07/05/2017

Brésil : Les violations des droits humains sont dénoncées à l’ONU

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia,Genève, Palais des Nations, Examen Périodique Universel, Haut Commissariat aux droits de l’homme, OHCHR, HCDH, Michel Temer, Paulão, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, CDHM, Câmara, Suíça, Genebra, APIB, Sônia Guajajara, Rede de Cooperação Amazônica, RCA, Dhesca, Plataforma de Direitos Humanos, Maranhão, Gamela, Antonio Costa, FUNAICe 5 mai, une délégation d'ONGs brésiliennes était à Genève, au Palais des Nations, pour dénoncer les violations des droits de l'homme dans le pays. Ceci à l'occasion de "l'Examen Périodique Universel", un processus des Nations Unies portant sur l'application des droits de l'homme dans chacun de ses États membres. Ce vendredi, c'était au tour du Brésil de passer son "examen".

Un "Evénement parallèle" a été organisé par cette délégation au cours duquel ont été dénoncées les violations des droits humains dans différents domaines : éducation, santé, sécurité alimentaire, justice et, bien sûr, celles qui concernent des peuples quilombolas* et indigènes. Les restrictions budgétaires appliquées par le gouvernement de Michel Temer ont été citées comme ayant de graves conséquences. À noter la présence à cette rencontre d'un représentant de la Mission du Brésil et surtout celle de Paulão (Paulo Fernando dos Santos), le Président de la Commission des droits humains et des minorités de la Chambre des députés. Le député a fait le voyage à Genève – selon plusieurs sources, contre la volonté du gouvernement - dans l'intention d'alerter la communauté internationale sur l'ampleur et la gravité des violations des droits humains sur le territoire brésilien.

Les peuples indigènes brésiliens étaient représentés par Sônia Guajajara, coordinatrice de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Les organisations indigènes ont préparé leur rapport sur la situation des droits humains à l'automne 2016 déjà. Parmi les documents envoyés au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, à relever celui réalisé par une large coalition d'organisations comprenant l'APIB, le Réseau de Coopération Amazonien – RCA et la Plateforme des Droits Humains – Dhesca Brésil**. Il concerne les peuples indigènes. Il porte sur les droits territoriaux; la protection des droits à la vie; la protection des leaders indigènes et des défenseurs des droits humains; la protection des droits sociaux; la mise en œuvre du droit à la consultation libre, préalable et informée et sur le cadre légal et institutionnel de défense et de protection des peuples indigènes.

L'urgence de cette protection est illustrée par un événement récent survenu le 30 avril dans l'État du Maranhão. Un groupe d'Indiens Gamela a été attaqué par des hommes armés de machettes et d'armes à feu. Bilan : 22 indigènes blessés, certains gravement. C'est à Genève que la délégation a appris que le gouvernement avait mis un terme au mandat d'Antonio Costa à la tête de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Il avait été nommé en janvier dernier. Une crise supplémentaire...

Les textes du Haut Commissariat se rapportant au Brésil sont accessibles en cliquant <ICI>.

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* Les communautés quilombolas sont composées de descendants de Noirs marrons. ** Voir le rapport "A situação dos direitos humanos dos povos indígenas no Brasil", "Sumário das Recomendações por temas" et "Recomendações enviadas. »

Photo © B. Comoli : la délégation d’ONGs brésiliennes lors de « l’événement parallèle » du 5 mai au Palais des Nations. Tout à gauche, Sônia Guajajara, représentante de l’APIB. Cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

Ci-dessous : une video enregistrée par une vingtaine d’artistes brésiliens (dont Gilberto Gil) qui interprètent une chanson intitulée « Demarcação Já !» (Démarcation maintenant !) présentée lors du « Campement Terre Libre » qui a eu lieu du 24 au 28 avril dernier et qui a rassemblé 4’000 indigènes de tout le pays. (Voir sur ce blog, la note du 29 avril dernier).

 

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

27/01/2017

Un nouveau président à la tête de la FUNAI

C'est fait, le gouvernement Temer a choisi. Il a désigné le nouveau président de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI en la personne d'Antônio Fernandes Toninho Costa, plus couramment appelé Antônio Costa. Un dentiste, mais aussi pasteur de l'Eglise baptiste, membre du Parti Social Chrétien – PSC; un parti conservateur, membre de la base présidentielle. Il a eu une formation en matière de santé indigène et il a exercé une activité au Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI. Il est le 39e président de la Fondation créée en 1967. Dans une note publiée sur le site de son parti, le nouveau président promet le dialogue et beaucoup de travail. Dans la foulée, le Ministre de la justice a également nommé le général Franklimberg Ribeiro de Freitas comme directeur de la Promotion du développement soutenable de la Funai. Lui aussi, est membre du PSC.

D'autres noms avaient été évoqués. En juin 2016, celui du général Roberto Sebastião Peternelli Junior, également membre du PSC. L'annonce de sa probable nomination a soulevé de nombreuses protestations qui ont fait reculer le gouvernement. A aussi été avancé celui de l'avocat, membre du Parti de la Sociale Démocratie Brésilienne – PSDB, Noël Villas Bôas, le fils de l'indigéniste Orlando Villas Bôas, il avait l'appui du leader Kayapó, Raoni Metuktire. De leur côté, le Parti du Mouvement Démocratique Brésilien - PMDB et le Parti Démocrates – DEM de l'État d'Acre ont proposé Sebastião Alves Rodrigues Manchinery, plus connu sous le diminutif de Sabá Manchinery. Ce leader indigène avait été à la tête de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne – COIAB entre 1994 et 1996.

L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB avait annoncé, en octobre 2016, qu'elle respectait la volonté de tous les leaders indigènes qui postulent en leur nom ou sont proposés par des partis politiques. Elle avait alors connaissance d'une dizaine de candidats indigènes. Cependant elle maintient sa position de poursuivre son rôle de contrôle social. Après l'annonce de la nomination d'Antônio Costa, le 14 janvier dernier, elle a rappelé les positions du PSC au parlement : soutien à la destitution de Dilma Rousseff, réduction du budget de la FUNAI et du nombre de ses fonctionnaires; un parti qui est de ceux qui veulent réduire les droits constitutionnels des peuples indigènes. L'APIB se demande si le nouveau président va être capable de s'opposer aux directives de son parti quand il devra mettre en œuvre les revendications des peuples et organisations indigènes ? Elle appelle ses organisations de base à rester vigilantes et à ne jamais reculer dans la défense des droits acquis.

Ces deux nominations inquiètent les peuples et organisations indigènes.

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 114 le bulletin de l'association "Appui aux indiens

Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2