30/12/2010

Le nouveau Congrès brésilien

Le Congrès Brasilia images.jpegÀ l'extérieur du Brésil, les informations liées aux dernières élections brésiliennes des 3 et 31 octobre, ont surtout traité de l'élection présidentielle, alors que le corps électoral était appelé, en plus de la présidence de la république, à élire également les membres de la Chambre des députés, une partie du Sénat, les Gouverneurs et les membres des Assemblées législatives des vingt-six États et du District fédéral.

La rentrée parlementaire, pour la 54e législature, est fixée au 1er février 2011, mais tous les membres du Congrès sont déjà convoqués, à Brasilia le 1er janvier, pour la cérémonie d'entrée en fonction de la nouvelle présidence.

À la Chambre des Députés, les partis qui ont soutenu Dilma Rousseff, occuperont 311 des 513 sièges, dont 88 pour le Parti des Travailleurs - PT, celui de la présidente élue; c'est le groupe parlementaire le plus important. Il est suivi par le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien - PMDB, celui du vice-président Michel Temer, avec 79 députés. La coalition qui a soutenu José Serra a placé 136 députés. Ainsi, dans l'opposition, le Parti Social Démocrate Brésilien - PSDB, celui de Serra, sera représenté par 53 députés et le parti des Démocrates - DEM en a 43.

Au Sénat, la coalition de partis qui a soutenu Dilma sera représentée par 50 des 81 sénateurs dont 21 du PMDB et 14 du PT. La coalition qui a soutenu Serra en aura 24, dont 10 du PSDB et 6 du DEM. Selon l'Institut National d'Études Socioéconomiques - INESC, de Brasilia, la "Bancada ruralista", le groupe parlementaire qui est favorable à l'agrobusiness, a perdu 45% de ses représentants, mais il conserve son noyau le plus dur.

Comme Lula, Dilma devra composer avec les partis de sa coalition pour faire avancer ses projets au Congrès.

Des 27 gouverneurs élus, ou réélus, 16 appartiennent à la coalition qui a soutenu Dilma et 11 à celle qui a voté en faveur de Serra. Dans les États amazoniens, 4 gouverneurs appartiennent aux partis favorables au nouveau gouvernement et 5 sont dans l'opposition.

Ces données n'ont qu'une valeur indicative, les élus étant susceptibles de définir leur vote en fonction des sujets qui leur sont soumis.

Enfin, plusieurs médias ont rappelé comment, l'obligation pour les électeurs, de présenter au local de vote, en plus de la carte d'électeur, une pièce officielle avec photo pour justifier de leur identité, avait empêché de nombreux indiens de participer aux élections.

Pour en savoir plus (en portugais) :

Photo : l'immeuble du Congrès à Brasilia

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin AYA Info No 56, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

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23/12/2010

Une "Tronçonneuse d'or" en cadeau !

katiaabreu.jpgÀ Cancún, où elle participait à la 16e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, la sénatrice du Tocantins, Kátia Abreu, leader du groupe parlementaire "ruraliste" a refusé une réplique de "Tronçonneuse d'or", un "Prix" qu'a tenté de lui remettre, le 8 décembre, Sonia Guajajara, la vice-coordinatrice de la COIAB (Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne).

Par ce geste symbolique, la COIAB et Greenpeace ont voulu faire connaître la gravité de l'atteinte qui serait portée à la protection de la forêt amazonienne et à l'environnement au Brésil, si le projet de réforme du Code forestier, adopté le  6 juillet par une Commission de la Chambre des députés*, était accepté en plénière. La "Bancada ruralista" à laquelle appartient la sénatrice soutient ce projet de loi. Cette réforme est contestée par de nombreux scientifiques, les autorités judiciaires, de nombreuses organisations de la société civile et écologistes.

Une controverse a eu lieu à la Chambre des députés ce début décembre à l'annonce d'un probable vote pour inscrire ce projet de loi contesté en "débat d'urgence". Les leaders des différents groupes parlementaires ne sont pas parvenus à un accord à ce sujet. L'urgence n'a pas été inscrite à l'ordre du jour des travaux.

*Voir la note du 13 août de ce blog et "AYA Info" No 52.

Pour en savoir plus (en portugais) :

- L'information de la COIAB : http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=inde...

- Sur la controverse à la Chambre des députés : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3236

Photo Greenpeace

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 56, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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17/12/2010

La déforestation de l'Amazonie à son plus bas niveau depuis 23 ans

6'451 km2, c'est la surface de forêt amazonienne détruite entre août 2009 et juillet 2010, le chiffre le plus bas observé depuis 1988. Il s'agit d'une réduction de 13,6% par rapport au relevé de juillet 2009 (7'464 km2). Le résultat de cette évaluation de l'Institut National d'Enquêtes Spatiales - INPE, ne comprend pas les États de l'Amapá et de Roraima. Il devra être confirmé d'ici mars 2011. L'annonce en a été faite le 1er décembre à Brasilia par le président Lula.

Pour le gouvernement, les baisses successives du rythme de la déforestation de ces dernières années sont le résultat de l'application d'un ensemble de politiques publiques, dont le "Plan d'action pour la Préservation et le Contrôle de la Déforestation dans l'Amazonie légale" - PPCDAM, créé en mars 2004, sur la base d'un décret présidentiel du 3 juillet 2003.

La réduction de la déforestation n'est pas générale. Contrairement à ce qui s'est passé dans cinq autres États, les deux États de l'Acre et de l'Amazonas ont vu la surface de déforestation augmenter au cours de la période sous revue, passant respectivement de 167 à 273 km2, et de 405 à 474 km2 par rapport à la période précédente. Entre août 2009 et juillet 2010, les champions du déboisement sont les deux États du Pará et du Mato Grosso. Le premier a vu détruire 3'710 km2 de forêt (57,5% de la déforestation), et le deuxième 828 km2 (12,8%). Ils sont fidèles à la tradition. En effet, depuis 1988, leur part dans la déforestation de l'Amazonie légale a oscillé entre 60% en 1991, et 75% en 2004. À titre indicatif, ces deux États représentent environ 42% de la surface cette partie du Brésil. Selon Gilberto Câmara, le directeur de l'INPE, la part des coupes de moins de 50 hectares a fortement progressé entre 2002 et 2010, passant de 35% à 80%. Les auteurs de ces coupes "réduites" chercheraient à échapper à la vigilance des satellites d'observation.

Les statistiques diffusées par l'Institut permettent de situer le résultat qui vient d'être publié par rapport à ces trente dernières années. Entre 1977 et 1988, dans toute l'Amazonie légale, la moyenne annuelle de déforestation était de l'ordre de 21'000 km2. Dans les années 90, la plus faible surface détruite l'a été en 1991 : "seulement" 11'030 km2. Et la plus forte, en 1995, avec 29'059 km2. C'est le pic le plus élevé au cours de ces 23 ans. Les deux années 2003 et 2004 ont aussi connu une forte poussée de déforestation avec, respectivement, 25'396 et 27'772 km2. Mais depuis 2005, les chiffres sont régulièrement orientés à la baisse. Au cours des vingt-trois dernières années, c'est plus de 385'000 km2 de forêt qui ont disparu. Si l'on ajoute à ce chiffre l'estimation de 231'500 km2 de déforestation qui se serait produite depuis 1977, le total serait alors supérieur à 616'000 km2 pour ces trente-trois dernières années. Il est généralement admis que la forêt amazonienne a perdu environ 17% de sa surface initiale.

Pour en savoir plus (en portugais) :

Cette note sera publiée dans le bulletin "AYA Info" No 56, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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10/12/2010

Une infirmière suisse au service des Yanomami

Photo BC:Sylvie P et Pedro A Lugnorre 11:09:10 P9111043 - copie.JPGSylvie Petter, infirmière de son état, a quitté son Vully natal à la fin octobre pour rejoindre l'équipe du "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA, dont le siège est à Manaus. Ce Service coopère essentiellement avec les Yanomami de l'État d'Amazonas. Elle y a intégré le programme "Santé" de l'organisation. Elle est volontaire de l'ONG "E-Changer" dont le siège est à Fribourg. Son engagement est prévu pour une durée de trois ans.

Le 11 septembre déjà, à Lugnorre, son village d'origine, elle a expliqué son futur travail à sa famille et à ses amis qui constituent son "Groupe de soutien". Quatre membres de l'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA, qui appuie l'organisation amazonienne, avaient fait le déplacement. Parmi eux, le médecin brésilien, Pedro Albajar Viñas de l'OMS, aussi membre de la SECOYA. Bruno Clément, le
responsable 'Partenariats Sud'
 et chargé du réseau "Fribourg" de E-Changer a présenté son organisation et le sens donné à ce partenariat.

Sylvie a déjà voyagé et séjourné en Amérique latine, en Equateur et au Brésil. Tout n'est donc pas nouveau pour elle dans ce cadre de vie amazonien malgré tout particulier. Sur son blog, elle raconte son arrivée à Manaus le 29 octobre. Elle a passé le week-end de la Toussaint à Rio Preto da Eva, une localité située à 80 km de Manaus où Silvio Cavuscens, le coordinateur de la SECOYA, reçoit ses visiteurs quand il veut leur donner un aperçu de la forêt amazonienne. Depuis le 19 novembre et jusqu'au 20 décembre, sa messagerie électronique renvoie un avis d'absence. Elle est "sur le terrain", loin de Manaus. Elle commence son activité au moment où le service de santé indigène du Brésil est en pleine mutation avec la création récente du Secrétariat Spécial de Santé Indigène - SESAI. Le Secrétariat doit se substituer à la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA, dont les services sont contestés.

Les membres d'AYA se réjouissent de l'engagement pris par Sylvie et lui souhaitent beaucoup de satisfaction dans son travail.

Sylvie ajoute son nom à la liste des Suisses qui se sont mis au service des peuples indigènes de l'Amazonie. Leur expérience, leur engagement, est un volet de la coopération qui mériterait d'être mieux connu.

Photo © BC : Sylvie et Pedro à Lugnorre le 11 septembre dernier.

Pour en savoir plus (en français) :

Cette note (modifiée) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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26/11/2010

Lula crée le Secrétariat Spécial de la Santé Indigène

Assinatura_do_Decreto_da_Secretaria_Nacional_de_Sa_de_Ind_gena_050.jpgLe 19 octobre, le Président de la république a signé le décret qui place le service de santé indigène sous la responsabilité directe du Ministère de la santé. Ce service était jusque-là confié à la Fondation Nationale de la Santé - FUNASA. Le décret crée ainsi le Secrétariat Spécial de la Santé Indigène - SESAI, demandé de longue date par les organisations indigènes qui se plaignaient des dysfonctionnements de la FUNASA. Les deux organes ont un délai de six mois pour effectuer la transition. Il appartient à la FUNASA de donner tout l'appui nécessaire pour que la transition se fasse sans altérer le service de santé dans les communautés indigènes. Le nouveau SESAI devra coordonner la mise en œuvre de la politique nationale de santé des Peuples indigènes par le moyen d'une gestion démocratique et participative. Le Secrétariat comportera deux départements, l'un chargé de la gestion et l'autre chargé du service de santé proprement dit. Les deux départements seront au service des trente-quatre Districts Sanitaires Spéciaux Indigènes - DSEI, répartis dans tout le Brésil. Reste un énorme travail à réaliser pour rendre le nouveau SESAI opérationnel et lui donner la capacité d'apporter aux communautés indigènes le service de santé, de qualité, auquel elles ont droit. Le Secrétaire du SESAI, Antonio Alves, a déjà pris contact, à Brasilia, avec l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. Il s'est déplacé à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, pour rencontrer les responsables du DSEI Yanomami. Il a également participé à la IVe Assemblée Générale de Hutukara Association Yanomami - HAY qui a eu lieu du 1er au 7 novembre dans la communauté de Toototobi, dans la Terre Indigène Yanomami.

Voir "AYA Info" Nos 49 et 52

Pour en savoir plus (en portugais) : Le Décret présidentiel : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/_Ato2007-2010§/2010/... / L'écho au sein des organisations indigènes et des photos de la cérémonie : http://blogapib.blogspot.com/2010/10/presidente-lula-assi...

Cette note a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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11/11/2010

Le chaman Davi Kopenawa : "La chute du ciel" menace !

La Chute du ciel 44954444c97bf0c067f5.jpg"Même si les Blancs sont persuadés qu'il s'agit de mensonges, les xapiri(1) et l'image d'Omama(2) le leur répètent aussi : "Si vous détruisez la forêt, le ciel se brisera à nouveau et il tombera sur la terre !" C'est le cri d'alarme - en forme de message prophétique - lancé par le chaman Yanomami Davi Kopenawa dans un livre publié le 30 septembre, dans la collection "Terre Humaine", aux éditions Plon (Paris).

L'anthropologue Bruce Albert, ami de Davi. est cosignataire de l'ouvrage. Il a traduit sur des "peaux de papier", avec de nombreuses explications à l'appui, le message que veut transmettre le chaman aux Blancs. Davi retrace sa vie, son contact avec les Blancs; sa fonction de chaman et son combat en faveur de son peuple et de la forêt amazonienne en bute à l'action prédatrice du "Peuple de la marchandise". Ce livre est une très  riche ouverture sur une culture en danger incarnée et racontée par Davi lui-même.

L'ouvrage est divisé en trois parties de huit chapitres chacune. Il est complété par des cartes, dessins (de Davi), deux glossaires, deux index et une bibliographie. Un livre qui fera date.

Par ailleurs, l'association regroupant les Yanomami de l'État de Roraima, l'Hutukara Associação Yanomami - HAY, a tenu son assemblée générale du 1er au 7 novembre. L'ordre du jour de la rencontre, un article et quelques photos sont en ligne sur le site Internet de l'association (3).

(1) Les esprits chamaniques (prononcer : chapiri).

(2) Le créateur.

(3) Le site Internet de l'HAY (en portugais) : http://www.hutukara.org

Pour en savoir plus (en français) :

  • Les références du livre : "La chute du Ciel - Paroles d'un chaman yanomami". Auteurs : Davi Kopenawa et Bruce Albert. Collection "Terre Humaine" éditions Plon (Paris). 825 p. - 28 Euros - ISBN Plon : 978-2-259-21068-3 - ISSN : 0492-7915
  • Une interview de Davi par Raymond Depardon dans le quotidien français "Libération" : http://voyages.liberation.fr/grandes-destinations/depardo...

Cette note (mise à jour) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 54, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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01/11/2010

Brésil : Dilma l'emporte aussi en Amazonie

Les citoyens brésiliens ont choisi. Ils ont élu à la présidence de la république, Dilma Rousseff, la dauphine le Lula et candidate du Parti des Travailleurs - PT. Elle l'emporte avec plus de 56% des 99,3 millions de votes valides. Elle arrive en tête dans quinze États de l'Union et dans le District fédéral.

Pour la première fois de son histoire, le Brésil sera dirigé par une femme.

José Serra, du Parti Social-Démocrate - PSDB, a été crédité de 44% des votes. Il arrive en tête dans onze États. Il a aussi été le favori des 80'000 électeurs brésiliens de l'étranger auprès desquels il a recueilli 59% des suffrages. Le taux d'abstention à l'extérieur du Brésil a  été particulièrement élevé : 57%.

Il est un peu tôt pour savoir sur lequel des deux candidats restés en lice, les près de 20 millions d'électeurs de Marina Silva du premier tour ont reporté leur voix. Entre le premier et le deuxième tour, Dilma a vu le nombre de ses électeurs passer de 47,6 à 55,7 millions, soit une progression de l'ordre de 17%. Et Serra de 33,1 à 43,7 millions de suffrages, soit une augmentation de près de 32%. Ces données tendent à montrer que ce dernier a davantage séduit l'électorat de Marina Silva du Parti Vert. Celui-ci avait décidé de rester "indépendant" pour le deuxième tour.

Comme au premier tour, Dilma l'a emporté en Amazonie légale* avec 62% des 11,4 millions des votes valides dénombrés dans cette région. Elle arrive en tête dans cinq États. En pourcentage, elle fait même deux de ses meilleurs scores nationaux dans les États de l'Amazonas et du Maranhão, où elle a obtenu respectivement 80% et 79% des voix. Dans cette partie du Brésil, Serra recueille 38% des voix. Il est le premier classé dans quatre États. En pourcentage toujours, il fait ses meilleurs résultats nationaux dans les deux États d'Acre et de Roraima avec 69% et  66,5% des suffrages. La coalition qui a soutenu sa candidature intègre plus particulièrement les tenants de l'agrobusiness et les opposants aux droits des indigènes.

Ce clivage politique très marqué au sein de l'Amazonie légale, ne reflète qu'en partie les divergences relatives au type développement économique de la région voulu par les deux coalitions de partis en lutte pour la présidence. Une autre vision du développement est exprimée par les organisations indigènes. Ainsi, le 29 octobre, avant même le deuxième tour, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, a remis une lettre ouverte aux deux présidentiables dans laquelle elle énumère une dizaine de mesures qu'elle voudrait voir être mises en œuvre par le prochain gouvernement. Dans l'introduction, elle conteste "... un type de développement marqué par le rêve de la croissance illimitée basée sur la destruction de la Mère Nature". Dans ce texte, elle demande notamment, de renoncer à la construction du complexe hydroélectrique de Belo Monte, situé au cœur de l'Amazonie. Ce projet est soutenu de longue date par Lula et la nouvelle élue...

Pour en savoir plus (en portugais) :

• Le résultat des élections : http://divulgacao.tse.gov.br/ et http://apuracao.ebc.com.br/

• Le document de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2010/10/carta-publica-aos-pr...

* L'Amazonie légale est composée de huit États : Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima et d'une partie du Maranhão. Elle a une superficie de 5,2 millions de km2 qui correspond à environ 61% du territoire brésilien. Elle est habitée par environ 12,5% de la population brésilienne. Dans cette statistique électorale, l'État du Maranhão a été pris dans sa globalité.

Cette note sera reprise dans le bulletin (à paraître) "AYA Info" No 55, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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29/10/2010

Deuxième tour des élections brésiliennes : Dilma favorite dans les sondages

L'importance du résultat obtenu au premier tour par Marina Silva (du Parti Vert), a montré la sensibilité d'une partie de l'électorat brésilien à l'égard des problèmes environnementaux. Dilma Rousseff (Parti des Travailleurs - PT) et José Serra (Parti de la Social-Démocratie Brésilienne - PSDB), les deux candidats restés en lice pour le deuxième tour qui aura lieu ce 31 octobre, ont cherché à récupérer une partie au moins des vingt millions de suffrages du Parti Vert. Ce dernier leur a demandé de se positionner sur une plateforme, un "Agenda pour un Brésil Juste et soutenable". Une des propositions de ce texte est "La conclusion de la démarcation et de l'homologation des terres indigènes et la création d'un fonds pour appuyer les projets indigènes et des autres populations traditionnelles". Leur réponse a été publiée par le Parti Vert le 16 octobre : ils ne se sont pas exprimés sur cette proposition spécifique. Ce parti a tenu une Convention le 17 octobre au cours de laquelle il a décidé, par 88 voix contre 4, de rester "indépendant" et de ne pas soutenir particulièrement l'un ou l'autre candidat au deuxième tour. Il laisse la liberté de vote à ses adhérents, mais ceux-ci ne peuvent soutenir Dilma ou Serra au nom de leur parti.

Dans l'introduction du texte déposé au Tribunal Supérieur Fédéral comme étant sa "Proposition de gouvernement", Dilma relève le caractère provisoire de ce programme susceptible d'adaptation en fonction de la coalition des partis qui soutiennent sa candidature. Le 25 octobre, la coalition présenté un document dans lequel figurent treize engagements de gouvernement. Au point 5, à propos de l'éradication de la pauvreté absolue, il est question de "promouvoir l'égalité de droits et des opportunités pour les femmes, les noirs, populations indigènes..." Cette unique mention illustre comment la politique indigéniste est restée un thème mineur de la campagne.

Cette élection a été l'occasion d'une première. En effet, le 27 octobre, le Tribunal Suprême Fédéral a appliqué, pour la première fois, la loi "Ficha Limpa" (fiche propre) adoptée en juin dernier. Il a reconnu valable l'annulation, par le Tribunal Supérieur Électoral, de l'élection de Jader Barbalho, élu sénateur de l'État du Pará le 3 octobre dernier.

La position des candidats sur l'Amazonie, les indigènes et l'écologie, ne sont pas - et de loin - les seuls critères qui vont déterminer le vote des Brésiliens. La polémique survenue pendant la campagne autour du droit à l'avortement en est un exemple. Pèse également la forte aspiration de nombreux citoyens de voir se poursuivre l'amélioration de leurs conditions de vie; amélioration apportée par la politique du gouvernement Lula.

Le dernier sondage publié avant la diffusion de cette note, donne Dilma Rousseff - candidate soutenue par Lula - en tête des intentions de vote. Elle recueillerait 57% des votes valides.

Pour en savoir plus (en portugais) :

  • "L'Agenda pour un Brésil Juste et Soutenable" et la réponse des candidats :

http://www2.pv.org.br/noticia.kmf?noticia=10818635&ca...,

  • Les propositions de la coalition qui soutient la candidature de Dilma :

http://www.dilma13.com.br/noticias/entry/os-13-principais...

  • La décision du Tribunal Suprême Fédéral :

http://www.stf.jus.br/portal/cms/verNoticiaDetalhe.asp?id...

  • Le dernier sondage :

http://www.jb.com.br/eleicoes-2010/noticias/2010/10/28/ib...

 

Cette note (mise à jour) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 54, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

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22/10/2010

Terres agricoles brésiliennes : les prix augmentent, l'emprise étrangère et la concentration inquiètent

Plebiscito limita de terra 09:10 marca 215x2000.jpgAu cours du mois de juin 2010, plusieurs quotidiens brésiliens ont publié des articles au sujet de l'augmentation du prix des terres agricoles du pays. Au premier bimestre de 2010, le prix des terres agricoles à l'hectare (ha) est en moyenne de 4'599 réais (R$), soit environ 2'670 US$. Cela représente une hausse de 3,9% par rapport à la même période de l'année précédente. Trois ans plus tôt, ce prix était de 3'432 R$/ha, soit une augmentation nominale de 34%, mais qui, déduite de l'inflation (18%), constitue un gain réel d'un peu plus de 5% par an.

Ce prix moyen est très variable selon les régions du Brésil. Il est le plus élevé dans le Sud, où il avoisine les 9'500 R$/ha. Il est le plus bas dans la région Nord à un peu plus de 1'400 R$/ha. Il peut également être orienté à la baisse à certaines périodes, par exemple quand les cours du soja se réduisent à la bourse de Chicago. L'agence AgraFNP de São Paulo relève que l'arrivée de capitaux étrangers a entraîné une forte augmentation des prix de la terre dans les nouvelles frontières agricoles des États du Maranhão, Tocantins Piauí et Bahia. Au cours de ces trois dernières années, dans certaines zones des deux États amazoniens de l'Amapá et du Mato Grosso, le prix a été multiplié par six.

L'emprise étrangère inquiète.

Au début du mois de juin, dans une série d'articles, Lúcio Vaz, un journaliste du "Correio Braziliense" en a décrit les principales caractéristiques : Dans 3'694 municipalités, ce sont au moins 43'000 km2 de terres agricoles qui sont en mains étrangères. Selon lui, ces données ne sont pas complètes puisque les indications contenues dans les registres du cadastre sont fournies par les propriétaires, sans autre contrôle. Selon les techniciens de l'Institut National de Colonisation et de la Réforme Agraire - INCRA, ce chiffre pourrait être cinq fois supérieur. Le 19 août dernier, l'Avocat Général de l'Union a transmis un rapport, signé par le Président Lula et publié au Journal Officiel de l'Union le 23 août, visant à contenir l'acquisition de terres par des étrangers. Il s'agit essentiellement de la déclaration obligatoire de la nationalité de l'acquéreur, d'un double plafonnement, en surface et en part du territoire de chaque commune, et de la limitation de l'usage des terres à des projets agricoles approuvés par le Ministère du Développement Agraire.

Le Mouvement des Travailleurs Sans Terre - MST a jugé ces mesures insuffisantes. Le Ministre du Développement agraire a récemment déclaré au quotidien "Valor Econômico" que le gouvernement allait formuler une "Proposition d'amendement constitutionnel - PEC" pour restreindre davantage l'achat de terres par des étrangers.

Un plébiscite pour la limitation de la taille des exploitations

Par ailleurs, les inégalités dans la distribution de la terre est historiquement très grande au Brésil. Les résultats du recensement agricole de 2006 en témoignent. L'indice de Gini, qui en illustre la réalité, a augmenté de quinze points en vingt ans. Il est passé de 0,857 en 1985, à 0,872 en 2006. Cette année-là, les exploitations agricoles de moins de 10 ha détenaient 2,36 % de la surface totale des terres agricoles, et celles de plus de 1'000 ha 44,4 %. Au début septembre, le "Forum National pour la Réforme Agraire et la justice dans la campagne - FNRA", qui regroupe plusieurs dizaines d'organisations et mouvements populaires, a organisé une campagne et un plébiscite pour demander la limitation de la taille des exploitations; cela dans une fourchette qui va de 175 ha à 3'500 ha selon les régions du pays. Les résultats de cette consultation populaire ont été publiés le 19 octobre. Plus d'un demi - million de citoyens de 23 États ont participé à cette consultation. À plus de 95 %, ils se sont déclarés favorables à la limitation de la taille des propriétés.

Pour en savoir plus (en portugais) :

  • Sur l'augmentation des prix :

http://economia.terra.com.br/noticias/noticia.aspx?idNoti... et http://economia.estadao.com.br/noticias/economia,terras-s... /

http://www.agu.gov.br/sistemas/site/templateimagemTextoTh... > Parecer AGU (2.32 MB) /

  • Sur le recensement agricole de 2006 :

http://www.ibge.gov.br/home/ > Economia > Censo Agropecuário > Resultados > Brasil, Grandes... > Comentários (pp. 107 et 109) /

(Cette note (mise à jour) a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 53, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2).

 

 

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20/10/2010

Vers un "Territoire Ethno-Educationnel" pour les Yanomami et Ye'kuana

Secoya Dans une classe Yanamami.jpgLes 30 et 31 août à Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima, une soixantaine de leaders Yanomami et Ye'kuana, de quarante régions de la Terre Indigène Yanomami*, étaient réunis avec les représentants du Ministère de l'Éducation - MEC, de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, et de plusieurs ONG. La rencontre avait pour objet la création d'un "Territoire Ethno-éducationnel Yanomami et Ye'kuana".

Le représentant du MEC, Gersem Baniwa, a relevé la nécessité  de définir une stratégie pour élaborer, avant la fin de l'année, un diagnostic de l'éducation scolaire indigène. Les dirigeants indigènes ont évoqué plusieurs obstacles qui empêchent le bon fonctionnement de l'éducation scolaire dans l'aire Yanomami, par exemple l'accès difficile de certaines zones, qui ne peuvent être atteintes que par avion. Une Commission a été constituée pour élaborer le diagnostic avant le début novembre.

Les "Territoires ethno-éducationnels" ont été créés par un décret présidentiel du 27 mai 2009. Selon ce décret, "L'éducation scolaire indigène sera organisée avec la participation des peuples indigènes, selon leur territoire, en respectant leurs besoins et spécificités". Le "Service et Coopération avec le peuple Yanomami" - SECOYA, que soutient l'association AYA, a participé à cette réunion.

Photo : Dans une école de l'aire Yanomami - © Secoya

Voir "AYA Info" Nos 34, 44 et 50 accessibles sur le site : http://www.terrabrasilis.ch

Pour en savoir plus (en portugais) :

* La Terre Indigène Yanomami est située dans les deux États de l'Amazonas et de Roraima dans le nord du Brésil. Elle a été démarquée (protégée) en 1992. Elle a une superficie de 96'649 km2. On y compte près de 16'000 indiens des deux ethnies Yanomami et Ye'kuana.

(Cette note a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 53, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

08:24 Publié dans La lettre d'AYA | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |