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  • Bolsonaro veut ouvrir les Terres Indigènes à l’exploitation économique

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Amazônia legal, Jair Bolsonaro, mineração, Terres Indigènes, Terras Indígenas, PL 191/2020, Câmara dos Deputados, Congresso Nacional, Povos indígenas, Constituição, 1988, Romero Jucá, Instituto Socioambiental, ISA, Federação das Organizações Indígenas do Rio Negro, FOIRN, Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro, Conselho Indígena de Roraima, Conseil Indigène de Roraima, CIR, Articulação dos Povos e Organizações Indígenas  do NE,MG e Espírito Santo, Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Nordeste, Minas Gerais et Espírito Santo, APOINME, Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne, COIAB, Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Articulation des Peuples Indigènes du Brésil, APIB, AYA, SECOYALe 5 février, le président brésilien Jair Bolsonaro a envoyé au parlement un projet de loi (PL 191/2020) pour réglementer les conditions spécifiques à suivre pour la recherche et l’extraction des ressources minières et l’exploitation du potentiel de l’énergie hydraulique des rios dans les Terres Indigènes (TI). Le projet traite également de l’audition et l’indemnisation des communautés indigènes touchées par les projets, ainsi que l’autorisation préalable que doit donner le Congrès national. Il s’agit de réglementer plusieurs articles de la Constitution fédérale de 1988. Un sujet que le parlement eu l’occasion d’aborder en 1995 déjà en raison d’un projet de loi de Romero Jucá, alors sénateur de l’État de Roraima.

    Selon les sources, le pays compte entre 689 et 1’296 TI couvrant environ 13% des 8,5 millions de km2 du territoire national. Les plus étendues et les plus préservées sont en Amazonie. Un peu plus de 400 d’entre elles sont « démarquées », c’est à dire susceptible de bénéficier d’une pleine protection, ce qui est loin d’être le cas. Pour rappel, les constituants de 1988 avaient donné un délai de cinq ans au gouvernement pour démarquer toutes les TI du pays.

    L’exploitation minière notamment, est susceptible d’avoir un impact important sur l’environnement, en particulier la contamination des cours d’eau et des sols, et sur la biodiversité mettant en danger les peuples qui y vivent. Selon l’Instituto Socioambiental – ISA, si la loi est acceptée, et pour seulement la recherche et exploitation minière, 216 TI sont directement concernées par 4'332 requêtes. Par exemple, 42,6 % des 96'000 km2 de la TI Yanomami sont concernés par 536 demandes.

    Les principales organisations indigènes du pays ont fait connaître leur opposition à l’adoption de cette loi : la Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro – FOIRN, le Conseil Indigène de Roraima - CIR, l’Articulation des Peuples et Organisations Indigènes du Nordeste, Minas Gerais et Espírito Santo – APOINME, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et la faîtière nationale, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. Celle-ci « … appelle toutes ses composantes, les organisations solidaires aux niveaux national et international de se joindre à elle pour cette bataille pour la vie et le « bien vivre » non seulement des peuples indigènes, mais de toute l’humanité et de la planète. »

    Le Ministère Public Fédéral a publié une note de mise en garde : «  L’approbation du projet peut conduire à la destruction d’importantes zones écologiques aujourd’hui protégées ainsi que la déstructuration ou la disparition physique de divers peuples indigènes, spécialement ceux de la région amazonienne »

    Le 12 février, des indigènes, des parlementaires de l’opposition et des représentants de mouvements sociaux étaient avec la députée* Joênia Wapichana, la leader du Front Parlementaire mixte pour la défense des droits des peuples indigènes, pour demander au président de la Chambre des Députés, Rodrigo Maia de classer le projet. La procédure parlementaire est enclenchée…

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    *Joênia Wapichana > voir les notes Blog des 21 octobre 2018 et 31 décembre 2018

    Photo : © Tiago Miotto /CIMI Des représentants des organisations indigènes du Sud du Brésil manifestent contre le projet de loi à Brasilia le 12 février. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Précédente note relative à l’exploitation minière : 05 avril 2013  

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • La nomination d’un évangéliste en charge des Indiens isolés suscite des protestations

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    En Amazonie brésilienne, ils seraient un peu plus d’une centaine les peuples ou groupes indigènes ayant choisi de vivre sans contact avec la société environnante. Un isolement volontaire, résultant souvent de rencontres passées qui ont eu des effets négatifs : infections, maladies, violences physiques, spoliation des ressources naturelles, etc. En raison de leur vulnérabilité et de la législation en vigueur, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI dispose d’un organe particulier en charge de leur protection : la Coordination Générale des Indiens Isolés et de Récent Contact – CGIIRC.

    La direction de cet organe change pour la troisième fois de titulaire depuis le début octobre 2019 quand Bruno Pereira a été révoqué sans motif. Il été remplacé par Paula Wolthers de Lorena Pires. Et, ce 3 février, nouveau changement. Pour occuper ce poste hautement sensible le Ministère de la Justice a choisi Ricardo Lopes Dias, un évangéliste et anthropologue, connu pour son engagement, entre 1997 et 2007, au sein de la « Mission Nouvelles Tribus du Brésil – MNTB ». Il s’agit d’une entité fondamentaliste originaire des États-Unis implantée au Brésil dans les années 40 dans le but d’évangéliser les Indiens.

    Connue dès la fin janvier, cette nomination a suscité de nombreuses réactions. D’abord de la part des organisations indigènes qui ont publié des notes de protestation : l’Union des Peuples Indigènes de la Vallée du Javari, UNIVAJA, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB . Celle-ci « Dénonce, une fois de plus, le démontage rapide des politiques publiques destinées aux peuples indigènes de la part du gouvernement de Bolsonaro en soumettant la politique indigéniste aux intérêts des groupes religieux qui apportent leur appui à son gouvernement. Et, dans de nombreux cas, aux groupes ruralistes intéressés par les terres occupées traditionnellement par ces peuples. C’est une situation qui entraîne la violation des droits humains provoquée intentionnellement par l’actuel gouvernement qui pourra conduire à la mort physique, socioculturelle et spirituelle des peuples indigènes isolés et de récent contact qui vivent au Brésil. »

    Parmi les organisations qui ont apporté leur appui aux organisations indigènes, la note du Conseil National des Églises Chrétiennes du Brésil - CONIC* est particulièrement significative. Le Conseil exprime son désaccord à la nomination de Ricardo Lopes Dias. « … Une politique publique doit être exempte de toute logique religieuse. Les Peuples autochtones ont un patrimoine culturel et spirituel propres. Il est du devoir de l’État de les protéger et de garantir leur conservation. » […]  « Nous savons que la logique qui prévaut dans cette décision est économique. Cependant l’impératif de l’éthique chrétienne nous rappelle que l’économie ne peut jamais être placée au-dessus des droits à l’existence des peuples. Les dernières définitions axées sur la politique des Indiens isolés sont des décisions idolâtres car elles servent les intérêts de groupes économiques dont les ambitions se concentrent sur la richesse des forêts et non sur la préservation de la diversité culturelle qui nous caractérise en tant que peuple. » […] Il est impératif que le Gouvernement réévalue sa décision ». Le CONIC dit qu’il suivra l’affaire de près en travaillant avec des organisations telles que le Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI) et les trois ONG indigènes, UNIVAJA, COIAB et APIB.

    Le président brésilien vient encore d’accentuer sa pression sur les peuples indigènes en signant un projet de loi - envoyé au parlement - qui ouvre les Terres Indigènes à l’exploitation économique. Une prochaine note sera consacrée à ce sujet.

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    *Composé de l’Alliance des Baptistes du Brésil, de l’Église Catholique Romaine, de l’Église Épiscopale Anglicane du Brésil, l’Église Évangélique Luthérienne au Brésil, l’Église Presbytérienne unie et l’Église Syrienne orthodoxe de Antioquia.

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    PS 1 : Précédentes notes relatives aux peuples isolés : 26 août 2011, 13 août 2014, 11 novembre 2015

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Amazonie : En plus de la déforestation, la canne à sucre.

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Amazônia legal, Cerrado, Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais, INPE, Desmatamento, déforestation, Pará, Roraima, Maranhão, Acre, Mato Grosso, Rondônia, ISA, Instituto Socioambiental, BR-364, BR-163, BR-319, PPCDAm, Plano de Ação para Prevenção e Controle do Desmatamento, Jair Bolsonaro, Cana-de-açúcar, Canne à sucre, Instituto Nacional de Pesquisas da Amazônia, INPA, Lucas Ferrante, Ministério Público Federal, Comissão Pastoral da Terra, CPT, CNBB, Public Eye, Association Européenne de Libre Échange, AELE, Initiative fédérale Entreprises responsablesÀ mi-novembre 2019, l’Institut National (brésilien) d’Enquêtes Spatiales (INPE) a diffusé l’estimation du taux de déforestation en Amazonie légale pour la période allant d’août 2018 à juillet 2019 : 9’762 km2, soit une augmentation de 29,54% par rapport aux douze mois précédents où la déforestation avait été 7'536 km2. C’est l’État du Pará qui a perdu le plus de forêt : 3'862 km2. L’État de Roraima a connu la plus forte différence entre les deux périodes : 617 km2 en 2019 pour 195 km2 en 2018, soit une variation de 216,4 %.

    Une étude de l’Institut Socio-environnemental – ISA de São Paulo, publiée en décembre dernier, montre que les taux les plus élevés de déforestation forment un « arc de déforestation » qui va d’Est en Ouest, des États du Maranhão et du Pará jusqu’à l’État d’Acre en passant par les États du Mato Grosso et Rondônia. ISA relève l’importance de la déforestation à proximité de plusieurs routes fédérales, notamment les BR-364, BR-163 et BR-319. Il a calculé que 75% de la déforestation est observé sur le territoire de 256 municipalités. Dix-neuf d’entre-elles ne sont pas sur la liste du Ministère de l’environnement comme étant prioritaires dans la lutte contre la déforestation. ISA relève également l’augmentation de la taille moyenne des aires détruites, signe pour l’Institut que les auteurs de cette déforestation ont un pouvoir d’achat important. Toujours selon ISA, cette expansion correspond aux municipalités où des représentants du gouvernement ont promis des mesures d’allègement de la surveillance de l’environnement. Il reproche au gouvernement d’avoir abandonné le Plan d’action pour la Prévention et le Contrôle de la Déforestation en Amazonie légale – PPCDAm créé en 2004 dont il demande la reprise. Il note que le recours aux forces armées, en août 2019, a permis la réduction des incendies et de la déforestation.

    Mais une autre source d’inquiétude concernant l’Amazonie est née avec l’annulation, par Jair Bolsonaro le 5 novembre dernier, d’un décret de septembre 2009 qui y empêchait la culture de la canne à sucre. En 2011 déjà, au Sénat fédéral, un projet de loi voulait autoriser cette culture dans une partie du Cerrado et de l’Amazonie. Un projet classé en 2018. Le 11 novembre, un scientifique, Lucas Ferrante, doctorant à l’Institut National de Recherche de l’Amazonie – INPA, a dénoncé la décision présidentielle au Ministère Public Fédéral. Pour le chercheur cette décision « Est un crime de lèse-patrie qui affecte non seulement la plus grande forêt tropicale du monde et sa biodiversité, mais aussi les services environnementaux essentiels pour le maintien de l’approvisionnement humain et l’agriculture des régions Sud et Sud-Est du Brésil. L’impact affectera la capacité agricole du pays ». Dans un communiqué du 14 novembre 2019, la Commission Pastorale de la Terre – CPT liée à la Conférence Nationale des Évêques du Brésil – CNBB, affirme que « Cette autorisation représente plus de violence, de mort et de destruction pour les peuples et les biomes atteints. Elle va aussi contribuer à la réduction des pluies fournies par les rivières volantes chargées de l’humidité du bassin amazonien vers les régions Ouest, Sud-est et Sud du Brésil ». Á suivre…

    La déforestation de l’Amazonie a trouvé un écho en Suisse. Notre pays est l’une des principales plateformes mondiales du négoce des matières premières. Plusieurs de ces acteurs ont des relations d’affaires importantes avec le Brésil et l’Amazonie. Une réalité que vient de rappeler « Public Eye » dans l’édition de janvier de son magazine (No 21). La Suisse, comme membre de l’Association Européenne de Libre Échange – AELE a négocié un accord de libre-échange avec les pays du Mercosur dont le Brésil fait partie. Une coalition d’ONG suisses demande que cet accord contienne des garanties en matière de protection des droits humains et environnementaux. Elles envisagent de lancer un référendum si le traité est insatisfaisant. Est également en cours de discussion l’initiative «Multinationales responsables». Il y a là deux moyens de réduire les dangers pesant sur la forêt amazonienne et les peuples qui veulent la protéger. A voir comment notre pays va répondre à l’appel des peuples autochtones brésiliens venus solliciter la solidarité des Suisses en novembre dernier.

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    Illustration © ISA / source Inpe : La nouvelle frontière de la destruction. Le nouvel arc de déforestation en Amazonie met en danger la plus grande forêt tropicale de la planète. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS 1 : Sur ce blog, plusieurs billets ont déjà publié les statistiques de l’INPE sur la déforestation. Voir les notes du 30 novembre 2012, 17 avril 2014, 5 décembre 2014, 14 mai 2015 , 10 décembre 2016  

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Une première historique : du chocolat yanomami

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, chocolate Yanomami, Mercado municipal de Pinheiros, São Paulo, De Mendes, Ye’kwana, Terra Indígena, ISA, Instituto Socioambiental, Fiocruz, ATÁ, Wanasseduume Ye’kwana, Waikás, cacao, cacau, Bolsonaro, mineração, garimpeiro, orpaillage illégal, mercúrio, ouro, orC’est une première historique : un lot d’un millier de barres de « Chocolat Yanomami » a été présenté au public le 14 décembre dernier au Marché municipal de Pinheiros de São Paulo. Ce produit a été préparé par le chocolatier « De Mendes » à partir la première récolte de cacao natif cultivé par une communauté du peuple Ye’kwana de la Terre Indigène Yanomami (TI-Y). L’idée de produire du chocolat est venue de leaders à la recherche de ressources additionnelles pour les communautés et ainsi combattre la logique destructrice de l’orpaillage illégal qui porte gravement atteinte à la santé des indigènes. Un des aspects dramatiques de cette invasion est d’attirer les jeunes indigènes en recherche d’argent pour l’acquisition de biens industrialisés, notamment de smartphones.

    Un atelier, promu par l’association Wanasseduume Ye’kwana, a été organisé en juillet 2018 dans la communauté Waikás en partenariat avec les instituts Socio-environnemental – ISA et ATÁ. Le chocolatier César de Mendes a enseigné aux participants les techniques de cueillette et de traitement des cabosses pour produire la matière première nécessaire à la fabrication de chocolats fins. L’intention est de planter jusqu’à 7'000 cacaoyers d’ici 2021. À terme, le projet « Chocolat Yanomami » devrait profiter à plus d’un millier de personnes de cinq communautés.

    Selon leader Júlio Ye’kwana, présent à São Paulo pour le lancement du produit : « Nous avons la richesse dans la nature et non dans le sous-sol. Nous n’avons pas à la détruire ni la blesser. La nature ne va pas rester irritée ».

    Le projet « Chocolat Yanomami » se réalise au moment où le président Bolsonaro veut permettre l’orpaillage et l’exploitation minière dans la TI-Y. Au moment où le nombre de garimpeiros (orpailleurs illégaux) y seraient maintenant plus de 20’000.

    Même modeste, ce projet est symboliquement important. Il montre que, sans être détruite, la forêt amazonienne est susceptible d’apporter un mieux-être à ses habitants.

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    Photo : les plaques de chocolat / © ISA & De Mendes divulgação. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 131, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Les peuples indigènes en résistance

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Association Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, AYA, rio Marauiá, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYA, COP 25, Madrid, Madri, Altamira, Université Fédérale, Universidade Federal, Pará, Estado, État, Belo Monte, rio Xingu, Belo Sun, Centre du Monde, Amazônia Centro do Mundo, rivières volantes, Rios Voadores, Amazonas, Marcha dos Povos Indígenas do Amazonas, Forum d’Éducation Scolaire Indigène de l’Amazonas – FOREEIA, Fórum de Educação Escolar Indígena do Amazonas, Carta aberta, Bem Viver, Mère Terre, Mãe Terra, Casa Comun, Maison communeL’année 2019 a vu se multiplier les menaces sur les populations indigènes et la forêt de l’Amazonie brésiliennes. Après les incendies, la déforestation a repris, la démarcation des Terres Indigènes a été stoppée, des gardiens de la forêt et des leaders indigènes ont été assassinés…

    Mais les peuples indigènes ne sont pas restés inactifs. Ils ont multiplié les moments de protestation, les rencontres avec les autorités et les autres mouvements sociaux du pays ; envoyé des délégations dans les pays européens, y compris en Suisse et à la dernière COP 25 à Madrid pour faire connaître leur situation et demander des gestes de solidarité. À relever deux rencontres qui ont été organisées dans des zones particulièrement sensibles de l’Amazonie.

    D’abord celle qui a eu lieu sur le campus d’Altamira de l’Université Fédérale de l’État du Pará les 17, 18 et 19 novembre. La région subit les conséquences de la centrale hydroélectrique de Belo Monte construite sur le rio Xingu. Les habitants y redoutent encore le projet d’une entreprise canadienne d’exploiter « Belo Sun », une mine d’or à ciel ouvert. Cette inquiétante réalité a incité un collectif de vingt-cinq organisations (associations de femmes, de riverains, de pêcheurs, de défenseurs des droits humains, d’écologistes, de membres de l’Église catholique, de leaders indigènes, de scientifiques et autres personnalités à s’unir et à manifester leur volonté de défendre la forêt amazonienne et ses habitants. La réunion, intitulée « Amazonie, Centre du Monde »  a vu la participation d’environ trois cents personnes. Les débats ont abouti à l’adoption d’un texte, un « Manifeste » devant harmoniser l’action de défense de l’Amazonie. Le document commence par rappeler le rôle de la forêt amazonienne : « Sans maintenir vivante la plus grande forêt tropicale de la planète, il n’y a pas la possibilité de contrôler le super réchauffement global. L’évaporation produite par la forêt libère dans l’atmosphère 20 milliards de tonnes d’eau chaque 24 heures. La forêt crée des rivières volantes  au-dessus de nos têtes plus importantes que l’Amazone. La sueur de la forêt sauve la planète tous les jours. Mais cette forêt est en train d'être rapidement détruite par un développement prédateur et risque d'atteindre un point de non-retour dans quelques années. » Face à la catastrophe en cours, les signataires affirment avoir surmonté les barrières et les obstacles pour unir leurs voix autour d'un objectif commun : « Sauver la forêt et combattre l'extinction des vies sur la planète. » […] Nous savons que la forêt n’existera que si les peuples de la forêt existent. Nous serons ensemble dans les luttes de toutes les Amazonies. Nous serons là où la forêt saigne. Nous lutterons contre toutes les formes de mort. » Pour conclure, les auteurs résument ainsi leur axe de travail : « Nous voulons « amazoniser » le monde et nous « amazoniser » nous-mêmes. Orientés par les peuples de la forêt, nous voulons refonder l’humain et imaginer un futur où nous puissions vivre. »

    Quelques jours plus tard, au début décembre, à Manaus, la capitale de l’État d’Amazonas, plusieurs centaines d’indigènes représentant 42 peuples et 39 organisations étaient réunis pour la « 5e Marche des Peuples Indigènes de l’Amazonas ». Une manifestation organisée par le Forum d’Éducation Scolaire Indigène de l’Amazonas – FOREEIA. Deux textes, reflétant leurs préoccupations, ont été approuvés par les participants.

    Le premier est une « Déclaration de principes des Peuples Indigènes de l’Amazonas ». Ils rappellent six caractéristiques qui les distinguent collectivement et individuellement : 1.- Le Bien vivre entre les personnes, marqué par la coexistence avec les autres êtres de la nature, dans le profond respect pour la terre, son usage collectif et les projets de vie de chaque peuple. 2.- L’autodétermination et la liberté de chaque peuple de décider de sa forme d’organisation, de ses droits économiques sociaux et culturels. 3.- Le droit pour chaque peuple d’être le protagoniste de ses transformations. 4.- Le caractère sacré et inviolable du Territoire, indispensable pour la reproduction physique et culturelle, la sécurité présente et future de nos peuples. 5.- Le droit, comme peuples originaires, à avoir une identité et une diversité propres. Chaque membre d’un peuple est reconnu par celui-ci parce qu’il maintient avec lui des liens historico-culturels, territoriaux et linguistiques. En retour, cette appartenance est aussi faite de la loyauté envers le peuple qui vous reconnaît comme l’un des siens. 6.- Le fait d’être sur une unique planète et dans un monde où tout est interconnecté, le Bien Vivre de tous passe par la construction d’alliances basées sur le respect et dans le dialogue interculturel. L’unité, la capacité de mobilisation du mouvement indigène et la constitution d’alliances sont indispensables pour forger la force politique pour la concrétisation de nos droits comme peuples et dans le dialogue avec l’État.

    Le deuxième texte est une « Lettre ouverte » au début de laquelle il est rappelé qu’ils viennent des différents rios de cet immense État pour se joindre aux indigènes de la cité afin d’exprimer leur insatisfaction en raison des orientations anti-indigènes des politiques adoptées par le Gouvernement fédéral et celui de l’État d’Amazonas : « Nous sommes dans la capitale pour dénoncer cette politique qui a pour principe la violation des droits des peuples indigènes… » Et d’énumérer différents exemples de promesses non tenues, d’absence de dialogue, de restrictions budgétaires… De dénoncer l’action de personnes se disant du mouvement indigène, mais qui soutiennent propositions avec lesquelles celui-ci n’est pas d’accord…. Les signataires déclarent en avoir assez de la violence à leur encontre, de la persécution, de la criminalisation et l’assassinat de leaders. Ils réitèrent leur volonté de maintenir leur autonomie sur leurs terres, leur refus de l’exploitation minière et de l’orpaillage qui détruisent la forêt, polluent les rivières. Ils réclament la protection des peuples isolés, mais aussi des politiques publiques spécifiques pour les indigènes vivant dans les villes. À l’État d’Amazonas, ils demandent à participer à l’élaboration d’un plan – doté d’un budget - qui réponde aux demandes des communautés. Ils terminent leur lettre en affirmant leur disposition à se joindre aux autres secteurs de la société qui luttent pour la garantie des droits humains, sociaux et économiques, pour un projet de Bien Vivre en Amazonie, respectant la Mère Terre et la Maison Commune. « En continuant de lutter et rêver. Résister est nécessaire ! »

    Les Yanomami du rio Marauiaá, représentant leur association - Kurikama - étaient à Manaus pour participer à cette marche. Ils ont pu se réunir au siège de la SECOYA (le partenaire de AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale - MCI). Ils demandent une amélioration du Service de santé. D’autres Yanomami protestent contre l’invasion des garimpeiros (orpailleurs illégaux)

    Que sera 2020 pour la forêt amazonienne et les peuples qui l’habitent ? Déjà l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a fait savoir qu’au début 2020 elle allait se mobiliser pour défendre le service de santé indigène…

                                                                                ***

    Photos : En haut : Resistir é preciso > Résister est nécessaire. Ci-dessous, supérieure : Nós Yanomami não queremos o garimpo no nosso território > Nous Yanomami, nous ne voulons pas l’orpaillage dans notre territoire. Ci-dessous, inférieure : Exigimos melhora na assistência de saúde dos povos indígenas > Nous exigeons un meilleur service de santé pour les peuples indigènes. Cliquer sur les images pour en agrandir la taille.

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Davi Kopenawa « Prix Nobel alternatif »

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Stockholm, Davi Kopenawa, Rigth Livelihood Foundation, Prix Nobel alternatif, Yanomami, La Chute du Ciel, Erwin Kräutler, Chico Whitaker Ferreira, Leonardo Boff, Commission Pastorale de la Terre, Comissão Pastoral da Terra, MST, Xingu, Movimento dos trabalhadores rurais Sem Terra, José Lutzenberger, Maison de la Paix, Genève, Cité de Calvin, Daniel Schweizer, Indiens d’Amazonie en sursis, Festival et Film International de Défense des Droits Humains, FIFDH, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Association Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, AYA, rio Marauiá, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYA, Ville de Genève, Délégation Genève Ville Solidaire, Fédération Genevoise de Coopération, FGC, Canton de Genève, Aminatou Haidar, Sahara occidental, Greta Thunberg, Guo Jianmei, La chute du ciel, Bruce Albert, Editions Plon, Terre humaine, A queda do céu, The Falling Sky, Editora Companhia Das Letras, Harvard University PressCe 4 décembre à Stockholm, Davi Kopenawa, leader et chaman yanomami a été l’un des récipiendaires* du « Prix Nobel alternatif » délivré par la Rigth Livelihood Foundation. Une distinction qui arrive au moment où la Terre Indigène Yanomami – TI Y est envahie par des milliers d’orpailleurs illégaux qui polluent les sols et les rivières.

    Davi a mené de nombreux combats en faveur de son peuple. L’un des plus singuliers a été son action en faveur du retour en terre yanomami d’échantillons de sang prélevés sur les Yanomami dans les années 60 par des chercheurs américains. Les premiers échantillons de retour des USA ont été mis en terre au cours d’une cérémonie funèbre au début d’avril 2015. Son activité lui a valu d’être parfois menacé de mort comme en 2014. Il a retracé son parcours de vie et une partie de l’histoire de son peuple dans un ouvrage, « La chute du cie» coécrit avec l’anthropologue Bruce Albert en 2010**.

    Avant lui, d’autres brésiliens et organisations de la société civile du Brésil ont reçu la même distinction : Erwin Kräutler, évêque émérite du Xingu en 2010; Chico Whitaker Ferreira, militant altermondialiste en 2006; Leonardo Boff, un des pères de la théologie de la libération en 2001; la Commission Pastorale de la Terre – CPT et le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre – MST en 1991 et José Lutzenberger, agronome et écologiste en 1988.

    Avant de se rendre à Stokholm, Davi était à Genève où il est intervenu lors d’une manifestation qui a eu lieu le 28 novembre à la Maison de la Paix. En mars 2012, il était déjà dans la Cité de Calvin lors de la présentation du film de Daniel Schweizer « Indiens d’Amazonie en sursis » projeté dans le cadre du Festival et Film International de Défense des Droits Humains – FIFDH. Sept ans plus tard la situation des indigènes brésiliens s’est gravement dégradée. La distinction remise à Davi Kopenawa est une occasion de la rappeler.

    Toujours à Genève, le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI et l’Association Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie - AYA apportent un appui aux Yanomami du rio Marauiá par l’intermédiaire du Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA dont le siège est à Manaus. Les deux ONG reçoivent le soutien de plusieurs collectivités publiques genevoises. Une modeste solidarité qui a le mérite d’exister !

                                                                                  ***

    *Les autres récipiendaires 2019 sont trois femmes : Aminatou Haidar, militante indépendantiste du Sahara occidental, Greta Thunberg, la jeune militante pour le changement climatique et Guo Jianmei, avocate chinoise qui milite pour les droits des femmes.

    **Traduit en anglais en 2013 sous le titre « The Falling Sky » aux éditions Harvard University Press, et en portugais en 2015 sous le titre « A queda do céu » aux Editions Companhia Das Letras. Une chronologie sélective de la vie de Davi est publiée en français sur le site de Survival International.

    Photo : Davi Kopenawa / © Fernando Frazão / Agência Brasil. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Prévention de la mortalité maternelle et infantile chez les Yanomami

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, mortalité infantile, mortalidade na infância, mortalidade materna, frottis gynécologiques, planning familial, Yanomami, União das Mulheres Indígenas da Amazônia Brasileira, UMIAB, Serviço e Cooperação com o Povo Yanomami, SECOYA, Manaus, Kurikama, rio Marauiá, sages-femmes, parteiras tradicionais, AYA, Ville de Genève, Délégation Genève Ville Solidaire, Appui aux indiens Yanomami d’Amazonie, Droits de l’enfant, ONUÀ plusieurs reprises, les femmes et les leaders Yanomami ont exprimé leur mécontentement et leurs doutes relatifs à certaines actions mises en place par le service officiel de santé indigène : frottis gynécologiques, planning familial, effets secondaires suite à l’application d’injections anticonceptionnelles… Des programmes appliqués sans accompagnement approprié, les Yanomami ont assimilé ces traitements à des empoisonnement. Les hommes, leaders des communautés, ont demandé l’arrêt de ces programmes sans consulter les femmes.

    Pour changer cet état de fait, celles-ci se sont adressées au Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA* de Manaus. En juin 2018 déjà, en partenariat avec l’Union des Femmes Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – UMIAB, la SECOYA a organisé une rencontre sur le thème du « Droit au consentement éclairé et santé de la femme ». Les participantes, dont certaines ont un rôle similaire aux sages-femmes traditionnelles, demandèrent une formation particulière. Il s’agit d’améliorer leur pratique pour réduire les taux de mortalité maternelle et infantile trop élevés dans les communautés, objectif final d’un tel projet. Il s’agit d’un programme qui se veut une action concrète au moment où est célébré le trentième anniversaire de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, en particulier l’Art. 24.

    La SECOYA accepté de répondre à cette demande. Elle a d’abord défini qui seraient les bénéficiaires de cette action : une trentaine de femmes, des membres de l’association « Kurikama » qui regroupe les villages Yanomami du rio Marauiá et autres personnes représentant les communautés dans les structures officielles de santé. Il s’agit ensuite de définir une méthodologie : dresser un diagnostic préalable sur la situation exacte en matière de santé maternelle et infantile ; s’informer et tirer les enseignements sur les pratiques réalisées dans d’autres peuples amazoniens ; les prérequis pour commencer une formation ; la législation en vigueur concernant les sages-femmes traditionnelles, etc…

    Se voulant un projet participatif, il est indispensable de mettre en place une consultation préalable libre et informée des femmes et des communautés concernées. Enfin, il est nécessaire de prévoir comment assurer la pérennité d’un tel programme de formation.

    Cette activité à un coût, environ 60'000 CHF, SECOYA a sollicité AYA qui s’est adressée à la Ville de Genève. La Délégation Genève Ville Solidaire est entrée en matière pour soutenir une première phase de ce programme, mais sa contribution ne couvre que 80% des dépenses. AYA dispose de quelques ressources propres, mais il faut trouver le complément.

    Appel est lancé aux lecteurs de cette note. Une contribution peut être versée au CCP : Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" – AYA - 1213 ONEX / No 17-55066-2

    Par avance un chaleureux merci !

                                                                                     ***

    *Le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA est le partenaire de AYA.

    Illustrations : Ci-dessus, page 1 du Projet.

                          Ci-dessous : carte localisant le rio Marauiá.

    > Cliquer sur les images pour en agrandir la taille.

                                                                       

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    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Á Uni Mail : Populations autochtones et multinationales

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Peuples autochtones, Uni Mail, multinationales responsables, initiative fédérale, CUAE, Master TRANS, Haute école d’art et de design, Genève, HEAD, Cateté, Pará, Xikrin, Aurélien Fontanet, Aurélien Stoll, Loreto, Pérou, Marine Vasina, E-Changer, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, AYA, Fédération vaudoise de coopération, Fédération genevoise de coopération, Université de Genève

    C’est connu, la colonisation a eu des conséquences désastreuses, surtout en termes démographiques, pour les « peuples premiers » occupants de l’Amérique. Cependant, la résistance qu’ils ont opposée aux conquérants européens leur a permis de conserver – notamment en Amazonie – leur culture, leur mode de vie. Mais, les richesses minières du sous-sol amazonien excitent maintenant l’appétit des grandes entreprises nationales ou multinationales. Deux exemples : l’exploitation du nickel, dans l’État brésilien du Pará, et du pétrole dans la province péruvienne de Loreto portent atteinte à la santé des indigènes.

    Pour les peuples autochtones, empêcher la destruction de leur cadre de vie, la Terre-Mère est vital. Il sera question de la solidarité qu’il est possible de leur manifester lors de la rencontre de ce 15 novembre, organisée par plusieurs entités (voir ci-dessus). Cette table ronde a pour toile de fond l’initiative fédérale « Pour des multinationales responsables » toujours en attente de votation.

    Invitation à tous !

    PS : cliquer sur l’image pour en agrandir la taille

  • Une délégation indigène brésilienne à Genève ce 8 novembre

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Campement Terre Libre, Acampamento Terra Livre, 2019, APIB, Accord de Paris, Convention 169, Charte de Cochabamba, Mère Nature, Jair Bolsonaro, Société pour les peuples menacés, gfbv, SPM, AELE, Mercosur, Paulo Paulino Guajajara Ils ne restent pas passifs ! La faîtière des organisations indigènes du Brésil, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a décidé d’envoyer une délégation en Europe pour y alerter l’opinion publique sur les menaces qui pèsent sur les droits économiques, sociaux, culturels et territoriaux des indigènes. En fait, une menace sur leur existence même.

    Les objectifs du voyage : d’abord dénoncer les graves violations commises contre les peuples indigènes et l’environnement par le nouveau gouvernement de Jair Bolsonaro. Au-delà de la dénonciation, l’APIB veut la mise en œuvre de mesures susceptibles d’exercer une pression sur le gouvernement et les entreprises de l’agroalimentaire du Brésil pour le respect de l’environnement et des droits des droits des peuples autochtones (Accord de Paris, Convention 169 de l’OIT, Déclaration universelle des droits de Mère Nature telle que définie dans la Charte de Cochabamba de 2010). Mais l’Articulation demande aussi la solidarité des citoyens des pays qu’elle visite. Elle souhaite former un réseau international de personnes et d’organisations qui soutiennent ses objectifs. Au Brésil même, en janvier et avril 2019 déjà, l’APIB avait organisé des manifestations pour faire connaître ses revendications. Sa tournée européenne est dans le prolongement de cette mobilisation. Elle en a repris le titre même : « Sang autochtone, pas une goutte de plus » qui malheureusement est démenti par la triste actualité : ce 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara, un « gardien de la forêt » de la Terre Indigène Araribóia (État du Maranhão) a été tué par un groupe de madeireiros (forestiers illégaux). Voir sur ce blog la note du 4 novembre.

    La « Société pour les peuples menacés -SPM » - dont le siège est à Berne - organise le passage de la délégation en Suisse. À cette occasion, le 7 novembre dans la capitale fédérale, elle lance une campagne en faveur des droits des peuples autochtones brésiliens. Cette délégation est en Suisse au moment où notre pays, dans le cadre de l’AELE, négocie un traité de libre-échange avec les pays du Mercosur dont fait partie le Brésil.

    À Genève, une réunion ouverte au public est prévue le vendredi 8 novembre, de 18h30 à 21h à Maison de la Paix, Auditorium A2, au 2 Chemin Eugène-Rigot, 1202 Genève / Transports publics : Tram No 15, Arrêt « Maison de la Paix »

    Illustration : Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Assassinat d’un gardien de la forêt

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Paulo Paulino Guajajara, Laércio Guajajara, Terra Indígena Araribóia, Maranhão, madeireiros, Sergio Moro, Awá Guajá, Bolsonaro, Victoria Tauli-Corpuz, APIB, Survival International Le 1er novembre, Paulo Paulino Guajajara (26 ans), l’un des « Gardiens de la Forêt » de la Terre Indigène Araribóia TI (État du Maranhão) été tué lors d’une embuscade organisée - selon les témoignages recueillis par l’agence « Amazônia real » - par cinq « madeireiros » (forestiers illégaux) sur le territoire même de la TI. Paulo était accompagné par Laércio Guajajara qui a seulement été blessé et a pu s’enfuir. Ils étaient partis en forêt pour chasser le pecari. Le Ministre de la Justice, Sergio Moro, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Cette TI, démarquée en 1990, est également occupée par des Awá Guajá en situation d’isolement volontaire.

    Dans une note du 2 novembre, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB exprime sa tristesse et sa révolte : «…Le Gouvernement de Bolsonaro a du sang indigène sur les mains. L’augmentation de la violence dans les territoires indigènes est la conséquence directe de son discours de haine et des mesures contre les peuples indigènes du Brésil. Nos terres sont envahies, nos leaders sont assassinés, attaqués et criminalisés… » […] « Il est nécessaire de donner un coup d’arrêt à cette politique génocidaire contre les peuples indigènes du Brésil. C’est pour cela que nous sommes en campagne dans les pays européens* pour alerter le monde sur ce qui arrive au Brésil et demander un appui pour que plus une goutte de sang indigène ne soit versée ». De nombreuses organisations et entités et personnalités, dont Victoria Tauli-Corpuz la Rapporteure de l’ONU pour le droit des peuples indigènes, ont  condamné cet assassinat. Survival International a lancé une pétition à adresser au président Bolsonaro.

    L’histoire de cette Terre Indigène est hélas marquée par de nombreux épisodes violents, des morts, des incendies, des invasions**

                                                                                         ***

    *L’APIB a effectivement organisé une délégation qui visite une douzaine de pays européens, dont la Suisse. Une rencontre ouverte au public est prévue à Genève le vendredi 8 novembre, de 18h30 à 21h à Maison de la Paix, Auditorium A2, au 2 Chemin Eugène-Rigot, 1202 Genève. Transports publics : Tram No 15, Arrêt « Maison de la Paix »

    **Voir sur cc blog les notes du 11 novembre 2015, 10 décembre 2016

    Photo : Paulo Paulino Guajajara./ © Sarah Shenker / Survival International / Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 130, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2