16/09/2011

Les changements climatiques préoccupent les leaders indigènes amazoniens

Les représentants des organisations indigènes des neuf pays amazoniens (Bolivie, Brésil, Colombie, Equateur, Guyana, Guyane française, Pérou, Venezuela et Suriname) se sont réunis, à Manaus du 15 au 18 août, pour un 1er sommet sur les "Savoirs ancestraux, peuples et vie pleine en harmonie avec la forêt".

Les 150 leaders présents ont débattu des changements climatiques et des propositions communes à formuler à la veille d'importantes réunions internationales sur l'environnement qui doivent se tenir à la fin de cette année et en 2012; par exemple la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement - Rio+20 prévue à Rio de Janeiro en juin 2012.

Le document final appelé "Mandat de Manaus" aborde quatre points :

1.- Les territoires de pleine vie pour le refroidissement planétaire.

Les forêts et les terres des peuples amazoniens sont des refuges de vie, des barrières effectives à la déprédation. Elles doivent être protégées...

2.- Réduction des Emissions de gaz à effets de serre pour cause de Déforestation et de Dégradation des forêts - REDD.

Ce processus onusien controversé a pour objectif d'aider - en leur versant des indemnités - les pays en développement à conserver leurs forêts. Les organisations indigènes demandent des garanties avant à la mise en place du processus. Elles recommandent aux communautés indigène de ne pas s'engager dans le système avant que les accords internationaux soient totalement clairs et appliqués.

3.- Unité entre les savoirs ancestraux et la survivance de la biodiversité.

Les savoirs ancestraux sont profondément liés à la conservation productive de la nature. Pour les organisations indigènes, ils constituent un patrimoine naturel et intellectuel collectif conservé depuis des millénaires et transmis de génération en génération. Elles en refusent la commercialisation. Elles demandent notamment la protection des territoires indigènes qui sont le support de ces savoirs.

4.- Rio+20. Les organisations indigènes veulent faire entendre leur voix lors de cette importante conférence.

Entre autres, elles proposent la création d'une Cour internationale environnementale indépendante, avec des espaces de participation des peuples indigènes, eux qui sont les plus affectés par les crimes environnementaux.

***

Pour en savoir plus,

- la déclaration finale de la rencontre (en français) : http://www.coica.org.ec/cumbre2011/cumbreForm/Frances-Man...

- sur la convocation, les débats, le texte final (en portugais) :

http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=noti...

http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=noti...

http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=noti...

Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 63, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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09/09/2011

En 2010, la violence contre les peuples indigènes du Brésil n'a pas faibli

CIMI Relatório 2010 p1.jpg"En 2010, le gouvernement [brésilien] a ignoré constamment les peuples indigènes, leurs appels, leurs protestations, leurs projets de vie. Il a foulé aux pieds leurs droits et a failli dans la protection de leurs communautés. Belo Monte*, établi dans l'illégalité, la force et la négation du dialogue avec les peuples atteints, est peut-être le plus emblématique, mais il est seulement un parmi tant d'autres cas". C'est ainsi qu'est présenté le rapport 2010 sur la "Violence contre les peuples indigènes au Brésil" publié par le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil - CNBB chargé des questions indigènes. Le rapport a été présenté le 30 juin, à Brasilia, au siège de la CNBB.

Dans le domaine de la "violence contre la personne", les enquêteurs ont relevé 60 assassinats d'indigènes, soit le même nombre qu'en 2009 et 2008. Dans celui de la "violence par omission des pouvoirs publics", il y a eu 92 cas de mortalité infantile (16 cas en 2009). Ils ont noté également 92 cas de "violence contre le patrimoine" : invasions, l'exploitation illégale de ressources de Terres indigènes (87 cas en 2009).

Les deux États du Mato Grosso et Mato Grosso do Sul concentrent une part importante de la violence : 25% des cas de "violence contre le patrimoine"; 95 % des 1'705 cas de "violence contre la personne" et 35% des 42'958 victimes de la "violence par omission des pouvoirs publics".

L'enquête a été coordonnée par Lúcia Helena Rangel, anthropologue à la Faculté des sciences sociales de l'Université Pontificale Catholique de São Paulo.

Le président du CIMI, Dom Erwin Kräutler, a signé la préface du document. Pour lui, la situation faite aux peuples indigènes "... Est l'institution d'un nouvel "apartheid", une violation préméditée de la Constitution du Brésil". Le vice-président, Roberto Antonio Liebgott fait un bilan des années Lula en matière de politique indigéniste : "Le gouvernement a choisi comme alliés les secteurs de la politique et de l'économie qui, historiquement, se sont positionnés comme ennemis des peuples indigènes...".

Trois articles abordent des aspects particuliers de la situation des peuples indigènes :

  • Rosane Lacerda, professeure de Droit public, s'en prend au mythe très répandu selon lequel les indigènes seraient pénalement irresponsables. Elle démontre, textes légaux et statistiques à l'appui, qu'il n'en est rien. En décembre 2010, il y avait 748 indigènes (dont 56 femmes) internés dans le système pénitentiaire brésilien. Un système reconnu cruel.
  • Ricardo Verdum, conseiller en politiques publiques, évoque l'application en 2010 du PPA -Plan (budgétaire) Pluriannuel - 2008 - 2010 fédéral, spécialement les programmes et les actions des différentes institutions en charge des peuples indigènes, les ministères de la santé, de la justice, de l'environnement et des sports. Par exemple, il relève que seulement 47,5 % des 25 millions de Réais inscrits au budget 2010 pour la démarcation des terres indigènes ont été dépensés. Il regrette l'insuffisance de l'implication du mouvement indigène dans la préparation des PPA.
  • Guilherme Carvalho, éducateur, traite de l'impact de l'Initiative pour l'intégration de l'Infrastructure Régionale Sud-Américaine - IIRSA, et son volet brésilien, le Programme d'Accélération de la Croissance - PAC, sur les Terres Indigènes en Amazonie brésilienne. L'IIRSA a été créée à Brasilia en août 2000, lors de la réunion d'une douzaine de pays d'Amérique du Sud. Le Programme d'Accélération de la Croissance ne concerne que le Brésil. Le PAC 1 a été lancé en janvier 2007, le PAC 2 en mars 2010. Il s'agit essentiellement d'importants travaux d'infrastructure. Il est estimé que 182 Terres Indigènes et 108 peuples sont concernés par les ouvrages prévus dans le PAC. Pour l'auteur, "une part considérable des ouvrages prévus par L'IIRSA et le PAC sera construite dans des Terres Indigènes, ou leur causera des impacts énormes".

Le rapport du CIMI a le mérite de mettre en perspective les violences contre les peuples indigènes observées en 2010.

***

* L'ouvrage hydroélectrique sur le rio Xingu.

Pour en savoir plus (en portugais), les rapports du CIMI depuis 2003 : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?system=publicacoes&... > Relatório de Violência

 

La page de couverture du rapport présentée ci-dessus est un photomontage de deux photos d'Egon Heck (archives du CIMI) : un enfant Guarani Kaiowa durant la manifestation de reprise de la Terre Indigène Kursu Ambá dans le Mato Grosso do Sul -MS et enfant de la communauté Ita'y Ka'Aguyrusu (MS). Communauté qui attend la démarcation de sa terre traditionnelle en campant sur le bord d'une route.

 

La première partie de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 63, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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02/09/2011

Les Yanomami ne veulent pas de la "Flona Amazonas"

Mapa da Flona Amazonas completa.jpgEn 1989, un décret du président Sarney a créé la "Floresta nacional do Amazonas" - Flona Amazonas, d'une superficie de 15'731 km2. Une "Forêt nationale" - il en existe plus de 70 dans le pays - jouit d'une protection particulière. Elles sont sous la surveillance de l'Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité - ICMBio. La Flona Amazonas se situe dans la Terre Indigène Yanomami (TIY) démarquée en 1992. Le décret d'homologation de la TIY n'a pas annulé ce décret de 1989.

Il y a donc superposition, jamais corrigée et oubliée de beaucoup, de deux aires protégées de statuts différents. Le statut de "Terre indigène" accorde aux seuls peuples indigènes qui l'occupent le droit de gérer leur terre. Le statut de "Forêt nationale" permet l'exploitation des ressources par des tiers. Ainsi, à la superposition, s'ajoute une incompatibilité entre les deux statuts.

La réglementation en vigueur prévoit, pour chaque Flona, la constitution d'un "Conseil consultatif" dans lequel sont représentés les acteurs intéressés, en particulier les peuples indigènes vivant dans cette forêt. Depuis la fin de 2010, l'ICMBio veut constituer un tel Conseil pour la Flona Amazonas. Des réunions d'information ont déjà eu lieu en février dernier à Santa Isabel do Rio Negro et à Barcelos.

Récemment, l'Institut a invité les entités concernées à participer à une rencontre prévue à Barcelos ce 30 août. Le 12 août, l'Hutukara Associação Yanomami - HAY a adressé un courrier à la cheffe de la Flona Amazonas. Manifestement, compte tenu du contexte, les responsables de l'HAY ont assimilé la constitution de cet organe avec la création de la Flona Amazonas dont ils ne veulent pas, en particulier pour les nouvelles invasions que cela peut entraîner : "Nous réaffirmons que la TIY n'a pas besoin de superposition, de création de Flona. Elle a besoin que le Gouvernement fédéral la défende des envahisseurs du passé et du présent et garantisse la protection territoriale permettant ainsi que les Yanomami et les Ye'kuna survivent avec leur mode de vie et de culture."

L'HAY a reçu l'appui de deux organisations indigénistes. En effet, le 16 août, l'association Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA a, elle aussi, adressé un courrier à la cheffe de cette Flona dans laquelle elle décline l'invitation à la réunion du 30 août. Elle estime que cette "Forêt nationale" va à l'encontre des droits reconnus aux Yanomami sur leur terre. La SECOYA est favorable à la désaffectation de la Flona Amazonas. De son côté, le 22 août, l'Institut Socioambiental - ISA a également annoncé son refus de participer à cette rencontre. Pour ISA, le Conseil consultatif ne doit pas être créé. Il propose, lui aussi, la suppression de cette Flona.

Il sera intéressant de connaître la suite que l'ICMBio entend donner à la demande des Yanomami !

Pour en savoir plus (en portugais) :

 

Cette note, complétée et mise à jour, a été publiée dans "AYA Info" No 63, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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26/08/2011

Un poste de protection des indiens isolés est saccagé à la frontière du Pérou

Base FPE rio Xinane mapa.jpgÀ la fin du mois de juillet, des indigènes Ashaninka informent, par radio, la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, que le poste du Front de Protection Ethno - environnemental - FPE de Envira, situé sur les rives du rio Xinane avait été saccagé par des trafiquants de drogue en provenance du Pérou. Ce poste de la FUNAI est chargé de la protection des indigènes vivant en groupes isolés dans cette région de l'État d'Acre difficile d'accès, proche de la frontière péruvienne.

Le 3 août, une opération de police a permis d'arrêter un narcotrafiquant. Le 5 août, l'équipe du FPE est retournée sur place. Elle a retrouvé du matériel de la base et une flèche identifiée comme appartenant au groupe d'indiens isolés photographiés pour la première fois en mai 2008 par la FUNAI.

La présence de narcotrafiquants armés dans cette région connue pour abriter des groupes indigènes isolés inquiète. Le 9 août, la FUNAI a constaté que les maisons et les plantations du groupe d'indiens isolés, photographiés pour la première fois en février dernier, étaient en bon état, mais ne dit pas en avoir vu les habitants. Le 11 août, elle a annoncé des mesures pour une plus grande surveillance de la frontière. Il faut souligner comment le simple "choc microbien" consécutif à un contact avec les "Blancs" peut se révéler mortel pour ces indiens.

Le 17 août, l'ancien chef de poste de la FUNAI, José Carlos Meirelles a critiqué la manière dont les forces de police ont conduit leur opération au début du mois. Selon lui, les trafiquants sont toujours présents aux environs de la base. Parlant des indiens isolés "Ce seront eux, une fois de plus, qui payeront le prix fort de l'invasion de leurs terres par des trafiquants".

Survival international a lancé une campagne à propos de cet événement (voir ci-dessous).

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Pour en savoir plus,

- en français, le site de Survival qui comporte une carte (voir ci-dessus), des photos et une vidéo :  http://www.survivalfrance.org/actu/7576 et  http://www.survivalfrance.org/actu/7591

- en portugais, la réaction de José Carlos Meirelles :  http://altino.blogspot.com/2011/08/nao-da-mais-pra-espera...

 

Cette note sera publiée dans lr prochain "AYA Info" No 63, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

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12/08/2011

DSEI-Y : Après avoir retenu des avions, les Yanomami obtiennent gain de cause

Le 19 mai, l'Hutukara Association Yanomami - HAY a adressé une lettre au responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI, pour lui faire connaître son désaccord relativement à la nomination d'une nouvelle responsable du District Sanitaire Spécial de Santé Indigène de l'aire Yanomami (DSEI -Y), nomination qui s'est faite sans leur accord, et qu'ils affirment être le résultat d'une interférence politique. Ils exigent le maintien en fonction d'une personne qui a leur confiance.

Le 20 mai, pour appuyer leur demande, une soixantaine de Yanomami et Ye'kuna ont manifesté devant le siège de la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA de Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima. Pour le même motif, par deux fois les Yanomami ont empêché un avion de l'entreprise Roraima Táxi Aéreo de retourner à Boa Vista. D'abord, le 25 mai et pendant deux jours, la rétention a eu lieu dans la communauté de Haxiu, dans la région de Surucucu. Et le 30 mai, pendant dix jours, dans la communauté de Watorik dans la région du rio Demini. Chaque fois, l'avion était au service de la FUNASA pour le transport de marchandises et d'agents de santé. De nombreuses ONGs et autres entités ont manifesté leur appui à la revendication de l'HAY. Cette dernière s'est aussi adressée à James Anaya, le Rapporteur Spécial des Nations Unies pour les peuples autochtones. Finalement, à la mi-juin, le ministre de la santé a nommé Joana Schuertz à la tête du DSEI-Y, la personne qui a la confiance des Yanomami.

Cette "victoire" apparaît à peine comme une éclaircie dans un ciel bien sombre. En effet, les communautés et les organisations indigènes du pays se plaignent du mauvais fonctionnement du service de santé indigène. Un exemple parmi d'autres : le 5 juillet, environ 80 leaders indigènes Yanomami originaires de plusieurs villages du rio Marauiá ont fermé le siège local de la SESAI à Santa Isabel do rio Negro (dans l'État d'Amazonas). Ils dénonçaient le manque de médicaments, l'absence des professionnels de santé dans les villages, les équipements obsolètes, les retards dans le payement des salaires des agents de santé...

En octobre 2010, quand il a créé le SESAI, l'ancien président Lula avait donné six mois à la FUNASA pour transférer le service de santé indigène au nouveau Secrétariat. Ce délai a déjà été reporté à fin 2011.

Selon Paulo Daniel Moraes, conseiller auprès du Conseil Indigène de Roraima - CIR, les conséquences de ces dysfonctionnements se traduisent par une augmentation de la mortalité infantile, une mauvaise couverture vaccinale, une recrudescence du paludisme, de la tuberculose et autres endémies dans les communautés indigènes...

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Voir "AYA Info No 55" et la note publiée sur ce blog le 26 novembre 2010

Pour en savoir plus (en portugais) :

- La lettre du 19/05 de l'HAY :

http://www.hutukara.org/urgente-carta-contra-a-indicacao-... /

- La rétention de 2 avions : http://www.hutukara.org/yanomami-retem-avioes-da-funasa-e...

- L'occupation siège local de la SESAI à Santa Isabel do Rio Negro :

http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&...

- La note de Paulo Daniel Moraes :

http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&...

 

Cette note (modifiée) a été publiée dans "AYA Info" No 62, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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01/07/2011

Meyrin soutient la formation de leaders Yanomami

TIYad+bc-2 Cours leaders 04-2011.jpgDu 20 au 27 avril 2010, près d'une quarantaine de leaders Yanomami de l'État d'Amazonas étaient réunis au xapono (village circulaire) de Komixiwë, dans le moyen rio Marauiá, dans la commune de Santa Isabel do Rio Negro. Ils venaient d'une dizaine de xapono proches du rio Marauiá, de deux xapono du rio Demini et de deux représentants du xapono de Momohiteri situé au Venezuela.

C'était le troisième volet d'une formation à la citoyenneté, un programme de la SECOYA qui reçoit l'appui de la commune genevoise de Meyrin.

Le cours a commencé par une phase préparatoire au cours de laquelle, l'animateur du cours, Silvio Cavuscens a visité les différents xapono afin que ceux-ci désignent leurs représentants. Le cours a eu lieu dans les deux langues, yanomami et portugais. Une majorité de participants étaient des hommes. Les femmes présentes étaient originaires de  la communauté de Komixiwë. Il y a eu quelques intervenants extérieurs liés aux entités qui agissent dans le territoire yanomami.

Une partie du programme a consisté à faire un diagnostic du vécu des communautés. D'abord les problèmes relevant de la responsabilité des Yanomami eux-mêmes. Il en a été relevé de trois sortes : les divisions susceptibles d'opposer des villages entre eux, mais aussi les tensions à l'intérieur des Secoya curso de liderança 04:2011 groupo:1 - copie.jpgcommunautés en raison de la multiplicité des leaders (pajés, professeurs, agents de santé, etc.); la lutte contre la prolifération des cafards et des moustiques; la dispersion des outils nécessaires pour cultiver la terre et le mauvais état du bateau servant à transporter les marchandises.

Les participants ont évoqué les problèmes relevant des napë (les non Yanomami) : les déficiences des services publics, comme le manque de médicaments et le mauvais fonctionnement du service de santé, mais aussi la fermeture des postes de la Fondation nationale de l'indien - FUNAI et l'absence de pistes d'atterrissage dans certaines communautés. Ils ont cité la mauvaise gestion des programmes sociaux (Bolsa familia) et l'interférence d'intermédiaires véreux et les manipulations de commerçants. Ils ont relevé les abus commis à l'endroit des femmes séjournant dans les "Maison de l'Indien" et ceux commis par les employeurs de main d'oeuvre Yanomami. Le non-respect par les napë de la législation en vigueur dans les Terres indigènes, par exemple l'introduction de boissons alcoolisées.

Secoya curso de liderança 04:2011:Tableau:3 - copie.jpgUne autre phase du cours a été consacrée à la législation brésilienne relative aux organisations de la société civile. Les implications de ces formes d'organisation, les dépenses que cela entraîne, etc. Enfin les participants ont élaboré un programme de travail qui reprend les problèmes identifiés, comment y répondre, quand et qui prend quelle responsabilité. La prochaine phase du cours est fixée pour septembre ou octobre de cette année.

Les associations AYA et SECOYA expriment leur très vive gratitude à la Commune de Meyrin qui apporte son appui à la réalisation de ce cours. Il est important que les Yanomami soient en mesure d'être les acteurs de leur propre destin.


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Pour en savoir plus (en portugais) sur le cours + quelques photos : http://www.secoya.org.br/index.php?option=com_content&...

Tout en haut : Carte de la Terre indigène Yanomami, les xapono du rio Marauiá et la localisation du cours

Photos Secoya - Laucilene Lopes & Felipe Araujo - Cours pour leaders Yanomami - avril 2011 - Xapono de Komixiwë (Mission Marauiá). Photo du haut : les participants. Photo du bas :le tableau qui résume le diagnostic du vécu.

Pause estivale oblige : la publication des "brèves" est prévue pour reprendre dans le courant du mois d'août. Bon été aux lecteurs de ce blog !

Cette note (en version réduite) a été publiée dans "AYA Info" No 62, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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24/06/2011

Les indigènes du Brésil : une petite minorité, mais une grande richesse culturelle

Oscar_Pereira_da_Silva_-_Desembarque_de_Pedro_Álvares_Cabral_em_Porto_Seguro_em_1500.jpgL'Institut Brésilien de Géographie et de Statistique - IBGE a publié les premiers résultats du recensement de la population effectué entre le 1er août et le 31 0ctobre 2010. Le Brésil comptait 190'755'800 résidents au 1er août 2010. Ils étaient 169'799'200 en 2000, soit une augmentation de près de 21 millions d'habitants (+12,34%) au cours de cette période.

À l'occasion de ce comptage, 817'900 personnes se sont déclarées "Indigènes". Elles étaient 734'000 lors du précédent recensement, soit une augmentation de 83'900 personnes, une progression de 11,43%. Les indigènes représentent maintenant 0,43% de la population brésilienne.

Ils sont les plus nombreux (168'680) dans l'État d'Amazonas, où ils représentent 4,8% de la population. Les 49'600 indigènes de l'État de Roraima représentent 11% de la population de cet État : c'est la plus forte proportion enregistrée dans le pays. 315'180 indigènes habitent dans des zones urbaines (38,5%) et 502'780 dans des zones rurales (61,5%).

L'Amazonie légale* compte près de 25,5 millions d'habitants, soit 13,35% de la population du pays. Les indigènes y sont près de 383'700, soit 1,5% de la population de cette partie du Brésil, mais près de 47% de tous les indigènes du Brésil. En Amazonie légale, 19% des indigènes habitent dans des zones urbaines et 81% dans des zones rurales.

Lors du recensement de 1991, il avait été dénombré 294'000 indigènes représentant 0,2% de la population brésilienne. L'augmentation de 150% constatée entre 1991 et 2000 est essentiellement due au nombre d'indigènes qui vivaient dans des zones urbaines, notamment dans le sud du Brésil qui, précédemment, avaient été classés dans d'autres catégories.

Ce recensement est à situer dans le contexte historique. En avril 1500, l'amiral portugais Pedro Álvares Cabral débarque sur le site de Porto Seguro, au sud de l'actuelle ville de Salvador. C'est le début de la colonisation du Brésil par les Portugais. Variable selon les sources, le nombre des "natifs" vivant alors sur l'actuel territoire brésilien est estimé entre 2,3 et 5 millions. La colonisation a failli entraîner l'extermination complète de ces "Peuples premiers". Les raisons de cette tragédie sont bien connues : asservissement, maladies, mauvais traitements, accaparement des terres, massacres**, etc.

On compte actuellement un peu plus de 230 peuples différents, parlant encore près de 180 langues. Une véritable richesse culturelle !

Si certains peuples sont en contact avec les Blancs depuis cinq siècles, d'autres n'ont eu ce contact que beaucoup plus tard. Il existe encore plusieurs dizaines de groupes isolés. Tout récemment, ce 21 juin, la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI a confirmé l'existence d'un nouveau groupe d'indiens isolés dans la Vallée du Javari à l'ouest de l'État d'Amazonas.

Dans sa dernière "Newletter", l'association Survival France a mis en ligne une vidéo (3'34") sous-titrée en français, enregistrée en 2010 montrant un groupe d'indiens isolés vivant dans la région du rio Envira, non loin de la frontière avec Pérou. Il est possible de visionner cette vidéo au bas de cette note.

***

* L'Amazonie légale est constituée de neuf États : Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima et Tocantins et d'une partie du Maranhão,

** L'un des derniers massacres reconnu comme génocide par la justice brésilienne concerne les Yanomami. En juillet 1993, des garimpeiros (orpailleurs) ont massacré une douzaine de femmes, jeunes et enfants Yanomami, dans le village de Haximu (État de Roraima). Ces évènements sont décrits en détail par Bruce Albert dans le livre coécrit avec Davi Yanomami "La chute du ciel" (p. 627) aux éditions Plon - Paris.

Image : tableau du peintre brésilien Oscar Peraira da Silva représentant le débarquement de Cabral à Porto Seguro

Pour en savoir plus (en portugais) :

Pour visionner la vidéeo de Survival :  http://www.uncontactedtribes.org/videobresil

Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 61, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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17/06/2011

Appel aux amis de la Secoya et des Yanomami

Siège Secoya Manaus DSC04923 - copie.jpgLes pressions qu'exerce la société des Blancs sur de nombreux peuples indigènes du Brésil, les Yanomami en particulier, sont de plus en plus fortes. Elles mettent en cause leur mode de vie et leur culture. Les communautés Yanomami de l'État d'Amazonas ont commencé un processus d'organisation qui est fondamental. Elles l'ont fait avec le soutien de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA de Manaus, le partenaire de notre association AYA. La SECOYA veut relever un défi de taille : que les Yanomami de l'État d'Amazonas soient en mesure d'être les acteurs de leur propre destin. Dans ce domaine, elle se veut exemplaire : des Yanomami sont membres des instances de l'association.

Son programme de travail touche plusieurs domaines : la santé, l'éducation, le développement durable, la citoyenneté et la capacité organisationnelle. Elle exerce l'essentiel de son activité dans un immense territoire très difficile d'accès. Les communautés indigènes ne sont accessibles que par les rivières, parfois jalonnées de rapides dont le franchissement est périlleux.

Cachoeiras 3 - copie.jpgElle est également confrontée à un contexte politique, institutionnel et administratif particulièrement difficile. Depuis 2009 surtout, elle a commencé un intense travail de recherche de fonds pour garantir la continuité des actions sur le terrain, l'entretien de l'infrastructure minimale nécessaire à son activité, et bien sûr, le payement d'un minimum de personnel. Il est bien clair que les "bénéficiaires" de son action n'ont pas la possibilité de payer les services qui leur sont rendus.

Le 8 juin, elle a lancé un appel à ses propres membres, mais aussi à la solidarité de ses amis et de celles et ceux qui veulent soutenir la cause des Yanomami. Elle propose le versement d'un don unique ou le versement d'une cotisation mensuelle.

AYA a décidé de relayer cet appel à la solidarité. Elle transmettra les montants recueillis.

Les dons peuvent être versés sur le compte postal de

AYA - Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - 1200 Genève

CCP No 17-55066-2  >  avec la mention "SECOYA".

Par avance AYA remercie celles et ceux qui manifesteront leur solidarité.

***

Pour en savoir plus (en portugais), le site de la SECOYA : http://www.secoya.org.br/

Photos Secoya

En haut : Le siège de la Secoya à Manaus

En bas : ... Se rendre dans des zones difficiles d'accès, passer les cachoeiras (les rapides).

Cette note sera publiée dans "AYA Info" No 62, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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10/06/2011

700 indigènes participent au campement "Terre Libre" 2011

Photo CIMI :Cleymenne Cerqueira:d4d2491af6171d71c1e9ee3862780446.jpg"L'Acampamento Terra Livre", c'est un peu l'assemblée générale annuelle des représentants des peuples indigènes de tout le Brésil. Plus de 700 leaders étaient réunis à Brasilia, du 2 au 5 mai, pour la 7e édition de cette manifestation. Celle de 2010 avait eu lieu en août, à Campo Grande, la capitale de l'État du Mato Grosso do Sul, où la violence à l'endroit des indigènes est particulièrement forte. Et celle de 2009 avait déjà eu lieu à Brasilia. Elle avait permis aux leaders indigènes de finaliser le projet de "Statut des Peuples Indigènes" toujours dans les tiroirs du Congrès.

La manifestation a été organisée par les membres de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil (APIB) et le Forum de Défense des Droits Indigènes (FDDI) avec l'appui de l'ambassade de Norvège. L'objectif de la réunion de cette année était de débattre des violations des droits indigènes.

Le document final adopté par les participants a pour titre "Pour le droit à la vie et à la Mère Terre". Il traite d'abord du cadre dans lequel se trouvent les peuples indigènes: "Nous n'admettons pas que ce que nous préservons depuis des millénaires – la Mère Terre – en contribuant ainsi à la durabilité environnementale et sociale du territoire national et de la planète, soit arraché de nos mains ou détruit irrationnellement comme cela s'est passé il y a 511 ans par les colonisateurs européens au détriment de la vie de nos peuples et de leurs générations futures. Nous ne pouvons pas admettre de continuer à être les victimes de la voracité du capitalisme néolibéral, du modèle de développement déprédateur qui règne sur le monde, y compris dans notre pays. Cela de forme implacable, sous le regard négligent, de connivence et avec l'adhésion explicite du gouvernement actuel." Il énumère ensuite les revendications des leaders qui touchent plusieurs domaines : la démarcation et la protection des Terres indigènes; l'impact des infrastructures sur les terres indigènes; la criminalisation des dirigeants indigènes; la restructuration de la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI); la législation indigène et la réforme politique; l'éducation et la santé indigènes; le code forestier.

Photo Walter Campanato : Agência Brasil :05052011VAC8999.jpgPour initier un dialogue avec le gouvernement, une délégation de leaders a été reçue au Palais du Planalto, le palais présidentiel, par la Secrétaire général de la présidence de la république, Gilberto Carvalho, et les ministres de la justice, des mines et de l'énergie, de la santé, de l'environnement, le président de la FUNAI et le responsable du Secrétariat Spécial de santé Indigène (SESAI) à qui les indigènes ont remis le document adopté lors de la réunion.

Selon "Agência Brasil", Gilberto Carvalho a rappelé la volonté du gouvernement de poursuivre la construction des usines hydroélectriques de Belo Monte*, Jirau et Santo Antonio, ainsi que la transposition du rio São Francisco. Il a fait remarquer à ses interlocuteurs que la présence de plusieurs ministres à cette audience était un signe de profond respect de la part du gouvernement à l'égard des communautés indigènes.

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* Voir la note publiée sur ce blog le 3 juin dernier

Pour en savoir plus en français :

Pour en savoir plus en portugais :

 

Photo du haut : Cleymenne Cerqueira / CIMI - Une des banderoles du Campement

Photo du bas : Walter Campanato / Agência Brasil - Un indigène remet à la délégation ministérielle le document adopté lors du campement 2011

 

Cette note, dans une version réduite, a été publiée dans "AYA Info" No 61, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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03/06/2011

L'IBAMA autorise la construction controversée de Belo Monte

Brasil-Belo-Monte-Barrage-Carte-1.gifLe 1er juin, l'Institut Brésilien du Milieu Ambiant (IBAMA) a accordé à Norte Energie SA - NESA, la licence qui permet la construction, sur le rio Xingu, de la très controversée usine hydroélectrique de Belo Monte et de son canal de dérivation.

L'ouvrage est prévu pour avoir une puissance maximale de 11'233 megawatts qui en fait le 3e plus grand du monde, après Itaipu à la frontière du Brésil et du Paraguay et celui des Trois Gorges en Chine. Le montant de l'investissement initialement prévu est de l'ordre de  19 milliards de Reais (environ 10 milliards de CHF ou 12 milliards de US$). Selon le gouvernement, la première turbine devrait entrer en fonction en 2015.

Dans un communiqué publié le même jour, Antonia Melo, la coordinatrice du "Mouvement Xingu Vivo Para Sempre" déclare : "Nous ne reculerons pas d'un centimètre. Chaque erreur, chaque mensonge augmentera notre indignation et notre force de lutter. Cette autorisation est l'antichambre d'un crime que nous empêcherons coûte que coûte."

Les organisations indigènes de la région ont manifesté leur opposition à la construction de cet ouvrage depuis 1989. La Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne (COIAB) confirme cette position. Le 1er juin, elle a fait connaître l'indignation que lui cause la décision de l'IBAMA..."Pareille décision fait honte à la nation brésilienne qui croit que la nature est un patrimoine qui doit être préservé... "Le gouvernement brésilien ne respecte pas nos droits..." "Il veut détruire les peuples indigènes et les communautés traditionnelles avec son modèle de développement au service de l'intérêt du capital international, une idéologie qui détruit ce qui devrait être cultivé..."

De nombreuses organisations de la société civile, des scientifiques ont également fait connaître leur opposition. Mais la détermination des autorités n'a pas été ébranlée.

Parmi les derniers épisodes des nombreuses controverses, il y a celle, provoquée par le Secrétaire général de l'Organisation des États Américains - OEA.

Au début du mois d'avril*, la Commission Interaméricaine des Droits Humains (CIDH) de l'Organisation des États Américains (OEA), dont le siège est à Washington, a demandé au gouvernement brésilien de suspendre les travaux de construction du barrage de Belo Monte sur le rio Xingu. La Commission demande la réalisation préalable d'auditions et d'information des peuples indigènes et la prise de mesures de précaution. Cette note a été reçue avec "perplexité" par les autorités brésiliennes qui ont considéré les sollicitations de l'OEA "précipitées et injustifiables". Le gouvernement brésilien a adressé sa réponse à la Commission le 26 avril. Il affirme respecter les droits humains.

Le 4 mai, questionné par la BBC au sujet du risque de voir les ouvrages, liés au développement économique du Brésil, être réalisés sans respecter les droits humains, le Secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, a déclaré ne pas connaître ces cas spécifiques : "l'arrivée de thèmes environnementaux et des peuples natifs ouvre un espace qui doit être traité avec beaucoup d'attention..." Parlant de Belo Monte, le Secrétaire est d'avis que "... la Commission peut parfaitement donner des conseils aux gouvernements, mais ne pas  traiter ces sujets en termes juridiques". Selon M. Insulza, la Commission pourrait réviser la position adoptée le 1er avril.

Cette interview a suscité des réactions notamment d'Amnesty International et de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH). Avec d'autres, ces organisations apportent leur soutien à la position initiale de la CIDH. Elles reprochent au Secrétaire de considérer que les droits des peuples autochtones ont moins d'importance que les autres droits humains, par exemple la protection contre la torture ou les disparitions forcées. Hier 2 juin, Amnesty International a renouvelé sa demande de suspension des travaux.

Le 11 mai, le  Ministère Public Fédéral (MPF) du Pará a adressé une recommandation au président de l'IBAMA, lui demandant de s'abstenir  d'émettre l'autorisation de commencer l'ouvrage tant que les mesures préalables prévues en 2010 n'ont pas été réalisées. À plusieurs reprises, les membres du MPF ont fait l'objet d'intimidations et de pressions exercées par les services gouvernementaux. Le 19 mai, quatorze organisation brésiliennes ont dénoncé ces agissements aux instances compétentes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits humains à Genève

Visiblement, ni la recommandation du Ministère Public, ni la demande de la CIDH de l'OEA n'ont été suivies d'effets.

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* Voir les notes des 8 avril et 5 mars de ce blog et  "AYA Info" Nos 61, 59, 58 et d'autres bulletins antérieurs.

Pour en savoir plus (en portugais),

- Sur l'autorisation :

- Sur la position du Ministère Public Fédéral,

- Sur la controverse CIDH / Gouvernement brésilien - voir la note du 8 avril et :

- Sur la dénonciation au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme :

 

Cette note est une version mise à jour de celle publiée dans "AYA Info" No 61, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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