04/02/2011

Le premier séjour de Sylvie dans l'aire Yanomami

Cachoeira 2.jpgSylvie*, la volontaire d'E-Changer engagée comme infirmière dans le projet "santé" de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA" a fait son premier voyage dans la Terre Indigène Yanomami (TIY) entre le 19 novembre et le 20 décembre. Plus précisément, elle a visité les communautés du Rio Marauiá, un affluent du Rio Negro. Elle a accompagné Socorro, la coordinatrice du département "éducation" de la Secoya. Trois jours de bateau pour aller de Manaus à Santa Isabel do Rio Negro. Puis la pirogue à moteur pour remonter le rio Marauiá, passer les "cachoeiras" (les rapides) pour atteindre les communautés Yanomami.

La SECOYA s'est donné des règles de conduite en matière de provisions alimentaires à emmener, les cadeaux à offrir. Il faut en tenir compte lors des derniers achats à Santa Isabel. Socorro et Sylvie ont visité cinq communautés : Bicho Açu, Ixima, Pukima Beira, Raita et Pukima Cachoeira. Pour Sylvie, cette première incursion en TIY a été l'occasion de découvrir le quotidien des Yanomami : la préparation de la nourriture, de participer à un rituel de deuil, de voir l'importance du chamanisme, les écoles villageoises...

Infirmière, elle a pu constater l'état du service de santé : les postes de santé souvent vides, les agents de santé sans formation adéquate, le manque de médicaments et de matériel, la gestion des situations d'urgence extrêmement compliquée.

Au terme de son premier trimestre d'activité, elle a eu l'opportunité de faire le point avec un bon connaisseur de cette région du Brésil, le docteur Pedro Albajar, membre de AYA et de SECOYA. Pedro lui a indiqué une série de contacts locaux susceptibles de lui faciliter la tâche.

Sylvie a fait le récit de son voyage sur son blog (en français) :

http://sylvie-petter.blogspot.com/2010/12/premiere-incurs...

* Voir note du 10 décembre 2010 et la carte ci-dessous qui situe les communautés du rio Marauiá

Photo © Silvio Cavuscens : Franchir les "cachoeiras" (les rapides) du rio Marauiá n'est pas toujours chose facile, notamment dans les périodes de basses eaux.

Cette note a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 57, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

TI Y + xapono rio Marauiá-3 map_20072005 - copie copie.jpg

 

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28/01/2011

Protection des Terres Indigènes : Lula, dernier de la classe

Panneau Funai TI :Guarani Mbya Angra IMG.jpgD'une manière générale, pour les peuples indigènes, la terre n'est pas un simple outil de production. Ils ont avec leur terre un lien culturel très étroit : une quasi filiation. Ils en demandent la protection. Depuis de nombreuses années, le Brésil a un dispositif de protection - la démarcation - des Terres Indigènes (TI), du pays.

Le nombre de Terres démarquées au cours d'un mandat présidentiel est certainement l'un des indicateurs de l'intérêt porté à la politique indigéniste. À ce sujet, il est utile de rappeler la volonté des constituants de 1988 - année d'adoption de l'actuelle Constitution - de voir toutes les TI être protégées dans un délai de cinq ans. Ainsi, le processus aurait dû être conduit à son terme en octobre 1993.

Selon les sources*, le nombre de TI du Brésil est différent, mais l'unanimité se fait pour affirmer qu'en janvier 2011, il reste encore de nombreuses Terres sans protection. À la fin décembre 2010, à prendre les chiffres de l'Instituto Socioambiental - ISA, de São Paulo, sur les 672 TI du pays, 135 sont seulement en voie d'identification (la première étape vers la démarcation), et il y en a 396 pour lesquelles le processus de démarcation est complètement terminé.

Pour apprécier l'action du gouvernement Lula dans ce domaine, il est possible de la comparer avec celle des gouvernements précédents. Pour cette comparaison, seul le nombre de TI "homologuées", c'est à dire en phase terminale de démarcation a été retenu ici. Ainsi, selon ISA, Le président José Sarney (avril 85 - mars 90), a homologué 67 TI d'une surface totale de 143'704 km2. À eux deux, les présidents Fernando Collor** et Itamar Franco (mars 90 - décembre 94), en ont homologué 97 (dont la TI Yanomami), d'une surface totale de 318'376 km2. Fernando Henrique Cardoso (janvier 95 - décembre 2002), en a homologué 145 d'une surface totale de 412'269 km2. Enfin, Luiz Inácio Lula da Silva (janvier 2003 - décembre 2010), en a homologué 87, d'une surface totale de 187'857 km2.

L'objectif, exprimé en 2002, dans le programme électoral des partis qui ont soutenu la candidature de Lula, de réduire tout le passif des TI non démarquées n'a pas été atteint. Lula n'a pas été le champion de la démarcation. Dans ce domaine, il est même le dernier au classement des présidents. Cependant il a à son actif l'homologation, en avril 2005***, de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, située dans l'État de Roraima, au nord du Brésil. C'est l'une des dernières grandes TI à avoir été homologuée malgré l'hostilité de la majorité de la classe politique de la région, et de riziculteurs particulièrement agressifs. Le décret d'homologation a été contesté devant le Tribunal Suprême Fédéral - STF, qui l'a déclaré valide le 19 mars 2009. À cette occasion, le STF a édicté une série de conditions pour les futures démarcations de Terres Indigènes.

Pour en savoir plus (en portugais ) : http://pib.socioambiental.org/caracterizacao.php > Terras indígenas > Demarcações

* Voir d'autres chiffes et manières de compter :

** Destitué en 1992

*** Voir AYA Info No 49

Photo B. Comoli : La FUNAI place des panneaux semblables aux entrées de Terres Indigènes protégées pour en interdire l'accès.

L'essentiel de cette note a été publié dans le bulletin "AYA Info" No 57, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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21/01/2011

L'Hutukara Yanomami veut un service de santé efficace

AG Hutukara nov 2010 IMG_4498 - copie.JPGDu 1er au 7 novembre plusieurs centaines de Yanomami et Ye'kuana étaient réunis dans la région de Toototobi, dans la Terre Indigène Yanomami - TIY (Etat de Roraima), pour la IVe Assemblée Générale de l'Hutukara* Associação Yanomami - HAY. Ils ont mis à l'ordre du jour de cette réunion l'essentiel de leurs préoccupations : les changements climatiques, les nouveaux espaces d'occupation de la Terre Indigène, l'éducation, la lutte contre les envahisseurs et le service de santé. Ils ont évidemment procédé à une évaluation de l'activité déployée par l'association au cours de ces trois dernières années alors qu'elle est confrontée au manque de ressources financières.

Les leaders ont tracé les lignes d'action pour les trois années à venir. Ils ont encore procédé à l'élection des responsables de l'association. Davi Kopenawa a été reconduit à la présidence de l'HAY. Le fait marquant de la réunion a été la visite d'Antonio Alves, le responsable du nouveau Secrétariat Spécial de la Santé Indigène - SESAI, créé le 19 octobre. Le Secrétaire a été décoré d'un brassard décoré de plumes d'Arara, ornement caractéristique du peuple Yanomami. Un présent qui symbolise une alliance passée entre le récipiendaire et ses hôtes qui attendent un service de santé de qualité. L'Assemblée a été informée de l'épidémie de paludisme qui a frappé des communautés Yanomami du Venezuela tout proche. Elle a causé la mort de plusieurs indiens, entre 17 et 54 selon les sources.

Pour en savoir plus (en portugais) : http://www.hutukara.org / L'accès aux informations n'est pas tout simple, il est nécessaire de rechercher les divers documents, textes et photos :

  • Le compte-rendu de l'Assemblée : > Ata IV Assembleia Hutukara - Toototobi 2010
  • Des photos de l'Assemblée : > GALERIA > Foto > IV Assembleia Hutukara 2010
  • Les reflets de l'AG dans la presse : > SITEMAP > SAÚDE INDÍGENA Secretário... / Uma Pajelança... / Surto ameaça... / Mudança Climática... / PAJÉS YANOMAMI-Índios fazem rituais... / Democracia xamânica

* Hutukara est le nom de la nouvelle forêt créée par Omama (le créateur des Yanomami). C'est aussi le nom de l'ancien ciel qui est tombé autrefois. Voir "La chute du ciel " p. 56 > AYA Info No 54 et note du 11 novembre de ce blog

Photo (SESAI) : Antonio Alves, le responsable du Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI en discussion avec deux membres de l'Assemblée.

Cette note a été publiée dans le bulletin AYA Info No  56  de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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13/01/2011

Rencontre avec Silvio Casvuscens : Les perspectives pour les peuples indigènes au Brésil

AYA Rencontre Silvio 180111 flyer.jpgMardi 18 janvier, l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA propose une rencontre avec Silvio Cavuscens, le coordinateur de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA, dont le siège est à Manaus.

Silvio est engagé aux côtés des indiens de l'Amazonie brésilienne depuis 35 ans. Il évoquera les perspectives pour les peuples indigènes du Brésil à ce moment de changement de gouvernement. Il parlera également du travail de son association avec les Yanomami de l'État d'Amazonas.

Les lecteurs de ce blog, dont les notes portent essentiellement sur la problématique indigène au Brésil, sont invités à participer à cette rencontre. C'est une occasion de faire plus ample connaissance avec un acteur de terrain particulièrement expérimenté.

La rencontre aura lieu à 20h, à la salle Chico Mendes de la Maison des Associations au 15 de la rue des Savoises, 1205 Genève. L'entrée est libre.

 

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07/01/2011

Dilma Rousseff au Planalto

Planalto.jpgLe 1er janvier à Brasilia, Dilma Roussef, une économiste, est devenue la première femme, Présidente de l'histoire du Brésil. Elle occupe pour quatre ans le Planalto, le palais présidentiel. Ce jour-là, devant les membres du Congrès, elle a prononcé un discours dans lequel elle a formulé les grandes lignes de l'action qu'elle entend conduire à la tête du pays. À plusieurs reprises elle a parlé de la pauvreté : "La lutte la plus obstinée de mon gouvernement sera celle de l'éradication de l'extrême pauvreté... La misère existe encore et fait honte à notre pays..." Les services de la présidence ont déjà publié le programme du gouvernement qui se décline en treize lignes directrices : le renforcement de la démocratie, la croissance, le système unique de santé, l'éducation, la sécurité, etc.

Peu avant Noël, avec le Vice-président Michel Temer, un spécialiste de droit constitutionnel, Dilma a présenté le nouveau gouvernement composé de trente-sept ministres, neuf femmes et vingt-huit hommes. Quatorze sont des "sortants" de l'équipe gouvernementale de Lula et vingt-trois sont des nouveaux. Toutes ces personnalités ne sont pas à la tête d'un Ministère, comme par exemple, le président de la Banque centrale, l'Avocat général de l'Union ou les responsables de divers Secrétariats. Le responsable de la "Maison civile" de la présidente est souvent considéré comme un Premier ministre. Cette tâche a été confiée à Antonio Palocci.

Dix-sept membres du gouvernement appartiennent au Parti des Travailleurs (PT), le parti de Dilma. Six au Parti du Mouvement Démocratique du Brésil (PMDB), le parti du Vice-président. Deux sont du Parti Socialiste Brésilien (PSB). Et trois autres partis de la coalition qui a soutenu la candidature de Dilma, ont chacun un ministre. Le chargé des Relations institutionnelles, Luiz Sérgio, est un ancien syndicaliste de la métallurgie, un dessinateur à l'ancien chantier naval Verolme d'Angra dos Reis, ville côtière de l'État de Rio de Janeiro dont il a été maire. Après Lula, le syndicat de la métallurgie de la Centrale Unique des travailleurs (CUT), continue de fournir du personnel dans les hautes sphères politiques du Brésil !

En relation avec les questions indigènes, plusieurs ministères ont une importance particulière. Le Ministère de la justice, dont dépend la Fondation Nationale de l'Indien (FUNAI), a changé de titulaire : il est maintenant dirigé par José Eduardo Cardozo, un avocat, jusque-là député fédéral de São Paulo. Le président de la FUNAI, Márcio Meira, a été reconduit à son poste. Alexandre Padilha, un médecin, est le nouveau Ministre de la santé, il est à la tête du ministère de tutelle du nouveau Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI, en charge du service de santé auprès des peuples indigènes. Le Ministère de l'éducation n'a pas changé de titulaire depuis 2005, il est dirigé par Fernando Haddad, un docteur en philosophie et professeur en sciences politiques. On sait l'importance de la mise en oeuvre d'une éducation différenciée pour les peuples indigènes. Depuis avril 2010, Izabella Teixeira, une biologiste, est confirmée à la tête du Ministère de l'environnement. Edison Lobão, un avocat et journaliste, assume à nouveau le Ministère des mines et de l'énergie, poste  qu'il avait quitté quelques mois en 2010 pour être candidat - il a été élu - Sénateur de l'État du Maranhão. Il a en charge le dossier du barrage contesté de Belo Monte sur le rio Xingu.

Tout récemment, ce mardi 3 janvier, le Ministre des finances, Guido Mantega, a confirmé la nécessité de réaliser des coupes dans le budget fédéral de 2011 pour faire face aux conséquences de la baisse du dollar américain.

Pour en savoir plus :

• Le discours de Dilma devant le Congrès (en français) : http://www.info.planalto.gov.br/ > Discursos e Entrevistas > Janeiro 2011 > 01/01/2011 > Discours prononcé

• Les lignes directices du gouvernement (en portugais) :  http://www.presidencia.gov.br/diretrizes-de-governo/view

• La liste des ministres :  http://www.presidencia.gov.br/ministros

 

"AYA Info" souhaite une bonne et heureuse année 2011 à ses lectrices et lecteurs. Il souhaite également que la nouvelle Présidente du Brésil et son gouvernement soient à l'écoute des Peuples indigènes du pays.

 

Cette note sera publiée dans le prochain bulletin "AYA Info" No 57, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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30/12/2010

Le nouveau Congrès brésilien

Le Congrès Brasilia images.jpegÀ l'extérieur du Brésil, les informations liées aux dernières élections brésiliennes des 3 et 31 octobre, ont surtout traité de l'élection présidentielle, alors que le corps électoral était appelé, en plus de la présidence de la république, à élire également les membres de la Chambre des députés, une partie du Sénat, les Gouverneurs et les membres des Assemblées législatives des vingt-six États et du District fédéral.

La rentrée parlementaire, pour la 54e législature, est fixée au 1er février 2011, mais tous les membres du Congrès sont déjà convoqués, à Brasilia le 1er janvier, pour la cérémonie d'entrée en fonction de la nouvelle présidence.

À la Chambre des Députés, les partis qui ont soutenu Dilma Rousseff, occuperont 311 des 513 sièges, dont 88 pour le Parti des Travailleurs - PT, celui de la présidente élue; c'est le groupe parlementaire le plus important. Il est suivi par le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien - PMDB, celui du vice-président Michel Temer, avec 79 députés. La coalition qui a soutenu José Serra a placé 136 députés. Ainsi, dans l'opposition, le Parti Social Démocrate Brésilien - PSDB, celui de Serra, sera représenté par 53 députés et le parti des Démocrates - DEM en a 43.

Au Sénat, la coalition de partis qui a soutenu Dilma sera représentée par 50 des 81 sénateurs dont 21 du PMDB et 14 du PT. La coalition qui a soutenu Serra en aura 24, dont 10 du PSDB et 6 du DEM. Selon l'Institut National d'Études Socioéconomiques - INESC, de Brasilia, la "Bancada ruralista", le groupe parlementaire qui est favorable à l'agrobusiness, a perdu 45% de ses représentants, mais il conserve son noyau le plus dur.

Comme Lula, Dilma devra composer avec les partis de sa coalition pour faire avancer ses projets au Congrès.

Des 27 gouverneurs élus, ou réélus, 16 appartiennent à la coalition qui a soutenu Dilma et 11 à celle qui a voté en faveur de Serra. Dans les États amazoniens, 4 gouverneurs appartiennent aux partis favorables au nouveau gouvernement et 5 sont dans l'opposition.

Ces données n'ont qu'une valeur indicative, les élus étant susceptibles de définir leur vote en fonction des sujets qui leur sont soumis.

Enfin, plusieurs médias ont rappelé comment, l'obligation pour les électeurs, de présenter au local de vote, en plus de la carte d'électeur, une pièce officielle avec photo pour justifier de leur identité, avait empêché de nombreux indiens de participer aux élections.

Pour en savoir plus (en portugais) :

Photo : l'immeuble du Congrès à Brasilia

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin AYA Info No 56, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

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23/12/2010

Une "Tronçonneuse d'or" en cadeau !

katiaabreu.jpgÀ Cancún, où elle participait à la 16e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, la sénatrice du Tocantins, Kátia Abreu, leader du groupe parlementaire "ruraliste" a refusé une réplique de "Tronçonneuse d'or", un "Prix" qu'a tenté de lui remettre, le 8 décembre, Sonia Guajajara, la vice-coordinatrice de la COIAB (Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne).

Par ce geste symbolique, la COIAB et Greenpeace ont voulu faire connaître la gravité de l'atteinte qui serait portée à la protection de la forêt amazonienne et à l'environnement au Brésil, si le projet de réforme du Code forestier, adopté le  6 juillet par une Commission de la Chambre des députés*, était accepté en plénière. La "Bancada ruralista" à laquelle appartient la sénatrice soutient ce projet de loi. Cette réforme est contestée par de nombreux scientifiques, les autorités judiciaires, de nombreuses organisations de la société civile et écologistes.

Une controverse a eu lieu à la Chambre des députés ce début décembre à l'annonce d'un probable vote pour inscrire ce projet de loi contesté en "débat d'urgence". Les leaders des différents groupes parlementaires ne sont pas parvenus à un accord à ce sujet. L'urgence n'a pas été inscrite à l'ordre du jour des travaux.

*Voir la note du 13 août de ce blog et "AYA Info" No 52.

Pour en savoir plus (en portugais) :

- L'information de la COIAB : http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=inde...

- Sur la controverse à la Chambre des députés : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3236

Photo Greenpeace

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 56, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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17/12/2010

La déforestation de l'Amazonie à son plus bas niveau depuis 23 ans

6'451 km2, c'est la surface de forêt amazonienne détruite entre août 2009 et juillet 2010, le chiffre le plus bas observé depuis 1988. Il s'agit d'une réduction de 13,6% par rapport au relevé de juillet 2009 (7'464 km2). Le résultat de cette évaluation de l'Institut National d'Enquêtes Spatiales - INPE, ne comprend pas les États de l'Amapá et de Roraima. Il devra être confirmé d'ici mars 2011. L'annonce en a été faite le 1er décembre à Brasilia par le président Lula.

Pour le gouvernement, les baisses successives du rythme de la déforestation de ces dernières années sont le résultat de l'application d'un ensemble de politiques publiques, dont le "Plan d'action pour la Préservation et le Contrôle de la Déforestation dans l'Amazonie légale" - PPCDAM, créé en mars 2004, sur la base d'un décret présidentiel du 3 juillet 2003.

La réduction de la déforestation n'est pas générale. Contrairement à ce qui s'est passé dans cinq autres États, les deux États de l'Acre et de l'Amazonas ont vu la surface de déforestation augmenter au cours de la période sous revue, passant respectivement de 167 à 273 km2, et de 405 à 474 km2 par rapport à la période précédente. Entre août 2009 et juillet 2010, les champions du déboisement sont les deux États du Pará et du Mato Grosso. Le premier a vu détruire 3'710 km2 de forêt (57,5% de la déforestation), et le deuxième 828 km2 (12,8%). Ils sont fidèles à la tradition. En effet, depuis 1988, leur part dans la déforestation de l'Amazonie légale a oscillé entre 60% en 1991, et 75% en 2004. À titre indicatif, ces deux États représentent environ 42% de la surface cette partie du Brésil. Selon Gilberto Câmara, le directeur de l'INPE, la part des coupes de moins de 50 hectares a fortement progressé entre 2002 et 2010, passant de 35% à 80%. Les auteurs de ces coupes "réduites" chercheraient à échapper à la vigilance des satellites d'observation.

Les statistiques diffusées par l'Institut permettent de situer le résultat qui vient d'être publié par rapport à ces trente dernières années. Entre 1977 et 1988, dans toute l'Amazonie légale, la moyenne annuelle de déforestation était de l'ordre de 21'000 km2. Dans les années 90, la plus faible surface détruite l'a été en 1991 : "seulement" 11'030 km2. Et la plus forte, en 1995, avec 29'059 km2. C'est le pic le plus élevé au cours de ces 23 ans. Les deux années 2003 et 2004 ont aussi connu une forte poussée de déforestation avec, respectivement, 25'396 et 27'772 km2. Mais depuis 2005, les chiffres sont régulièrement orientés à la baisse. Au cours des vingt-trois dernières années, c'est plus de 385'000 km2 de forêt qui ont disparu. Si l'on ajoute à ce chiffre l'estimation de 231'500 km2 de déforestation qui se serait produite depuis 1977, le total serait alors supérieur à 616'000 km2 pour ces trente-trois dernières années. Il est généralement admis que la forêt amazonienne a perdu environ 17% de sa surface initiale.

Pour en savoir plus (en portugais) :

Cette note sera publiée dans le bulletin "AYA Info" No 56, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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10/12/2010

Une infirmière suisse au service des Yanomami

Photo BC:Sylvie P et Pedro A Lugnorre 11:09:10 P9111043 - copie.JPGSylvie Petter, infirmière de son état, a quitté son Vully natal à la fin octobre pour rejoindre l'équipe du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA, dont le siège est à Manaus. Ce Service coopère essentiellement avec les Yanomami de l'État d'Amazonas. Elle y a intégré le programme "Santé" de l'organisation. Elle est volontaire de l'ONG "E-Changer" dont le siège est à Fribourg. Son engagement est prévu pour une durée de trois ans.

Le 11 septembre déjà, à Lugnorre, son village d'origine, elle a expliqué son futur travail à sa famille et à ses amis qui constituent son "Groupe de soutien". Quatre membres de l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA, qui appuie l'organisation amazonienne, avaient fait le déplacement. Parmi eux, le médecin brésilien, Pedro Albajar Viñas de l'OMS, aussi membre de la SECOYA. Bruno Clément, le
responsable 'Partenariats Sud'
 et chargé du réseau "Fribourg" de E-Changer a présenté son organisation et le sens donné à ce partenariat.

Sylvie a déjà voyagé et séjourné en Amérique latine, en Equateur et au Brésil. Tout n'est donc pas nouveau pour elle dans ce cadre de vie amazonien malgré tout particulier. Sur son blog, elle raconte son arrivée à Manaus le 29 octobre. Elle a passé le week-end de la Toussaint à Rio Preto da Eva, une localité située à 80 km de Manaus où Silvio Cavuscens, le coordinateur de la SECOYA, reçoit ses visiteurs quand il veut leur donner un aperçu de la forêt amazonienne. Depuis le 19 novembre et jusqu'au 20 décembre, sa messagerie électronique renvoie un avis d'absence. Elle est "sur le terrain", loin de Manaus. Elle commence son activité au moment où le service de santé indigène du Brésil est en pleine mutation avec la création récente du Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI. Le Secrétariat doit se substituer à la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA, dont les services sont contestés.

Les membres d'AYA se réjouissent de l'engagement pris par Sylvie et lui souhaitent beaucoup de satisfaction dans son travail.

Sylvie ajoute son nom à la liste des Suisses qui se sont mis au service des peuples indigènes de l'Amazonie. Leur expérience, leur engagement, est un volet de la coopération qui mériterait d'être mieux connu.

Photo © BC : Sylvie et Pedro à Lugnorre le 11 septembre dernier.

Pour en savoir plus (en français) :

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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26/11/2010

Lula crée le Secrétariat Spécial de la Santé Indigène

Assinatura_do_Decreto_da_Secretaria_Nacional_de_Sa_de_Ind_gena_050.jpgLe 19 octobre, le Président de la république a signé le décret qui place le service de santé indigène sous la responsabilité directe du Ministère de la santé. Ce service était jusque-là confié à la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA. Le décret crée ainsi le Secrétariat Spécial de la Santé Indigène - SESAI, demandé de longue date par les organisations indigènes qui se plaignaient des dysfonctionnements de la FUNASA. Les deux organes ont un délai de six mois pour effectuer la transition. Il appartient à la FUNASA de donner tout l'appui nécessaire pour que la transition se fasse sans altérer le service de santé dans les communautés indigènes. Le nouveau SESAI devra coordonner la mise en œuvre de la politique nationale de santé des Peuples indigènes par le moyen d'une gestion démocratique et participative. Le Secrétariat comportera deux départements, l'un chargé de la gestion et l'autre chargé du service de santé proprement dit. Les deux départements seront au service des trente-quatre Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes - DSEI, répartis dans tout le Brésil. Reste un énorme travail à réaliser pour rendre le nouveau SESAI opérationnel et lui donner la capacité d'apporter aux communautés indigènes le service de santé, de qualité, auquel elles ont droit. Le Secrétaire du SESAI, Antonio Alves, a déjà pris contact, à Brasilia, avec l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. Il s'est déplacé à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, pour rencontrer les responsables du DSEI Yanomami. Il a également participé à la IVe Assemblée Générale de Hutukara Association Yanomami - HAY qui a eu lieu du 1er au 7 novembre dans la communauté de Toototobi, dans la Terre Indigène Yanomami.

Voir "AYA Info" Nos 49 et 52

Pour en savoir plus (en portugais) : Le Décret présidentiel : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/_Ato2007-2010§/2010/... / L'écho au sein des organisations indigènes et des photos de la cérémonie : http://blogapib.blogspot.com/2010/10/presidente-lula-assi...

Cette note a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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