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  • Amazonie : Nouveaux Chemins pour l’Église et pour une Écologie intégrale

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    C’est l’intitulé de l’assemblée spéciale du synode des Évêques d’Amazonie convoqué au Vatican par le pape François. Une réunion commencée ce 6 octobre et qui se poursuivra jusqu’au 27 de ce même mois. Y participent les évêques et autres invités venant des neuf pays amazoniens*.

    Le nombre de sujets, l’importance des enjeux (qui débordent largement le seul territoire amazonien) sont tels que ce synode a fait l’objet de nombreuses consultations préalables et d’une intense préparation au terme de laquelle un document préparatoire a été publié dès la mi-juin 2019.

    Celui-ci comporte trois parties : 1.- La voix de l’Amazonie. 2.- Écologie intégrale : la clameur de la terre et des pauvres. 3.- Église prophétique en Amazonie : défis et espérances. À titre d’exemple dans la première partie, plusieurs paragraphes abordent les menaces qui pèsent sur la vie en Amazonie : «D’après ce qui ressort des multiples consultations effectuées dans de nombreuses régions amazoniennes, les communautés considèrent que la vie en Amazonie est surtout menacée par : a) la criminalisation et les assassinats de dirigeants et de défenseurs du territoire ; b) l’appropriation et la privatisation des biens naturels comme l’eau ; c) les concessions forestières légales et l’entrée d’exploitants illégaux, d) la chasse et la pêche prédatrices, principalement dans les fleuves ; e) les mégaprojets : hydroélectriques, concessions forestières pour la production de monocultures, la construction de routes, de voies ferrées, le développement de projets miniers et pétroliers ; f) la contamination provoquée par toute l’industrie extractive qui entraîne des problèmes et des maladies surtout chez les enfants et les jeunes ; g) le trafic de drogue ; h)les problèmes sociaux liés à ces dangers, comme l’alcoolisme, la violence envers les femmes, le travail sexuel, le trafic de personnes, la perte de leur culture d’origine et de leur identité (langue, pratiques spirituelles et coutumes, et toutes les conditions de pauvreté auxquelles sont condamnés les peuples d’Amazonie. »

    Les parties 2 et 3 comportent des suggestions. Ainsi, dans la deuxième partie - Écologie intégrale… -  cet extrait : « Le défi qui se présente est un grand défi : comment remettre en état le territoire amazonien, le sauver de la dégradation néocolonialiste et le restaurer sur des bases d’un bien-être sain et authentique ? Nous devons aux communautés aborigènes d’avoir sauvegardé et cultivé l’Amazonie depuis des milliers d’années. Dans leur sagesse ancestrale, elles ont perpétué la conviction que toute la création est liée, ce qui mérite notre respect et engage notre responsabilité. La culture de l’Amazonie, qui intègre les êtres humains à la nature, constitue la référence pour construire un nouveau paradigme de l’écologie intégrale. L’Église devrait intégrer dans sa mission la sauvegarde de la Maison commune : a) en proposant des lignes d’action institutionnelles qui favorisent l’environnement. b) En concevant des programmes de formation formels et informels pour la sauvegarde de la maison commune pour ses agents pastoraux et ses fidèles, ouverts à toute la communauté en vue d’ « un effort de conscientisation de la population sur la base des chap. V et VI de l’encyclique Laudato Si’. c) en dénonçant la violation des droits humains et la destruction extractiviste. »

    Dans la troisième partie - Église prophétique en Amazonie : défis et espérance - une des suggestions est particulièrement audacieuse : 2. « Tout en affirmant que le célibat est un don pour l’Église, on se pose la question de savoir si, pour les zones les plus reculées de la région, il ne serait pas possible de procéder à l’ordination de personnes aînées, préférablement autochtones, respectées et acceptées par leur communauté, dans le but de garantir la possibilité d’offrir les Sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne. ». En plus clair, il s’agit de la possibilité d’ordonner des femmes.

    Le déroulement des travaux est prévu en trois phases. Pour commencer, chaque membre du synode présente aux autres la situation particulière de son Église. Ensuite, à la lumière de ces présentations, le rapporteur général du synode établit un certain nombre de suggestions et questions à débattre. Dans les derniers jours, les membres du synode sont appelés à voter sur des propositions concrètes. Au terme de l’assemblée, un rapport final sera rédigé et soumis au Pape. Il appartiendra à François de décider quels seront les « Nouveaux chemins » !

    À diverses reprises, la presse brésilienne a fait état des « préoccupations » du gouvernement à l’égard de ce synode, mais une note récente de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil - CNBB annonce que les divergences sont résolues entre Brasilia et l’organisation du synode.

                                                                           ***

    *Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Guyane française, Pérou, Suriname et Venezuela.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Bolsonaro à l’ONU : les indigènes protestent !

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    Le discours prononcé par Jair Bolsonaro, le 24 septembre à New-York devant l’Assemblée générale des Nations Unies a suscité de nombreuses réactions de la part d’organisations indigènes et indigénistes du Brésil. Le Président brésilien a consacré un tiers de son intervention à l’Amazonie et aux peuples indigènes brésiliens. À ce sujet, il s‘adresse particulièrement à Ysani Kalapalo, une indigène invitée dans la délégation officielle brésilienne.

    Quelques extraits : « Le Brésil est l’un des pays les plus riches en biodiversité et en minerais. Notre Amazonie est plus grande que toute l’Europe occidentale et reste pratiquement intouchée. Preuve que nous sommes un des pays qui protège le plus l’environnement. […] Dans cette période de l’année, le climat sec et les vents favorisent les feux spontanés et aussi les criminels. Il faut relever qu’il existe aussi des feux pratiqués par les indiens et les populations locales. […] Le Brésil ne va pas augmenter à 20% l’aire déjà démarquée comme terre indigène. […] La vision d’un leader indigène ne représente pas celle de tous les indiens brésiliens. De nombreuses fois, quelques-uns de ces leaders, comme le cacique Raoni, sont manipulés par des gouvernements étrangers dans leur guerre médiatique pour défendre leurs intérêts en Amazonie. […] Malheureusement quelques personnes à l’intérieur et à l’extérieur du Brésil, appuyées par des ONGs, insistent à traiter et maintenir nos indiens comme de véritables hommes des cavernes. Le Brésil a maintenant un président qui se préoccupe de ceux qui étaient là avant l’arrivée des Portugais. […] L’indien ne veut pas être un latifundiste pauvre sur des terres riches. Spécialement des terres les plus riches du monde. C’est le cas des réserves Yanomami et Raposa Serra do Sol. Dans ces réserves existe une grande abondance d’or, de diamant, d’uranium, de niobium et terres rares entre autres. Et ces territoires sont énormes. La réserve Yanomami seule compte approximativement 95'000 km2, l’équivalent de la taille du Portugal ou de la Hongrie, cependant à peine 15'000 indiens vivent dans cette aire. Ceci démontre que ceux qui nous attaquent ne sont pas préoccupés de l’être humain qu’est l’indien, mais par les richesses en minerais et la biodiversité existantes dans ces aires. »

    Et pour montrer qu’il n’existe pas une autorité unique parmi les indiens, le Président lit une lettre rédigée par un « Groupe d’agriculteurs indigènes du Brésil ». Ce groupe soutient sans restriction la position d’Ysani Kalapalo qui, selon eux, peut expliquer la réalité vécue par les peuples indigènes du Brésil et répondre aux mensonges propagés par la presse nationale et internationale. « Une nouvelle politique indigéniste est nécessaire au Brésil. Le temps presse ! […] L’écologisme radical et l’indigénisme dépassé ne s’accordent pas avec ce que veulent les peuples indigènes. » […] Ysani Kalapalo est apte à représenter les ethnies signataires de cette lettre. Le monopole de monsieur Raoni est terminé. » Le président aborde ensuite d’autres sujets…

    Au Brésil même les organisations ont très vite réagi. D’abord, avant même la réunion de New York, une quinzaine de leaders des peuples indigènes du Xingu ont contesté la représentativité d’Ysani Kalapalo : « Nous n’acceptons pas et n’accepterons jamais que le gouvernement brésilien désigne lui-même de notre représentation sans nous consulter à travers nos organisations et dirigeants soutenus par nous. »

    Le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits Indigènes (FAMDDI)* de Manaus a publié une lettre ouverte au Président signée par les représentants d’une dizaine d’associations : « C’est avec angoisse et honte que les leaders autochtones et non autochtones reçoivent le discours du président brésilien au sujet des indigènes brésiliens, et plus spécifiquement ceux de l’Amazonie, objets d’attaques sans précédent depuis la colonisation. » Les signataires reprochent au Président d’accuser les indigènes d’être les auteurs des incendies qui dévastent l’Amazonie et de les tromper en leur faisant croire qu’ils bénéficieront du pseudo développement promu par le gouvernement.

    Au terme de sa note de protestation, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, qui représente 180 peuples, 300 organisations et plus de 430’000 indigènes, demande l’application de pénalités et de sanctions à l’égard du gouvernement brésilien pour ses menaces à l’égard de la vie de l’humanité et de celle des peuples originaires du Brésil et de l’Amazonie.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB faîtière des peuples et organisations indigènes du pays a, elle aussi, publié une note de protestation. L’Articulation juge répugnant et ridicule le discours prononcé à l’ONU qu’elle estime être adressé par le Président à sa base électorale, forces économiques, politiques et militaires qui le soutiennent en raison d’intérêts pas toujours cachés. Elle estime qu’il a fait preuve de graves lacunes dans sa compréhension de l’histoire, de la réalité socioculturelle et de l’évolution de la législation nationale et internationale de son pays. Elle dénonce les accusations contre le cacique Raoni et les autres leaders qui défendent Mère Nature aux niveaux national et international. Elle qualifie de ridicule l’usage qui a été fait de la lettre des « Agriculteurs indigènes du Brésil » et la présence d’Ysani Kalapalo dans la délégation officielle. « Et nous blâmons M. Bolsonaro pour les conflits qui, alimentés par ses discours publiquement anti-indigènes sont susceptibles d’attenter à nos vies ». L’APIB demande à ses organisations de base et mouvements sociaux alliés « de ne pas se laisser intimider et de ne jamais reculer dans la défense des droits fondamentaux indigènes, principalement le droit à la vie, aux terres et territoires occupés traditionnellement. »

    Le Cacique Raoni était récemment à la Chambre des Députés où il a eu l’occasion de répondre aux attaques du Président : « Bolsonaro a dit que je ne suis pas un leader. C’est lui qui n’est pas un leader et il doit partir avant que quelque chose de très mauvais arrive. […] Mon esprit est tranquille mes pensées sont pour la paix. Ma parole est pour le Bien Vivre. Je ne veux offenser personne. » Raoni a été proposé « Prix Nobel de la Paix 2020 » par la Fondation Darcy Ribeiro de Rio de Janeiro.

                                                                                   ***

    *Document signé par le « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » le partenaire de AYA.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Amazonie : un indigéniste a été assassiné

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Maxciel Pereira dos Santos, Terra Indígena, Vallée du Javari, Vale do Javari, Marubo, Matis, Kanamary, UNIVAJA, APIB, OPAN, FUNAI, INA, Tabatinga, AmazonasLe 6 septembre, en début de soirée, un collaborateur occasionnel de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, Maxciel Pereira dos Santos, plus connu sous le diminutif de « Maxi», a été assassiné à Tabatinga, une localité de l’État d’Amazonas, située à la frontière du Brésil, de la Colombie et du Pérou. Une enquête a été ouverte par la police, qui, pour l’heure, n’est pas en mesure d’affirmer que cet acte est en rapport avec son activité de protection des peuples indigènes de la Vallée du Javari. Cette Terre Indigène (TI) de 85'440 km2 a été démarquée en 2001 après une intense campagne. Elle abrite plusieurs peuples autochtones (Marubo, Matis, Kanamary, etc… et des groupes qui vivent en état d’isolement volontaire. De longue date*, elle est l’objet de fréquentes incursions de chasseurs, de pêcheurs, d’orpailleurs illégaux qui n’hésitent pas à s’en prendre aux bases de la FUNAI insuffisamment nombreuses ou équipées pour y faire face.

    Le 8 septembre, la Coordination de l’Union des Peuples Indigènes de la Vallée du Javari -UNIVAJA a publié une note (relayée par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB) dans laquelle elle rend hommage à la victime. Elle relève son engagement pour contenir les invasions constantes de cette Terre Indigène.

    Pour l’association « Indigénistes associés - INA »  qui regroupe des fonctionnaires de la FUNAI « Il y a des indices que ce crime barbare ait été commis en représailles à son combat contre les pratiques illicites à l’intérieur de la Terre Indigène… Cet épisode tragique s’ajoute à beaucoup d’autres. Dans des contextes différents, mais de l’Amazonie à la région sud du pays, indigènes, collaborateurs et fonctionnaires agissent dans des conditions précaires et insuffisantes pour la protection des Terres Indigènes… l’INA sollicite des mesures minimales de travail et de sécurité inexistantes pour le moment… »

    L’organisation Opération Amazonie Native –OPAN a exprimé sa solidarité avec les fonctionnaires et les familiers de Maxciel !

    La FUNAI demande à la police fédérale qu’elle procède aux enquêtes nécessaires… « La mort de Maxciel représente une grande perte pour la Fondation nous laissant tous émus. »

                                                                                    ***

    * Concernant la TI Vale do Javari, voir AYA Info No 24 du 5 février 2008 et sur ce blog les notes des 18 février 2011 et 23 mars 2012 

    PS 1 : La carte date de 2012. Elle permet surtout de situer Tabatinga et la TI dans l’ouest du Brésil. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les Yanomami ont élaboré un plan de gestion territorial

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Terra Indígena, PGTA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, yanomae, ye’kwana, PGTA, OIT, Convention 169, Convenção 169, Política Nacional de Gestão Ambiental e Territorial de Terras Indígenas, PNGATI, Fernando Collor, Dilma Rousseff, Luiz Inácio Lula da Silva, Amazonas, Roraima, Rio Mucajaí, Rio Uraricoera, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, orpailleurs, ameaças, pescadores, caçadores, garimpeiros, madeireiros, piaçabeirosIls y ont travaillé pendant quatre ans ! Les Yanomami et Ye’kwana des différentes régions de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y, regroupés au sein de sept associations, ont rédigé collectivement un Plan de Gestion Territorial et Environnemental* – PGTA. Ils ont pu compter sur la collaboration de plusieurs administrations publiques et d’organisations indigénistes, dont le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA**. Ils ont reçu l’appui financier de plusieurs entités. Ce document a été remis dès la mi-juillet à diverses administrations gouvernementales, judiciaires et autres.

    Pour en faciliter la diffusion, il a été rédigé dans trois des neuf langues autochtones en usage dans la TI-Y : yanomami, yanomae, ye’kwana et, chaque fois, en portugais. Il se compose de plusieurs parties : une présentation de la TI-Y, ce qu’est le PGTA et la manière dont il a été élaboré. Suivent sept thèmes : la manière de prendre les décisions, de renforcer la protection de l’aire yanomami, de générer des revenus ; le maintien et la protection des connaissances traditionnelles, la protection de la forêt ; l’amélioration de la santé et de l’éducation scolaire indigène. Des propositions sont formulées pour chacun de ces thèmes. Un glossaire permet de mieux comprendre le document qui se termine par un protocole de consultation. Il s’agit de la procédure selon laquelle les Yanomami veulent que les autorités les écoutent avant que des projets les concernant soient décidés.

    Le TI Yanomami a été homologuée par un décret du 25 mai 1992 signé par Fernando Collor. Elle s’étend sur 96'649,548 km2, avec un périmètre de 3'370 km. Environ 40% de son territoire se situent sur trois municipalités de l’État d’Amazonas et à 60% sur cinq municipalités de l’État de Roraima. Elle est à la frontière du Venezuela au nord-ouest du Brésil. Elle compte environ 26'000 habitants répartis dans plus de 330 communautés villageoises. La TI-Y est l’une des plus importantes aires forestières continues du pays avec peu de zones déboisées ou dégradées.

    Mais c’est aussi une aire menacée. Elle l’est par des demandes de recherche et d’exploitation minières. Elle l’est par des chasseurs, pêcheurs, marchands de bois et, surtout, par des orpailleurs illégaux. Ces derniers sont particulièrement nombreux (environ 20'000 disent les leaders yanomami) sur les rios Mucajaí et Uraricoera dans le nord de la TI***.

    Un PGTA est un outil permettant aux peuples indigènes de mieux maîtriser leur destin. Celui-ci arrive dans un moment difficile pour tous les peuples indigènes du Brésil. Mais il est aussi le signe de la volonté des Yanomami de résister aux menaces qui pèsent sur eux.

                                                                              ***

    *Un tel plan est élaboré sur la base d’un décret du 5 juin 2012 signé par Dilma Rousseff. Il s’agit d’un texte d’application de la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail – OIT relative aux peuples indigènes. Convention ratifiée par le Brésil en 2002 et promulguée par un décret du 19 avril 2004 signé par Luiz Inácio Lula da Silva.

    **Le partenaire de AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI /Genève

    ***Voir la carte ci-dessous (p. 23 ou 101 du  document) :

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Terra Indígena, PGTA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, yanomae, ye’kwana, PGTA, OIT, Convention 169, Convenção 169, Política Nacional de Gestão Ambiental e Territorial de Terras Indígenas, PNGATI, Fernando Collor, Dilma Rousseff, Luiz Inácio Lula da Silva, Amazonas, Roraima, Rio Mucajaí, Rio Uraricoera, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, orpailleurs, ameaças, pescadores, caçadores, garimpeiros, madeireiros, piaçabeiros

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Illustrations : Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • René Fuerst : Amazonie, vingt belles années (1955 – 1975)

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Yanomami, Pará, Kayapó, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Hommes oiseaux, Père Caron, Curé d'Indiens, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, Carouge, Genève, Flux Laboratory, CICR, MEG, Musée d’Ethnographie, Genève« Qui brave la pluie se mouille ! » Ainsi commence l’ouvrage* que vient de publier René Fuerst, l’ethnologue genevois de 86 ans. C’en est aussi le titre du dernier chapitre où il raconte comment et pourquoi le troisième Président de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, le Général de Réserve, Ismarth Araújo de Oliveira, lui interdit, en juillet 1975, l’accès aux aires indigènes du pays. Il avait publiquement critiqué la politique indigéniste de l’État brésilien.

    Dès 1955, ce chercheur était allé à la rencontre de plusieurs peuples indigènes de l’Amazonie brésilienne. Notamment chez le Xirin du Cateté et les Yanomami du rio Demini. Il l’a fait pour le Musée d’Ethnographie de Genève - MEG, mais aussi pour le Comité International de la Croix Rouge – CICR. Il avait perçu le risque d’un véritable génocide déjà couru par ces peuples.

    De son expérience amazonienne, l’ethnologue en fait le sous-titre de son livre : « Vingt belles années (1955 -1975) ». En 1998 déjà, dans son ouvrage « Adieu l’Amazonie », édité par le MEG, il avait qualifié les années passées dans cette partie du Brésil comme étant les plus belles de sa vie !**

    S’être ainsi fortement « mouillé » pour les autochtones, et s’en être vu sanctionné, se révèle être la satisfaction de sa riche existence. L’auteur a déjà largement partagé ses connaissances avec le public par ses précédents ouvrages, les nombreux objets rapportés au MEG et des expositions***.

    La publication de ce livre arrive au moment où les incendies qui ravagent la forêt amazonienne mettent en danger le cadre de vie des autochtones déjà menacé par le gouvernement brésilien. De nombreuses manifestations de protestation ont eu lieu au Brésil et à l’étranger, dont deux à Genève !

                                                                                      ***

    *L’ouvrage : « Indiens d’Amazonie - Vingt belles années (1955 – 1975) » ISBN No 978-88-7439-870-6 / Edition : 5 Continents / Milan – 143 p. Texte et photographies (plus de soixante photos noir-blanc) de René Fuerst.

    **« Les plus belles années de ma vie », c’est aussi un chapitre du livre « Adieu l’Amazonie » publié en 1998 par le Musée d’Ethnographie de Genève – MEG.

     *** En 2014, à l’occasion d’une exposition « Cinquante ans après », les photos de René Fuerst prises chez les Xikrin en 1963 sont mises en regard avec celles faites par Aurélien Fontanet chez les mêmes Xikrin en 2013. Voir sur ce blog, la note du 12 mars 2014.

    Illustration : 1ère de couverture du livre. Cliquer sur la vignette pou en agrandir la taille.

                                                                              ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

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  • Les incendies en Amazonie, le Président crée la controverse

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    Au début de ce mois d’août, le Président Bolosnaro avait déjà été mécontent de la forte augmentation du taux de déforestation constaté en Amazonie brésilienne par l’Institut National d’Études Spatiales – INPE : son directeur, Ricardo Galvão, a été démis de ses fonctions.

    Le 19 août, la presse a fait état de la progression du nombre d’incendies qui ravagent le pays, passant d’environ 39'000 de janvier à août 2018 à près de 72'000 pour la même période en 2019, soit une augmentation de 82%. Plus de la moitié de ces feux sont Amazonie. Les médias en ont largement diffusé les images.

    Interrogé à ce sujet, et sans citer de noms, Jair Bolsonaro a émis l’hypothèse, qu’en Amazonie, des ONGs pouvaient être derrière ces incendies pour nuire au gouvernement. Cette assertion a suscité des réactions, notamment de la part des ONGs brésiliennes. Le 21 août plus d’une centaine d’entre elles, dont la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, ont publié un communiqué dans lequel elles rappellent que « L'augmentation des incendies n'est pas un fait isolé… la déforestation, l’invasion de parcs et des terres indigènes, l’exploitation illégale et prédatrice des ressources naturelles et l’assassinat de dirigeants de communautés traditionnelles, autochtones et écologistes ont également augmenté… L'augmentation de la déforestation et des incendies représente également une augmentation des émissions de gaz à effet de serre du Brésil, empêchant le pays d'atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Alors que le gouvernement justifie l'assouplissement des politiques environnementales comme étant nécessaire pour améliorer l'économie… Le président doit agir de manière responsable et prouver ce qu'il dit au lieu de tirer des conclusions insensées et inconséquentes, en répétant la tentative de criminaliser des organisations, en manipulant l'opinion publique contre le travail accompli par la société civile…. Bolsonaro n'a pas besoin des ONGs pour brûler l'image du Brésil dans le monde entier. »

    Des manifestations sont annoncées cette fin de semaine dans différentes villes du Brésil et à l’étranger. Ce 23 août, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le consulat du Brésil à Genève. Le président français, Emmanuel Macron a décidé de mettre ce sujet à l’agenda du sommet du G7 qui doit s’ouvrir ce 24 août à Biarritz…  À suivre !

                                                                                             ***

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  • Brasilia : 1ère Marche des femmes indigènes

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Jair Bolsonaro, Sílvia Nobre Waiãpi, MP No 890/2019, Médicos pelo Brasil, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Agência para o Desenvolvimento da Atenção Primária à Saúde, ADAPS, Luiz Henrique Mandetta, Câmara dos Deputados, Acampamento Terra Livre, Marcha das Mulheres IndígenasElles ont tenu parole ! Le rendez-vous a eu lieu du 9 au 14 août à Brasilia pour la « 1ère Marche des Femmes Indigènes ». Elles étaient plus de 2000 venant de 130 peuples de tout le Brésil. Cette manifestation avait été décidée lors du « Campement Terre libre » d’avril* dernier. La date – le 9 août - pour commencer le rassemblement ne doit rien au hasard – c’est celle choisie en 1994 par l’Assemblée générale des Nations Unies pour être la « Journée Internationale des populations autochtones ».

    Sur le thème : « Territoire : notre corps, notre esprit », elles ont affirmé leur volonté et leur capacité à défendre les droits humains des peuples autochtones mis en danger par le gouvernement Bolsonaro.

    La détérioration du service de santé indigène assuré par le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI est certainement l’un des problèmes qui les préoccupent le plus. Elles l’ont fait savoir, le 12 août, en allant manifester dans les locaux mêmes du Service. Elles reprochent à sa responsable, Sílvia Nobre Waiãpi, une militaire d’origine indigène, de ne pas empêcher l’affaiblissement de l’institution et de ne pas les représenter. Elles demandent sa démission. Elles contestent la Mesure Provisoire No 890/2019 qui institue le « Programme Médecins pour le Brésil » et crée une « Agence pour le Développement du Service Primaire de la Santé - ADAPS ». Elles reprochent au gouvernement de ne pas avoir consulté les peuples indigènes à ce sujet. Surtout, elles considèrent que c’est une manière de privatiser le service de santé indigène. Le 13 août, lors d’une rencontre avec le Ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta, et Sílvia Nobre, elles ont eu l’occasion d’exposer leurs revendications. Elles leur ont remis un manifeste les résumant. Il y a eu d’autres rencontres dans le cadre de cette Marche, dont un séminaire à la Chambre des Députés sur le thème « Femmes indigènes et droits sociaux. »

    Le document publié au terme de cette 1ère Marche résume le point de vue et les revendications particulières des femmes indigènes : « …  Lutter pour nos droits territoriaux, c’est lutter pour notre droit à la vie. La vie et le territoire sont semblables...  Quand nous nous inquiétons de nos territoires nous garantissons le bien de toute la planète parce que nous nous préoccupons des forêts, de l’air, des eaux et des sols. La plus grande partie de la biodiversité est sous la surveillance des peuples indigènes. Ainsi nous contribuons à maintenir la vie sur Terre… »  Le document énumère quatorze revendications touchant différents domaines : santé, éducation, droits territoriaux, etc. L’ultime phrase est un engagement : « Nous serons toujours engagées pour la défense de nos peuples et de la Mère Terre ! »

    *Voir sur ce blog la note du 29 avril 2019.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La FUNAI a un nouveau président !

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    Le 18 juillet, le commissaire de Police Fédérale Marcelo Augusto Xavier da Silva a été nommé à la tête de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI. Il en est le 43e président depuis la création de l’institution en décembre 1967. Mais, depuis janvier 2019, il en est le quatrième responsable. En effet, Wallace Moreira Bastos a occupé le poste d’avril 2018 à janvier 2019, alors remplacé par Franklimberg Ribeiro de Freitas démis de sa fonction en juin dernier*. Puis, Fernando Maurício Duarte Melo a assuré un mois d’intérim. Un tel turnover n’est arrivé qu’en 1985.

    À l’occasion de la prise de fonction du nouveau président, le service de communication de l’institution rappelle que celui-ci a déjà travaillé à la FUNAI pendant quelques mois comme Auditeur entre 2017 et 2018. Il donne également quelques indications sur sa formation : technicien en agro-élevage ; bachelier en Droit et post-gradué en Sciences criminelles. Il résume en quelques lignes le sens dans lequel le président entend travailler : « La Funai est un organe au service des indigènes. Notre objectif sera d’améliorer leurs conditions de vie et de leur donner plus d’autonomie. Le modèle appliqué jusqu’à présent n’était pas efficace… Selon la législation, nous devons garantir la dignité des peuples indigènes et améliorer une meilleure utilisation des ressources publiques. » C’est dans la presse que l’on trouve plus de détails sur son parcours. Un article de BBC News du 25 juillet montre sa proximité, déjà ancienne, avec le lobby de l’agrobusiness. Pour l’Institut Socio-environnemental – ISA, « La nomination du commissaire à la présidence de la Funai fait partie du plan de Bolsonaro pour avoir le contrôle total de de l’organe indigéniste aux ruralistes et, ainsi, réaliser son engagement de campagne de paralyser et de revoir les démarcations des Terres Indigènes ».

    La première situation de crise que Marcelo Xavier est appelé à traiter concerne la mort violente, le 22 juillet, du leader indigène Emyra Wajãpi de la Terre Indigène Wajãpi, dans l’État de l’Amapá dans le nord-est du pays. Dès le 28 juillet, le Conseil des Villages Wajãpi – APINA a donné diverses informations faisant état d’une invasion de non indiens qui seraient les auteurs de cet acte. Le Conseil a demandé l’intervention des forces de sécurité et de la FUNAI. Une enquête est en cours. Cet incident a suscité une vive émotion au Brésil et à l’étranger. Une affaire à suivre…

    Toujours concernant le rôle de la Fondation, le Président Bolsonaro, dans une Mesure Provisoire du 18 juin a, pour la deuxième fois, enlevé à la FUNAI le soin d’identifier, de délimiter et démarquer les Terres Indigènes - TI. Dans une décision du 1er août, le Tribunal Suprême Fédéral a jugé cette mesure non conforme à la Constitution. La démarcation des TI reste une tâche de la FUNAI. Pour rappel, c’est le Président de la République qui signe le décret d’homologation d’une TI ! Jair Bolsonaro a manifesté son intention de ne plus en démarquer malgré que celles-ci soient reconnues comme biens de l’Union.

                                                                                       ***

    *Voir sur ce blog, les notes des 18 juin 2019, 25 mars 2019, 30 janvier 2019,  12 janvier 2019, 15 juin 2018, 2 juin et 13 octobre 2017

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La FUNAI aura un nouveau président

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    Son deuxième mandat à la présidence de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, n’aura pas duré longtemps. Le 16 janvier dernier*, pour succéder à Wallace Moreira Bastos, le général de réserve Franklimberg Ribeiro de Freitas avait été nommé pour la seconde fois à la tête de la FUNAI. Une charge qu’il avait déjà occupée entre mai 2017 et avril 2018. Ce 12 juin, les médias ont annoncé son exonération. L’arrêté du Ministre-chef de la Maison civile de la Présidence de la République, Onyx Lorenzoni mettant un terme à ce deuxième mandat été publié au Journal Officiel de l’Union le 14 juin.

    Selon des propos rapportés par la presse, Luiz Antônio Nabhan Garcia, Secrétaire spécial des Sujets Fonciers au Ministère de l’agriculture, dit que Franklimberg a été démis de ses fonctions en raison de son incompétence. Selon Deutsche Welles, le partant est d’avis que le Président Jair Bolsonao est mal conseillé sur les questions indigènes. De plus, il indique que la FUNAI est constamment attaquée par des intérêts de tiers [opposés aux autochtones], qu’elle doit agir avec un budget limité et une pénurie de personnel. L’intérim a été confié à Fernando Maurício Duarte Melo, un Général de réserve déjà conseiller pour les projets spéciaux au sein de la Fondation.

    En 52 ans d’existence, l’institution est en passe d’avoir un 42e président. Ce turnover important illustre la difficulté de protéger les peuples autochtones dans un État où de nombreuse forces économiques et politiques leur sont hostiles. Et depuis le début janvier, la situation politique est particulièrement agitée.

                                                                                       ***

    *Voir sur ce blog, les notes des 30 janvier 201912 janvier 2019, 15 juin 2018, 2 juin et 13 octobre 2017

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 127, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

  • Raoni en campagne en Europe

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Raoni, Kayapó, Kapôt Nhinore, Mon dernier voyage, Arthaud, Dutilleux, Élysée, Macron, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Eynard, Sami Kanaan, Guillaume Barazzone, Editions du Rocher, RTS, Darius Rochebin, Rome, Vatican, François, Bruxelles, Association Forêt Vierge, Conseil des droits de l’homme, Genève, Joênia Wapichana, Câmara dos Deputados, Chambre des députés« Après ma mort, j’aimerais que les Indiens vivent tranquilles dans la forêt, qu’ils puissent chasser, pêcher et aussi danser au village. C’est cela la vie des Kayapó. » C’est par ce vœu, que le vieux leader indigène brésilien conclue son testament. Un souhait qu’il exprime dans l’ouvrage – Mon dernier voyage - qui vient d’être édité chez Arthaud.* En tournée en Europe depuis le 13 mai, il est à la recherche d’appuis politiques et financiers. Il est accueilli sur les plateaux de télévision et par les hommes politiques. Le 16 mai à Paris, il a été reçu au Palais de l’Élysée par le Président Macron. Dans le passé il avait rencontré les présidents Mitterrand, Chirac et Sarkozy. Le 17 mai, à Bruxelles, il a participé à une « Marche pour le Climat ». Il était à Genève le 22 mai où il a rencontré les autorités de la Ville de Genève. Dans une librairie de la place, il a dédicacé le livre qu’il a signé avec J.P. Dutilleux. Le soir il était au « 19h30 » de la Télévision Suisse Romande. Il est prévu qu’il se rende à Rome pour rencontrer le pape François.

    Comme cela a déjà été le cas au début des années 2000, Raoni est à la recherche de fonds pour sécuriser la réserve du Xingu et protéger les peuples indigènes qui sont les gardiens de l’Amazonie. Voir la Terre Indigène Kapôt Nhinore être démarquée lui tient particulièrement à cœur, c’est là qu’il a vécu. Il veut aussi attirer l’attention de l’opinion publique et des leaders européens sur la déforestation qui a repris de l’ampleur ces derniers mois et sur la nouvelle politique des autorités brésiliennes hostile aux indigènes.

    Le dernier passage de Raoni à Genève date de décembre 2012. Il était venu plaider la cause des indigènes du Brésil au Conseil des droits de l’homme. Il s’était déclaré fatigué. Depuis, la situation des peuples indigènes ne s’est pas améliorée, mais il est heureux de constater que la relève est assurée. Pour ne prendre qu’un exemple, celui de Joênia Wapichana qui est la première femme indigène de l’histoire du Brésil à être élue à la Chambre des Députés. Elle aussi, souhaite que les Indiens vivent tranquilles dans la forêt.

                                                                            ***

    *Mon dernier voyage / Raoni - Jean-Pierre Dutilleux / Ed. Arthaud / Mai 2019 / ISBN : 978-2-0813-9243-4  / Cet ouvrage n’est pas sans rappeler – certains chapitres ont le même titre – celui préfacé par Jacques Chirac « Mémoire d’un chef indien » / Raoni - Jean-Pierre Dutilleux / Editions du Rocher /Avril 2010 / ISBN : 978-2-268-06885-5

    Image : Première de couverture du livre. Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 127, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2