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  • Brésil : Les peuples indigènes en résistance

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Association Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, AYA, rio Marauiá, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYA, COP 25, Madrid, Madri, Altamira, Université Fédérale, Universidade Federal, Pará, Estado, État, Belo Monte, rio Xingu, Belo Sun, Centre du Monde, Amazônia Centro do Mundo, rivières volantes, Rios Voadores, Amazonas, Marcha dos Povos Indígenas do Amazonas, Forum d’Éducation Scolaire Indigène de l’Amazonas – FOREEIA, Fórum de Educação Escolar Indígena do Amazonas, Carta aberta, Bem Viver, Mère Terre, Mãe Terra, Casa Comun, Maison communeL’année 2019 a vu se multiplier les menaces sur les populations indigènes et la forêt de l’Amazonie brésiliennes. Après les incendies, la déforestation a repris, la démarcation des Terres Indigènes a été stoppée, des gardiens de la forêt et des leaders indigènes ont été assassinés…

    Mais les peuples indigènes ne sont pas restés inactifs. Ils ont multiplié les moments de protestation, les rencontres avec les autorités et les autres mouvements sociaux du pays ; envoyé des délégations dans les pays européens, y compris en Suisse et à la dernière COP 25 à Madrid pour faire connaître leur situation et demander des gestes de solidarité. À relever deux rencontres qui ont été organisées dans des zones particulièrement sensibles de l’Amazonie.

    D’abord celle qui a eu lieu sur le campus d’Altamira de l’Université Fédérale de l’État du Pará les 17, 18 et 19 novembre. La région subit les conséquences de la centrale hydroélectrique de Belo Monte construite sur le rio Xingu. Les habitants y redoutent encore le projet d’une entreprise canadienne d’exploiter « Belo Sun », une mine d’or à ciel ouvert. Cette inquiétante réalité a incité un collectif de vingt-cinq organisations (associations de femmes, de riverains, de pêcheurs, de défenseurs des droits humains, d’écologistes, de membres de l’Église catholique, de leaders indigènes, de scientifiques et autres personnalités à s’unir et à manifester leur volonté de défendre la forêt amazonienne et ses habitants. La réunion, intitulée « Amazonie, Centre du Monde »  a vu la participation d’environ trois cents personnes. Les débats ont abouti à l’adoption d’un texte, un « Manifeste » devant harmoniser l’action de défense de l’Amazonie. Le document commence par rappeler le rôle de la forêt amazonienne : « Sans maintenir vivante la plus grande forêt tropicale de la planète, il n’y a pas la possibilité de contrôler le super réchauffement global. L’évaporation produite par la forêt libère dans l’atmosphère 20 milliards de tonnes d’eau chaque 24 heures. La forêt crée des rivières volantes  au-dessus de nos têtes plus importantes que l’Amazone. La sueur de la forêt sauve la planète tous les jours. Mais cette forêt est en train d'être rapidement détruite par un développement prédateur et risque d'atteindre un point de non-retour dans quelques années. » Face à la catastrophe en cours, les signataires affirment avoir surmonté les barrières et les obstacles pour unir leurs voix autour d'un objectif commun : « Sauver la forêt et combattre l'extinction des vies sur la planète. » […] Nous savons que la forêt n’existera que si les peuples de la forêt existent. Nous serons ensemble dans les luttes de toutes les Amazonies. Nous serons là où la forêt saigne. Nous lutterons contre toutes les formes de mort. » Pour conclure, les auteurs résument ainsi leur axe de travail : « Nous voulons « amazoniser » le monde et nous « amazoniser » nous-mêmes. Orientés par les peuples de la forêt, nous voulons refonder l’humain et imaginer un futur où nous puissions vivre. »

    Quelques jours plus tard, au début décembre, à Manaus, la capitale de l’État d’Amazonas, plusieurs centaines d’indigènes représentant 42 peuples et 39 organisations étaient réunis pour la « 5e Marche des Peuples Indigènes de l’Amazonas ». Une manifestation organisée par le Forum d’Éducation Scolaire Indigène de l’Amazonas – FOREEIA. Deux textes, reflétant leurs préoccupations, ont été approuvés par les participants.

    Le premier est une « Déclaration de principes des Peuples Indigènes de l’Amazonas ». Ils rappellent six caractéristiques qui les distinguent collectivement et individuellement : 1.- Le Bien vivre entre les personnes, marqué par la coexistence avec les autres êtres de la nature, dans le profond respect pour la terre, son usage collectif et les projets de vie de chaque peuple. 2.- L’autodétermination et la liberté de chaque peuple de décider de sa forme d’organisation, de ses droits économiques sociaux et culturels. 3.- Le droit pour chaque peuple d’être le protagoniste de ses transformations. 4.- Le caractère sacré et inviolable du Territoire, indispensable pour la reproduction physique et culturelle, la sécurité présente et future de nos peuples. 5.- Le droit, comme peuples originaires, à avoir une identité et une diversité propres. Chaque membre d’un peuple est reconnu par celui-ci parce qu’il maintient avec lui des liens historico-culturels, territoriaux et linguistiques. En retour, cette appartenance est aussi faite de la loyauté envers le peuple qui vous reconnaît comme l’un des siens. 6.- Le fait d’être sur une unique planète et dans un monde où tout est interconnecté, le Bien Vivre de tous passe par la construction d’alliances basées sur le respect et dans le dialogue interculturel. L’unité, la capacité de mobilisation du mouvement indigène et la constitution d’alliances sont indispensables pour forger la force politique pour la concrétisation de nos droits comme peuples et dans le dialogue avec l’État.

    Le deuxième texte est une « Lettre ouverte » au début de laquelle il est rappelé qu’ils viennent des différents rios de cet immense État pour se joindre aux indigènes de la cité afin d’exprimer leur insatisfaction en raison des orientations anti-indigènes des politiques adoptées par le Gouvernement fédéral et celui de l’État d’Amazonas : « Nous sommes dans la capitale pour dénoncer cette politique qui a pour principe la violation des droits des peuples indigènes… » Et d’énumérer différents exemples de promesses non tenues, d’absence de dialogue, de restrictions budgétaires… De dénoncer l’action de personnes se disant du mouvement indigène, mais qui soutiennent propositions avec lesquelles celui-ci n’est pas d’accord…. Les signataires déclarent en avoir assez de la violence à leur encontre, de la persécution, de la criminalisation et l’assassinat de leaders. Ils réitèrent leur volonté de maintenir leur autonomie sur leurs terres, leur refus de l’exploitation minière et de l’orpaillage qui détruisent la forêt, polluent les rivières. Ils réclament la protection des peuples isolés, mais aussi des politiques publiques spécifiques pour les indigènes vivant dans les villes. À l’État d’Amazonas, ils demandent à participer à l’élaboration d’un plan – doté d’un budget - qui réponde aux demandes des communautés. Ils terminent leur lettre en affirmant leur disposition à se joindre aux autres secteurs de la société qui luttent pour la garantie des droits humains, sociaux et économiques, pour un projet de Bien Vivre en Amazonie, respectant la Mère Terre et la Maison Commune. « En continuant de lutter et rêver. Résister est nécessaire ! »

    Les Yanomami du rio Marauiaá, représentant leur association - Kurikama - étaient à Manaus pour participer à cette marche. Ils ont pu se réunir au siège de la SECOYA (le partenaire de AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI). Ils demandent une amélioration du Service de santé. D’autres Yanomami protestent contre l’invasion des garimpeiros (orpailleurs illégaux)

    Que sera 2020 pour la forêt amazonienne et les peuples qui l’habitent ? Déjà l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a fait savoir qu’au début 2020 elle allait se mobiliser pour défendre le service de santé indigène…

                                                                                ***

    Photos : En haut : Resistir é preciso > Résister est nécessaire. Ci-dessous, supérieure : Nós Yanomami não queremos o garimpo no nosso território > Nous Yanomami, nous ne voulons pas l’orpaillage dans notre territoire. Ci-dessous, inférieure : Exigimos melhora na assistência de saúde dos povos indígenas > Nous exigeons un meilleur service de santé pour les peuples indigènes. Cliquer sur les images pour en agrandir la taille.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Un médecin au service des indigènes depuis plus de cinquante ans

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    Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, diabète mellitus de type 2, Vale SA, TRF 1, Onça Puma, Saint-Prex, OIT, Convention 169, Pará, rio Cateté, rio Itacaiunas, métaux lourds, metais pesados, Fernando Henrique Cardoso, Complexo Eliezer Batista, Djudjê-Kô, Cateté, Oodjã, S11D, Aurélien Fontanet, René Fuerst João Paulo Botelho Vieira Filho (84 ans) est médecin, spécialiste en endocrinologie clinique, étudiant puis professeur à l’École de médecine de l’Université Fédérale de São Paulo. Son histoire de vie (1) est celle d’un véritable sacerdoce exercé depuis 1965 auprès d’une dizaine peuples de l’Amazonie brésilienne centrale et orientale. Il est l’auteur de nombreux articles et rapports scientifiques particulièrement consacrés au diabète mellitus de type 2 touchant les autochtones. Une épidémie pandémique causant obésité et surpoids, complications vasculaires, rénales, oculaires et nerveuses. Obligeant parfois à pratiquer des amputations. À l’origine : des facteurs génétiques ! Selon le médecin, les organismes des indigènes sont génétiquement marqués par des millénaires d’alimentation issue de la chasse, de la cueillette, de cultures de subsistance et d’activité physique. L’actuel abandon - par de nombreux peuples autochtones - de la diète traditionnelle pour passer à la diète « occidentale » hautement calorique avec une forte teneur en sucre et graisses et un mode de vie plus sédentaire est un désastre. Le docteur demande aux autorités de modifier le « panier de base » et les « goûters scolaires » qu’elles fournissent aux minorités génétiquement différentes.

    Le Dr Botelho a aussi été un pionnier pour la vaccination des indigènes contre plusieurs affections : tuberculose, diphtérie, tétanos, paralysie infantile, rougeole, coqueluche et variole. Plus récemment, il a vacciné des fillettes de 9 et 10 ans contre le papillomavirus.

    Son intervention chez les Xikrin (2) de la Terre Indigène (TI) Xikrin do Cateté a été essentielle pour la survie de ce peuple. Il a contribué à sa quasi renaissance démographique : d’à peine une centaine quand il les a connus en 1967, ils sont maintenant environ 1460.

    Son action est encore importante. Elle va au-delà du problème du diabète. La vie de ces Xikrin est encore menacée (3). Les sites de production de la multinationale Vale SA (4) polluent en métaux lourds les deux rios Cateté et Itacaiunas d’importance vitale pour les habitants des trois villages Xikrin construits sur leurs rives. Le Dr Botelho a maintes fois attiré l’attention des autorités sur cette situation. À plusieurs reprises ses rapports ont servi de base pour des actions en justice. En 2017, un tribunal a fait cesser l’activité du site « Onça Puma ». Le 13 septembre dernier, Vale SA a publié une information selon laquelle le président du Tribunal Suprême Fédéral avait autorisé la reprise de l’activité sur ce site. À suivre !

    Aidé par le photographe et vidéaste genevois, Aurélien Fontanet (5), le docteur utilise maintenant les réseaux sociaux. Il s’exprime (en portugais) sur une chaîne YouTube.

    João Paulo Botelho Vieira Filho est, de longue date, un allié fidèle et précieux des peuples indigènes. Chapeau !

                                                                                     ***

    (1)Un livre (en portugais) : “Reminiscências de um médico na convivência com índios da Amazônia durante 53 anos (1965 – 2018)” / João Paulo Botelho Vieira Filho / Editora Kelps / Goiânia / 2018 / 180 p. ISBN : 978–85–400-2629-2 / (2) Prononcer « Chikrine » / (3) Voir sur ce blog les notes du 6 septembre 2018, 23 octobre 2017, 9 septembre 2016, 11 septembre 2015, 23 décembre 2014 et 12 mars 2014 / (4) Vale SA a établi son siège international en Suisse, plus exactement à Saint-Prex, à une quarantaine de kilomètres de Genève. / (5) Aurélien Fontanet a créé un site internet et formé des Xikrin permettant à ces derniers de s’exprimer.

    Photo : © Aurélien Fontanet. À gauche, le Docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, à droite Aurélien Fontanet. Au fond, à gauche, le rio Cateté. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Bolsonaro à l’ONU : les indigènes protestent !

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    Le discours prononcé par Jair Bolsonaro, le 24 septembre à New-York devant l’Assemblée générale des Nations Unies a suscité de nombreuses réactions de la part d’organisations indigènes et indigénistes du Brésil. Le Président brésilien a consacré un tiers de son intervention à l’Amazonie et aux peuples indigènes brésiliens. À ce sujet, il s‘adresse particulièrement à Ysani Kalapalo, une indigène invitée dans la délégation officielle brésilienne.

    Quelques extraits : « Le Brésil est l’un des pays les plus riches en biodiversité et en minerais. Notre Amazonie est plus grande que toute l’Europe occidentale et reste pratiquement intouchée. Preuve que nous sommes un des pays qui protège le plus l’environnement. […] Dans cette période de l’année, le climat sec et les vents favorisent les feux spontanés et aussi les criminels. Il faut relever qu’il existe aussi des feux pratiqués par les indiens et les populations locales. […] Le Brésil ne va pas augmenter à 20% l’aire déjà démarquée comme terre indigène. […] La vision d’un leader indigène ne représente pas celle de tous les indiens brésiliens. De nombreuses fois, quelques-uns de ces leaders, comme le cacique Raoni, sont manipulés par des gouvernements étrangers dans leur guerre médiatique pour défendre leurs intérêts en Amazonie. […] Malheureusement quelques personnes à l’intérieur et à l’extérieur du Brésil, appuyées par des ONGs, insistent à traiter et maintenir nos indiens comme de véritables hommes des cavernes. Le Brésil a maintenant un président qui se préoccupe de ceux qui étaient là avant l’arrivée des Portugais. […] L’indien ne veut pas être un latifundiste pauvre sur des terres riches. Spécialement des terres les plus riches du monde. C’est le cas des réserves Yanomami et Raposa Serra do Sol. Dans ces réserves existe une grande abondance d’or, de diamant, d’uranium, de niobium et terres rares entre autres. Et ces territoires sont énormes. La réserve Yanomami seule compte approximativement 95'000 km2, l’équivalent de la taille du Portugal ou de la Hongrie, cependant à peine 15'000 indiens vivent dans cette aire. Ceci démontre que ceux qui nous attaquent ne sont pas préoccupés de l’être humain qu’est l’indien, mais par les richesses en minerais et la biodiversité existantes dans ces aires. »

    Et pour montrer qu’il n’existe pas une autorité unique parmi les indiens, le Président lit une lettre rédigée par un « Groupe d’agriculteurs indigènes du Brésil ». Ce groupe soutient sans restriction la position d’Ysani Kalapalo qui, selon eux, peut expliquer la réalité vécue par les peuples indigènes du Brésil et répondre aux mensonges propagés par la presse nationale et internationale. « Une nouvelle politique indigéniste est nécessaire au Brésil. Le temps presse ! […] L’écologisme radical et l’indigénisme dépassé ne s’accordent pas avec ce que veulent les peuples indigènes. » […] Ysani Kalapalo est apte à représenter les ethnies signataires de cette lettre. Le monopole de monsieur Raoni est terminé. » Le président aborde ensuite d’autres sujets…

    Au Brésil même les organisations ont très vite réagi. D’abord, avant même la réunion de New York, une quinzaine de leaders des peuples indigènes du Xingu ont contesté la représentativité d’Ysani Kalapalo : « Nous n’acceptons pas et n’accepterons jamais que le gouvernement brésilien désigne lui-même de notre représentation sans nous consulter à travers nos organisations et dirigeants soutenus par nous. »

    Le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits Indigènes (FAMDDI)* de Manaus a publié une lettre ouverte au Président signée par les représentants d’une dizaine d’associations : « C’est avec angoisse et honte que les leaders autochtones et non autochtones reçoivent le discours du président brésilien au sujet des indigènes brésiliens, et plus spécifiquement ceux de l’Amazonie, objets d’attaques sans précédent depuis la colonisation. » Les signataires reprochent au Président d’accuser les indigènes d’être les auteurs des incendies qui dévastent l’Amazonie et de les tromper en leur faisant croire qu’ils bénéficieront du pseudo développement promu par le gouvernement.

    Au terme de sa note de protestation, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, qui représente 180 peuples, 300 organisations et plus de 430’000 indigènes, demande l’application de pénalités et de sanctions à l’égard du gouvernement brésilien pour ses menaces à l’égard de la vie de l’humanité et de celle des peuples originaires du Brésil et de l’Amazonie.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB faîtière des peuples et organisations indigènes du pays a, elle aussi, publié une note de protestation. L’Articulation juge répugnant et ridicule le discours prononcé à l’ONU qu’elle estime être adressé par le Président à sa base électorale, forces économiques, politiques et militaires qui le soutiennent en raison d’intérêts pas toujours cachés. Elle estime qu’il a fait preuve de graves lacunes dans sa compréhension de l’histoire, de la réalité socioculturelle et de l’évolution de la législation nationale et internationale de son pays. Elle dénonce les accusations contre le cacique Raoni et les autres leaders qui défendent Mère Nature aux niveaux national et international. Elle qualifie de ridicule l’usage qui a été fait de la lettre des « Agriculteurs indigènes du Brésil » et la présence d’Ysani Kalapalo dans la délégation officielle. « Et nous blâmons M. Bolsonaro pour les conflits qui, alimentés par ses discours publiquement anti-indigènes sont susceptibles d’attenter à nos vies ». L’APIB demande à ses organisations de base et mouvements sociaux alliés « de ne pas se laisser intimider et de ne jamais reculer dans la défense des droits fondamentaux indigènes, principalement le droit à la vie, aux terres et territoires occupés traditionnellement. »

    Le Cacique Raoni était récemment à la Chambre des Députés où il a eu l’occasion de répondre aux attaques du Président : « Bolsonaro a dit que je ne suis pas un leader. C’est lui qui n’est pas un leader et il doit partir avant que quelque chose de très mauvais arrive. […] Mon esprit est tranquille mes pensées sont pour la paix. Ma parole est pour le Bien Vivre. Je ne veux offenser personne. » Raoni a été proposé « Prix Nobel de la Paix 2020 » par la Fondation Darcy Ribeiro de Rio de Janeiro.

                                                                                   ***

    *Document signé par le « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » le partenaire de AYA.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Amazonie : un indigéniste a été assassiné

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Maxciel Pereira dos Santos, Terra Indígena, Vallée du Javari, Vale do Javari, Marubo, Matis, Kanamary, UNIVAJA, APIB, OPAN, FUNAI, INA, Tabatinga, AmazonasLe 6 septembre, en début de soirée, un collaborateur occasionnel de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, Maxciel Pereira dos Santos, plus connu sous le diminutif de « Maxi», a été assassiné à Tabatinga, une localité de l’État d’Amazonas, située à la frontière du Brésil, de la Colombie et du Pérou. Une enquête a été ouverte par la police, qui, pour l’heure, n’est pas en mesure d’affirmer que cet acte est en rapport avec son activité de protection des peuples indigènes de la Vallée du Javari. Cette Terre Indigène (TI) de 85'440 km2 a été démarquée en 2001 après une intense campagne. Elle abrite plusieurs peuples autochtones (Marubo, Matis, Kanamary, etc… et des groupes qui vivent en état d’isolement volontaire. De longue date*, elle est l’objet de fréquentes incursions de chasseurs, de pêcheurs, d’orpailleurs illégaux qui n’hésitent pas à s’en prendre aux bases de la FUNAI insuffisamment nombreuses ou équipées pour y faire face.

    Le 8 septembre, la Coordination de l’Union des Peuples Indigènes de la Vallée du Javari -UNIVAJA a publié une note (relayée par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB) dans laquelle elle rend hommage à la victime. Elle relève son engagement pour contenir les invasions constantes de cette Terre Indigène.

    Pour l’association « Indigénistes associés - INA »  qui regroupe des fonctionnaires de la FUNAI « Il y a des indices que ce crime barbare ait été commis en représailles à son combat contre les pratiques illicites à l’intérieur de la Terre Indigène… Cet épisode tragique s’ajoute à beaucoup d’autres. Dans des contextes différents, mais de l’Amazonie à la région sud du pays, indigènes, collaborateurs et fonctionnaires agissent dans des conditions précaires et insuffisantes pour la protection des Terres Indigènes… l’INA sollicite des mesures minimales de travail et de sécurité inexistantes pour le moment… »

    L’organisation Opération Amazonie Native –OPAN a exprimé sa solidarité avec les fonctionnaires et les familiers de Maxciel !

    La FUNAI demande à la police fédérale qu’elle procède aux enquêtes nécessaires… « La mort de Maxciel représente une grande perte pour la Fondation nous laissant tous émus. »

                                                                                    ***

    * Concernant la TI Vale do Javari, voir AYA Info No 24 du 5 février 2008 et sur ce blog les notes des 18 février 2011 et 23 mars 2012 

    PS 1 : La carte date de 2012. Elle permet surtout de situer Tabatinga et la TI dans l’ouest du Brésil. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami ont élaboré un plan de gestion territorial

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Terra Indígena, PGTA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, yanomae, ye’kwana, PGTA, OIT, Convention 169, Convenção 169, Política Nacional de Gestão Ambiental e Territorial de Terras Indígenas, PNGATI, Fernando Collor, Dilma Rousseff, Luiz Inácio Lula da Silva, Amazonas, Roraima, Rio Mucajaí, Rio Uraricoera, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, orpailleurs, ameaças, pescadores, caçadores, garimpeiros, madeireiros, piaçabeirosIls y ont travaillé pendant quatre ans ! Les Yanomami et Ye’kwana des différentes régions de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y, regroupés au sein de sept associations, ont rédigé collectivement un Plan de Gestion Territorial et Environnemental* – PGTA. Ils ont pu compter sur la collaboration de plusieurs administrations publiques et d’organisations indigénistes, dont le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA**. Ils ont reçu l’appui financier de plusieurs entités. Ce document a été remis dès la mi-juillet à diverses administrations gouvernementales, judiciaires et autres.

    Pour en faciliter la diffusion, il a été rédigé dans trois des neuf langues autochtones en usage dans la TI-Y : yanomami, yanomae, ye’kwana et, chaque fois, en portugais. Il se compose de plusieurs parties : une présentation de la TI-Y, ce qu’est le PGTA et la manière dont il a été élaboré. Suivent sept thèmes : la manière de prendre les décisions, de renforcer la protection de l’aire yanomami, de générer des revenus ; le maintien et la protection des connaissances traditionnelles, la protection de la forêt ; l’amélioration de la santé et de l’éducation scolaire indigène. Des propositions sont formulées pour chacun de ces thèmes. Un glossaire permet de mieux comprendre le document qui se termine par un protocole de consultation. Il s’agit de la procédure selon laquelle les Yanomami veulent que les autorités les écoutent avant que des projets les concernant soient décidés.

    Le TI Yanomami a été homologuée par un décret du 25 mai 1992 signé par Fernando Collor. Elle s’étend sur 96'649,548 km2, avec un périmètre de 3'370 km. Environ 40% de son territoire se situent sur trois municipalités de l’État d’Amazonas et à 60% sur cinq municipalités de l’État de Roraima. Elle est à la frontière du Venezuela au nord-ouest du Brésil. Elle compte environ 26'000 habitants répartis dans plus de 330 communautés villageoises. La TI-Y est l’une des plus importantes aires forestières continues du pays avec peu de zones déboisées ou dégradées.

    Mais c’est aussi une aire menacée. Elle l’est par des demandes de recherche et d’exploitation minières. Elle l’est par des chasseurs, pêcheurs, marchands de bois et, surtout, par des orpailleurs illégaux. Ces derniers sont particulièrement nombreux (environ 20'000 disent les leaders yanomami) sur les rios Mucajaí et Uraricoera dans le nord de la TI***.

    Un PGTA est un outil permettant aux peuples indigènes de mieux maîtriser leur destin. Celui-ci arrive dans un moment difficile pour tous les peuples indigènes du Brésil. Mais il est aussi le signe de la volonté des Yanomami de résister aux menaces qui pèsent sur eux.

                                                                              ***

    *Un tel plan est élaboré sur la base d’un décret du 5 juin 2012 signé par Dilma Rousseff. Il s’agit d’un texte d’application de la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail – OIT relative aux peuples indigènes. Convention ratifiée par le Brésil en 2002 et promulguée par un décret du 19 avril 2004 signé par Luiz Inácio Lula da Silva.

    **Le partenaire de AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI /Genève

    ***Voir la carte ci-dessous (p. 23 ou 101 du  document) :

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Terra Indígena, PGTA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, yanomae, ye’kwana, PGTA, OIT, Convention 169, Convenção 169, Política Nacional de Gestão Ambiental e Territorial de Terras Indígenas, PNGATI, Fernando Collor, Dilma Rousseff, Luiz Inácio Lula da Silva, Amazonas, Roraima, Rio Mucajaí, Rio Uraricoera, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, orpailleurs, ameaças, pescadores, caçadores, garimpeiros, madeireiros, piaçabeiros

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Illustrations : Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • René Fuerst : Amazonie, vingt belles années (1955 – 1975)

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Yanomami, Pará, Kayapó, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Hommes oiseaux, Père Caron, Curé d'Indiens, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, Carouge, Genève, Flux Laboratory, CICR, MEG, Musée d’Ethnographie, Genève« Qui brave la pluie se mouille ! » Ainsi commence l’ouvrage* que vient de publier René Fuerst, l’ethnologue genevois de 86 ans. C’en est aussi le titre du dernier chapitre où il raconte comment et pourquoi le troisième Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, le Général de Réserve, Ismarth Araújo de Oliveira, lui interdit, en juillet 1975, l’accès aux aires indigènes du pays. Il avait publiquement critiqué la politique indigéniste de l’État brésilien.

    Dès 1955, ce chercheur était allé à la rencontre de plusieurs peuples indigènes de l’Amazonie brésilienne. Notamment chez le Xirin du Cateté et les Yanomami du rio Demini. Il l’a fait pour le Musée d’Ethnographie de Genève - MEG, mais aussi pour le Comité International de la Croix Rouge – CICR. Il avait perçu le risque d’un véritable génocide déjà couru par ces peuples.

    De son expérience amazonienne, l’ethnologue en fait le sous-titre de son livre : « Vingt belles années (1955 -1975) ». En 1998 déjà, dans son ouvrage « Adieu l’Amazonie », édité par le MEG, il avait qualifié les années passées dans cette partie du Brésil comme étant les plus belles de sa vie !**

    S’être ainsi fortement « mouillé » pour les autochtones, et s’en être vu sanctionné, se révèle être la satisfaction de sa riche existence. L’auteur a déjà largement partagé ses connaissances avec le public par ses précédents ouvrages, les nombreux objets rapportés au MEG et des expositions***.

    La publication de ce livre arrive au moment où les incendies qui ravagent la forêt amazonienne mettent en danger le cadre de vie des autochtones déjà menacé par le gouvernement brésilien. De nombreuses manifestations de protestation ont eu lieu au Brésil et à l’étranger, dont deux à Genève !

                                                                                      ***

    *L’ouvrage : « Indiens d’Amazonie - Vingt belles années (1955 – 1975) » ISBN No 978-88-7439-870-6 / Edition : 5 Continents / Milan – 143 p. Texte et photographies (plus de soixante photos noir-blanc) de René Fuerst.

    **« Les plus belles années de ma vie », c’est aussi un chapitre du livre « Adieu l’Amazonie » publié en 1998 par le Musée d’Ethnographie de Genève – MEG.

     *** En 2014, à l’occasion d’une exposition « Cinquante ans après », les photos de René Fuerst prises chez les Xikrin en 1963 sont mises en regard avec celles faites par Aurélien Fontanet chez les mêmes Xikrin en 2013. Voir sur ce blog, la note du 12 mars 2014.

    Illustration : 1ère de couverture du livre. Cliquer sur la vignette pou en agrandir la taille.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Un « Front de défense des droits des peuples indigènes » est créé au parlement

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Joênia Batista de Carvalho, Joênia Wapichana, Frente parlamentar mista em defesa dos direitos dos povos indígenas, FPMDDPI, Acre, AC, Amapá, AP, Amazonas, AM, Maranhão, MA, Mato Grosso, MT, Pará, PA, Rondônia, RO, Roraima, RR, Tocantins, TO, Distrito Federal, Câmara dos Deputados, Senado, Partido dos Trabalhadores, PT, Partido Socialista Brasileiro, PSB, Senador, senadora, deputado, deputada, agropecuáriaSous l’impulsion de la première femme indigène élue à la Chambre des députés, Joênia Wapichana (1) , un « Front Parlementaire Mixte (2) de Défense des Droits des Peuples Indigènes - FPMDDPI » a été créé le 28 mars, et lancé le 4 avril dernier à la Chambre des Députés à Brasilia (3).

    Il s’agit, pour son initiatrice, de défendre les droits des peuples indigènes garantis par la Constitution fédérale de 1988, d’améliorer la législation et les politiques publiques qui en découlent. Un véritable défi dans la conjoncture politique actuelle.

    Au parlement brésilien (4), la Chambre des Députés compte 513 membres et le Sénat 81 répartis dans une trentaine de partis politiques. Le Front pro-indigènes compte 210 Députés et Députées appartenant à 25 partis, représentant 26 États de l’Union et du District fédéral (Brasilia). Et les 27 Sénateurs et Sénatrices qui y ont adhéré sont de 12 partis différents et ils sont originaires de 16 États et du District fédéral.

    Minoritaire, le Front est cependant représentatif des différentes régions du Brésil. Mais il y a seulement 45 représentants des 9 États amazoniens (5). Le Parti des Travailleurs - PT, avec 51 députés et 3 sénateurs est le parti le plus représenté dans le Front. Il est suivi par le Parti Socialiste Brésilien – PSB avec 29 députés et 3 sénateurs.

    Les femmes y ont une place non négligeable. Parmi les 77 Députées élues en octobre dernier, 48 ont adhéré au « Front », dont 7 viennent d’Amazonie. Trois Sénatrices en sont membre, mais elles représentent d’autres États d’autres régions du pays que l’Amazonie.

    A titre indicatif, le Front parlementaire « Agropecuária – FPA » qui défend les intérêts de l’agrobusiness, souvent opposés à ceux des Indigènes, compte 225 Députés et 36 Sénateurs. À relever que des parlementaires s’inscrivent dans plusieurs « Fronts » dont les objectifs ne sont manifestement pas convergents.

    Dans les deux législatures précédentes 2011- 2015 et 2015 - 2019, il y a déjà eu un « Front parlementaire d’appui aux Peuples Indigènes » à la Chambre des Députés, mais leurs membres ont travaillé dans un contexte moins tendu qu’actuellement…

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    (1) Voir sur de blog les notes du 21 octobre et du 31 décembre 2018.

    (2) Mixte, parce qu’il est composé de membres de la Chambre des Députés et du Sénat

    (3) Il y a plus d’une centaine de ces « Fronts » constitués à la Chambre des Députés au début avril 2019.

    (4) La Chambre des Députés compte 513 élus pour 4 ans, et le Sénat 81 élus pour 8 ans.

    (5) États de l’Amazonie légale brésilienne : Acre – AC, Amapá – AP, Amazonas – AM, Maranhão – MA (partiellement), Mato Grosso – MT, Pará – PA, Rondônia – RO, Roraima – RR, Tocantins - TO

    Photo © Adilvane Spezia / CIMI : À gauche, Joênia Wapichana lors du lancement du « Front de défense des Droits des Peuples Indigènes ». Cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Voix et visions autochtones du Brésil

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Voix et visions autochtones du Brésil, Daiara Tukano, Fernanda Kaingang, Jaider Esbell, Alto Rio Negro, Amazonas, Kaingang, Raposa Serra do Sol, Roraima, MacuxiElle fera étape à Genève du 1er au 5 avril. Une délégation indigène brésilienne est en tournée européenne ces mois de mars et avril. Ses trois membres, Daiara Tukano, Fernanda Kaingang et Jaider Esbell ont un engagement couvrant divers domaines. « Nous portons un éventail d’alternatives, d’activités et de propositions. Elles permettent de voir les violations des droits humains contre nos peuples au Brésil dans le contexte actuel du gouvernement de Jair Bolsonaro et cela dans une perspective historique longue. »

    Daiara Tukano vient du Haut Rio Negro dans l’État d’Amazonas, au nord-ouest du Brésil. Elle porte le nom de son peuple. Entre autres activités elle anime une radio indigène. Lucia Fernanda Inácio Belfort Sales, plus connue sous le nom de Fernanda Kaingang, elle aussi, porte le nom de son peuple qui est dans plusieurs États du sud du Brésil. Avocate, elle est notamment compétente en matière de propriété intellectuelle. Jaider Esbell est un artiste Macuxi*, un peuple de l’État de Roraima, dans le nord du Brésil. C’est l’un des groupes vivant dans l’emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, dont la démarcation, par Lula en 2005, a été obtenue après des années de lutte et non sans avoir été contestée jusque devant le Tribunal Suprême Fédéral.

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    *Prononcer « Macouchi »

    Les lecteurs de cette note trouveront programme et l’objectif de leur voyage en Europe en cliquant > ICI

    Pour leur étape genevoise, qui comporte une exposition et des rencontres, voir ci-dessous :

    Brasil, Brésil, Amazonie, Voix et visions autochtones du Brésil, Daiara Tukano, Fernanda Kaingang, Jaider Esbell, Alto Rio Negro, Amazonas, Kaingang, Raposa Serra do Sol, Roraima, Macuxi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Image du haut : Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources permettent d'en "savoir plus".

  • Le Peuple Yanomami sur « Léman Bleu »

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    Pendant le mois de février, à diverses reprises, la chaîne de TV genevoise « Léman Bleu » a diffusé un bref reportage dans lequel des Yanomami du Rio Marauiá s’expriment sur le contexte dans lequel ils vivent. Ils sont particulièrement conscients de l’importance de maintenir leur identité culturelle. L’un d’eux compare celle-ci à « La mère [qui] mastique la nourriture dans sa bouche. Elle donne cette bouillie à l’enfant pour qu’il puisse grandir… La langue transmet les noms des arbres, des rivières, des pierres… ».

    Les images ont été rapportées par Aurélien Stoll, le secrétaire du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI. Ce documentaire est le reflet d’un projet porté* par cette ONG genevoise, en collaboration avec le « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » de Manaus, pour la formation de « Multiplicateurs interculturels ». Le rôle de ceux-ci est de permettre aux communautés yanomami de relever les défis découlant du contact avec la société environnante. Ce programme est soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération – FGC qui, pour cette action, a reçu un financement de plusieurs collectivités publiques genevoises.

    Le reportage est diffusé dans le cadre de l’émission « Esprit solidaire » animée, depuis fin août 2018, par la journaliste Priscilia Chacón. Cette série est le fruit d’un partenariat Léman Bleu/FGC, qui a reçu le soutien de la Direction du Développement et de la Coopération (Confédération), de dix-huit communes genevoises, du Canton et de la Ville de Genève. Chaque mois « Esprit solidaire » présente un projet d’une organisation membre de la FGC.

    *Voir sur ce blog la note du 18 décembre 2018.

    Voir l’émission (7’50’’) :

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Autochtones du Brésil : 26 février, une soirée d’information à Genève

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    Le collectif « Grito »*, composé essentiellement de Brésiliennes et de Brésiliens vivant en Suisse, organise une soirée d’information sur la situation des Peuples autochtones de leur pays d’origine.

    Au programme : plusieurs prises de parole, quelques brèves vidéos en provenance du Brésil et, surtout, un contact par vidéo-conférence avec Sônia Guajajara, la coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. L’Articulation a invité les Peuples et organisations indigènes du pays à manifester le 31 janvier dernier contre les mesures prises**, dès le 1er janvier dernier, par le Gouvernent de Jair Bolsonaro, le nouveau Président de la République.

    Cette soirée aura lieu : Mardi 26 janvier, 18h15 à Uni Mail, 40 Bd du Pont d’Arve, Genève, salle MR070 RDC

    * « Cri » en français / **Voir sur ce blog, les notes des 12 janvier, 30 janvier et 9 février 2019

    Ci-dessous, l'annonce publiée par "Grito". Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.                                                           

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870 de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Franklimberg Ribeiro de Freitas, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos Humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Grito, Sônia Guajajara, Aline Pachamama, Tania Marino, Uni Mail, Genève, Léman Bleu, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Serviço e Cooperação com Povo Yanomami, SECOYA, Manaus, rio Marauiá, Amazonas, Fédération Genevoise de Coopération, FGC

     PS 1 : Sur la TV locale « Léman Bleu », l’émission « Esprit solidaire » de ce mois de février est consacrée à un projet que le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, en collaboration avec le « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA » de Manaus, développe auprès des Yanomami du Rio Marauiá, dans l’État brésilien d’Amazonas. Un projet soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération– FGC.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".