Cette rencontre permettra à plusieurs leaders indigènes du Javari de sensibiliser la communauté universitaire à cette réalité.

L'appel de Clóvis trouvera-t-il enfin un écho ?

La Terre Indigène Vale do Javari a été démarquée en 2001. Elle couvre 85'444 km2 - deux fois la superficie de la Suisse - sur six municipalités de l'État d'Amazonas. Elle est peu peuplée, environ 4'500 indiens de plusieurs ethnies : Kanamari, Korubo, Kulina, Marubo, Matis, Matsé, Tsohom Djapa et plusieurs groupes isolés. Voir la carte ci-dessous.

Pour en savoir plus,

En français :

- *La note de ce blog du 18/02/2011

En portugais :

- Le manifeste de Clóvis Marubo : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3496

- Le diagnostic du CTI et de ISA : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3441

- La pétition du CIMI : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&conteu...

- L'annonce du débat de ce 23 mars : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&conteu...

Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 69, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

TI Vale do Javari:3.jpg

 

 

07/03/2012

Belo Monte : le Brésil ne respecte pas la Convention 169 de l'OIT

"D'après la documentation et les informations transmises par le gouvernement (brésilien), la commission estime que, dans le cadre des procédures menées à ce jour, malgré leur caractère étendu, les conditions prévues aux articles 6 et 15 de la convention, telles qu'elles sont décrites plus haut, ne sont pas remplies, et que les peuples autochtones n'ont pas pu participer de manière effective à la détermination de leurs priorités, conformément à l'article 7 de la convention".

La commission prie le gouvernement de :

i) prendre les mesures nécessaires pour consulter les peuples autochtones concernés sur la construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte, celle-ci risquant d'avoir des effets irréversibles (articles 6 et 15 de la convention) :

ii) en consultation avec les peuples autochtones, prendre les mesures pour déterminer si les priorités de ces peuples ont été respectées et déterminer si et dans quelle mesure leurs intérêts seront menacés afin d'adopter les mesures d'atténuation nécessaires et de prévoir l'indemnisation voulue; et

iii) transmettre les informations sur les résultats des procédures en cours devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme et devant le tribunal fédéral de Pará.

Telle est la conclusion du Rapport de la Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations de l'Organisation Internationale du Travail - OIT publié ce début mars.

Sur le terrain les travaux continuent !

La convention 169 de l'OIT relative aux peuples indigènes et tribaux a été adoptée en 1989 et ratifiée par le Brésil en 2002. Lula a promulgué la convention en avril 2004.

Les téléspectateurs de la RTS (TSR) qui regarderont le film de Daniel Schweizer "Indiens en sursis" diffusé, ce 8 mars, dans le cadre de "Temps Présent", pourront mesurer l'importance de la position des experts de l'OIT... "Indiens en sursis" a été présenté à Genève, dimanche 4 mars, dans le cadre du Festival et Forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il est encore à l'affiche du Festival samedi 10 mars.

***

Pour en savoir plus,

- En français :

- Le texte de la Convention 169 : http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?C169

- Le rapport de la Commission d'experts de l'OIT : http://www.ilo.org/ilc/ILCSessions/101stSession/reports/r... Attention, c'est un "gros" document (13,9 Mo), voir les pages 1045 à 1050, mais numérotées de 1028 à 1033. La partie concernant Belo Monte est à la page numérotée 1030.

- Voir sur ce blog, les notes des 8 avril, 3 juin et 11 novembre 2011.

- Le site du FIFDH : http://www.fifdh.org/

- En portugais :

- La promulgation de la convention :

http://ccr6.pgr.mpf.gov.br/legislacao/legislacao-docs/con...

- Voir aussi le site du mouvement Xingu Vivo par Sempre :  http://www.xinguvivo.org.br/

 

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

08:47 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : belo monte, temps présent, fifdh, indiens en sursis, oit, ilo, c169, daniel schweizer, xingu | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

02/03/2012

Davi Kopenawa Yanomami à Genève

 

Le leader Yanomami, Davi Kopenawa, a été invité par les organisateurs du Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH, qui se tient à Genève  depuis aujourd'hui jusqu'au 11 mars. Le 4 mars, après la projection* du film de Daniel Schweizer "Indiens d'Amatonie en sursis", il est prévu qu'il participe à un débat intitulé "Les populations autochtones en sursis". Les autres intervenants prévus sont : Santiago Canton, Secrétaire exécutif de la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme - CIDH de l'Organisation des États Américains - OEA et Jean Ziegler, Vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Davi profitera de son passage à Genève pour rencontrer les responsables des organisations internationales concernées par la défense des droits des peuples autochtones.

Il est également coauteur, avec l'ethnologue Bruce Albert, du livre "La chute du ciel - Paroles d'un chaman yanomami" paru en septembre 2010 aux éditions Plon (Voir plus bas).

Quelques repères

Davi Kopenawa Yanomami

Davi est né vers 1956 à Marakana, dans une grande maison collective située dans la forêt tropicale du piémont du haut rio Toototobi, à l'extrême nord-est de l'État d'Amazonas, près de la frontière vénézuélienne.

Il a été agent de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, notamment comme interprète. Au début des années 80, il s'établit à Watoriki, un site localisé lui aussi à l'extrême nord-est de l'État d'Amazonas, entre les bassins du rio Catrimani à l'est, et celui du rio Demini à l'ouest. Il vit là avec sa famille. Son beau-père l'a initié au chamanisme yanomami.

En 1988, il se voit attribuer le "Global 500 Award" des Nations Unies pour sa contribution à la défense de l'environnement. Il a effectué plusieurs voyages aux États-Unis et en Europe.

Les associations indigènes

Les organisations indigènes ont un rôle essentiel à jouer pour l'avenir de ces peuples. Davi est président de l'Hutukara Associação Yanomami - HAY, dont le siège est à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima. En novembre dernier, il a participé à la IIe Assemblée des Yanomami de l'État d'Amazonas qui a eu lieu à Bicho-Açu, un village situé dans la partie inférieure du rio Marauiá, dans la municipalité de Santa Isabel do Rio Negro. Cette réunion a marqué une étape importante pour le renforcement de la défense des droits des indigènes, par les indigènes eux-mêmes, face à un environnement politique plutôt hostile.

La défense des droits territoriaux

La Constitution brésilienne de 1988 a marqué un tournant pour la reconnaissance des droits culturels, économiques et territoriaux des peuples indigènes. Pour les Yanomami du Brésil, une étape importante a été franchie quand, après des années de lutte et beaucoup de souffrances, Fernando Collor, le président de la république a signé le décret d'homologation de la Terre Indigène Yanomami, le 25 mai 1992. C'est un territoire de 96'650 km2, soit 2,3 fois la superficie de la Suisse. Ce droit à la terre est violé par diverses sortes d'envahisseurs, en particulier les chercheurs d'or.

Le très fort impact de l'orpaillage

À la fin des années 80, la région est envahie par ses dizaines de milliers de chercheurs d'or (garimpeiros). Le corollaire de cette invasion est la mort de plus d'un millier de Yanomami victimes de maladies transmises par les envahisseurs et des violences qu'ils commettent. L'un de ces épisodes violents est certainement le "Massacre de Haximu" commis par des garimpeiros en 1993. Un acte qui s'est soldé par la mort de 16 indigènes, dont la majorité étaient des femmes, des enfants et des vieillards.

L'orpaillage n'a jamais vraiment cessé. Le 9 octobre dernier, le réseau de télévision Globo, dans son émission "O Fantástico", a diffusé un reportage** sur l'orpaillage illégal en Terre Yanomami. Le 27 octobre, une audience publique a eu lieu à la Chambre des députés au terme de laquelle des élus ont demandé au gouvernement de prendre des mesures pour mettre un terme à cette pratique, ainsi qu'à la commercialisation de l'or extrait illégalement. Une opération des forces fédérales a eu lieu au début novembre 2011. Selon les responsables de l'opération, le préjudice subi par les garimpeiros et les personnes qui financent cette activité a été estimé à 1,5 millions de Reais (environ 750'000 CHF au change de l'époque). À notre connaissance, il n'y a pas eu d'autre bilan de l'opération... L'histoire montre la capacité du "système orpaillage" à s'adapter aux événements... En d'autres termes, il s'agit de savoir si l'ensemble du réseau est hors d'état de nuire, ou bien s'il n'est qu'en veilleuse, en attendant le moment où il pourra reprendre ses activités ?

La défense du territoire n'est pas la seule préoccupation des Yanomami

En effet, les leaders Yanomami sont aussi préoccupés par la défense de leur culture au sens large, notamment par une éducation différenciée se traduisant par des programmes scolaires adaptés permettant l'apprentissage de la langue et de la culture yanomami. Les déficiences du service de santé indigène dans la Terre Indigène Yanomami sont régulièrement dénoncées...

Pour en savoir plus

À de nombreuses reprises, sur ce blog, il a été fait état des préoccupations des Yanomami. Ces notes sont reprises du bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" qui peut être consulté sur le site de Terra brasilis ( http://www.terrabrasilis.ch/ > Aya Info)

Deux ouvrages publiés en 2010 :

- "Les Yanomami du Brésil - Géographie d'un territoire amérindien" de François - Michel Le Tourneau. Collection "Mappemonde", Editions Belin (Paris) / ISSN 1275-2975 / ISBN 978-2-7011-5316-2 / 480 pages / 32 Euros.

- "La chute du Ciel - Paroles d'un chaman yanomami". Auteurs : Davi Kopenawa et Bruce Albert. Collection  "Terre Humaine" éditions Plon (Paris). 825 p. - 28 Euros - ISBN Plon : 978-2-259-21068-3 - ISSN : 0492-7915

* La projection et le débat auront lieu à 18h à la salle de l'Alhambra, 10 rue de la Rôtisserie à Genève. Le film sera également diffusé le 8 mars, dans le cadre de l'émission "Temps Présent" de la RTS (TSR)

** La vidéo est accessible sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=AlSmEbB2wXg

Une partie de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 69, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

24/02/2012

Les Amazones du XXIe siècle

Au début de ce mois, la chaîne Euronews, dans une première édition de la série "Women and War" (1), Valérie Gauriat (2) a présenté brièvement trois femmes qui mènent un combat pour la défense des peuples indigènes de l'Amazonie brésilienne.

Ces Amazones-là ne sont pas les cruelles guerrières de la mythologie grecque. Mais elles sont peut-être de la descendance des indigènes qui, en juin 1542, ont attaqué l'expédition de Francisco de Orellana sur le fleuve jusque-là appelé El Dorado. Le chroniqueur de l'équipée, le dominicain Gaspar de Carvajal, a rapporté que les Espagnols avaient été attaqués par de farouches guerrières... Le fleuve avait trouvé son nom et une légende !

Sônia Boné de Sousa Silva Santos, plus couramment appelée Sônia Guajajara (le nom du peuple auquel elle appartient) est vice - coordinatrice de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB, dont le siège est à Manaus. On la voit dans son village du Maranhão, mais aussi à Brasilia où elle défend les droits des peuples indigènes du Brésil : "Tous sont confrontés au grand problème de l'exploitation illégale des richesses naturelles... Aujourd'hui notre forêt est presque entièrement dévastée... Il n'y a plus autant de richesses naturelles qu'il y a une trentaine d'années".

Sheyla Yakarepi est Juruna, un peuple de la région du rio Xingu sur lequel se construit le barrage de Belo Monte. On la voit manifester, en mars 2011, devant le siège londonien de la très brésilienne Banque Nationale pour le Développement Economique et Social - BNDES. "Nous sommes ici pour réclamer la transparence et faire connaître le rôle que joue cette banque quand elle parle de développement durable et qu'en réalité, elle finance les grandes entreprises qui, en Amazonie, détruisent les populations sans respecter leurs droits !" Elle se bat contre la construction du barrage : "Le fleuve Xingu est notre maison. S'il meurt, notre culture et notre peuple mourront avec lui !"

Antônia Melo da Silva est coordinatrice du Mouvement Xingu Vivo Para Sempre - MXVPS, qui rassemble les riverains du Xingu, indigènes, pêcheurs et petits agriculteurs luttant, eux aussi contre la construction du barrage. "Je reçois des messages d'intimidation, comme "tu vas mourir" si tu te mêles de nos affaires, si tu nous déranges"... "Ce sont des messages qui me sont envoyés par des hommes de main". Des petits agriculteurs sont aussi l'objet de séduction des promoteurs. Une agricultrice témoigne : "Ils ont déjà acheté une parcelle 600 ou 1'000 (Reais). Leur combine est la suivante : ils me paient bien, mais ça ne signifie pas que le voisin sera payé. Dans la pratique, ils paient deux ou trois lots, et le reste, rien du tout !" Antônia conduit les reporters chez un agriculteur à qui l'on demande d'abandonner sa terre parce qu'elle va être inondée...

Antônia exprime ses raisons de lutter : "Je suis certaine que je contribue avant tout, par mon travail, au bien-être des générations futures, c'est pour elles que nous luttons !"

Le reportage (3) montre bien la puissance des intérêts auxquels elles sont confrontées.

Sônia, Sheyla et Antônia sont des battantes. Il est à espérer que l'histoire retiendra leur leçon de courage.

***

(1) En français "Les femmes et la guerre"

(2)  Pour voir les reportages sur le site d'Euronews :

- La présentation de Valérie Gauriat (40'') :

http://fr.euronews.net/2012/02/02/le-combat-de-trois-bres...

- Le portrait de Sônia Guajajara (5'27'') :

http://fr.euronews.net/2012/02/01/sonia-guajajara-les-peu... et le site Internet de la COIAB : http://www.coiab.com.br/

- Le portrait de Sheyla Juruna (5'23") :

http://fr.euronews.net/2012/02/01/sheyla-juruna-le-fleuve...

- Le portrait d'Antônia Melo (5'43'') :

http://fr.euronews.net/2012/02/01/antnia-melo-notre-comba... et le site Internet du Mouvement Xingu Vivo Para Sempre : http://www.xinguvivo.org.br/

(3) On retrouve ces trois portraits dans un film de 46' de Bernard Robert-Charrue, produit par Dev.tv, sous le titre "Trois femmes en colère" avec l'appui de la Direction du Développement et de la Coopération - DDC/Berne. Ce film a été présenté, le 11 octobre 2011, au 27e Forum international médias nord - sud (Genève) : http://www.dev.tv/index.php/productions/documentary/3_fem...

 

Cette note sera également publiée dans le prochain "AYA Info" (No 69), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

17/02/2012

Terres Indigènes : des sénateurs veulent avoir le dernier mot pour leur démarcation

Le Sénat fédéral devrait voter, en plénière, une proposition d'amendement de la Constitution fédérale de 1988 qui lui transférerait la compétence d'approuver les processus de démarcation des Terres Indigènes - TI. Jusque-là une tâche relevant de la compétence du Gouvernement. L'annonce en a été faite le 23 janvier par l'agence d'information du Sénat. La date de la votation n'est pas précisée.

Il s'agit d'une proposition de 1999 (PEC 38/99) émanant de Mozarildo Cavalcanti, un sénateur de l'État de Roraima, bien connu pour sa lutte contre les droits indigènes. En 2005, il avait tenté de s'opposer à la démarcation, par le président Lula, de la TI Raposa Serra do Sol située dans l'État qu'il représente. En février 2011, le sénateur avait demandé que sa proposition soit remise à l'ordre du jour du Sénat.

Cette proposition d'amendement a déjà été approuvée par la Commission "Constitution, Justice et Citoyenneté - CCJ" du Sénat en avril 2009*. Outre le transfert de compétence, les auteurs de l'amendement prétendent que les peuples indigènes disposent de trop de terres en regard de leur nombre. Ils veulent limiter la surface des TI et des Unités de Conservation (les aires de protection environnementales comme les Forêts nationales) à 30% de la superficie de chaque État.

Les organisations indigènes ont demandé le rejet de cette proposition, en avril 2005 déjà, à Brasilia, lors de la "Mobilisation nationale Terre Libre". En avril 2009, c'est l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB qui avait demandé, en vain, à la CCJ de ne pas adopter cette proposition.

Le 4 mars 2009, un projet de loi (PL 4791/2009) avait aussi été déposé à la Chambre des députés visant à soumettre la démarcation des TI à l'approbation du Congrès national. À travers leurs propositions, ces sénateurs et députés veulent mettre une entrave supplémentaire à la démarcation des TI.

Les Constituants de 1988 avaient donné un délai de cinq au Gouvernement pour démarquer toutes les TI du pays, un processus loin d'être terminé.

Les travaux du Sénat ont repris le 2 février. À suivre...

***

Pour en savoir plus :

En français :

* Voir "AYA Info No 38" du 30 avril 2009

En portugais :

- Le texte de l'amendement constitutionnel : http://www.senado.gov.br/atividade/materia/getPDF.asp?t=3...

- L'information de l'Agence du Sénat : http://www.senado.gov.br/noticias/pec-que-condiciona-dema...

- Le projet de loi déposé à la Chambre des députés :

http://www.camara.gov.br/proposicoesWeb/fichadetramitacao... > Intero teor

- Le manifeste des organisations indigènes au sujet de la PEC 38/99, en 2005 :

http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=1986 et en 2009

http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=noti...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 68), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

10/02/2012

Sur l'Oyapock, un pont d'interrogations

 

Abr Wilson Dias:12:02:2008 maquette du pont Oiapoque:Lula:Srkozy1510WD1283:0.jpgLe pont sur l'Oyapock est terminé, mais pas encore ouvert à la circulation, c'est ce qu'a noté la presse lors de la récente visite de Nicolas Sarkozy en Guyane les 21 et 22 janvier*.

La proposition de construire un pont binational sur l'Oyapock date de 1997, lors d'une rencontre des présidents français et brésilien Jacques Chirac et Fernando Henrique Cardoso. Elle s'est concrétisée par la signature d'un accord en 2005, à l'occasion d'une visite de Lula en France.

Ce fleuve marque la frontière entre le Brésil et la Guyane française. Cette limite des deux pays est le résultat d'un arbitrage helvétique rendu le 1er décembre 1900. En effet, la France et le Brésil avaient conclu un traité, le 10 avril 1897, pour demander au Conseil fédéral d'arbitrer un  conflit frontalier né d'une interprétation différente du Traité d'Utrecht de 1713. Pour la France, la frontière de la Guyane suivait le cours du rio Araguary situé plus au sud que le rio Oyapock. Le Brésil estimant que ce dernier marquait la limite des deux États. Le Conseil fédéral a tranché en faveur du Brésil.

Le pont à haubans, d'une longueur de 378 mètres enjambe l'Oyapock à proximité des localités de Saint Georges de l'Oyapock en Guyane française, à 190 km de Cayenne, et celle d'Oiapoque, en territoire brésilien, à 600 km de Macapá, la capitale de l'État de l'Amapá. La construction de l'ouvrage est maintenant terminée, mais pas encore les infrastructures d'accès côté Brésil. De plus, une partie seulement de la route BR-156 Macapá - Oiapoque est asphaltée. L'inauguration du pont et de ses voies d'accès devrait avoir lieu au second semestre de 2012.

Côté brésilien, sur 40 kilomètres, la BR-156 traverse la Terre Indigène Uaçá, occupée par des indiens Karipuna, Galibi-Marworno et Palikur. Déjà en 2004, les associations indigènes de l'endroit ont demandé l'application de  mesures susceptibles de réduire l'impact prévisible de l'augmentation du trafic, une fois la "piste" transformée en route asphaltée. Ces mesures touchent à la protection de la forêt, de la faune et surtout des eaux. Elles veulent que les autorités prennent en charge le transfert, plus à l'intérieur des terres, des villages qui sont à proximité immédiate de la route. Elles demandent aussi l'évacuation des non-indiens qui se sont installés illégalement à l'intérieur de la Terre indigène. Elles souhaitent une limitation de la circulation. Récemment l'administration régionale de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, et le Secrétariat Extraordinaire des Peuples Indigènes - SEPI de l'État d'Amapá ont fait connaître leur volonté de répondre aux préoccupations indigènes. À suivre...

Côté Guyane, le renforcement récent des contrôles effectués par la Police de l'Air et des Frontières a suscité le mécontentement des piroguiers qui assurent le passage du fleuve entre St Georges et Oiapoque. Ils se sont mis en grève le 9 janvier pour protester contre les tracasseries policières françaises. L'intervention des autorités locales a très vite permis de débloquer la situation. Les passages ont repris. Un statut de "Transfrontalier" devrait être institué pour les populations riveraines.

L'ouverture de cette liaison routière va modifier les relations socio-économiques entre les deux rives du fleuve. Jusque-là, les deux municipalités guyanaise et brésilienne se situaient aux confins des deux territoires, chacune étant davantage tournée vers sa métropole. Leurs liens de voisinage, à travers le fleuve, relevant surtout de l'économie informelle. Cet axe routier aura probablement d'autres répercussions humaines, économiques et environnementales. Le Centre National (français) de la Recherche Scientifique - CNRS, a décidé de suivre cette évolution avec son "Observatoire Hommes/Milieux Oyapock" de Cayenne. Pour l'un des chercheurs du CNRS, "le pont va affirmer une frontière qui n'existait pas".

Pour beaucoup d'observateurs, cette nouvelle liaison terrestre suscite beaucoup d'interrogations.

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* Voir sur ce blog, la note précédente du 3 février.

Photo : Wilson Dias, Agência Brasil /12 février 2008. Les deux présidents Lula et Sarkozy devant la maquette du pont sur l'Oyapock.

Pour en savoir plus (en français) :

- La genèse du projet : http://www.guyane.developpement-durable.gouv.fr/pont-sur-...

- La sentence rendue par le Conseil fédéral :  http://untreaty.un.org/cod/riaa/cases/vol_XXVIII/349-378....

- Site du CNRS - Guyane : http://www.guyane.cnrs.fr/projoyapock.html et http://www.cnrs.fr/inee/communication/actus/docs/Presenta...

En portugais,

- La demande des organisations indigènes de l'Amapá en 2004  : http://www.povosindigenasdooiapoque.com.br/downloads/prop...

- Les prochaines rencontres pour répondre à la demande des indigènes : http://www.amapadigital.net/noticia_view.php?ID=8074

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 68), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

03/02/2012

Guyane française : Nicolas Sarkozy chez les Wayana

C'est en Guyane française que le Président Sarkozy a présenté ses vœux à la France d'Outre-mer les 21 et 22 janvier. À son arrivée à Cayenne, le président a rendu hommage (1) à un célèbre enfant de Guyane, Félix Éboué (2), petit-fils d'esclave, né en 1884 d'un père orpailleur et d'une mère épicière. Après des études en France, il entre dans l'administration coloniale. Il est Gouverneur au Tchad en 1940 quand il rallie le camp du général De Gaulle qui le nomme Gouverneur de l'Afrique Equatoriale Françaises - AEF (3). Il a fait de cette colonie le premier territoire de la France Libre. Décédé en Egypte en 1944, ses cendres ont été transférées au Panthéon en 1949. En 1937, à l'occasion de la remise des prix aux élèves du lycée Carnot, de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Félix Éboué avait prononcé un discours intitulé "Jouez le Jeu" (4). Ce 21 janvier, Nicolas Sarkozy en a cité quelques extraits dans son allocution, quand il a donné le nouveau nom de l'aéroport de Cayenne : jusque-là appelé Rochambeau, il portera désormais le nom de Félix Éboué.

Après cette cérémonie, le Président, accompagné de Mme Kosciusko-Morizet, Ministre de l'écologie et du développement durable, s'est rendu à Taluen, un village amérindien Wayana du Haut Maroni, dans le Parc Amazonien de Guyane - PAG. Le directeur du Parc a évoqué la question de l'orpaillage illégal dans la région, un problème majeur pour les populations amérindiennes. Nicolas Sarkozy a annoncé aux villageois que le montant de la vente de l'or saisi sera investi pour créer des infrastructures dont ils ont besoin. Il s'agit donc d'un financement aléatoire. Le kilo d'or vaut ces jours-ci environ 42'570 Euros, soit près de 51'300 CHF.

Le 11 janvier, la préfecture de Guyane avait présenté le bilan 2011 de l'opération "Harpie", le nom de l'action contre l'orpaillage illégal :  4'127 missions de la gendarmerie et de l'armée, 11 kg d'or et 136 kg de mercure saisis, ainsi que des armes, des moteurs hors-bord, des pirogues et autre matériel et 60 personnes écrouées. La préfecture a présenté l'orpaillage comme "contenu". "On est très loin de l'éradication totale" affirme un journaliste de France-Guyane. Selon lui la quantité d'or saisi est dérisoire. À la veille de l'arrivée du président, une fusillade avait éclaté sur un site d'orpaillage qui aurait fait 9 morts et 2 blessés graves.

Selon "France - Guyane", les organisations représentatives des autochtones n'étaient pas présentes lors de cette visite dans le Haut Maroni. En effet, un contact avec les organisations amérindiennes ne figure pas au programme du voyage présidentiel. Pourtant, il existe un "Conseil Consultatif des Populations Amérindiennes et Bushinenge (5) de Guyane" qui a été installé le 4 juin 2010. La France n'a pas ratifié la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail qui protège les peuples indigènes et tribaux. La situation des amérindiens de Guyane est décrite sur le site Internet de Survival France (6).

Primitivement envisagée à l'occasion de cette visite, l'inauguration du pont binational (France/Brésil) sur l'Oyapock a été remise à une date ultérieure. Ce report s'explique notamment par le retard pris, côté brésilien, dans l'aménagement des voies d'accès et dans la consolidation de la route qui conduit à Macapá, la capitale de l'État de l'Amapá, voisin de la Guyane. Il s'agit d'un ouvrage qui fait débat. Il en sera question dans une prochaine note.

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(1) L'hommage de Nicolas Sarkozy à Félix Éboué peut être visionné sur Youtube :

http://www.youtube.com/watch?v=R7A70U4eP6I&feature=re...

(2) Une biographie de Félix Éboué : http://fr.wikipedia.org/wiki/Félix_Éboué

(3) L'AEF est une ancienne colonie qui réunissait les actuels États de la République du Congo, la République Centrafricaine, le Gabon et le Tchad.

(4) Félix Eboué : "Jouez le jeu"

http://halleyjc.blog.lemonde.fr/2008/12/28/jouer-le-jeu-f...

(5) "Bushinenge" est le nom donné aux communautés composées de descendants d'esclaves marrons, ainsi qu'à leurs membres. Au Brésil ce sont les populations appelées "Quilombolas".

(6) Le site de Survival : http://www.survivalfrance.org/peuples/guyane

- Pour en savoir plus (en français) :

- Le site de France - Guyane : http://www.franceguyane.fr/regions/guyane/taluen-s-appret... et  http://www.franceguyane.fr/regions/guyane/orpaillage-clan...

- Le site de Guyane - La 1ère :  http://guyane.la1ere.fr/infos/actualites/nicolas-sarkozy-... et

- "Le Monde" :  http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2012/01/23/la-prome...

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27/01/2012

Un an de gouvernement Dilma : la politique indigéniste est laissée "pour après"

À fin décembre 2011, le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de Conférence Nationale des Evêques du Brésil - CNBB, chargée des questions indigènes, a publié une note dressant le bilan de la première année d'activité du gouvernement de Dilma Rousseff en matière de politique indigéniste : une politique "laissée pour après".

L'entité a pointé plusieurs sujets pour justifier la sévérité de son jugement. Seulement 62% du budget fédéral affecté aux actions et services destinés aux peuples indigènes ont été dépensés. La Commission de Politique Indigéniste - CNPI, l'instance de dialogue avec les organisations indigènes a cessé de se réunir. Toujours selon le CIMI, la direction de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, ignore les peuples qui luttent contre les ouvrages de tous ordres, spécialement les barrages et usines hydroélectriques. Seules trois Terres Indigènes ont été démarquées au cours de l'année. Le Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI créé par Lula en octobre 2010*, ne remplit pas encore sa mission. Enfin, la note relève que la violence contre les peuples indigènes n'a pas cessé, notamment dans l'État du Mato Grosso do Sul et que les droits constitutionnels des peuples indigènes sont attaqués au Congrès national.

Le CIMI rappelle comment, même dans un contexte difficile, les peuples indigènes n'abandonnent pas la lutte pour la défense de leurs droits.

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*Voir la note du 26/11/2010 dans ce blog

Pour en savoir plus (en portugais) :

http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&conteu...

 

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" (No 68), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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