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  • Amazonie : Nouveaux Chemins pour l’Église et pour une Écologie intégrale

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    C’est l’intitulé de l’assemblée spéciale du synode des Évêques d’Amazonie convoqué au Vatican par le pape François. Une réunion commencée ce 6 octobre et qui se poursuivra jusqu’au 27 de ce même mois. Y participent les évêques et autres invités venant des neuf pays amazoniens*.

    Le nombre de sujets, l’importance des enjeux (qui débordent largement le seul territoire amazonien) sont tels que ce synode a fait l’objet de nombreuses consultations préalables et d’une intense préparation au terme de laquelle un document préparatoire a été publié dès la mi-juin 2019.

    Celui-ci comporte trois parties : 1.- La voix de l’Amazonie. 2.- Écologie intégrale : la clameur de la terre et des pauvres. 3.- Église prophétique en Amazonie : défis et espérances. À titre d’exemple dans la première partie, plusieurs paragraphes abordent les menaces qui pèsent sur la vie en Amazonie : «D’après ce qui ressort des multiples consultations effectuées dans de nombreuses régions amazoniennes, les communautés considèrent que la vie en Amazonie est surtout menacée par : a) la criminalisation et les assassinats de dirigeants et de défenseurs du territoire ; b) l’appropriation et la privatisation des biens naturels comme l’eau ; c) les concessions forestières légales et l’entrée d’exploitants illégaux, d) la chasse et la pêche prédatrices, principalement dans les fleuves ; e) les mégaprojets : hydroélectriques, concessions forestières pour la production de monocultures, la construction de routes, de voies ferrées, le développement de projets miniers et pétroliers ; f) la contamination provoquée par toute l’industrie extractive qui entraîne des problèmes et des maladies surtout chez les enfants et les jeunes ; g) le trafic de drogue ; h)les problèmes sociaux liés à ces dangers, comme l’alcoolisme, la violence envers les femmes, le travail sexuel, le trafic de personnes, la perte de leur culture d’origine et de leur identité (langue, pratiques spirituelles et coutumes, et toutes les conditions de pauvreté auxquelles sont condamnés les peuples d’Amazonie. »

    Les parties 2 et 3 comportent des suggestions. Ainsi, dans la deuxième partie - Écologie intégrale… -  cet extrait : « Le défi qui se présente est un grand défi : comment remettre en état le territoire amazonien, le sauver de la dégradation néocolonialiste et le restaurer sur des bases d’un bien-être sain et authentique ? Nous devons aux communautés aborigènes d’avoir sauvegardé et cultivé l’Amazonie depuis des milliers d’années. Dans leur sagesse ancestrale, elles ont perpétué la conviction que toute la création est liée, ce qui mérite notre respect et engage notre responsabilité. La culture de l’Amazonie, qui intègre les êtres humains à la nature, constitue la référence pour construire un nouveau paradigme de l’écologie intégrale. L’Église devrait intégrer dans sa mission la sauvegarde de la Maison commune : a) en proposant des lignes d’action institutionnelles qui favorisent l’environnement. b) En concevant des programmes de formation formels et informels pour la sauvegarde de la maison commune pour ses agents pastoraux et ses fidèles, ouverts à toute la communauté en vue d’ « un effort de conscientisation de la population sur la base des chap. V et VI de l’encyclique Laudato Si’. c) en dénonçant la violation des droits humains et la destruction extractiviste. »

    Dans la troisième partie - Église prophétique en Amazonie : défis et espérance - une des suggestions est particulièrement audacieuse : 2. « Tout en affirmant que le célibat est un don pour l’Église, on se pose la question de savoir si, pour les zones les plus reculées de la région, il ne serait pas possible de procéder à l’ordination de personnes aînées, préférablement autochtones, respectées et acceptées par leur communauté, dans le but de garantir la possibilité d’offrir les Sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne. ». En plus clair, il s’agit de la possibilité d’ordonner des femmes.

    Le déroulement des travaux est prévu en trois phases. Pour commencer, chaque membre du synode présente aux autres la situation particulière de son Église. Ensuite, à la lumière de ces présentations, le rapporteur général du synode établit un certain nombre de suggestions et questions à débattre. Dans les derniers jours, les membres du synode sont appelés à voter sur des propositions concrètes. Au terme de l’assemblée, un rapport final sera rédigé et soumis au Pape. Il appartiendra à François de décider quels seront les « Nouveaux chemins » !

    À diverses reprises, la presse brésilienne a fait état des « préoccupations » du gouvernement à l’égard de ce synode, mais une note récente de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil - CNBB annonce que les divergences sont résolues entre Brasilia et l’organisation du synode.

                                                                           ***

    *Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Guyane française, Pérou, Suriname et Venezuela.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 129, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Indiens isolés : un contact met fin à une résistance séculaire

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, peuples isolés, Funai, Ashaninka, Simpatia, Terras indigenas, Acre, Frente de proteção etnoambiental, Kaxinawa, Ninawa Huni Kuin, rio Xinane, rio Envira, madeireiros, narcotraficantes, Jorge Viana, CIDH, OEA, Bolivie, Bolivia, Colombie, Colombia, Equateur, Ecuador, Paraguay, Venezuela, Guiana, Suriname, Carta Capital, Felipe Milaneze, Glenn Shepard, Programa de Aceleração do Crescimento, Carlos Lisboa TravassoLe 1er juillet, la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a publié un communiqué annonçant le premier contact établi par un groupe d'indiens, jusque-là isolés, avec une communauté Ashaninka du village Simpatia, dans la Terre Indigène Kampa et Isolés du Alto Rio Envira, dans l'État d'Acre, non loin de la frontière avec le Pérou. La rencontre a été pacifique comme en témoigne la vidéo ci-dessous. Au moment du contact, des membres du Front de Protection Ethno-environnemental Envira – FPE de la FUNAI étaient présents. Ils ont eu l'opportunité de filmer l'événement. Le 17 juillet, la Fondation a indiqué que ces indiens ont dû recevoir un traitement antigrippal. Ils n'ont pas échappé au choc microbien ! Elle a mis en œuvre le plan d'intervention pour les situations de contact. Il s'agit surtout de réduire les risques graves encourus par ces indiens dans le domaine de la santé. Leur organisme est dépourvu d'anticorps susceptibles de répondre aux attaques d'agents pathogènes.

    Le FPE du Envira était présent dans ce village pour enquêter suite aux doléances d'indiens Kaxinawa qui se plaignent d'avoir eu à subir des saccages et des vols commis par des indiens isolés. Ninawa Huni Kuin, le président de la Fédération du peuple Huni Kuin demande que la FUNAI réactive la base du FPE du rio Xinane fermée en 2011 après une invasion de narcotrafiquants péruviens*. Pour lui, comme pour beaucoup d'indigénistes, les peuples isolés de la région sont sous la pression de "madeireiros" (exploitants forestiers) ou de narcotrafiquants qui envahissent leurs territoires.

    Le Coordinateur général  du service des indiens isolés et de contact récent de la FUNAI, Carlos Lisboa Travasso, dans une interview à "Amazônia Real", décrit le détail des contacts qui ont eu lieu avec ces visiteurs. Il exprime également sa préoccupation quant à l'avenir des groupes isolés.

    Pour l'heure, le gouvernement de l'État d'Acre a apporté son appui au FPE. Le sénateur Jorge Viana a demandé au ministre de la justice de garantir à la FUNAI les ressources nécessaires à la protection des indiens isolés. Il s'agit d'un investissement de 5 millions de Reais** sur quatre ans.

    Le Brésil n'est pas le seul pays à avoir des peuples isolés sur son territoire. La Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH, de l'Organisation des États Américains – OEA, est préoccupée par la situation de ces peuples dont plusieurs courent le risque de disparaître complètement. Elle vient de publier un rapport relatif aux "Peuples indigènes en isolement volontaire et en contact initial dans les Amériques". Une problématique qui, outre le Brésil, concerne la Bolivie, la Colombie, l'Equateur, le Paraguay et le Venezuela. Il y a des indices de présence de tels peuples en Guiana et au Suriname. Pour la CIDH, les principales menaces qui pèsent sur ces peuples sont : le contact en lui-même, les pressions sur leurs terres et territoires, l'extraction des ressources naturelles, les contagions et autres maladies, les agressions directes, les projets touristiques et le narcotrafic. La Commission fait une série de recommandations aux États concernés, comme la protection des territoires, la consultation préalable, libre et informée sur les projets concernant ces peuples.

    Dans un article publié dans "Carta Capital", les bons connaisseurs des questions indigènes que sont le journaliste Felipe Milaneze et l'anthropologue Glenn Shepard, rappellent l'histoire des peuples indigènes du Brésil qui ont eu à souffrir du contact avec les non indiens : la période d'exploitation du caoutchouc, la dictature militaire et, maintenant, le Programme d'Accélération de la Croissance – PAC du gouvernement brésilien. Ils rappellent la trentaine d'ouvrages du programme qui impactent directement le territoire d'indiens isolés. Selon eux, l'isolement voulu par ces peuples est une stratégie de survie. Le contact établi par ces indiens isolés (qu'ils appellent Xatanawa) "met fin à une résistance séculaire". Les indigènes venus au contact des Ashaninka sont des survivants…

    * Voir sur ce blog, la note (avec carte) publiée le 26 août 2011. Et "AYA Info" No 29 .

    ** Soit environ 2,2 millions de US$ ou 2 millions de CHF.

    Photo : FUNAI, trois des indiens venus au contact du village Ashaninka

    La vidéo ci-dessous a été vue plus de 2,2 millions de fois

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" (No 95), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2