10/09/2010

Enfant d'Avully, Silvio Cavuscens évoque la politique indigéniste du gouvernement brésilien - 2/6

Silvio insiste sur la nécessaire reconnaissance des particularités ethniques des peuples indigènes brésiliens. Dans le domaine de l'éducation et de la culture, cela passe par la mise en place de "Territoires ethno - éducationnels", avec une scolarisation qui commence dans la langue de chaque peuple, l'apprentissage du portugais intervenant dans un deuxième temps. Il s'agit d'une éducation véritablement différenciée. Cette reconnaissance des spécificités ethniques concerne également les politiques environnementale, économique et sociale du gouvernement. Silvio évoque le poids des intérêts anti-indigènes qui agissent dans le pays et les défauts d'une administration des affaires indigènes partagée entre divers ministères. Il parle également des conséquences néfastes d'un système d'aide sociale inadapté.

La vidéo ci-dessous, de 8' 41", est la deuxième séquence d'une interview réalisée à Manaus, en novembre 2009, par le journaliste tessinois Sergio Tenzi. Malgré un titre en italien, l'entretien est en français.

La première séquence de l'interview a été intégrée dans ce blog, dans la note du 3 septembre.

Silvio, indigéniste et sociologue d'origine suisse, est coordinateur de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA, dont le siège est à Manaus, et qui apporte un appui à ce peuple dans l'État d'Amazonas.

L'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami de l'Amazonie - AYA" est partenaire de la SECOYA. Les personnes qui souhaitent soutenir l'action de Silvio peuvent verser une contribution au compte postal de AYA No 17-55066-2, mention "SECOYA", ou prendre contact avec le président de l'association, Jacques Rémund, 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève; téléphone ++ 41 (0)22 793 99 36; courriel : jackytax@gmail.com.

 

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03/09/2010

Enfant d'Avully, Silvio Cavuscens parle de son "apprentissage" de l'Amazonie 1/6

Le journaliste tessinois Sergio Tenzi a récemment mis en ligne sur YouTube, six séquences de six à dix minutes chacune, d'une interview de l'indigéniste et sociologue d'origine suisse, Silvio Cavuscens. L'enregistrement a été réalisé à Manaus en novembre 2009. Silvio a plus d'une trentaine d'années d'expérience et de solidarité avec les peuples indigènes de l'Amazonie brésilienne. Après avoir été conseiller de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB, il est maintenant coordinateur de l'association "Service et Coopération avec le peuple Yanomami - SECOYA, qui apporte un appui à ce peuple dans l'État d'Amazonas.

Malgré un titre et une brève présentation en italien de moins d'une minute, l'interview de 6'18 est en français.

Dans cette première séquence de l'interview : Silvio explique son "apprentissage" de l'Amazonie, ses motivations et ses premiers engagements.

L'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami de l'Amazonie - AYA" apporte son appui à la SECOYA. Les personnes qui souhaitent soutenir l'action de Silvio peuvent verser une contribution au compte postal de AYA No 17-55066-2, mention "SECOYA" ou prendre contact avec le président de l'association, Jacques Rémund, 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève; téléphone ++ 41 (0)22 793 99 36; courriel : jackytax@gmail.com.

 

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27/08/2010

Victoire d'étape : Le Sénat brésilien approuve la création d'un Secrétariat spécial de santé indigène

C'est par une danse rituelle que les indiens, présents au Sénat le 3 août dernier, ont manifesté leur joie après l'approbation de la création d'un Secrétariat Spécial de Santé indigène (SESAI). Cet organe sera rattaché directement au Ministère de la santé. Il disposera d'un budget propre. Le 6 juillet, la Chambre des députés avait déjà approuvé ce texte attendu depuis plus de deux ans par les organisations indigènes. Le Congrès a ainsi accepté la "Mesure Provisoire" No 483, signée par le Président Lula le 24 mars 2010*.

Un décret présidentiel doit définir la structure de ce nouveau Secrétariat et en nommer les principaux responsables. Doit être également réglé le transfert du service de santé indigène, encore assuré par la Fondation Nationale de la Santé (FUNASA), au nouveau Secrétariat.

L'espoir des indiens est d'avoir un Service de santé qui réponde véritablement aux attentes des peuples indigènes et que la gestion chaotique de la FUNASA appartienne au passé. Valdenir França, membre du Conseil National de Santé  et de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne (COIAB), souligne que "... la situation est difficile, mais avec cette victoire on espère avoir un bon résultat. Nous savons que ce n'est pas facile, mais nous avons l'appui de tout le mouvement indigène et des dirigeants pour aider cette bataille du nouveau secrétariat". Dionito de Souza, le président du Conseil Indigène de Roraima (CIR) est également favorable à ce changement, mais, dit-il : "Je vais attendre que le Secrétariat soit implanté pour pouvoir dire s'il est bon ou mauvais... Nous ne voulons pas que le service de santé soit seulement un changement de nom, il faut un véritable changement". Le mouvement indigène brésilien a remporté une importante victoire d'étape.

*Voir AYA Info No 49.

Pour en savoir plus (en portugais) :http://www.senado.gov.br/noticias/verNoticia.aspx?codNoti..., http://www.senado.gov.br/noticias/verNoticia.aspx?codNoti...,http://blogapib.blogspot.com/2010/08/senado-aprova-criaca... et http://www.folhabv.com.br/Noticia_Impressa.php?id=91961

(Cette "brève" a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 52, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2).

 

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21/08/2010

Des Catalans solidaires des Yanomami : La SECOYA reçoit un prix

Le 5 mai dernier, Antonio Risquez, le président du Conseil Régional du Vallès Oriental (Catalogne/Espagne), a remis le prix de "Coopération internationale pour le développement humain - 2010" à Pere (Pedro) Albajar, médecin, spécialiste au niveau international de la Maladie de Chagas. Sa candidature avait été présentée par une ONG catalane qui travaille au Brésil : "Caldes Solidária" et la Mairie de Caldes de Montbui.

La cérémonie a eu lieu au théâtre municipal "El Patronat" de La Garriga, une commune de la même Région. Pedro a annoncé que le prix, d'une valeur de 11'000 euros, était destiné à soutenir l'association SECOYA - Service et Coopération avec le Peuple Yanomami.

Cette association a été fondée en 1997. Elle travaille dans l'État d'Amazonas, dans la région du Moyen Rio Negro, en particulier avec les communautés Yanomami des rios Demini, Padauiri et Marauiá, des zones d'accès difficile. SECOYA développe plusieurs programmes dans les domaines de l'éducation, de la santé, du développement soutenable et de la formation citoyenne.

L'association genevoise "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA", également partenaire de SECOYA, félicite Pere Albajar pour cette distinction et se réjouit du geste de solidarité de cette entité catalane.

Pour en savoir plus (en français) : Voir mon blog du 30 mai dernier sur l'Assemblée générale de la SECOYA; en portugais : http://www.secoya.org.br > Secoya ganha prêmio Internacional et, en catalan : http://www.ccvoriental.es/win_mostrar_contenido.php?id_pu...

(Cette "brève" a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 52, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2).

 

 

 

 

 

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13/08/2010

Une Commission parlementaire adopte un projet de loi réduisant la protection de la forêt brésilienne

C'est par 13 voix contre 5, qu'une Commission spéciale de la Chambre des députés a approuvé, le 6 juillet dernier, un projet de loi destiné à remplacer le Code forestier en vigueur depuis 1965. Cette Commission, créée en octobre 2009, est majoritairement composée de représentants de la "Bancada ruralista", un groupe parlementaire qui défend les intérêts de l'agrobusiness.

Le projet réduit les "Aires de Préservation Permanentes" (APP), notamment la largeur de la forêt protégeant les rives d'un cours d'eau. L'obligation faite aux propriétaires de récupérer, ou de compenser, la "Réserve Légale" de forêt qu'ils n'ont pas maintenue sur leurs terres est allégée. Il donne également, aux États de l'Union un délai de cinq ans, à partir de la publication de la nouvelle loi, pour adopter un "programme de régularisation". Celui-ci permettra aux propriétaires coupables de déforestation illégale de régulariser leur situation et d'être dispensés du payement des amendes dont ils sont redevables. Le projet de loi ne devrait pas être traité par la Chambre des députés avant les élections d'octobre prochain.

Le rapport, signé par le député Aldo Rebelo, qui traite de ce projet de loi, a suscité des réactions d'entités diverses. Le 28 juin, le Ministère Public Fédéral a publié une note technique dans laquelle il affirme que les modifications proposées diminuent drastiquement le modèle de protection environnementale... "contrariant les obligations constitutionnelles imposées aux pouvoirs publics". Le 2 juillet, plus de 80 associations sociales et écologistes, ainsi qu'une vingtaine de personnalités ont signé un manifeste rejetant les propositions du député. Le 25 juin, la Société Brésilienne pour le Progrès de la Science (SBPC) et l'Académie Brésilienne des Sciences (ABC) ont envoyé une lettre au rapporteur du projet dans laquelle elles soulignent, notamment, que "Malheureusement la reformulation de ce Code n'a pas été faite sous l'égide d'une solide base scientifique...".

Selon différentes sources, le Ministère de l'environnement pourrait présenter un texte assurant une meilleure protection de la forêt. Le Ministre de l'agriculture, de l'élevage et de l'approvisionnement se déclare favorable au texte voté par la Commission.

Pour en savoir plus (en portugais) :

Le code forestier de 1965 : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/Leis/L4771compilado.... - Les rapports de A. Rebelo : http://www.camara.gov.br/sileg/Prop_Detalhe.asp?id=480245 > PRL-1 PL187699 et http://www.camara.gov.br/sileg/Prop_Detalhe.asp?id=483155 > CVO-1 PL187699 - La note du Ministère Public Fédéral : http://www.amazonia.org.br/noticias/noticia.cfm?id=359168 - L'avis de scientifiques : http://www.agencia.fapesp.br/materia/12572/especiais/impa... - Le manifeste des organisations sociales : http://www.mst.org.br/manifesto-rejeita-mudancas-proposta... et le site SOS Floresta : http://www.sosflorestas.com.br/ - Les informations de l'Instituto Socioambiental - ISA :  http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3125 et http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3123

 

(Ce texte sera publié dans le prochain bulletin "AYA Info" No 52, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

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03/08/2010

Au Brésil, en 2009, la violence contre les peuples indigènes est toujours aussi alarmante

Soixante assassinats, seize tentatives d'assassinats, dix-neuf suicides, dix conflits relatifs aux droits territoriaux : ces quelques chiffres sont tirés du rapport "Violence contre les peuples indigènes au Brésil - 2009". Ce document a été diffusé le 9 juillet, à Brasilia, par le Conseil Indigéniste Missionnaire - CIMI, l'organe de la Conférence Nationale des Evêques du Brésil (CNBB) pour les peuples indigènes.

Ces cas de violence sont classés dans une vingtaine de thèmes regroupés dans quatre chapitres. En 2009, il y a eu 87 cas de violences contre le patrimoine (94 en 2008). Il a été relevé 161 cas de violences contre les personnes (165 en 2008). Il a été dénombré 133 cas de violence par omission des pouvoirs publics (206 en 2008). Treize pages du rapport traitent des violences contre les peuples isolés ou de peu de contact.

Quatre articles complètent ce rapport. Ils sont consacrés au "Racisme institutionnel au Mato Grosso do Sul", à la "Violence des grands projets", à la "Criminalisation des peuples indigènes" et aux "Répercussions de la réalité agressive contre les peuples indigènes dans le pouvoir judiciaire". Pour le vice-président du CIMI, Roberto Liebgott, le rapport montre que "l'omission est une option politique du gouvernement fédéral à l'égard des peuples indigènes".

Pour en savoir plus et accéder à ce rapport (en portugais) : http://www.cimi.org.br/?system=news&action=read&i... et le précédent rapport de 2008 : http://www.cimi.org.br/ > Relatório de Violência.

En français, voir aussi "AYA Info" Nos 28, 35 et 39 sur le site : http://www.terrabrasilis.ch/ > AYA Info

(Ce texte sera publié dans le prochain bulletin "AYA Info" No 52, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

 

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30/06/2010

Au Mato Grosso, la police met un terme à un important trafic illégal de bois

Au matin du 21 mai, après deux ans d'enquête, la Police fédérale brésilienne a déclenché l'Opération Jurupari* qui a conduit à l'arrestation - de caractère préventif - de plus de 60 personnes, principalement domiciliées dans l'État du Mato Grosso. Elles sont accusées de trafic illégal de bois. Parmi elles, il y a des fazendeiros, des exploitants et ingénieurs forestiers, des fonctionnaires de diverses administrations, y compris de l'Assemblée législative et du Secrétariat d'État de l'environnement du Mato Grosso.

Selon la police, ces personnes auront à répondre de crime environnemental : notamment de formation de bande, corruption active et passive, rédaction et usage de faux documents. Les dommages causés sont estimés à environ 900 millions de reais (494 millions US$), principalement au détriment des forêts de quatre Terres indigènes situées dans cet État, dont le Parc Xingu.

Le 27 mai, un juge du tribunal fédéral régional a considéré que la prison préventive ne se justifiait pas. Il a accordé l'habeas corpus aux 95 accusés, ce qui signifie la remise en liberté des personnes déjà arrêtées. Le juge a estimé que l'accusation de la police fédérale était insuffisamment individualisée.

Le Mato Grosso est l'un des États de l'Amazonie brésilienne où la déforestation est très forte. Plusieurs organisations écologistes s'inquiètent de l'avenir du programme de protection de l'environnement dans cet État. Le 10 juin, un collectif d'ONG a publié un "Manifeste public pour la bonne gouvernance environnementale dans l'État de Mato Grosso". Ce texte formule des propositions pour renforcer la protection de l'environnement, notamment la lutte contre la déforestation.

Pour en savoir plus (en portugais) : http://agenciabrasil.ebc.com.br//home/-/journal_content/5...http://agenciabrasil.ebc.com.br/home/-/journal_content/56...http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3096 et http://www.yikatuxingu.org.br/2010/06/10/ongs-fazem-manif...

* Selon une légende Tupi, Jurupari est un dieu venu du ciel pour trouver une femme parfaite destinée à être l'épouse de Coaraci, le Soleil. L'histoire ne dit pas s'il l'a trouvée, mais pendant son séjour chez les hommes, il a été un grand réformateur et législateur. Il a établi de nombreuses règles morales et sociales.

(Cette "brève" a été publiée dans le bulletin "AYA Info" No 51, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

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25/06/2010

La restructuration de la Funai divise le mouvement indigène

Au Brésil, la restructuration* de la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, décrétée par le président de la République à la fin décembre 2009, est encore l'objet de controverses au sein du mouvement indigène. Dès janvier 2010, des indiens ont établi un campement sur l'Esplanade des ministères à Brasilia. Ils demandent la révocation du décret présidentiel et la démission du président de la FUNAI, Márcio Meira. Ce "Campement Révolutionnaire Indigène"- ARI, a été à l'origine de divers incidents et il a eu des rapports difficiles avec les autorités. La FUNAI en a condamné les actes de violence et dénoncé le refus de dialogue de ses participants. Le 6 juin, l'ARI a publié une "Lettre ouverte au peuple brésilien" dans laquelle il exprime ses revendications. Le 14 juin, une délégation d'indiens restés sur place a eu un entretien avec Luiz Paulo Barretto, Ministre de la justice. Suite à cette rencontre, le ministre a adressé un mémorandum au président de la FUNAI pour lui soumettre des modifications à apporter au décret controversé.

Moins médiatiques, les tensions, les divisions, qui se manifestent au sein du mouvement indigène, à propos de cette restructuration : Organisations indigènes favorables ou défavorables au décret; désaveu d'organisations, ou de groupes indigènes locaux, vis-à-vis de leur organisation régionale.

Dans une "Note publique" du 2 juin, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB, qui est un organe national, représentant les principales organisations indigènes régionales du pays, demande au gouvernement d'admettre publiquement son entière responsabilité dans la publication de ce décret, pris sans avoir consulté les peuples indigènes conformément aux dispositions de la Convention 169 de l'OIT. Ils reprochent également à la FUNAI de n'avoir pas encore réalisé l'engagement, pris en février 2010, d'organiser des séminaires et consultations en vue de modifier le décret. Cette note a été lue devant le Président Lula lors de la 13e réunion ordinaire de la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI, au cours de laquelle le gouvernement a présenté son bilan en matière de politique indigéniste. Ce texte énumère différentes mesures importantes que l'APIB voudrait voir être prises avant la fin du mandat présidentiel.

* Voir "AYA Info" Nos 46, 47 et 48

Pour en savoir plus (en portugais) : Acampamento Revolucionário Indígena : http://acampamentorevolucionarioindigena.blogspot.com/201...; la FUNAI http://www.funai.gov.br/ultimas/noticias/1_semestre_2010/... et l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2010/06/movimento-indigena-s...

(Ce texte a été publié dans le bulletin "AYA Info" No 51, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

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20/06/2010

Le Brésil lance un programme national de production d'huile de palme

Le 6 mai, Lula était à Tomé-Açu, une municipalité de l'État du Pará, pour lancer le "Programme de production soutenable de palmier à huile". L'objectif annoncé est d'encadrer l'augmentation de la production d'huile de palme pour que celle-ci se fasse sur des bases environnementales et sociales soutenables.

Le programme comporte cinq mesures. La première est un zonage des lieux sur lesquels la culture du  palmier est autorisée. Il s'agit de zones déjà dégradées de huit États amazoniens, de trois États du Nordeste et de deux États du Sudeste. Cette culture ne devrait pas couvrir plus de 3,7% de la surface du pays. La deuxième est la création d'un système de crédit à des taux différenciés selon le type de producteur. Il est, par exemple, de 2% sur 14 ans pour les agriculteurs inscrits au "Programme national d'Agriculture Familiale - PRONAF. Le troisième volet concerne la recherche et l'innovation pour lequel le gouvernement a ouvert un crédit de 60 millions de reais (environ 34 millions de US$). La quatrième mesure concerne l'assistance technique aux producteurs. Enfin, il est créé une "Chambre sectorielle du palmier à huile", composée de représentants du Gouvernement fédéral, des producteurs et des consommateurs.

Selon les autorités brésiliennes, la culture du palmier à huile est susceptible d'améliorer sensiblement le revenu des producteurs familiaux. Dans le même temps, cette production permettra de réduire les importations brésiliennes en huile de palme. Ce programme a un véritable enjeu stratégique.

Plusieurs responsables d'organisations écologistes ont exprimé leur scepticisme, notamment à l'égard de la viabilité économique du projet. Greenpeace craint que la production d'huile de palme ne génère une déforestation indirecte. L'organisation rappelle les dommages causés à l'environnement par la culture du palmier à huile en Indonésie.

Pour en savoir plus (en portugais) : Le discours de Lula : http://www.imprensa.planalto.gov.br/ > Discursos e Entrevistas > Discursos - busca por data > Maio 2010 > 06/05/2010; le décret de zonage : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/_Ato2007-2010/2010/D...;  le programme : http://www.agricultura.gov.br/portal/page?_pageid=33,3949...; l'écho dans des associations : http://www.amazonia.org.br/noticias/noticia.cfm?id=355003 et http://www.greenpeace.org/brasil/pt/Blog/leo-de-palma-o-d...

(Ce texte sera publié dans le prochain bulletin "AYA Info" No 51, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

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11/06/2010

Le sang des Yanomami

Le 9 mai dernier, la "Folha de São Paulo" a fait état d'une proposition d'accord, envoyée en mars dernier, par le gouvernement brésilien à cinq centres de recherche nord-américains pour la restitution de milliers d'échantillons de sang prélevés sur des Yanomami dans les années 60 et 70. Selon le quotidien, ces entités seraient disposées à rendre ce matériel, mais la date de la restitution n'a pas été communiquée. En effet, diverses questions devant encore être résolues, notamment la décontamination des échantillons.

Cette collecte de sang avait été réalisée par un généticien, James V. Neel avec la collaboration d'un anthropologue, Napoleon Chagon. En septembre 2000, un journaliste, Patrick Tierney, a publié un ouvrage : "Darkness in El Dorado", dans lequel il révèle que les échantillons ont été conservés dans un laboratoire de l'Université d'État de Pennsylvanie. À l'époque, cette publication avait provoqué une vive controverse, notamment aux USA.

Dès le début de 2001, une ONG brésilienne, la Commission pour la Création du Parc Yanomami - CCPY, s'est mobilisée pour faire connaître l'avis des Yanomami sur cette question, et ceci par la voix de l'un de leurs leaders, Davi Kopenawa. Ce dernier, dès la fin 2001, a souhaité la restitution des échantillons. Il a demandé l'intervention des autorités brésiliennes auprès du gouvernement nord-américain.

Questionné à diverses reprises sur l'usage qui serait fait des échantillons, Davi a déclaré que le sang sera remis dans les eaux d'une rivière : "Notre créateur, Omama, a pêché sa femme, notre mère, dans la rivière, au premier temps"... Pour les Yanomami, c'est une manière de rendre leur sang à leur créateur. Ce peuple attribue son origine à l'union du dieu Omama avec la fille d'un monstre aquatique nommé Tëpërësiki, propriétaire des plantes cultivées. À Omama est également attribuée l'origine des règles de la société et de la culture yanomami actuelles. Encore questionné sur l'intérêt des études sur le sang et l'ADN des Yanomami, et la perte, pour toujours, d'informations potentiellement précieuses pour toute l'humanité causée par la destruction des échantillons, Davi répond : "La science n'est pas un dieu qui sait tout pour tous les peuples... Qui décide si les enquêtes sont bonnes pour notre peuple, c'est nous, les Yanomami".

Cet automne, les éditions Plon (Paris), publieront un ouvrage* dans lequel Davi Kopenawa raconte à Bruce Albert son combat pour les Yanomami.

Pour en savoir plus (en portugais) : "Folha de São Paulo" : http://www1.folha.uol.com.br/folha/ciencia/ult306u732406.... et http://www1.folha.uol.com.br/folha/ciencia/ult306u733849....,

La Commission Pro-Yanomami - CCPY en 2001 et 2002 : http://www.proyanomami.org.br/osrios.htm et http://www.proyanomami.org.br/v0904/index.asp?pag=noticia...

Sur le peuple Yanomami : http://pib.socioambiental.org/pt/povo/yanomami

* "La Chute du ciel" Bruce Albert, Davi Kopenawa Yanomami, Éd. Plon, collection "Terre humaine" ISBN  : 9782259210683, sortie prévue : 30/09/2010

(Ce texte sera publié dans le prochain bulletin "AYA Info" No 51, de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2)

 

 

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