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  • Indiens isolés : un contact met fin à une résistance séculaire

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, peuples isolés, Funai, Ashaninka, Simpatia, Terras indigenas, Acre, Frente de proteção etnoambiental, Kaxinawa, Ninawa Huni Kuin, rio Xinane, rio Envira, madeireiros, narcotraficantes, Jorge Viana, CIDH, OEA, Bolivie, Bolivia, Colombie, Colombia, Equateur, Ecuador, Paraguay, Venezuela, Guiana, Suriname, Carta Capital, Felipe Milaneze, Glenn Shepard, Programa de Aceleração do Crescimento, Carlos Lisboa TravassoLe 1er juillet, la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI a publié un communiqué annonçant le premier contact établi par un groupe d'indiens, jusque-là isolés, avec une communauté Ashaninka du village Simpatia, dans la Terre Indigène Kampa et Isolés du Alto Rio Envira, dans l'État d'Acre, non loin de la frontière avec le Pérou. La rencontre a été pacifique comme en témoigne la vidéo ci-dessous. Au moment du contact, des membres du Front de Protection Ethno-environnemental Envira – FPE de la FUNAI étaient présents. Ils ont eu l'opportunité de filmer l'événement. Le 17 juillet, la Fondation a indiqué que ces indiens ont dû recevoir un traitement antigrippal. Ils n'ont pas échappé au choc microbien ! Elle a mis en œuvre le plan d'intervention pour les situations de contact. Il s'agit surtout de réduire les risques graves encourus par ces indiens dans le domaine de la santé. Leur organisme est dépourvu d'anticorps susceptibles de répondre aux attaques d'agents pathogènes.

    Le FPE du Envira était présent dans ce village pour enquêter suite aux doléances d'indiens Kaxinawa qui se plaignent d'avoir eu à subir des saccages et des vols commis par des indiens isolés. Ninawa Huni Kuin, le président de la Fédération du peuple Huni Kuin demande que la FUNAI réactive la base du FPE du rio Xinane fermée en 2011 après une invasion de narcotrafiquants péruviens*. Pour lui, comme pour beaucoup d'indigénistes, les peuples isolés de la région sont sous la pression de "madeireiros" (exploitants forestiers) ou de narcotrafiquants qui envahissent leurs territoires.

    Le Coordinateur général  du service des indiens isolés et de contact récent de la FUNAI, Carlos Lisboa Travasso, dans une interview à "Amazônia Real", décrit le détail des contacts qui ont eu lieu avec ces visiteurs. Il exprime également sa préoccupation quant à l'avenir des groupes isolés.

    Pour l'heure, le gouvernement de l'État d'Acre a apporté son appui au FPE. Le sénateur Jorge Viana a demandé au ministre de la justice de garantir à la FUNAI les ressources nécessaires à la protection des indiens isolés. Il s'agit d'un investissement de 5 millions de Reais** sur quatre ans.

    Le Brésil n'est pas le seul pays à avoir des peuples isolés sur son territoire. La Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH, de l'Organisation des États Américains – OEA, est préoccupée par la situation de ces peuples dont plusieurs courent le risque de disparaître complètement. Elle vient de publier un rapport relatif aux "Peuples indigènes en isolement volontaire et en contact initial dans les Amériques". Une problématique qui, outre le Brésil, concerne la Bolivie, la Colombie, l'Equateur, le Paraguay et le Venezuela. Il y a des indices de présence de tels peuples en Guiana et au Suriname. Pour la CIDH, les principales menaces qui pèsent sur ces peuples sont : le contact en lui-même, les pressions sur leurs terres et territoires, l'extraction des ressources naturelles, les contagions et autres maladies, les agressions directes, les projets touristiques et le narcotrafic. La Commission fait une série de recommandations aux États concernés, comme la protection des territoires, la consultation préalable, libre et informée sur les projets concernant ces peuples.

    Dans un article publié dans "Carta Capital", les bons connaisseurs des questions indigènes que sont le journaliste Felipe Milaneze et l'anthropologue Glenn Shepard, rappellent l'histoire des peuples indigènes du Brésil qui ont eu à souffrir du contact avec les non indiens : la période d'exploitation du caoutchouc, la dictature militaire et, maintenant, le Programme d'Accélération de la Croissance – PAC du gouvernement brésilien. Ils rappellent la trentaine d'ouvrages du programme qui impactent directement le territoire d'indiens isolés. Selon eux, l'isolement voulu par ces peuples est une stratégie de survie. Le contact établi par ces indiens isolés (qu'ils appellent Xatanawa) "met fin à une résistance séculaire". Les indigènes venus au contact des Ashaninka sont des survivants…

    * Voir sur ce blog, la note (avec carte) publiée le 26 août 2011. Et "AYA Info" No 29 .

    ** Soit environ 2,2 millions de US$ ou 2 millions de CHF.

    Photo : FUNAI, trois des indiens venus au contact du village Ashaninka

    La vidéo ci-dessous a été vue plus de 2,2 millions de fois

     

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" (No 95), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2 

     

  • Brésil - Croatie, les caméras n'ont-elles pas vu la revendication d'un jeune indien ?

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, São Paulo, Croatie, Croácia, demarcação, démarcation, Coupe du monde 2014, Copa do Mundo, FIFA, football, futebol, Guarani, Krukutu, Carta Capital, Parelheiros, Fábio JekupéC'était le 12 juin dernier, sur la pelouse du stade de l'Arena de São Paulo, avant le coup d'envoi du match Brésil - Croatie, la rencontre inaugurale de la Coupe 2014. Devant 62'000 spectateurs, trois jeunes, une noire, un blanc et un indien, ont chacun lâché une colombe blanche en signe d'appel à la paix et à la tolérance. Les cameras* ont suivi l'envol des volatiles…

    Elles n'ont pas montré le jeune indien qui, après avoir délivré son message de paix, a déplié une banderole rouge portant l'inscription "démarcation". Il appelait à une application concrète de cette paix. "Carta Capital", le média qui relate l'événement et en publie une photo, indique que le jeune indien vit à Krukutu, un village de la région de Parelheiros, à l'extrême sud de l'agglomération de São Paulo.

    Plusieurs communautés Guarani de cette région ont récemment organisé des manifestations pour demander, soit la démarcation de leur terre, soit une extension de la surface de celles qu'ils occupent.

    Le geste d'un mineur de 13 ans, appartenant à une minorité (les indiens du Brésil représentent moins de 0,5% de la population du pays), à un moment fort (la Coupe du Monde), demandant l'application des droits territoriaux des peuples premiers, était  suffisamment symbolique pour mériter une bonne couverture médiatique. Mais les cameras ont détourné leur regard… Seuls le public et les autorités présentes dans le stade – la présidente de la république Dilma Rousseff était en compagnie de Sepp Blatter, le président de la FIFA - ont pu recevoir le message.

    Le leader Guarani, Fábio Jekupé n'a pas été surpris par le fait que l'acte de protestation ne soit pas relayé par la télévision : "Ils ne veulent pas montrer ça. Ils veulent seulement montrer la paix entre les peuples pour dire que tout va bien. Mais notre situation n'est pas celle-là."

     ***

    Photo © Luiz Pires / Comissão Guarani Yvyrupa – Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    * Le lâcher de colombes  et le match Brésil – Croatie peuvent être vus sur le site de la Radio Télévision Romande – RTS.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera reprise dans le prochain AYA Info (No 94), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2