25/09/2018

Le projet de la « Montagne d’or » divise la société guyanaise

Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Guyane, orpaillage, La Montagne d'or, Columbus Gold, Nordgold, Cayenne, Saint Laurent du Maroni, Commission Nationale de Débat Public, CNDP, WWF France, France nature environnement, François de Rugy, Emmanuel Macron, Or de question, Nicolas Hulot, Fédération des Organisations Autochtones de Guyane, FOAG, Organisation des Nations Autochtones de Guyane, ONAG, Grand Conseil Coutumier des Peuples Amérindiens et Bushinengé, Jeunesse Autochtone de Guyane, COP 21, Christophe Pierre, Yanuwana Tapoka, Annick Girardin, Ministre des Outremer, Gabriel Serville, Collectivité Territoriale de Guyane, CTG, Rodolphe Alexandre, Guyane 1ère, Amers Indiens, Jeunesse Autochtone de Guyane, bushinenge, COP 21 « Il est clair que le projet divise les Guyanais. De nombreuses interventions ont porté sur le modèle de société sous-tendu par celui-ci… Un point mérite d’être tout spécialement souligné, qui concerne l’absence d’étude d’impact, déplorée tout au long du débat… »*

Pour rappel**, le projet de mine aurifère, la « Montagne d’or » se situe à 125 km au sud de Saint-Laurent-du-Maroni. Le site s’étend sur 800 ha au total, dont la fosse minière de 2,5 km x 400 m x 120 m de profondeur en moyenne. Cela pour extraire 6,7 tonnes d’or par an pendant 12 ans, et 750 emplois directs sont prévus en période d’exploitation. Il s’agit d’un projet de la « Compagnie Montagne d’Or - CMO », un consortium russo-canadien.

En vertu du code (français) de l’environnement, l’association « France Nature Environnement » a demandé que la CNDP (Commission Nationale Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Guyane, orpaillage, La Montagne d'or, Columbus Gold, Nordgold, Cayenne, Saint Laurent du Maroni, Commission Nationale de Débat Public, CNDP, WWF France, France nature environnement, François de Rugy, Emmanuel Macron, Or de question, Nicolas Hulot, Fédération des Organisations Autochtones de Guyane, FOAG, Organisation des Nations Autochtones de Guyane, ONAG, Grand Conseil Coutumier des Peuples Amérindiens et Bushinengé, Jeunesse Autochtone de Guyane, COP 21, Christophe Pierre, Yanuwana Tapoka, Annick Girardin, Ministre des Outremer, Gabriel Serville, Collectivité Territoriale de Guyane, CTG, Rodolphe Alexandre, Guyane 1ère, Amers Indiens, Jeunesse Autochtone de Guyane, bushinenge, COP 21 de Débat Public) organise - en Guyane – un débat particulier pour informer et solliciter l’avis de la population. Le débat a eu lieu du 7 mars au 7 juillet 2018. Le compte-rendu des travaux de la Commission – un document de 140 pages - a été rendu public le 7 septembre dernier à Cayenne. Le budget du débat et les modalités de versement par la CMO ont fait l’objet d’une convention de financement, signée le 8 novembre 2017, entre la CNDP et la Compagnie. Le budget prévisionnel s’élève à 750'000 euros. À la date de la rédaction du compte rendu l’organisation du débat aura coûté 620’000 euros.

En conclusion de son compte rendu, sous le titre « Les principaux points de vigilance », la Commission note qu’« Il n’appartient pas à la commission particulière du débat public de se prononcer sur l’opportunité de mettre en œuvre le projet. À tout le moins peut-on affirmer que le débat public a mis en évidence la profondeur de la fracture que celui-ci provoque au sein de la société guyanaise et l’existence de forces d’opposition particulièrement déterminées avec lesquelles l’industriel comme les autorités publiques devront compter en cas de poursuite ». Si le maître d’ouvrage, qui a payé la consultation, décide maintenir son projet - il doit faire connaître sa décision avant le 7 décembre - la Commission lui adresse des recommandations, par exemple :  « ne pas sous-estimer l’importance des lieux de mémoire [des populations autochtones]; améliorer la transparence, l’opacité que malgré les efforts fournis, certains reprochent encore à la compagnie minière, pouvant laisser place à toutes les suppositions; donner aux solutions minimisant les risques et les impacts la préférence sur celles maximisant les profits, cela nous paraissant constituer un gage de pertinence de la notion de mine responsable. »

Les animateurs du débat – qui savaient l’opposition des Amérindiens à l’égard du projet - ont néanmoins souhaité voir la CMO répondre favorablement à l’invitation des autorités coutumières qui lui ont proposé une rencontre. Une date et un lieu ont été inscrits à l’agenda officiel : le 22 mai à la Maison de quartier de Village Pierre, à Saint-Laurent-du-Maroni. Mais le maître d’ouvrage n’a pas donné suite. La Commission note qu’« Il est impossible d’affirmer que le débat public aurait pu permettre au maître d’ouvrage de gagner ne serait-ce qu’un peu de confiance auprès des Amérindiens, tant la détermination d’un nombre important d’entre eux paraît forte. Il paraît en tout cas que son absence à la rencontre avec les autorités coutumières à Village Pierre n’a pu qu’avoir l’effet inverse. »

Après la clôture du débat en juillet, et avant la publication du compte rendu, le 31 août, le Grand Conseil Coutumier des Peuples Amérindiens et Bushinengé - GCC, réuni en assemblée plénière rappelle trois précédentes prises de position contre le projet, formulées en 2017 déjà. À propos de la forme, il affirme que « les Peuples Autochtones ont leurs propres processus de consultation, ainsi le débat public organisé par la CNDP ne peut être considéré comme une consultation valable de ces peuples au sens de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones et du droit au consentement libre, préalable et éclairé. » Le Grand Conseil considère que le refus de la CMO participer à la réunion de Village Pierre est une rupture de dialogue, un acte irrespectueux envers l’institution coutumière. Il dénonce la démarche de la CMO l’invitant à participer, le 4 octobre prochain, à un « Conseil Consultatif Local ». Il répète qu’il est la seule institution chargée de représenter et défendre les Peuples Amérindiens et Bushinengé. Sur le fond, en matière d’environnement, d’économie, de culture et de la spiritualité, le GCC redit son opposition au projet.

Début juillet, le WWF-France a publié les résultats d’un sondage réalisé en Guyane par l’Institut français d’opinion publique – IFOP pour connaître l’avis des Guyanais sur le projet minier. À cette date, ils étaient 69% à s’y déclarer opposés.

Début septembre, le médias ont rapporté les propos du nouveau Ministre (français) de la transition écologique et solidaire, François de Rugy pour qui « le projet ne pouvait pas être mené tel qu’il a été envisagé… ». Et également ceux de Pierre Paris, le PDG de la CMO qui se dit disposé à revoir sa copie et à ouvrir le capital de l’entreprise à la Collectivité Territoriale de Guyane - CTG. À propos du débat, le président de celle-ci, Rodolphe Alexandre, - favorable au projet - dénonce la manière dont il a été mené. Il plaide pour une consultation de tous les Guyanais.  

La division sur la forme de la consultation l’emportera-t-elle sur le fond, à savoir le modèle de développement à mettre en œuvre en Amazonie. Un territoire qui, d’Est en Ouest, est mis à mal par la déforestation et l’exploitation minière notamment ! La voix des Peuples autochtones sera-t-elle entendue ?

*Compte rendu de la CNDP p.79 /**Voir sur ce Blog, les notes du 10 mars, 26 juin et 31 août 2018

Illustrations : projet de site minier (extrait du compte rendu des débats de la Cpdp). Localisation du site en Guyane (extrait du document du WWF « Montagne d’or, mirage économique » p. 5. Cliquer sur les images pour en agrandir la taille.

Voir ci-dessous sur Youtube le « Coup de gueule » – Idée reçue - de l’humoriste et vulgarisateur scientifique Max Bird à propos de la « Montagne d’or » (4’33’’) :

                                                           

 

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

11/09/2018

Être infirmière en Amazonie en 2018, pourquoi ?

Amazonie, Amazônia, Amazonas, Brésil, Brasil, Yanomami, Indígenas, Manaus, Rio Marauiá, Santa Isabel do Rio Negro, Sylvie Petter, xapono, SECOYA, AYA, Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, Terre des Hommes Suisse, Silvio Cavuscens, Serviço e Cooperação como povo Yanomami, le Jour se Lève, Aurélien Stoll, Pierrette Birraux, Ville de Genève, Bernex, Lancy, Onex, Meyrin, Plan-les-Ouates, Vandœuvres, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, E-Changer, Maison des AssociationsVoilà huit ans que Sylvie Petter exerce son activité d’infirmière* auprès des communautés Yanomami de l’État d’Amazonas. En particulier dans les xapono** (villages) du rio Marauiá. Elle parlera de son engagement, jeudi 13 septembre à 19h à la Maison des associations (15, rue des Savoises – Genève).

Un documentaire de 22 mn, réalisé par la compagnie parisienne « Le jour se Lève » introduira les propos de Sylvie. Ce film a été réalisé pour marquer les 25 ans d’activité du « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA dont le siège est à Manaus. Sylvie est responsable du programme « Santé » de cette ONG qui a pour Secrétaire général Silvio Cavuscens un helvético-brésilien qui vit en Amazonie depuis une quarantaine d’années.

Lors de la rencontre de jeudi, parole sera également donnée à Aurélien Stoll, Secrétaire général du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI et à Pierrette Birraux, ethno-géographe.

Ces dernières années, SECOYA, par l’intermédiaire de l’association « Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie – AYA » a reçu l’appui de plusieurs collectivités publiques genevoises : Ville de Genève, communes de Bernex, Lancy, Onex, Meyrin, Plan-les-Ouates et Vandœuvres en particulier. Terre des Hommes Genève, E-Changer (Sylvie est partie comme volontaire de cette ONG) et le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI (par l’intermédiaire de la Fédération Genevoise de Coopération) appuient également le travail de SECOYA. Cette rencontre de jeudi donne l’occasion aux contribuables genevois de prendre connaissance de l’utilisation des fonds versés au titre de la coopération au développement.

Invitation à tous !

                                                                        ***

*Voir sur ce blog les notes du 10 décembre 2010 et du 4 février 2011 /  ** Prononcer « Chapono »

09/08/2018

Journée internationale des Peuples autochtones

ONU, Journée internationale des Peuples autochtones, MCI, Mouvement pour la Coopération Internationale, Équateur, Pérou, Brésil, Guyane, Belo Monte, rio Xingu Terre-Mère, Année des langues autochtones, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, UNESCO« Les peuples autochtones comptent environ 370 millions de personnes et vivent dans 90 pays. Bien qu’ils ne représentent que 5% de la population mondiale, ils constituent aujourd’hui 15% des individus les plus marginalisés de la planète. » Voilà ce que rappelle d’abord l’ONU pour marquer la "Journée internationale des Peuples autochtones" qu’elle a décidé, en 1995, de célébrer chaque année le 9 août.

Cette année, l’ONU a souhaité que l’accent soit mis sur la situation actuelle des territoires autochtones et sur les migrations et mouvements transfrontaliers qui affectent de nombreux peuples en raison de la perte de leurs terres et de leurs ressources. Perte qui les oblige à rejoindre des zones urbaines à la recherche de meilleures perspectives de vie, d’éducation et d’emploi.

Encore récemment, le 10 juillet dernier, l’ONG genevoise, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI a eu l’opportunité d’organiser une modeste rencontre entre leaders indigènes originaires d’Équateur, du Pérou, du Brésil et de Guyane. Les uns et les autres luttent pour défendre leurs territoires mis en péril par l’extraction minière et pétrolière et la réalisation d’infrastructures comme le méga barrage de Belo Monte sur le rio Xingu au Brésil. Ces leaders indigènes ont expliqué comment leurs peuples ne restaient pas passifs face aux menaces qui pèsent sur leurs territoires. Ils sont même aux avant-postes pour la lutte contre le changement climatique qui affecte la Terre-Mère.

Diverses manifestations sont organisées pour célébrer cette journée internationale. Au siège de l’ONU à New-York, mais aussi un peu partout dans le monde, comme en Guyane par exemple.

Par ailleurs, l’ONU se préoccupe de la disparition désastreuse de nombreuses langues autochtones. Elle rappelle l’impérieuse nécessité de préserver, de revitaliser et de promouvoir ces langues et de prendre sans délai de nouvelles mesures aux niveaux national et international. L’Organisation a décidé que 2019 serait « Année des langues autochtones ». Elle invite l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (l’UNESCO) à jouer le rôle de chef de file lors de cette Année internationale.

17/02/2018

Ville de Genève : NON à la réduction du crédit pour la coopération internationale

Ville de Genève, votation, 4 mars 2018, Solidarité internationale, Conseil municipal, 28 avril 2017, 24 septembre 2017, 4 mars 2018, Convention de Minamata, Suisse, Genève, Délégation Genève Ville solidaire, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Organisation Indigène d'Antioquia, Organización Indígena de Antioquia, OIA, Colombie, Colombia, Antioquia, Medellín, Embera, Madre Tierra, Mère Terre, Universidad de AntioquiaC'est depuis 1967 - voilà cinquante ans - que la Ville de Genève inscrit régulièrement à son budget un montant pour la solidarité internationale. Un jubilé malheureusement célébré par une coupe de 340'000 CHF sur ce poste, décidée le 28 avril 2017 par la majorité du Conseil municipal. On connaît la suite : l'aboutissement d'un référendum, une votation prévue le 24 septembre 2017 (1), annulée et reportée à ce prochain 4 mars.

Genève est connue dans le monde entier, notamment en raison du nombre d'organisations internationales qui y ont leur siège. C'est un secteur économique à part entière. En 2016 (2), plus de 29'000 emplois; près de 6 milliards de CHF de dépenses dont la moitié en Suisse. Plus de 2'800 réunions auxquelles ont participé près de 220'000 délégués et experts. Récemment, en septembre 2017, Genève a encore accueilli le Secrétariat de la Convention de Minamata sur le Mercure. Ce secteur public international est profitable à Genève. Une toile de fond à rappeler aux citoyens appelés à se prononcer le 4 mars.

À rappeler également la pratique genevoise en matière de solidarité internationale. Les collectivités publiques soutiennent des projets d'ONG locales dans lesquelles s'engagent de nombreux bénévoles. Il est facile pour le citoyen lambda d'accéder aux sites de ces organisations pour connaître l'usage qui est fait des deniers publics. Dans son "Rapport 2016", la "Délégation Genève Ville Solidaire" détaille les projets qu'elle a soutenus (3). Par exemple, elle a accordé une subvention, via la Fédération Genevoise de Coopération – FGC à un projet soutenu par le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI en faveur d'un programme de l'Organisation Indigène d'Antioquia – OIA en Colombie (4). Il s'agit d'inclure l'éducation des jeunes et des adultes indigènes dans un système bilingue particulier (embera et castillan), géré et administré par l'OIA et progressivement financé par le gouvernement colombien. Pour atteindre cet objectif, il faut standardiser la langue embera, produire des documents dans cette langue, former les enseignants et développer des relations avec l'administration de l'enseignement public de la province. En 2016, ce sont 32 ateliers de formation qui ont été organisés dans les différentes zones du projet, touchant 40 professeurs et 635 étudiants, jeunes et adultes. L'OIA a travaillé avec la Faculté d'éducation de l'Université d'Antioqia pour élaborer une pédagogie spécifique dite de la "Madre Tierra" (la Mère Terre) avec une licence propre reconnue par le Ministère colombien de l'Éducation. La formation dispensée correspond à la culture du peuple Embera qui entend défendre la Mère Terre. À souligner que ces activités se déroulent dans une zone où la violence est malheureusement encore très présente. La contribution de la Ville de Genève s'est élevée à 61'000 CHF en 2016 et 2017. Au début de ce mois de février, le secrétaire du MCI était à Medellín (voir photo) où il a rencontré les responsables de l'OIA. Les visites sur le terrain font partie du suivi indispensable à la bonne réalisation d'un programme.

Dans le village global qu'est notre Planète, c'est avec notre voisin que nous échangeons des gestes de solidarité. Ces peuples indigènes sont les meilleurs protecteurs de la nature. Avec un tel projet, nous, Genevois, contribuons modestement à ce qu'ils gardent leur culture et leur cadre de vie. Un environnement qui est aussi le nôtre.

Réduire les crédits destinés à la solidarité internationale, c'est réduire l'appui à des initiatives comme celle mise en œuvre par l'OIA. Le MCI, comme la FGC appelle à voter "Non" à la réduction des crédits pour la coopération internationale !

                                                                                    ***

(1) Voir sur ce blog la note du 17 septembre 2017.

(2) Office cantonal de la statistique / Informations statistiques No 21 – Septembre 2017.Site : https://www.ge.ch/statistique/tel/publications/2017/informations_statistiques/autres_themes/is_oi_21_2017.pdf

(3) https://omnibook.com/collections/vdg/#view/dgvs

(4) MCI, site : http://www.mcifgc.ch/mci/?page_id=12947

Photo ci-dessous : © OIA : le 2 février 2018 au siège de l'OIA à Medellín. De gauche à droite, Milton Santacruz, le coordinateur du projet "Education jeunes et adultes" de l'OIA; Aurélien Stoll, le secrétaire du MCI; Gustavo Velez, l'un des dirigeants de l'OIA et Guzman Caisano, directeur du programme "Culture et éducation" de l'OIA.

 

Ville de Genève, votation, 4 mars 2018, Solidarité internationale, Conseil municipal, 28 avril 2017, 24 septembre 2017, 4 mars 2018, Convention de Minamata, Suisse, Genève, Délégation Genève Ville solidaire, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Organisation Indigène d'Antioquia, Organización Indígena de Antioquia, OIA, Colombie, Colombia, Antioquia, Medellín, Embera, Madre Tierra, Mère Terre, Universidad de Antioquia

15/10/2010

Elections brésiliennes : Questions à propos des candidats, de la corruption, et de la politique indigéniste

Deux questions m'ont été posées suite à la note publiée sur ce blog le 3 octobre, au sujet du premier tour des élections brésiliennes. Première question : Dilma n'est-elle pas la candidate d'un parti des plus corrompus ? Deuxième question : José Serra n'est-il pas davantage à l'écoute des peuples indigènes que Dilma ?

La corruption dans les partis politiques

Phénomène bien réel que celui de la corruption, notamment la corruption électorale. Au Brésil, depuis quelques années, un collectif d'une quarantaine d'associations et d'institutions a créé un "Mouvement de combat contre la corruption électorale" - MCCE, pour lutter contre ce fléau. En octobre 2007, ce mouvement a publié un dossier concernant les élus dont le mandat a été cassé par la justice pour corruption électorale à divers titres. Entre 2000 et 2006, 623 élus ont dû abandonner leur mandat. La grande majorité (508) étaient maires et adjoints de maires. Dans 339 cas, le nom du parti a pu être identifié. Les "cassés" appartenaient à 21 partis... Le parti des Démocrates - DEM (l'ancien PFL) a le plus de "cassés" : 69, soit 20,4%. En deuxième position, le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien - PMDB en compte 66 (19,5%). À la troisième place, le Parti de la Social-Démocratie Brésilienne - PSDB (le parti de José Serra) avec 58 "cassés" (17,1 %).  Le Parti des Travailleurs - PT, celui de Dilma Roussef, en a 10 (2,9%); il est en 9e position.

Peut-être existe-t-il une autre enquête, une autre approche, donnant une image différente du phénomène ?

À ce sujet, il convient de rappeler le vote ce printemps, par le Congrès brésilien, de la loi complémentaire No 135, appelée "Loi de la Fiche propre" relative à l'inéligibilité des personnes condamnées pour toute une série de raisons. Cette loi, entrée en vigueur le 7 juin 2010, est le résultat d'une campagne lancée en avril 2008 par le MCCE. En septembre 2009, celui-ci avait remis au président de la Chambre des Députés, ce "Projet de loi d'initiative populaire", signé par 1,3 millions de citoyens. Ce texte est une avancée sensible de la démocratie dans ce pays.

Serra n'est-il pas beaucoup plus à l'écoute des indigènes que Dilma ?

Au sujet de la politique indigéniste, c'est seulement au vu de leurs actes que l'on pourra constater si l'un ou l'autre, Dilma ou Serra, fait mieux que Lula. Pour l'heure, les programmes électoraux des candidats ont une valeur indicative. Ils sont susceptibles de changer pour le deuxième tour qui aura lieu le 31 octobre. Les deux candidats restés en lice pour la présidence vont chercher à récupérer une partie au moins de l'électorat de Marina Silva du Parti Vert - PV, qui est arrivée en troisième position au premier tour. Cette dernière leur a envoyé un "Agenda pour un Brésil Juste et soutenable". Une des propositions de l'agenda est "La conclusion de la démarcation et de l'homologation des terres indigènes et la création d'un fonds pour appuyer les projets indigènes et des autres populations traditionnelles". À voir comment ces propositions seront accueillies.

Autre signe donné par les partis est la composition des listes électorales dans les États, en particulier pour la Chambre des Députés et le Sénat, listes pour lesquelles les directions de partis ont probablement donné leur aval.

Dans l'État de Roraima, le 3 octobre, les électeurs ont élu Paulo Cesar Quartiero à la Chambre des Députés. Ce riziculteur est membre du Parti des Démocrates (DEM), parti de la coalition de José Serra. Il a été l'un des plus farouches opposants à la démarcation en aire continue de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol située dans cet État. Récemment, la "Folha de São Paulo" a souligné comment, son opposition aux aires indigènes et autres zones de protection environnementales, a été "le refrain" de sa campagne électorale. Quartiero soutiendrait-il la candidature de Serra s'il estime que celui-ci est susceptible de conduire une politique très favorable aux peuples indigènes ? Bien sûr, un seul exemple ne permet pas de porter un jugement global. Mais, dans le cas présent, Quartiero est connu au Brésil. Et la saga de la démarcation, par Lula en avril 2005, de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol, a été un cas emblématique.

Le vote des électeurs est un autre indicateur. Pour l'élection présidentielle de 2002, dans le Roraima, Lula avait obtenu 65 % des voix et Serra 34 %. Quatre ans plus tard, en 2006 pour son deuxième mandat, donc après l'homologation de Raposa Serra do Sol, les citoyens roraimenses (du Roraima), ne lui ont donné que 38,5 % des voix, contre 61,5%  à Alckmin, le candidat du PSDB.  Cette année, toujours dans le Roraima, pour le premier tour du 3 octobre, Dilma n'a obtenu que 28,7 % des suffrages contre 51% pour Serra. La démarcation de Raposa Serra do Sol a certainement laissé des traces dans cet État où la question indigène est sensible.

Le 7 octobre, la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne - COIAB, a publié une lettre dans laquelle elle remercie Marina Silva pour l'attention qu'elle a portée à la question environnementale, sociale et indigène durant sa campagne. "Elle attend maintenant des candidats au deuxième tour un programme qui vise à garantir les droits des indigènes et des autres peuples de la forêt et ceux d'une Amazonie soutenable".

À suivre !

Pour en savoir plus (en portugais) :

Le dossier du MCCE : http://www.mcce.org.br/sites/default/files/politicoscassa...

La loi complémentaire No 135 "Fiche propre" : http://www.planalto.gov.br/ccivil_03/Leis/LCP/Lcp135.htm#...

L'Agenda pour un Brésil Juste et Soutenable de Marina Silva : http://www.minhamarina.org.br/blog/2010/10/marina-silva-a... > Agenda por um Brasil Justo e Sustentavel

Un écho de la campagne de Paulo Cesar Quartiero dans la "Folha de São Paulo" : http://www1.folha.uol.com.br/poder/809647-lider-de-arroze...

La lettre de la COIAB : http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=inde...

Les résultats des élections sur le site du Tribunal Supérieur électoral : http://www.tse.gov.br/internet/index.html

 

 

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03/10/2010

Les citoyens brésiliens sont appelés aux urnes ce dimanche

Ce dimanche 3 octobre, les citoyens brésiliens sont appelés à choisir une nouvelle présidence de la République, les membres de la Chambre des Députés et une partie des membres du Sénat. Ils doivent également élire les membres des Assemblées Législatives et les Gouverneurs des vingt-six États de l'Union et du District Fédéral.

À l'extérieur du Brésil, c'est surtout l'élection présidentielle qui retient l'attention. Lula ne pouvant pas briguer un troisième mandat, les observateurs s'attachent à dresser le bilan de sa présidence.

À la fin de la campagne électorale, les sondages maintiennent le suspense quant à la possible tenue d'un deuxième tour le 31 octobre. En effet Dilma Rousseff, la candidate de Lula et d'une coalition de partis alliés au Parti des Travailleurs (PT), est donnée en tête avec 52% des intentions de vote. Elle pourrait être élue dès aujourd'hui. José Serra, candidat d'une coalition de partis alliés du Parti de la Social-Démocratie Brésilienne (PSDB), est en deuxième position avec 31%; Marina Silva du Parti Vert (PV), est en troisième position avec 15%. Le candidat du Parti "Socialisme et Liberté" (PSOL), Plínio Sampaio, est crédité de 1% des intentions de vote. Mais la marge d'erreur inhérente aux sondages et les indécis engendrent l'incertitude.

On parle peu des peuples indigènes.

Les indiens sont minoritaires dans le pays : entre 0,25 et 0,37% de la population. Leur poids électoral est très faible. Ainsi, le thème "Peuples indigènes" n'a pas occupé une grande place dans les programmes électoraux.

Le résultat de la recherche, dans les "Propositions de gouvernement" des quatre principaux candidats, des mots-clefs  "indígenas", "índios", "demarcação" ou "comunidades tradicionais", traduit leur sensibilité à l'égard de cette minorité.

  • Dans le programme de José Serra, ces termes n'apparaissent pas.
  • Dans celui de Dilma Rousseff, le terme "indígenas" apparaît deux fois. La première dans le point 19. q), où il est question de développer les politiques de promotion de l'égalité raciale et au point 48. d) à propos du développement de politiques relatives aux droits de base : travail, habitat, alimentation, santé, éducation et accès à la justice et à la citoyenneté.
  • Marina Silva aborde plusieurs fois la question indigène et des communautés traditionnelles dans ses lignes directrices de gouvernement. Au point 3.2.6 d. à propos de la valorisation de la diversité socioculturelle et environnementale, elle affirme vouloir garantir les processus de démarcation et d'homologation des terres indigènes et les possibilités de développement autonome de ces peuples.
  • Plínio Sampaio affirme son opposition à la construction de l'usine électrique de Belo Monte et à la transposition du rio São Francisco (points 4 et 5 de ses propositions). Au point 13, il donne son appui à la démarcation, l'homologation des territoires indigènes et "quilombolas", (les territoires des communautés noires d'anciens esclaves marrons).

Au moment de l'adoption de l'actuelle Constitution - le 5 octobre 1988 - les Constituants ont fixé un délai de cinq ans pour démarquer toutes les terres indigènes du pays. Vingt-deux ans plus tard, cette disposition constitutionnelle est loin d'avoir été complètement appliquée. Et seuls, les deux candidats minoritaires font expressément référence à cette obligation constitutionnelle dans leur programme électoral.

Bonne journée aux électuers brésiliens !

Pour en savoir plus (en portugais) :

Sur le sondage Datafolha du 30 septembre :

http://agenciabrasil.ebc.com.br/home/-/journal_content/56...

Le site du Tribunal Supérieur Electoral (TSE) fournit de nombreux renseignements sur les élections :

http://www.tse.gov.br/dia_eleicao/index.html

Les programmes des candidats sont accessibles sur le site du TSE :

• Dilma Rousseff :

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

• José Serra :

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

• Marina Silva :

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

• Plínio Sampaio

http://divulgacand2010.tse.jus.br/divulgacand2010/jsp/abr... > Visualizar proposta de governo

 

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04/05/2010

"Dirty Paradise" sur les écrans romands

Une avant-première

Le film de Daniel Schweizer "Dirty Paradise" ("Sale Paradis" en français), sur les indiens Wayana de Guyane française sera sur les écrans romands à partir du 5 mai. En mars dernier, ce film a reçu le grand prix de l'État de Genève au Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains (FIFDH). Lors de la proclamation du palmarès, les organisateurs ont expliqué leur choix : "En choisissant ce film, le jury a voulu dénoncer, aux côtés des indiens Wayana, un crime écologique qui frappe très durement un peuple pacifique et démuni, en harmonie avec une nature que l'homme moderne s'acharne à détruire". Le film met en relief le péril mortel que constitue le mercure déversé par les orpailleurs dans le fleuve Maroni qui fait frontière avec le Suriname (1).

Une avant-première est prévue le mercredi 5 mai à 20h, au CAC Voltaire (Maison des arts du Grütli,
16, rue du Général-Dufour  - 1204  Genève), avec un débat en présence de Daniel Schweizer.

C'est un film toujours d'actualité : Ce 2 mai, la presse brésilienne a fait état de l'arrestation, par les autorités du Suriname, de vingt-quatre brésiliens suspectés de pratique illégale d'orpaillage (2).

 

Au Brésil aussi, l'orpaillage fait des dégâts, notamment chez les Yanomami

Ce qui se passe en Guyane, n'est malheureusement pas un cas isolé en Amazonie. Le 16 avril dernier, Davi Kopenawa, président de "Hutkara Associação Yanomami", a envoyé une lettre à M. James Anaya, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones. Dans cette lettre, il dénonce l'inaction du gouvernement brésilien face à l'invasion des orpailleurs dans la Terre Indigène Yanomami. Il demande au rapporteur d'intervenir auprès des autorités brésiliennes pour que celles-ci chassent les envahisseurs de l'aire Yanomami et empêchent leur retour. Cette lettre a été envoyée alors que se tenait la IXe Session de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, réunie du 19 au 30 avril à New-York (3).

 

Pour en savoir plus :

(1) En français : http://www.dirtyparadise.net/

(2) En portugais : http://www.amazonia.org.br/noticias/print.cfm?id=353496

(3) En portugais : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3074 et, dans le texte, cliquer sur > "carta enviada pela Hutukara" pour lire la lettre de Davi.

 

 

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12/05/2009

Menaces sur la santé indigène dans le Roraima

carte roreira.pngPour assurer le service de santé aux populations indigènes, la Fondation Nationale de la Santé (FUNASA) passe des conventions avec des entités qui agissent sur le terrain. Dans l'État de Roraima, trois entités ont signé une telle convention, le "Conseil Indigène de Roraima" (CIR), le Diocèse de Roraima et l'association "Service et Coopération avec le Peuple Yanomami" (SECOYA).

Ces conventions arrivent à échéance en mai pour le CIR et la SECOYA, et en juillet pour le Diocèse de Roraima. La SECOYA a déjà fait connaître son intention de ne pas renouveler la convention pour le service de santé indigène dans cet État. Les trois entités se plaignent de l'administration de la FUNASA. En particulier des retards dans le versement des subventions qui perturbent sérieusement le service de santé dans les communautés.

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02/04/2009

38e Assemblée générale des Peuples indigènes de Roraima

Du 6 au 9 mars, 687 représentants de 286 communautés et organisations indigènes se sont réunis à l'appel du Conseil Indigène de Roraima (CIR), dans la communauté indigène du Barro, sur la Terre Indigène Raposa Serra do Sol, à 230 Km de Boa Vista, la capitale de l'État de Roraima.

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30/03/2009

L'OIT questionne le gouvernement brésilien

comoli mars arbre palabre.jpgLa Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations (CEACR) de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) s'est réunie pour sa 79e session du 27 novembre au 12 décembre 2008.

Elle a examiné les documents envoyés par trois organisations syndicales brésiliennes en août – septembre 2008, au sujet de l'application de la Convention 169 qui protège les peuples indigènes et tribaux*. Dans son rapport diffusé récemment, la Commission demande au gouvernement de lui fournir des informations sur les mécanismes de consultation et de participation des peuples indigènes en général. Mais aussi dans des cas plus spécifiques.

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