25/05/2012

Campement indigène "Terre Libre" à Rio+20

Acampamento Livre 2012.jpg"La sauvegarde de la planète est dans le savoir ancestral des peuples indigènes" : telle est l'affirmation de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB contenue dans son "Appel aux peuples indigènes du Brésil et du monde", publié le 17 avril. Ce texte annonce la tenue de la 8e édition du Campement "Terre Libre" à Rio de Janeiro en juin prochain. C'est une réunion qui regroupe habituellement de nombreux leaders indigènes du Brésil. Cette année, elle aura donc lieu dans la même ville, et aux mêmes dates, que la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, plus couramment appelée Rio+20, convoquée, elle, pour les 20, 21 et 22 juin. C'est aussi en même temps que le "Sommet des peuples", la réunion des ONG du monde entier qui veulent influencer les décisions prises par la rencontre onusienne.

Les organisations indigènes des neuf pays amazoniens ont préparé Rio+20 à Manaus, en août 2011 déjà, lors d'une rencontre consacrée aux changements climatiques. Les participants avaient alors élaboré le "Mandat de Manaus" dont une partie, "Solutions pour la vie et non pour les Marchés", est consacrée à la conférence de Rio.

Les organisations indigènes veulent notamment : que "l'Economie verte" soit :

- Un changement profond du modèle de production, de consommation suscitant l'harmonie entre sociétés, cultures et nature.

- La rénovation du protocole de Kyoto avec des engagements fermes de réduction des émissions de gaz à effets de serre.

- La consolidation des Territoires des Peuples indigènes.

- La création d'une Cour Environnementale Internationale.

- La réorganisation des entités onusiennes traitant de l'environnement. Le tout avec des espaces de participation des représentants indigènes.

L'APIB souhaite que le Campement et le Sommet des peuples soient des espaces de discussion sur la situation des droits indigènes, mais aussi sur les problèmes qu'affrontent l'humanité et la planète.

De son côté, les 9 et 10 mai, l'Association Brésilienne des ONG - ABONG a organisé un séminaire à Rio de Janeiro qui a marqué le lancement, au Brésil, d'une campagne internationale voulue par le Groupe d'Articulation international du "Sommet des peuples" pour la justice sociale et environnementale. Cette articulation affirme son opposition à la marchandisation de la vie et de la nature qui sont des biens communs.

Sur le fond, il y a convergence entre le mouvement indigène et la revendication du Sommet des peuples.

***

Pour en savoir plus,

En portugais :

- L'appel de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2012/04/chamado-aos-povos-in...

- L'annonce du Campement "Terre Libre" par la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB : http://coiab.org/site/nota/cupula-dos-povos-o-movimento-i...

- Le "Mandat de Manaus" : http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=inde...

- Le séminaire de l'ABONG : http://www.abong.org.br/informes.php?id=5173&it=5194

En français :

- Sur le "Sommet des peuples" (en français) : http://cupuladospovos.org.br/fr/

- La campagne "Non à l'économie verte" (en français) : http://nogreeneconomy.org/

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

18/05/2012

La "Journée de l'Indien" 2012 célébrée dans l'indifférence

Au Brésil, le 19 avril est traditionnellement la "Journée de l'Indien". Une célébration voulue dès 1943 par le président Getúlio Vargas. La date a été choisie pour rappeler le 19 avril 1940, quand quelques leaders indigènes ont participé au premier Congrès indigéniste interaméricain qui se tenait à Mexico. Habituellement cette journée est l'occasion de célébrations ou d'actes marquants de la part du gouvernement. Par exemple, c'est le 15 avril 2005 que Lula a signé le décret d'homologation de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, dans l'État de Roraima.

À signaler cependant la publication, par l'Institut Brésilien de Géographie et de Statistique - IBGE, de plusieurs documents (résumé, cartes, graphiques et tableaux), concernant les indigènes brésiliens tirés du recensement de la population de 2010*. Cette année-là le Brésil comptait 817'963 indigènes, soit 0,43% de la population du pays. La proportion de municipalités avec au moins une personne s'auto-déclarant indigène est passée de 34,5 % en 1991 à 80,5 % en 2010. Des informations complémentaires devraient être publiées en juillet prochain.

Le 19 avril, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a adressé un "Message aux Peuples indigènes" : "Cette [célébration] est une opportunité pour appeler nos parents (les indiens) à ne pas abandonner la lutte. La lutte pour la terre sans laquelle il n'y a pas d'existence. La lutte pour la préservation de la culture qui nous fortifie. La lutte pour la nature qui nous nourrit... L'indigène veut être respecté comme habitant originaire de cette terre patrie et non plus être traité en citoyens de seconde classe..." L'Articulation se plaint de ne pas encore avoir été reçue par la présidente Dilma Rousseff. L'APIB termine son message en rappelant sa participation au "Sommet des peuples" pour faire entendre sa voix au monde entier pendant la Conférence Rio+20.

De leur côté, les leaders Guarani-Kaiowá de l'État du Mato Grosso du Sud - où les conflits de la terre entre indigènes et fazendeiros sont particulièrement fréquents et violents - ont publié une note dans laquelle ils dénoncent, une fois de plus, cette situation. Ils en appellent au Gouvernement et à la Justice fédérale : "Nous ne voulons plus voir nos dirigeants et parents (les indigènes) être menacés, assassinés, expulsés des petits espaces et territoires traditionnels, augmentant et alimentant plus de violence contre le peuple Guarani-Kaiowá. Pour cette raison, nous, dirigeants et porte-voix de ce peuple, à l'occasion de la semaine et du "Jour de l'Indien" 2012, nous réitérons notre demande de voir la conclusion des enquêtes policières relatives aux assassinats des dirigeants Nisio Gomes, Rolindo et Genivaldo Vera, entre autres, et surtout la punition des auteurs et des mandants. Enfin, nous sollicitons la conclusion immédiate et la publication des rapports anthropologiques d'identification de tous les territoires traditionnels Guarani et Kaiowá en cours d'étude".

L'Instituto Socioambiental - ISA a dressé un tableau critique de la situation des droits indigènes dans le pays. ISA relève notamment qu'en quinze mois, le gouvernement de Dilma, n'a homologué que trois Terres indigènes.

***

Pour en savoir plus, en français :

* voir "AYA Info" no 61 du 29 mai 2011 et, sur ce blog, la note du 24 juin 2011

En portugais :

- L'origine du "Jour de l'Indien" : http://pt.wikipedia.org/wiki/Dia_do_Índio

- Les documents de l'IBGE : http://www.ibge.gov.br/indigenas/index.htm

- Message de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2012/04/19-de-abril-mensagem...

- La note du Conseil de l'Aty Guasu Guarani-Kaiowá : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/index.php?system=news&a...

- La note de l'ISA : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3532

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

11/05/2012

Les dysfonctionnements du service de santé auprès des Yanomami

Le 3 avril dernier, le Ministère Public Fédéral - MPF de l'État de Roraima a demandé à l'Union - L'État fédéral brésilien - d'agir pour rétablir immédiatement la fourniture des médicaments pour les deux Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes - DSEI de cet État. Il s'agit du "DSEI Leste" qui couvre les communautés indigènes de la partie orientale de l'État et le "DSEI Yanomami" qui couvre les communautés Yanomami de l'État de Roraima et d'Amazonas.

Mais ce n'est là qu'une des demandes formulées en conclusion d'un rapport de 62 pages qui décrit - photos à l'appui - le non-respect de la législation relative au service de santé que doit assurer maintenant le Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI qui a remplacé la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA.

Le MPF demande également :

- Le recrutement du personnel nécessaire pour assurer le service.

- La mise en œuvre d'un programme de réparation, de reconstruction et/ou d'aménagement adéquats des locaux, infirmeries et centres de santé.

- L'achat, l'entretien du matériel médical...

 

Pour l'heure, rien ne semble avoir changé sur le terrain. Le MPF peine à faire respecter ses exigences.

Le service de santé indigène brésilien

Pour mieux comprendre le sens de l'intervention du MPF, il est utile de savoir comment est organisé le service de santé indigène.

Le SESAI en est l'organe faîtier. Son siège est à Brasilia. Il dépend du Ministère de la  Santé. Il a été créé par Lula en octobre 2010 pour répondre à la demande des organisations indigènes. Précédemment, ce service avait été confié à la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA. Cette dernière a connu de nombreux dysfonctionnements et affaires de corruption. Le délai pour le passage de témoin entre la FUNASA et le  SESAI devait avoir lieu au plus tard en décembre 2011.

Le SESAI comporte deux départements : l'un chargé de la gestion matérielle du service, l'autre est responsable des programmes de santé, de la formation du personnel, etc.

Pour répondre aux besoins des différents peuples indigènes du Brésil, le Service chapeaute les 34 DSEIs*, créés en 1999, répartis sur l'ensemble du territoire national. De chaque DSEI**, dépendent un certain nombre de "Pôles de Base"  - il y en a 351 dans le pays - qui sont des centres référents des Agents Indigènes de Santé - AIS, travaillant dans les "Postes de santé" construits à proximité des communautés indigènes. Dans l'organigramme, les "Pôles de Base" sont prévus pour accueillir une équipe multidisciplinaire comprenant notamment médecin, dentiste, infirmier ou infirmière. Des "Maisons de Santé de l'indien", généralement proches des centres urbains, accueillent les patients souffrant de pathologies particulières, complètent le dispositif.

Dans plusieurs domaines, le Brésil a développé un système de gestion participative appelé "Contrôle social". Pour répondre à cette préoccupation, dans chaque DSEI, il est prévu un "Conseil de District de Santé Indigène - CONDISI". Les membres du Conseil sont, pour moitié, des représentants des usagers (les indigènes) élus par les communautés. Un quart des membres sont des représentants élus des travailleuses et travailleurs du service de santé du District. Un dernier quart regroupe les représentants des collectivités publiques et prestataires de services agissant en relation avec le  District concerné.

 

Le CONDISI est responsable d'élaborer la "Plan de santé indigène" du District, d'en accompagner et d'en évaluer la réalisation. Il est aussi responsable d'émettre un avis sur les comptes des institutions et organes chargés du service de santé dans le District. Au niveau national, le "Forum des présidents de Condisi" est un organe consultatif et de suivi de la politique nationale santé indigène.

En guise de conclusion

L'intervention du MPF met en évidence le non-respect du droit à la santé dû aux peuples indigènes de cette région du Brésil. Et ils souffrent de nombreuses pathologies. Pour permettre aux Yanomami de l'État d'Amazonas d'avoir accès à des services de santé efficaces, l'association "Service et Coopération avec le peuples Yanomami - SECOYA", dont le siège est à Manaus, a mis en place un "Programme de santé". Il organise des cours de formation destinés aux leaders indigènes pour qu'ils connaissent leurs droits et la manière dont l'État brésilien a conçu le service de santé indigène. La formation s'adresse également aux délégués des communautés indigènes appelés à siéger au CONDISI du DSEI Yanomami.

De son côté, l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA, s'est engagée dans un partenariat avec la SECOYA. Ceux de nos lecteurs qui veulent appuyer l'action de la SECOYA peuvent verser une contribution à AYA CCP 17-55066-2 qui transmettra. Merci d'avance

***

* La localisation des 34 DSEI :

Les 2 DSEI -MPF.jpg

** L'organisation de chaque DSEI  :

Organização_dsei_2012.jpg

 

Pour en savoir plus, en français :

- "AYA Info" No 55 (novembre 2010) et No 62 (juin 2011)

Pour en savoir plus (en portugais) :

- L'information publiée par le MPF :

http://noticias.pgr.mpf.gov.br/noticias/noticias-do-site/...

- Le rapport du MPF (18.6 Mo) : http://www.prrr.mpf.gov.br/acp_-saude_indigena-_emsi_-_se...

- Le résumé qu'en a fait SECOYA :

http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&...

- Sur le SESAI, les DSEI, les "Polo Base", etc. :

http://portal.saude.gov.br/portal/saude/Gestor/area.cfm?i...

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

04/05/2012

Les députés brésiliens ont adopté un Code forestier controversé

veta-dilma1.jpgLe 25 avril, c'est par 274 voix contre 184 et 2 abstentions, que la Chambre des députés a révoqué l'ancien Code forestier de 1965. Elle a accepté, en deuxième lecture, un nouveau texte qui réduit drastiquement les aires protégées dans les propriétés privées et amnistie ceux qui ont procédé à des déforestations illégales.

Le 24 mai 2011, en première lecture, les députés avaient déjà approuvé, par 410 voix contre 63 et une abstention, un texte conforme aux intérêts du lobby de l'agrobusiness; un projet proposé par Aldo Rebelo, alors député, maintenant ministre des sports. Le 6 décembre 2011, les sénateurs, après avoir amendé le texte des députés, avaient adopté le nouveau Code par 58 voix contre 8.

C'est avec l'appui d'une partie de la coalition gouvernementale que la Chambre des députés vient d'accepter ce nouveau Code forestier très controversé. En effet, sur ce sujet, le vote de la Chambre marque un éclatement de la coalition gouvernementale composée essentiellement du Parti des Travailleurs - PT, et du Parti du Mouvement Démocratique du Brésil - PMDB. Les députés du PT ont massivement refusé le texte proposé par le rapporteur : 79 députés sur les 80 ayant pris part au vote. Alors que 71 députés du PMDB l'ont accepté sur les 74 ayant voté. Le rapporteur du projet de loi, le député Paulo Piau est lui-même membre du PMDB.

Le document est maintenant soumis à la signature de la présidente de la république qui peut lui opposer son veto. C'est ce que lui demande le "Comité de défense des forêts", un regroupement de dizaines d'organisations et mouvements sociaux. Dans sa note du 26 avril, le Comité explique les raisons de sa demande : "Si le texte approuvé par le Sénat signifiait déjà  l'amnistie [pour les responsables] des déforestations illégales et l'incitation à de nouvelles déforestations, les députés sont parvenus à ce qui paraissait impossible : le rendre encore pire. Le texte révisé par la Chambre des députés, en plus d'être contraire aux principes constitutionnels d'égalité devant la loi, de la fonction sociale de la propriété et de l'interdiction de réduire des droits fondamentaux, est frontalement contraire à l'intérêt national".

La vague de protestation s'étend dans le pays. Une pétition a été lancée sur Internet. Les commentateurs soulignent comment, par ce vote, le Brésil est mis en mauvaise posture à la veille de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui doit se tenir à Rio de Janeiro dans quelques semaines.

***

Image : logo de la campagne d'appel à Dilma Rousseff, la présidente de la république, pour qu'elle fasse usage de son droit de veto pour s'opposer à cette loi.

Pour en savoir plus, en français : Voir sur ce blog, les notes des  23/09/2011 et 09/12/2011

En portugais :

- L'information de l'agence de la Chambre des députés :

http://www2.camara.gov.br/agencia/noticias/MEIO-AMBIENTE/...

- La fiche de la procédure parlementaire et le texte adopté :

http://www.camara.gov.br/proposicoesWeb/fichadetramitacao... > Redação final

- Une première analyse de l'Instituto Socioambiental :

http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3536

- L'appel du Comité de défense des forêts : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3537

- L'analyse publiée sur le site du Mouvement des Travailleurs ruraux Sans Terre - MST :

http://www.mst.org.br/node/13289

- Le texte de la pétition lancée sur Internet : http://www.mst.org.br/node/13288

- Un commentaire des "Amis de la terre/Brésil" : http://amazonia.org.br/2012/05/veta-dilma/

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

28/04/2012

Marta Azevedo devra faire preuve de courage à la tête de la FUNAI

AgenciaBrasíl:26-04-12:JFC:5756:Marta Azevedo.jpgC'est fait, le 20 avril, Dilma Rousseff a effectivement nommé Marta Maria do Amaral Azevedo, plus couramment appelée Marta Azevedo, à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI. Cette désignation a fait l'objet d'un décret présidentiel publié le 23 avril au Journal Officiel de l'Union. Marta Azevedo est anthropologue et démographe, professeure à l'Université d'État de Campinas (État de São Paulo). Elle sera la trente-troisième personne, et la première femme, à présider cette institution.

Marta est connue pour son engagement de longue date en faveur des peuples indigènes. En 1978, elle a fait sa première expérience sur le terrain dans le domaine de l'éducation scolaire chez les Guarani Kaiowá. Elle a travaillé avec la Commission Pro Indio de São Paulo, le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, le Centre Œcuménique de Documentation et d'Information - CEDI devenu plus tard l'Instituto Socioambiental- ISA.

Elle a obtenu son doctorat en démographie en avril 2003, en soutenant une thèse sur la "Démographie des Peuples Indigènes du Haut Rio Negro".. À diverses reprises elle a collaboré avec la Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro - FOIRN. En 2005, elle a publié un livre "Démographie des Peuples indigènes du Brésil". Plus récemment, elle a collaboré à l'élaboration des questions relatives aux indigènes pour le recensement de la population brésilienne de 2010.

Lors de la cérémonie d'entrée en fonction, la nouvelle présidente a déclaré vouloir donner la priorité à la qualité de vie des femmes indigènes. La note publiée sur ce blog, le 21 avril dernier, décrit quelques dossiers délicats qu'elle aura à traiter. Et ceci dans un contexte particulièrement difficile, voire hostile à maints égards. Le ministre de la justice, José Eduardo Cardoso a relevé comment la présidence de la FUNAI est l'une des tâches plus difficiles dans la république. Il a affirmé que Marta avait toutes les qualités pour assumer sa fonction : "Ce sont des siècles d'oppression contre les indiens... Beaucoup de conflits, de pressions de la société, du Congrès national, des médias... Il est nécessaire d'avoir beaucoup de courage..."

***

Photo José Cruz/Agência Brasil - Marta Azevedo lors de la cérémonie d'entrée en fonction.

Pour en savoir plus,

- en français : voir la note publiée sur ce blog le 21 avril.;

- en portugais:

- Le parcours de Marta : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3533 ,

- L'information diffusée par "Agência brasil" à l'occasion de la cérémonie d'entrée en fonction :  http://agenciabrasil.ebc.com.br/noticia/2012-04-26/nova-p...

- Le curriculum de Marta Azevedo : http://buscatextual.cnpq.br/buscatextual/visualizacv.do?m...

 

Cette note sera partiellement reprise publiée dans le prochain "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

21/04/2012

Une présidente à la tête de la FUNAI ?

Depuis quelques semaines, il a été fait état d'un probable changement à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI. Le titulaire de la charge, Márcio Meira, aurait manifesté le désir de quitter cette fonction après cinq ans passés à la tête de la Fondation. Ces jours-ci la presse brésilienne a annoncé que Dilma Rousseff, la présidente de la république, avait choisi, pour lui succéder, la démographe Marta do Amaral Azevedo qui serait nommée prochainement. Ce serait la première fois qu'une femme occupe ce poste.

Nommé à la tête de la Fondation en mars 2007, Márcio Meira en a été le 32e président. Il a effectué l'un des plus longs mandats parmi les titulaires de cette charge. Pour rappel, succédant au Service de Protection de l'Indien - SPI  créé, lui, en 1910 déjà, la FUNAI a été fondée en décembre 1967. Au cours de ses 44 ans d'histoire, les présidents successifs de l'organe indigéniste sont restés, en moyenne, moins d'un an et demi à leur poste. Pour nombre d'observateurs, ce turnover est révélateur d'un certain malaise.

Ces cinq dernières années, la politique indigéniste a été marquée par des initiatives souvent inachevées ou contestées. Très vite après être entré en fonction, M. Meira, a réuni pour la première fois, en juin 2007, la Commission de Politique Indigéniste - CNPI, créée par un décret de Lula en mars 2006. Elle n'avait jamais été convoquée. Après avoir tenu 17 séances, elle ne s'est plus réunie depuis juin 2011.

Le "Statut des peuples indigènes" a fait l'objet de rencontres régionales et nationales avec les représentants des peuples et organisations indigènes. Le projet a été déposé à la Chambre des députés en août 2009. Projet resté jusqu'à maintenant sans autre suite.

La restructuration de la FUNAI, signée par Lula en décembre 2009 a suscité la controverse au sein des leaders et organisations indigènes. Celles-ci ont reproché au gouvernement de ne pas les avoir consultées sur cette réforme comme l'y oblige la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail - OIT ratifiée par le Brésil.

Au début du mois de mars dernier, la Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations de l'OIT a fait savoir au gouvernement qu'il n'avait pas rempli ses obligations en matière de consultation préalable, libre et informée des peuples et organisations indigènes avant de commencer les travaux de construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte. La FUNAI avait donné son aval en octobre 2009.

L'application de cette convention fait débat. Elle a été l'objet de rencontres, ateliers et séminaires dont plusieurs avec la participation de James Anaya, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones. Le dernier en date de ces séminaires a eu lieu les 8 et 9 mars dernier. C'est au cours de ce séminaire que les leaders indigènes ont appris la nomination prochaine d'une présidente à la tête de la FUNAI, ce qui les fait réagir.

Ainsi, le 9 mars, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a adressé une "Lettre ouverte" à la présidente de la république et à la société brésilienne. Elle y exprime son indignation pour avoir été tenue à l'écart de cette décision, alors que ses membres participaient au séminaire sur le mécanisme à mettre en place pour la consultation dont il est question ci-dessus. Pour l'Articulation, cette désignation sans consultation est une violation de cette convention : "le gouvernement perd une opportunité de démontrer dans la pratique que son discours est cohérent avec sa pratique". De plus l'Articulation reproche à Márcio Meira d'avoir eu recours à des entités non gouvernementales pour la gestion de la FUNAI : "Nous ne voulons pas et n'allons pas permettre que continue une politique indigéniste qui sous-estime notre savoir et notre capacité à comprendre le cadre dans lequel s'inscrit le futur de nos peuples et territoires... Le gouvernement fédéral doit reconnaître et avoir les peuples et organisations indigènes comme alliés pour la pleine garantie des droits indigènes de notre pays". Elle affirme sa ferme détermination de lutter pour le respect des droits inscrits dans la constitution fédérale et dans les instruments internationaux. Elle demande au gouvernement qu'il reconnaisse les peuples et organisations indigènes comme partenaires prioritaires dans la conduite de la politique indigéniste. Deux organisations indigènes affirment ne pas avoir été consultées sur cette position prise par l'APIB.

Ce changement à la tête de la FUNAI est-il le reflet des tensions qui existent entre les différentes composantes de la base politique du gouvernement ? La tenue prochaine de la conférence Rio+20 a-t-elle une influence sur la politique indigéniste ?

Pour l'heure, le gouvernement semble vouloir trouver une solution conforme aux instruments internationaux auxquels il a souscrit, en particulier ceux relatifs à la consultation des peuples indigènes.

***

Pour en savoir plus, en français, consulter diverses notes de ce blog et "AYA Info" sur le site : http://www.terrabrasilis.ch/ > AYA Info

- La "Lettre ouverte" de l'APIB (version française) : http://www.raoni.com/actualites-309.php

- Les 32 présidents de la FUNAI depuis sa fondation :

http://pib.socioambiental.org/pt/c/politicas-indigenistas...

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

13/04/2012

Convention 169 de l'OIT, le gouvernement brésilien organise un séminaire

Les organisations indigènes, quilombolas* ont maintes fois reproché au gouvernement brésilien de ne pas respecter la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail. Le cas de Belo Monte dont il a souvent été question sur ce blog, montre que le reproche est justifié. En septembre 2011, James Anaya, le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits des peuples autochtones avait participé à un séminaire organisé par la FUNAI sur le processus de consultation préalable, libre et informé voulu par la convention.

Probablement pour donner une suite à ce séminaire, la présidence de la république a initié un processus pour donner corps à ses obligations découlant de la ratification de ladite convention et autres instruments internationaux auxquels il a souscrit.

Le 27 janvier 2012, un Arrêté cosigné par le Secrétariat général de la présidence de la république et le Ministère des relations extérieures, a créé un groupe de travail composé des différents ministères et organes gouvernementaux concernés pour étudier, évaluer et présenter des propositions de réglementation de ce processus.

Les 8 et 9 mars, le Secrétariat et le Ministère des affaires étrangères ont organisé un séminaire "Convention 169 de l'OIT, expériences et perspectives" auquel ont participé environ 160 dirigeants indigènes, quilombolas et de communautés traditionnelles.

Un  "Atelier préparatoire" avait été  organisé par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, les 23, 24 et 25 février. Peu après cette réunion, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a rédigé un texte qui exprime sa vision du processus de consultation, et d'une manière plus large, le cadre dans lequel elle souhaite voir se développer la relation des organisations indigènes avec le gouvernement. Le document porte sur cinq points : 1.- La participation de tous les organes publics concernés par la politique indigéniste. 2.- La constitution d'un groupe de travail indigène pour garantir l'autonomie et l'intervention qualifiée des peuples indigènes. 3.- L'organisation de rencontres d'information et de consultation régionales. 4.- L'approbation du projet de loi de mise en place du Conseil National de Politique Indigéniste, du Statut des peuples indigènes et la signature du décret qui institue la Politique nationale de gestion environnementale et territoriale dans les Terres indigènes. 5.- Les signataires du texte demandent à être reçus par la présidente Dilma Rousseff.

Les conclusions du séminaire n'ont pas été publiées. Est-ce le début du règlement de l'un des contentieux qui affectent les relations du gouvernement avec les organisations indigènes du pays ?

***

* Communauté composées de descendants d'esclaves fugitifs.

Pour en savoir plus,

En français :

- La Convention 169 de l'OIT : http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?C169

- Voir "AYA Info" Nos 64 et 65 pour les précédentes rencontres sur le sujet.

En portugais :

- L'arrêté interministériel du 27 janvier 2012 : http://www.in.gov.br/imprensa/visualiza/index.jsp?jornal=...

- Le document de l'APIB : http://crocodoc.com/Oh05yFE

- L'information donnée le dernier jour du séminaire par le Secrétariat de la présidence de la république :  http://www.secretariageral.gov.br/noticias/ultimas_notici...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

07/04/2012

Brésil : Des députés attaquent les droits territoriaux des peuples indigènes

Photo EM:Cimi:2103:2012:PEC 215:DSC01832.JPGLes dispositions constitutionnelles relatives à la protection des Terres indigènes viennent de faire l'objet d'une nouvelle attaque de la part des députés partisans de l'agrobusiness. Il s'agit de transférer du Gouvernement au Congrès national la compétence de l'approbation de la démarcation des terres indigènes et la ratification des démarcations déjà homologuées. Au goût des "ruralistes", il y a trop de terres réservées pour les Peuples indigènes.

En novembre 2011, des parlementaires, membres de la Commission "Constitution, Justice et Citoyenneté - CCJ" de la Chambre des députés, ont demandé la mise en votation de la  proposition d'amendement constitutionnel (PEC 215/2000) qui demande ce transfert de compétence, formulée le 28 mars 2000 déjà, par Almir Sá, un député de l'État de Roraima.

À cette époque, une bonne partie de la classe politique de cet État s'opposait à la démarcation de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, homologuée par Lula en avril 2005. À relire la documentation du printemps 2000, la proposition de ce député est passée inaperçue. Les peuples indigènes commémoraient alors le 500e anniversaire de l'arrivée des Portugais au Brésil... Cinq siècles de résistance, et l'actualité montre que cette résistance a encore sa raison d'être.

Venant de plusieurs régions du Brésil, une trentaine de leaders indigènes étaient présents à Brasilia, le 21 mars dernier pour suivre, à la Chambre des députés, les travaux de la CCJ qui délibérait sur ledit amendement 215. Ils ont manifesté leur hostilité par des chants de protestation. Cela n'a pas empêché la Commission d'approuver la proposition par 38 voix contre 2. Le texte doit maintenant suivre la procédure parlementaire.

Pour l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, la décision de la Commission est contraire à la Constitution qui, dans son article 231,  reconnaît les droits des peuples indigènes sur les terres qu'ils occupent traditionnellement. Pour elle, le fait que les ruralistes soient majoritaires à la CCJ et au parlement, a pour conséquence de livrer le destin des peuples indigènes au pouvoir des tenants de l'agrobusiness et des corporations capitalistes intéressées par les richesses que contiennent les Terres indigènes. Elle rappelle qu'il appartient au gouvernement d'intervenir pour modifier cette situation. Sinon, devant l'histoire, il passera pour être co-responsable de l'intention des élites de ce pays de rendre possible l'extinction progressive des peuples indigènes. L'APIB appelle l'opinion publique nationale et internationale à intervenir pour exiger de l'État brésilien l'application de la Constitution et des instruments internationaux de protection des droits indigènes signés par le Brésil.

En janvier dernier, l'agence d'information du Sénat a annoncé la prochaine discussion d'un amendement constitutionnel demandant de  contrôle de la démarcation des Terres indigènes par le Sénat*.

Les constituants de 1988 avaient donné un délai de cinq ans au gouvernement pour protéger toutes les terres indigènes du pays : une tâche qui est loin d'être terminée...

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Photo : © Eden Magalhães / Cimi / Des leaders indigènes lors de la réunion de la Commission CCJ

* Voir sur ce blog la note du 17 février dernier.

Pour en savoir plus  (en portugais) :

- La législation indigéniste : http://www.funai.gov.br/ > Legislação > os índios na constituição federal de 1988

- Le texte et la procédure parlementaire de la PEC 215/200 : http://www.camara.gov.br/proposicoesWeb/fichadetramitacao...

- Un reflet des travaux de la CCJ : http://funaiceara.blogspot.com/2012/03/aprovacao-da-pec-2...

- La position de l'APIB : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&action...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

30/03/2012

Après Genève, Davi Kopenawa continue son combat au Brésil contre les garimpeiros*

imgsize.php.jpegLe public genevois, présent à la salle de l'Alhambra le 4 mars, a fait la connaissance de Davi Kopenawa. Le Yanomami était invité par l'Organisation Mondiale de lutte contre la Torture - OMCT dans le cadre de son programme de "Défense des défenseurs des droits humains". Il a répété son appel à la protection de la forêt et de l'environnement au niveau planétaire à l'occasion du débat qui a suivi la projection du film "Indiens en sursis" de Daniel Schweizer; film inscrit au programme du Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Le film, également suivi d'un débat, a encore été présenté à Sion le 8 mars.

Pendant son séjour en Suisse, Davi a également rencontré les membres de plusieurs services et organismes des Nations Unies en lien avec les droits humains et ceux des peuples autochtones. Il a aussi eu des contacts avec des organismes suisses et genevois de solidarité internationale.

À son retour au Brésil, Davi a participé à la 41e Assemblée des peuples indigènes du Roraima organisée par le Conseil Indigène du Roraima - CIR. À cette occasion, le 12 mars, il a remis à Paulo Maldos, un représentant de la présidence de la république, une lettre destinée à la présidente Dilma Rousseff dans laquelle il lui demande "de prendre des mesures pour retirer les garimpeiros qui envahissent la Terre Indigène Yanomami, de punir les organisateurs et bénéficiaires de  cette activité criminelle qui lèse les peuples indigènes". Il demande aussi la mise en place d'un programme permanent de surveillance territorial et de promotion du bien être et du bien vivre.

L'appel de Davi a eu un certain écho : entre les 18 et 21 mars, cinq sites d'orpaillage ont été détruits par l'armée dans la Terre Indigène Yanomami. Une opération semblable avait déjà été menée au début novembre 2011.

Le document final adopté par l'Assemblée à laquelle a participé Davi est destiné à Dilma Rousseff et aux membres du gouvernement. Il aborde les préoccupations des peuples indigènes de la région : droits territoriaux, violences, santé, éducation. Ceux-ci demandent l'application de mesures efficaces de la part des organes fédéraux chargés de l'application de la Constitution.

Le lecteur trouvera ci-desous les liens hypertextes pour accéder aux divers documents en relation avec cette note.

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* Les orpailleurs

Photo : Miguel Bueno / FIFDH - Davi lors du débat du 4 mars

Pour en savoir plus, en français :

- Le film "Indiens en sursis" : http://www.rts.ch/video/emissions/temps-present/3840984-i...

- La brève interview de Davi diffusé par la RTS : http://www.rts.ch/video/info/journal-12h45/3839914-ge-le-...

- Le débat du 4 mars : http://www.dailymotion.com/video/xpaie8_les-population-au...

- La note publiée sur ce blog le 2 mars.

En portugais :

- La lettre de l'Hutukara Associação Yanomami à Dilma Rousseff : http://hutukara.org/davi-kopenawa-entrega-documento-a-pre... > documento 1 et documento 2

- Sur l'opération contre les sites d'orpaillage : http://www.folhabv.com.br/noticia.php?id=126404

- Sur l'opération du début novembre 2011 : la note publiée sur ce blog le 18 novembre 2011

- Le document final de la 41e Assemblée du CIR : http://amazonia.org.br/2012/03/carta-final-41ª-assembleia...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

23/03/2012

Les graves carences du Service santé indigène dans la Vallée du Javari

"En moins de dix ans, nous avons perdu un tiers de la population". C'est ce qu'écrit fin janvier, Clóvis Marubo, dans un manifeste publié au nom des peuples indigènes de la Vallée du Javari : "Dans le contexte actuel, nous devons vivre avec un nombre significatif de notre population contaminée par la malaria, la tuberculose, la filariose, les divers types d'hépatite et de dénutrition qui viennent faucher la vie de nos enfants, de nos femmes, de nos jeunes, de nos vieux"... "Nous demandons au Ministère de la Santé de mettre en œuvre des mesures urgentes, suivies de plus permanentes, qui retournent de manière radicale l'actuelle situation qui peut être évitée par le biais de politiques participatives de santé indigène, intégrées et efficientes". Ce n'est pas la première fois que les peuples indigènes de la Vallée du Javari alertent les autorités sur la situation alarmante de l'état de santé des peuples indigènes de cette région du Brésil*.

À la fin octobre 2011, le Centre de Travail Indigène - CTI et l'Institut Socio - environnemental - ISA ont publié un diagnostic sur la situation de la santé des peuples indigènes de cette région du Brésil. Ce rapport a été remis à Antônio Alves, le responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI au niveau fédéral.

De son côté, aussi en octobre 2011, le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil - CNBB pour les questions indigènes a lancé une pétition à envoyer à la présidente de la république. Il a produit un documentaire intitulé "Javari", dont il annonce qu'il sera projeté ce 23 mars, à l'occasion d'un débat organisé à l'Université Fédérale d'Amazonas de Manaus. Cette rencontre permettra à plusieurs leaders indigènes du Javari de sensibiliser la communauté universitaire à cette réalité.

L'appel de Clóvis trouvera-t-il enfin un écho ?

La Terre Indigène Vale do Javari a été démarquée en 2001. Elle couvre 85'444 km2 - deux fois la superficie de la Suisse - sur six municipalités de l'État d'Amazonas. Elle est peu peuplée, environ 4'500 indiens de plusieurs ethnies : Kanamari, Korubo, Kulina, Marubo, Matis, Matsé, Tsohom Djapa et plusieurs groupes isolés. Voir la carte ci-dessous.

Pour en savoir plus,

En français :

- *La note de ce blog du 18/02/2011

En portugais :

- Le manifeste de Clóvis Marubo : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3496

- Le diagnostic du CTI et de ISA : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3441

- La pétition du CIMI : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&conteu...

- L'annonce du débat de ce 23 mars : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=news&conteu...

Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 69, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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