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  • Brésil : assassinat d’un leader Guajajara

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Zezico Rodrigues Guajajara, Paulo Paulino Guajajara, Laércio Guajajara, Terra Indígena Araribóia, Maranhão, madeireiros, Arame, Sergio Moro, Awá Guajá, Bolsonaro, APIB, Survival International, Elaíze Farias, MPF, Ministério Público Federal, Zutiwa, Zutiua, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Commission des Caciques et Leaders de la TI Araribóia, Comissão dos Caciques e Lideranças da TI Araribóia, Ccocalitia, FUNAI, Fundação Nacional do Índio, Centro de Trabalho Indigenista, CTI, Conselho Indigenista Missionário, CIMI, Instituto Socioambiental, ISA, Greenpeace Brasil, Awá-Guajá, Covid-19, Amazônia RealLe 31 mars le corps de Zezico Rodrigues a été retrouvé sur une route de la municipalité d’Arame dans la Terre Indigène – TI Araribóia (État du Maranhão). Il a été tué par balles. Zezico était professeur et directeur du Centre d’Éducation Scolaire Indigène Azuru dans le village de Zutiwa. Le 29 février, il avait été élu Coordinateur régional de la Commission des Caciques et Leaders de la TI Araribóia. Il était aussi engagé dans la lutte contre la destruction de la forêt par des « madeireiros » (trafiquants de bois).

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB rappelle que Zezico est le cinquième indigène Guajajara assassiné au cours de ces quatre derniers mois : « Ce grand leader était connu pour être courageux dans la lutte pour les droits des peuples indigènes et de son peuple » […] «Nous exigeons une enquête sérieuse de la Police Fédérale pour que ce brutal assassinat soit éclairci. Nous, de l’APIB, nous nous solidarisons avec toute la famille et les amis de Zezico et le peuple Guajajara dans ce moment de lutte.»

    Plusieurs organisations indigénistes *demandent aux organes compétents, comme le Ministère Public Fédéral, qu’ils actionnent la justice pour garantir le respect des droits des indigènes, surtout les droits territoriaux. La Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI dit sa disponibilité à collaborer avec les organes chargés de l’enquête.

    Selon une information parue dans la presse le 2 avril et confirmée par le Secrétaire des Droits humains du Maranhão, la Police civile a identifié des suspects et adressé un rapport à la Police Fédérale en charge de l’enquête.

    Cet assassinat arrive au moment où les peuples indigènes s’efforcent de se protéger de la pandémie du Covid-19. La TI Arariboia - qui a déjà souffert de graves incendies et de nombreuses invasions** - abrite un groupe d’Awá-Guajá qui a choisi de vivre en isolement volontaire. Les peuples isolés sont particulièrement menacés en cas de contact. L’action de leaders comme celle de Zezico est capitale.

                                                                     ***

    *Centre de Travail Indigéniste – CTI, Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI, Greenpeace Brésil, et l’Institut Socio-environnemental – ISA

    **Voir sur ce blog les notes du 11 novembre 2015, 10 décembre 2016, 20 août 2018, 4 novembre 2019

    Photo : Zezico Rodrigues Guajajara © Elaíze Farias / Amazônia Real. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 132, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Brésil : le coronavirus, un danger supplémentaire pour les peuples indigènes

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    La pandémie du coronavirus n’épargne pas le Brésil. Au soir du 21 mars, le Ministère de la santé annonçait 1'128 cas confirmés dans 26 États de l’Union et 18 morts dans ceux de São Paulo (15) et Rio de Janeiro (3). Pour ce qui est des indigènes, un premier cas suspect d’infection par le Covid-19 concerne une indigène Pataxó qui est à l’isolement dans son village du sud de l’État de la Bahia. Employée dans un hôtel de la région, elle est en attente du résultat du test. Trois indigènes (un adulte - guide touristique - et deux enfants) du peuple Marubo de la région d’Atalaia do Norte, dans l’État d’Amazonas, présentent également des symptômes d’infection.

    Les organisations indigènes et indigénistes sont inquiètes. Elles redoutent qu’un nouveau « choc microbien », comme il y en a déjà eu dans le passé, vienne décimer les peuples premiers du pays. Aussi la réaction a été rapide. La première mesure, prise le 12 mars déjà, par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a été le report, à une date ultérieure, pas encore fixée, du seizième « Campement Terre Libre », le grand rassemblement annuel des peuples indigènes de l’ensemble du pays. Une réunion initialement prévue du 27 au 30 avril à Brasilia. L’Articulation rappelle la nécessité de développer le service de santé indigène. Elle s’inquiète également des risques non seulement d’un ethnocide, mais aussi d’un douloureux génocide qu’une politique de contact avec les peuples isolés et de contact récent ferait courir à ces derniers. Sur sa page Facebook elle rappelle que les peuples indigènes, en raison de leur mode de vie communautaire, sont spécialement vulnérables à ces maladies introduites par les non-indigènes et contre lesquelles les méthodes traditionnelles de soins n’ont pas d’effet. Elle détaille la conduite à tenir face à cette pandémie. Plusieurs organisations indigènes ont déjà décidé de restreindre ou d’interdire l’entrée dans leur Terre Indigène (TI), de suspendre toutes les activités prévues à l’intérieur de celles-ci et les voyages de leurs membres à l’extérieur.

    La Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI s’est également manifestée. Un arrêté du 17 mars, signé par son président, établit des mesures temporaires exceptionnelles pour lutter contre la propagation du Covid-19. Mais l’art. 4 de ce texte inquiète. Il permet aux Coordinations régionales de pouvoir autoriser le contact avec des communautés indigènes isolées. Une prérogative jusque-là réservée à la Coordination Générale des Indigènes Isolés et de Récent Contact – CGIIRC*. Nara Baré, la responsable de la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB trouve ce texte « confus et tendancieux ». Le 19 mars, le Ministère Public Fédéral a adressé une « Recommandation » au président de la FUNAI lui demandant de s’abstenir de promouvoir des actions et/ou des activités laïques ou religieuses, terrestres, fluviales et/ou aériennes dans les zones proches des peuples isolés. Il lui recommande également de révoquer cet article 4.

    Au début de ce mois de mars, une délégation brésilienne constituée de représentants de trois ONGs** et du leader yanomami Davi Kopenawa était à Genève pour la 43e session du Conseil des droits de l’homme. Il s’agissait de faire connaître à ce dernier, et à l’opinion publique au niveau international, les risques pesant sur les peuples indigènes isolés. Un rapport a été publié pour l’occasion.

    Les risques de propagation du covid-19 parmi les peuples indigènes est particulièrement marqué quand les TI sont envahies par des non-indigènes, notamment par des garimpeiros (des orpailleurs illégaux) comme c’est le cas pour la TI Yanomami. Récemment, la chaîne de télévision « France 24 » a publié un reportage montrant la détermination de ceux-ci à exercer librement leur activité maintenant que le Président de la République s’est déclaré favorable à l’exploitation minière dans les TI…

    Les menaces s’accumulent sur les peuples indigènes, en particulier sur les groupes isolés.

                                                                            ***

    *Mis sous la responsabilité d’un évangéliste en février dernier ce qui a provoqué de nombreuses réactions négatives. Voir sur ce blog la note du 9 février 2019.

    **Les trois ONG sont : Conectas Direitos Humanos, Comissão Arns et l’Instituto Socioambiental

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 132, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Bolsonaro veut ouvrir les Terres Indigènes à l’exploitation économique

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Amazônia legal, Jair Bolsonaro, mineração, Terres Indigènes, Terras Indígenas, PL 191/2020, Câmara dos Deputados, Congresso Nacional, Povos indígenas, Constituição, 1988, Romero Jucá, Instituto Socioambiental, ISA, Federação das Organizações Indígenas do Rio Negro, FOIRN, Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro, Conselho Indígena de Roraima, Conseil Indigène de Roraima, CIR, Articulação dos Povos e Organizações Indígenas  do NE,MG e Espírito Santo, Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Nordeste, Minas Gerais et Espírito Santo, APOINME, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, AYA, SECOYALe 5 février, le président brésilien Jair Bolsonaro a envoyé au parlement un projet de loi (PL 191/2020) pour réglementer les conditions spécifiques à suivre pour la recherche et l’extraction des ressources minières et l’exploitation du potentiel de l’énergie hydraulique des rios dans les Terres Indigènes (TI). Le projet traite également de l’audition et l’indemnisation des communautés indigènes touchées par les projets, ainsi que l’autorisation préalable que doit donner le Congrès national. Il s’agit de réglementer plusieurs articles de la Constitution fédérale de 1988. Un sujet que le parlement eu l’occasion d’aborder en 1995 déjà en raison d’un projet de loi de Romero Jucá, alors sénateur de l’État de Roraima.

    Selon les sources, le pays compte entre 689 et 1’296 TI couvrant environ 13% des 8,5 millions de km2 du territoire national. Les plus étendues et les plus préservées sont en Amazonie. Un peu plus de 400 d’entre elles sont « démarquées », c’est à dire susceptible de bénéficier d’une pleine protection, ce qui est loin d’être le cas. Pour rappel, les constituants de 1988 avaient donné un délai de cinq ans au gouvernement pour démarquer toutes les TI du pays.

    L’exploitation minière notamment, est susceptible d’avoir un impact important sur l’environnement, en particulier la contamination des cours d’eau et des sols, et sur la biodiversité mettant en danger les peuples qui y vivent. Selon l’Instituto Socioambiental – ISA, si la loi est acceptée, et pour seulement la recherche et exploitation minière, 216 TI sont directement concernées par 4'332 requêtes. Par exemple, 42,6 % des 96'000 km2 de la TI Yanomami sont concernés par 536 demandes.

    Les principales organisations indigènes du pays ont fait connaître leur opposition à l’adoption de cette loi : la Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro – FOIRN, le Conseil Indigène de Roraima - CIR, l’Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Nordeste, Minas Gerais et Espírito Santo – APOINME, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et la faîtière nationale, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. Celle-ci « … appelle toutes ses composantes, les organisations solidaires aux niveaux national et international de se joindre à elle pour cette bataille pour la vie et le « bien vivre » non seulement des peuples indigènes, mais de toute l’humanité et de la planète. »

    Le Ministère Public Fédéral a publié une note de mise en garde : «  L’approbation du projet peut conduire à la destruction d’importantes zones écologiques aujourd’hui protégées ainsi que la déstructuration ou la disparition physique de divers peuples indigènes, spécialement ceux de la région amazonienne »

    Le 12 février, des indigènes, des parlementaires de l’opposition et des représentants de mouvements sociaux étaient avec la députée* Joênia Wapichana, la leader du Front Parlementaire mixte pour la défense des droits des peuples indigènes, pour demander au président de la Chambre des Députés, Rodrigo Maia de classer le projet. La procédure parlementaire est enclenchée…

                                                                            ***

    *Joênia Wapichana > voir les notes Blog des 21 octobre 2018 et 31 décembre 2018

    Photo : © Tiago Miotto /CIMI Des représentants des organisations indigènes du Sud du Brésil manifestent contre le projet de loi à Brasilia le 12 février. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Précédente note relative à l’exploitation minière : 05 avril 2013  

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • La nomination d’un évangéliste en charge des Indiens isolés suscite des protestations

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    En Amazonie brésilienne, ils seraient un peu plus d’une centaine les peuples ou groupes indigènes ayant choisi de vivre sans contact avec la société environnante. Un isolement volontaire, résultant souvent de rencontres passées qui ont eu des effets négatifs : infections, maladies, violences physiques, spoliation des ressources naturelles, etc. En raison de leur vulnérabilité et de la législation en vigueur, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI dispose d’un organe particulier en charge de leur protection : la Coordination Générale des Indiens Isolés et de Récent Contact – CGIIRC.

    La direction de cet organe change pour la troisième fois de titulaire depuis le début octobre 2019 quand Bruno Pereira a été révoqué sans motif. Il été remplacé par Paula Wolthers de Lorena Pires. Et, ce 3 février, nouveau changement. Pour occuper ce poste hautement sensible le Ministère de la Justice a choisi Ricardo Lopes Dias, un évangéliste et anthropologue, connu pour son engagement, entre 1997 et 2007, au sein de la « Mission Nouvelles Tribus du Brésil – MNTB ». Il s’agit d’une entité fondamentaliste originaire des États-Unis implantée au Brésil dans les années 40 dans le but d’évangéliser les Indiens.

    Connue dès la fin janvier, cette nomination a suscité de nombreuses réactions. D’abord de la part des organisations indigènes qui ont publié des notes de protestation : l’Union des Peuples Indigènes de la Vallée du Javari, UNIVAJA, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB . Celle-ci « Dénonce, une fois de plus, le démontage rapide des politiques publiques destinées aux peuples indigènes de la part du gouvernement de Bolsonaro en soumettant la politique indigéniste aux intérêts des groupes religieux qui apportent leur appui à son gouvernement. Et, dans de nombreux cas, aux groupes ruralistes intéressés par les terres occupées traditionnellement par ces peuples. C’est une situation qui entraîne la violation des droits humains provoquée intentionnellement par l’actuel gouvernement qui pourra conduire à la mort physique, socioculturelle et spirituelle des peuples indigènes isolés et de récent contact qui vivent au Brésil. »

    Parmi les organisations qui ont apporté leur appui aux organisations indigènes, la note du Conseil National des Églises Chrétiennes du Brésil - CONIC* est particulièrement significative. Le Conseil exprime son désaccord à la nomination de Ricardo Lopes Dias. « … Une politique publique doit être exempte de toute logique religieuse. Les Peuples autochtones ont un patrimoine culturel et spirituel propres. Il est du devoir de l’État de les protéger et de garantir leur conservation. » […]  « Nous savons que la logique qui prévaut dans cette décision est économique. Cependant l’impératif de l’éthique chrétienne nous rappelle que l’économie ne peut jamais être placée au-dessus des droits à l’existence des peuples. Les dernières définitions axées sur la politique des Indiens isolés sont des décisions idolâtres car elles servent les intérêts de groupes économiques dont les ambitions se concentrent sur la richesse des forêts et non sur la préservation de la diversité culturelle qui nous caractérise en tant que peuple. » […] Il est impératif que le Gouvernement réévalue sa décision ». Le CONIC dit qu’il suivra l’affaire de près en travaillant avec des organisations telles que le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI) et les trois ONG indigènes, UNIVAJA, COIAB et APIB.

    Le président brésilien vient encore d’accentuer sa pression sur les peuples indigènes en signant un projet de loi - envoyé au parlement - qui ouvre les Terres Indigènes à l’exploitation économique. Une prochaine note sera consacrée à ce sujet.

                                                                             ***

    *Composé de l’Alliance des Baptistes du Brésil, de l’Église Catholique Romaine, de l’Église Épiscopale Anglicane du Brésil, l’Église Évangélique Luthérienne au Brésil, l’Église Presbytérienne unie et l’Église Syrienne orthodoxe de Antioquia.

                                                                             ***

    PS 1 : Précédentes notes relatives aux peuples isolés : 26 août 2011, 13 août 2014, 11 novembre 2015

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Une délégation indigène brésilienne à Genève ce 8 novembre

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Campement Terre Libre, Acampamento Terra Livre, 2019, APIB, Accord de Paris, Convention 169, Charte de Cochabamba, Mère Nature, Jair Bolsonaro, Société pour les peuples menacés, gfbv, SPM, AELE, Mercosur, Paulo Paulino Guajajara Ils ne restent pas passifs ! La faîtière des organisations indigènes du Brésil, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a décidé d’envoyer une délégation en Europe pour y alerter l’opinion publique sur les menaces qui pèsent sur les droits économiques, sociaux, culturels et territoriaux des indigènes. En fait, une menace sur leur existence même.

    Les objectifs du voyage : d’abord dénoncer les graves violations commises contre les peuples indigènes et l’environnement par le nouveau gouvernement de Jair Bolsonaro. Au-delà de la dénonciation, l’APIB veut la mise en œuvre de mesures susceptibles d’exercer une pression sur le gouvernement et les entreprises de l’agroalimentaire du Brésil pour le respect de l’environnement et des droits des droits des peuples autochtones (Accord de Paris, Convention 169 de l’OIT, Déclaration universelle des droits de Mère Nature telle que définie dans la Charte de Cochabamba de 2010). Mais l’Articulation demande aussi la solidarité des citoyens des pays qu’elle visite. Elle souhaite former un réseau international de personnes et d’organisations qui soutiennent ses objectifs. Au Brésil même, en janvier et avril 2019 déjà, l’APIB avait organisé des manifestations pour faire connaître ses revendications. Sa tournée européenne est dans le prolongement de cette mobilisation. Elle en a repris le titre même : « Sang autochtone, pas une goutte de plus » qui malheureusement est démenti par la triste actualité : ce 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara, un « gardien de la forêt » de la Terre Indigène Araribóia (État du Maranhão) a été tué par un groupe de madeireiros (forestiers illégaux). Voir sur ce blog la note du 4 novembre.

    La « Société pour les peuples menacés -SPM » - dont le siège est à Berne - organise le passage de la délégation en Suisse. À cette occasion, le 7 novembre dans la capitale fédérale, elle lance une campagne en faveur des droits des peuples autochtones brésiliens. Cette délégation est en Suisse au moment où notre pays, dans le cadre de l’AELE, négocie un traité de libre-échange avec les pays du Mercosur dont fait partie le Brésil.

    À Genève, une réunion ouverte au public est prévue le vendredi 8 novembre, de 18h30 à 21h à Maison de la Paix, Auditorium A2, au 2 Chemin Eugène-Rigot, 1202 Genève / Transports publics : Tram No 15, Arrêt « Maison de la Paix »

    Illustration : Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Assassinat d’un gardien de la forêt

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Paulo Paulino Guajajara, Laércio Guajajara, Terra Indígena Araribóia, Maranhão, madeireiros, Sergio Moro, Awá Guajá, Bolsonaro, Victoria Tauli-Corpuz, APIB, Survival International Le 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara (26 ans), l’un des « Gardiens de la Forêt » de la Terre Indigène Araribóia TI (État du Maranhão) été tué lors d’une embuscade organisée - selon les témoignages recueillis par l’agence « Amazônia real » - par cinq « madeireiros » (forestiers illégaux) sur le territoire même de la TI. Paulo était accompagné par Laércio Guajajara qui a seulement été blessé et a pu s’enfuir. Ils étaient partis en forêt pour chasser le pecari. Le Ministre de la Justice, Sergio Moro, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Cette TI, démarquée en 1990, est également occupée par des Awá Guajá en situation d’isolement volontaire.

    Dans une note du 2 novembre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB exprime sa tristesse et sa révolte : «…Le Gouvernement de Bolsonaro a du sang indigène sur les mains. L’augmentation de la violence dans les territoires indigènes est la conséquence directe de son discours de haine et des mesures contre les peuples indigènes du Brésil. Nos terres sont envahies, nos leaders sont assassinés, attaqués et criminalisés… » […] « Il est nécessaire de donner un coup d’arrêt à cette politique génocidaire contre les peuples indigènes du Brésil. C’est pour cela que nous sommes en campagne dans les pays européens* pour alerter le monde sur ce qui arrive au Brésil et demander un appui pour que plus une goutte de sang indigène ne soit versée ». De nombreuses organisations et entités et personnalités, dont Victoria Tauli-Corpuz la Rapporteure de l’ONU pour le droit des peuples indigènes, ont  condamné cet assassinat. Survival International a lancé une pétition à adresser au président Bolsonaro.

    L’histoire de cette Terre Indigène est hélas marquée par de nombreux épisodes violents, des morts, des incendies, des invasions**

                                                                                         ***

    *L’APIB a effectivement organisé une délégation qui visite une douzaine de pays européens, dont la Suisse. Une rencontre ouverte au public est prévue à Genève le vendredi 8 novembre, de 18h30 à 21h à Maison de la Paix, Auditorium A2, au 2 Chemin Eugène-Rigot, 1202 Genève. Transports publics : Tram No 15, Arrêt « Maison de la Paix »

    **Voir sur cc blog les notes du 11 novembre 2015, 10 décembre 2016

    Photo : Paulo Paulino Guajajara./ © Sarah Shenker / Survival International / Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Bolsonaro à l’ONU : les indigènes protestent !

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    Le discours prononcé par Jair Bolsonaro, le 24 septembre à New-York devant l’Assemblée générale des Nations Unies a suscité de nombreuses réactions de la part d’organisations indigènes et indigénistes du Brésil. Le Président brésilien a consacré un tiers de son intervention à l’Amazonie et aux peuples indigènes brésiliens. À ce sujet, il s‘adresse particulièrement à Ysani Kalapalo, une indigène invitée dans la délégation officielle brésilienne.

    Quelques extraits : « Le Brésil est l’un des pays les plus riches en biodiversité et en minerais. Notre Amazonie est plus grande que toute l’Europe occidentale et reste pratiquement intouchée. Preuve que nous sommes un des pays qui protège le plus l’environnement. […] Dans cette période de l’année, le climat sec et les vents favorisent les feux spontanés et aussi les criminels. Il faut relever qu’il existe aussi des feux pratiqués par les indiens et les populations locales. […] Le Brésil ne va pas augmenter à 20% l’aire déjà démarquée comme terre indigène. […] La vision d’un leader indigène ne représente pas celle de tous les indiens brésiliens. De nombreuses fois, quelques-uns de ces leaders, comme le cacique Raoni, sont manipulés par des gouvernements étrangers dans leur guerre médiatique pour défendre leurs intérêts en Amazonie. […] Malheureusement quelques personnes à l’intérieur et à l’extérieur du Brésil, appuyées par des ONGs, insistent à traiter et maintenir nos indiens comme de véritables hommes des cavernes. Le Brésil a maintenant un président qui se préoccupe de ceux qui étaient là avant l’arrivée des Portugais. […] L’indien ne veut pas être un latifundiste pauvre sur des terres riches. Spécialement des terres les plus riches du monde. C’est le cas des réserves Yanomami et Raposa Serra do Sol. Dans ces réserves existe une grande abondance d’or, de diamant, d’uranium, de niobium et terres rares entre autres. Et ces territoires sont énormes. La réserve Yanomami seule compte approximativement 95'000 km2, l’équivalent de la taille du Portugal ou de la Hongrie, cependant à peine 15'000 indiens vivent dans cette aire. Ceci démontre que ceux qui nous attaquent ne sont pas préoccupés de l’être humain qu’est l’indien, mais par les richesses en minerais et la biodiversité existantes dans ces aires. »

    Et pour montrer qu’il n’existe pas une autorité unique parmi les indiens, le Président lit une lettre rédigée par un « Groupe d’agriculteurs indigènes du Brésil ». Ce groupe soutient sans restriction la position d’Ysani Kalapalo qui, selon eux, peut expliquer la réalité vécue par les peuples indigènes du Brésil et répondre aux mensonges propagés par la presse nationale et internationale. « Une nouvelle politique indigéniste est nécessaire au Brésil. Le temps presse ! […] L’écologisme radical et l’indigénisme dépassé ne s’accordent pas avec ce que veulent les peuples indigènes. » […] Ysani Kalapalo est apte à représenter les ethnies signataires de cette lettre. Le monopole de monsieur Raoni est terminé. » Le président aborde ensuite d’autres sujets…

    Au Brésil même les organisations ont très vite réagi. D’abord, avant même la réunion de New York, une quinzaine de leaders des peuples indigènes du Xingu ont contesté la représentativité d’Ysani Kalapalo : « Nous n’acceptons pas et n’accepterons jamais que le gouvernement brésilien désigne lui-même de notre représentation sans nous consulter à travers nos organisations et dirigeants soutenus par nous. »

    Le Front Amazonien de Mobilisation pour la Défense des Droits Indigènes (FAMDDI)* de Manaus a publié une lettre ouverte au Président signée par les représentants d’une dizaine d’associations : « C’est avec angoisse et honte que les leaders autochtones et non autochtones reçoivent le discours du président brésilien au sujet des indigènes brésiliens, et plus spécifiquement ceux de l’Amazonie, objets d’attaques sans précédent depuis la colonisation. » Les signataires reprochent au Président d’accuser les indigènes d’être les auteurs des incendies qui dévastent l’Amazonie et de les tromper en leur faisant croire qu’ils bénéficieront du pseudo développement promu par le gouvernement.

    Au terme de sa note de protestation, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB, qui représente 180 peuples, 300 organisations et plus de 430’000 indigènes, demande l’application de pénalités et de sanctions à l’égard du gouvernement brésilien pour ses menaces à l’égard de la vie de l’humanité et de celle des peuples originaires du Brésil et de l’Amazonie.

    L’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB faîtière des peuples et organisations indigènes du pays a, elle aussi, publié une note de protestation. L’Articulation juge répugnant et ridicule le discours prononcé à l’ONU qu’elle estime être adressé par le Président à sa base électorale, forces économiques, politiques et militaires qui le soutiennent en raison d’intérêts pas toujours cachés. Elle estime qu’il a fait preuve de graves lacunes dans sa compréhension de l’histoire, de la réalité socioculturelle et de l’évolution de la législation nationale et internationale de son pays. Elle dénonce les accusations contre le cacique Raoni et les autres leaders qui défendent Mère Nature aux niveaux national et international. Elle qualifie de ridicule l’usage qui a été fait de la lettre des « Agriculteurs indigènes du Brésil » et la présence d’Ysani Kalapalo dans la délégation officielle. « Et nous blâmons M. Bolsonaro pour les conflits qui, alimentés par ses discours publiquement anti-indigènes sont susceptibles d’attenter à nos vies ». L’APIB demande à ses organisations de base et mouvements sociaux alliés « de ne pas se laisser intimider et de ne jamais reculer dans la défense des droits fondamentaux indigènes, principalement le droit à la vie, aux terres et territoires occupés traditionnellement. »

    Le Cacique Raoni était récemment à la Chambre des Députés où il a eu l’occasion de répondre aux attaques du Président : « Bolsonaro a dit que je ne suis pas un leader. C’est lui qui n’est pas un leader et il doit partir avant que quelque chose de très mauvais arrive. […] Mon esprit est tranquille mes pensées sont pour la paix. Ma parole est pour le Bien Vivre. Je ne veux offenser personne. » Raoni a été proposé « Prix Nobel de la Paix 2020 » par la Fondation Darcy Ribeiro de Rio de Janeiro.

                                                                                   ***

    *Document signé par le « Service et Coopération avec le Peuple Yanomami – SECOYA » le partenaire de AYA.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Amazonie : un indigéniste a été assassiné

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Maxciel Pereira dos Santos, Terra Indígena, Vallée du Javari, Vale do Javari, Marubo, Matis, Kanamary, UNIVAJA, APIB, OPAN, FUNAI, INA, Tabatinga, AmazonasLe 6 septembre, en début de soirée, un collaborateur occasionnel de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, Maxciel Pereira dos Santos, plus connu sous le diminutif de « Maxi», a été assassiné à Tabatinga, une localité de l’État d’Amazonas, située à la frontière du Brésil, de la Colombie et du Pérou. Une enquête a été ouverte par la police, qui, pour l’heure, n’est pas en mesure d’affirmer que cet acte est en rapport avec son activité de protection des peuples indigènes de la Vallée du Javari. Cette Terre Indigène (TI) de 85'440 km2 a été démarquée en 2001 après une intense campagne. Elle abrite plusieurs peuples autochtones (Marubo, Matis, Kanamary, etc… et des groupes qui vivent en état d’isolement volontaire. De longue date*, elle est l’objet de fréquentes incursions de chasseurs, de pêcheurs, d’orpailleurs illégaux qui n’hésitent pas à s’en prendre aux bases de la FUNAI insuffisamment nombreuses ou équipées pour y faire face.

    Le 8 septembre, la Coordination de l’Union des Peuples Indigènes de la Vallée du Javari -UNIVAJA a publié une note (relayée par l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB) dans laquelle elle rend hommage à la victime. Elle relève son engagement pour contenir les invasions constantes de cette Terre Indigène.

    Pour l’association « Indigénistes associés - INA »  qui regroupe des fonctionnaires de la FUNAI « Il y a des indices que ce crime barbare ait été commis en représailles à son combat contre les pratiques illicites à l’intérieur de la Terre Indigène… Cet épisode tragique s’ajoute à beaucoup d’autres. Dans des contextes différents, mais de l’Amazonie à la région sud du pays, indigènes, collaborateurs et fonctionnaires agissent dans des conditions précaires et insuffisantes pour la protection des Terres Indigènes… l’INA sollicite des mesures minimales de travail et de sécurité inexistantes pour le moment… »

    L’organisation Opération Amazonie Native –OPAN a exprimé sa solidarité avec les fonctionnaires et les familiers de Maxciel !

    La FUNAI demande à la police fédérale qu’elle procède aux enquêtes nécessaires… « La mort de Maxciel représente une grande perte pour la Fondation nous laissant tous émus. »

                                                                                    ***

    * Concernant la TI Vale do Javari, voir AYA Info No 24 du 5 février 2008 et sur ce blog les notes des 18 février 2011 et 23 mars 2012 

    PS 1 : La carte date de 2012. Elle permet surtout de situer Tabatinga et la TI dans l’ouest du Brésil. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les incendies en Amazonie, le Président crée la controverse

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    Au début de ce mois d’août, le Président Bolosnaro avait déjà été mécontent de la forte augmentation du taux de déforestation constaté en Amazonie brésilienne par l’Institut National d’Études Spatiales – INPE : son directeur, Ricardo Galvão, a été démis de ses fonctions.

    Le 19 août, la presse a fait état de la progression du nombre d’incendies qui ravagent le pays, passant d’environ 39'000 de janvier à août 2018 à près de 72'000 pour la même période en 2019, soit une augmentation de 82%. Plus de la moitié de ces feux sont Amazonie. Les médias en ont largement diffusé les images.

    Interrogé à ce sujet, et sans citer de noms, Jair Bolsonaro a émis l’hypothèse, qu’en Amazonie, des ONGs pouvaient être derrière ces incendies pour nuire au gouvernement. Cette assertion a suscité des réactions, notamment de la part des ONGs brésiliennes. Le 21 août plus d’une centaine d’entre elles, dont la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, ont publié un communiqué dans lequel elles rappellent que « L'augmentation des incendies n'est pas un fait isolé… la déforestation, l’invasion de parcs et des terres indigènes, l’exploitation illégale et prédatrice des ressources naturelles et l’assassinat de dirigeants de communautés traditionnelles, autochtones et écologistes ont également augmenté… L'augmentation de la déforestation et des incendies représente également une augmentation des émissions de gaz à effet de serre du Brésil, empêchant le pays d'atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Alors que le gouvernement justifie l'assouplissement des politiques environnementales comme étant nécessaire pour améliorer l'économie… Le président doit agir de manière responsable et prouver ce qu'il dit au lieu de tirer des conclusions insensées et inconséquentes, en répétant la tentative de criminaliser des organisations, en manipulant l'opinion publique contre le travail accompli par la société civile…. Bolsonaro n'a pas besoin des ONGs pour brûler l'image du Brésil dans le monde entier. »

    Des manifestations sont annoncées cette fin de semaine dans différentes villes du Brésil et à l’étranger. Ce 23 août, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le consulat du Brésil à Genève. Le président français, Emmanuel Macron a décidé de mettre ce sujet à l’agenda du sommet du G7 qui doit s’ouvrir ce 24 août à Biarritz…  À suivre !

                                                                                             ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brasilia : 1ère Marche des femmes indigènes

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Jair Bolsonaro, Sílvia Nobre Waiãpi, MP No 890/2019, Médicos pelo Brasil, SESAI, Secretaria Especial de Saúde Indígena, Agência para o Desenvolvimento da Atenção Primária à Saúde, ADAPS, Luiz Henrique Mandetta, Câmara dos Deputados, Acampamento Terra Livre, Marcha das Mulheres IndígenasElles ont tenu parole ! Le rendez-vous a eu lieu du 9 au 14 août à Brasilia pour la « 1ère Marche des Femmes Indigènes ». Elles étaient plus de 2000 venant de 130 peuples de tout le Brésil. Cette manifestation avait été décidée lors du « Campement Terre libre » d’avril* dernier. La date – le 9 août - pour commencer le rassemblement ne doit rien au hasard – c’est celle choisie en 1994 par l’Assemblée générale des Nations Unies pour être la « Journée Internationale des populations autochtones ».

    Sur le thème : « Territoire : notre corps, notre esprit », elles ont affirmé leur volonté et leur capacité à défendre les droits humains des peuples autochtones mis en danger par le gouvernement Bolsonaro.

    La détérioration du service de santé indigène assuré par le Secrétariat Spécial de Santé Indigène – SESAI est certainement l’un des problèmes qui les préoccupent le plus. Elles l’ont fait savoir, le 12 août, en allant manifester dans les locaux mêmes du Service. Elles reprochent à sa responsable, Sílvia Nobre Waiãpi, une militaire d’origine indigène, de ne pas empêcher l’affaiblissement de l’institution et de ne pas les représenter. Elles demandent sa démission. Elles contestent la Mesure Provisoire No 890/2019 qui institue le « Programme Médecins pour le Brésil » et crée une « Agence pour le Développement du Service Primaire de la Santé - ADAPS ». Elles reprochent au gouvernement de ne pas avoir consulté les peuples indigènes à ce sujet. Surtout, elles considèrent que c’est une manière de privatiser le service de santé indigène. Le 13 août, lors d’une rencontre avec le Ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta, et Sílvia Nobre, elles ont eu l’occasion d’exposer leurs revendications. Elles leur ont remis un manifeste les résumant. Il y a eu d’autres rencontres dans le cadre de cette Marche, dont un séminaire à la Chambre des Députés sur le thème « Femmes indigènes et droits sociaux. »

    Le document publié au terme de cette 1ère Marche résume le point de vue et les revendications particulières des femmes indigènes : « …  Lutter pour nos droits territoriaux, c’est lutter pour notre droit à la vie. La vie et le territoire sont semblables...  Quand nous nous inquiétons de nos territoires nous garantissons le bien de toute la planète parce que nous nous préoccupons des forêts, de l’air, des eaux et des sols. La plus grande partie de la biodiversité est sous la surveillance des peuples indigènes. Ainsi nous contribuons à maintenir la vie sur Terre… »  Le document énumère quatorze revendications touchant différents domaines : santé, éducation, droits territoriaux, etc. L’ultime phrase est un engagement : « Nous serons toujours engagées pour la défense de nos peuples et de la Mère Terre ! »

    *Voir sur ce blog la note du 29 avril 2019.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2