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  • Amazonie : En plus de la déforestation, la canne à sucre.

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Amazônia legal, Cerrado, Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais, INPE, Desmatamento, déforestation, Pará, Roraima, Maranhão, Acre, Mato Grosso, Rondônia, ISA, Instituto Socioambiental, BR-364, BR-163, BR-319, PPCDAm, Plano de Ação para Prevenção e Controle do Desmatamento, Jair Bolsonaro, Cana-de-açúcar, Canne à sucre, Instituto Nacional de Pesquisas da Amazônia, INPA, Lucas Ferrante, Ministério Público Federal, Comissão Pastoral da Terra, CPT, CNBB, Public Eye, Association Européenne de Libre Échange, AELE, Initiative fédérale Entreprises responsablesÀ mi-novembre 2019, l’Institut National (brésilien) d’Enquêtes Spatiales (INPE) a diffusé l’estimation du taux de déforestation en Amazonie légale pour la période allant d’août 2018 à juillet 2019 : 9’762 km2, soit une augmentation de 29,54% par rapport aux douze mois précédents où la déforestation avait été 7'536 km2. C’est l’État du Pará qui a perdu le plus de forêt : 3'862 km2. L’État de Roraima a connu la plus forte différence entre les deux périodes : 617 km2 en 2019 pour 195 km2 en 2018, soit une variation de 216,4 %.

    Une étude de l’Institut Socio-environnemental – ISA de São Paulo, publiée en décembre dernier, montre que les taux les plus élevés de déforestation forment un « arc de déforestation » qui va d’Est en Ouest, des États du Maranhão et du Pará jusqu’à l’État d’Acre en passant par les États du Mato Grosso et Rondônia. ISA relève l’importance de la déforestation à proximité de plusieurs routes fédérales, notamment les BR-364, BR-163 et BR-319. Il a calculé que 75% de la déforestation est observé sur le territoire de 256 municipalités. Dix-neuf d’entre-elles ne sont pas sur la liste du Ministère de l’environnement comme étant prioritaires dans la lutte contre la déforestation. ISA relève également l’augmentation de la taille moyenne des aires détruites, signe pour l’Institut que les auteurs de cette déforestation ont un pouvoir d’achat important. Toujours selon ISA, cette expansion correspond aux municipalités où des représentants du gouvernement ont promis des mesures d’allègement de la surveillance de l’environnement. Il reproche au gouvernement d’avoir abandonné le Plan d’action pour la Prévention et le Contrôle de la Déforestation en Amazonie légale – PPCDAm créé en 2004 dont il demande la reprise. Il note que le recours aux forces armées, en août 2019, a permis la réduction des incendies et de la déforestation.

    Mais une autre source d’inquiétude concernant l’Amazonie est née avec l’annulation, par Jair Bolsonaro le 5 novembre dernier, d’un décret de septembre 2009 qui y empêchait la culture de la canne à sucre. En 2011 déjà, au Sénat fédéral, un projet de loi voulait autoriser cette culture dans une partie du Cerrado et de l’Amazonie. Un projet classé en 2018. Le 11 novembre, un scientifique, Lucas Ferrante, doctorant à l’Institut National de Recherche de l’Amazonie – INPA, a dénoncé la décision présidentielle au Ministère Public Fédéral. Pour le chercheur cette décision « Est un crime de lèse-patrie qui affecte non seulement la plus grande forêt tropicale du monde et sa biodiversité, mais aussi les services environnementaux essentiels pour le maintien de l’approvisionnement humain et l’agriculture des régions Sud et Sud-Est du Brésil. L’impact affectera la capacité agricole du pays ». Dans un communiqué du 14 novembre 2019, la Commission Pastorale de la Terre – CPT liée à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB, affirme que « Cette autorisation représente plus de violence, de mort et de destruction pour les peuples et les biomes atteints. Elle va aussi contribuer à la réduction des pluies fournies par les rivières volantes chargées de l’humidité du bassin amazonien vers les régions Ouest, Sud-est et Sud du Brésil ». Á suivre…

    La déforestation de l’Amazonie a trouvé un écho en Suisse. Notre pays est l’une des principales plateformes mondiales du négoce des matières premières. Plusieurs de ces acteurs ont des relations d’affaires importantes avec le Brésil et l’Amazonie. Une réalité que vient de rappeler « Public Eye » dans l’édition de janvier de son magazine (No 21). La Suisse, comme membre de l’Association Européenne de Libre Échange – AELE a négocié un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur dont le Brésil fait partie. Une coalition d’ONG suisses demande que cet accord contienne des garanties en matière de protection des droits humains et environnementaux. Elles envisagent de lancer un référendum si le traité est insatisfaisant. Est également en cours de discussion l’initiative «Multinationales responsables». Il y a là deux moyens de réduire les dangers pesant sur la forêt amazonienne et les peuples qui veulent la protéger. A voir comment notre pays va répondre à l’appel des peuples autochtones brésiliens venus solliciter la solidarité des Suisses en novembre dernier.

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    Illustration © ISA / source Inpe : La nouvelle frontière de la destruction. Le nouvel arc de déforestation en Amazonie met en danger la plus grande forêt tropicale de la planète. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Sur ce blog, plusieurs billets ont déjà publié les statistiques de l’INPE sur la déforestation. Voir les notes du 30 novembre 2012, 17 avril 2014, 5 décembre 2014, 14 mai 2015 , 10 décembre 2016  

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Une délégation indigène brésilienne à Genève ce 8 novembre

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Campement Terre Libre, Acampamento Terra Livre, 2019, APIB, Accord de Paris, Convention 169, Charte de Cochabamba, Mère Nature, Jair Bolsonaro, Société pour les peuples menacés, gfbv, SPM, AELE, Mercosur, Paulo Paulino Guajajara Ils ne restent pas passifs ! La faîtière des organisations indigènes du Brésil, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a décidé d’envoyer une délégation en Europe pour y alerter l’opinion publique sur les menaces qui pèsent sur les droits économiques, sociaux, culturels et territoriaux des indigènes. En fait, une menace sur leur existence même.

    Les objectifs du voyage : d’abord dénoncer les graves violations commises contre les peuples indigènes et l’environnement par le nouveau gouvernement de Jair Bolsonaro. Au-delà de la dénonciation, l’APIB veut la mise en œuvre de mesures susceptibles d’exercer une pression sur le gouvernement et les entreprises de l’agroalimentaire du Brésil pour le respect de l’environnement et des droits des droits des peuples autochtones (Accord de Paris, Convention 169 de l’OIT, Déclaration universelle des droits de Mère Nature telle que définie dans la Charte de Cochabamba de 2010). Mais l’Articulation demande aussi la solidarité des citoyens des pays qu’elle visite. Elle souhaite former un réseau international de personnes et d’organisations qui soutiennent ses objectifs. Au Brésil même, en janvier et avril 2019 déjà, l’APIB avait organisé des manifestations pour faire connaître ses revendications. Sa tournée européenne est dans le prolongement de cette mobilisation. Elle en a repris le titre même : « Sang autochtone, pas une goutte de plus » qui malheureusement est démenti par la triste actualité : ce 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara, un « gardien de la forêt » de la Terre Indigène Araribóia (État du Maranhão) a été tué par un groupe de madeireiros (forestiers illégaux). Voir sur ce blog la note du 4 novembre.

    La « Société pour les peuples menacés -SPM » - dont le siège est à Berne - organise le passage de la délégation en Suisse. À cette occasion, le 7 novembre dans la capitale fédérale, elle lance une campagne en faveur des droits des peuples autochtones brésiliens. Cette délégation est en Suisse au moment où notre pays, dans le cadre de l’AELE, négocie un traité de libre-échange avec les pays du Mercosur dont fait partie le Brésil.

    À Genève, une réunion ouverte au public est prévue le vendredi 8 novembre, de 18h30 à 21h à Maison de la Paix, Auditorium A2, au 2 Chemin Eugène-Rigot, 1202 Genève / Transports publics : Tram No 15, Arrêt « Maison de la Paix »

    Illustration : Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2