31/08/2018

« La Montagne d’or » : Hulot s’en va, la Jeunesse autochtone de Guyane réagit !

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« Cela annonce peut-être une réponse qui nous serait défavorable. Je n’en sais rien, je ne suis pas dans la tête du Président de la République...  C’était quelqu’un [Nicolas Hulot] qui avait affiché son opposition, certes très timide. Et peut-être qu’il aurait dû y aller de manière beaucoup plus concrètement contre la Montagne d’or. Mais ensuite, cela ne dépend pas de son ministère... On avait tendance à tout reposer sur Nicolas Hulot alors que la Montagne d’or dépend du Ministre de l’Économie, Bruno Lemaire. Au final ce n’est pas lui qui aurait décidé, mais le Ministre de l’Économie et le Président de la République ».

Dans le texte publié sur sa page Facebook le 29 août, la JAG relève [qu’] « Il y a néanmoins un constat partagé avec Nicolas Hulot. En effet, l'Humanité, à travers la lutte contre la crise climatique, doit relever le plus grand défi de son histoire, et doit la remporter sinon nous connaissons tous la suite... Nous imaginons que le Sommet des Peuples Autochtones qu'il a annoncé à plusieurs reprises n'aura pas lieu non plus. Donc au final, avec ou sans Hulot, nous, nous continuerons à lutter. »

                                                                          ***

*"La Montagne d'Or" est un projet d’exploitation d’un site aurifère situé à environ 180 km à l'Ouest de Cayenne, sur la commune de Saint Laurent du Maroni. "La Montagne d'Or" est aussi le nom d'une compagnie née du regroupement de deux sociétés qui veulent exploiter le gisement. L'une, Columbus Gold est canadienne, et l'autre, Nordgold est russe. L'exploitation – prévue sur douze ans - se ferait en creusant une fosse de 2,5 km de long, sur 500 mètres de large et jusqu'à 400 mètres de profondeur. Il devrait y être retiré environ 80 tonnes d'or. Un débat public a été organisé en Guyane ces mois derniers dont on attend les conclusions. Voir sur e blog, les notes du 10 mars et du 26 juin 2018.

Illustration : cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

26/06/2018

Guyane : Le projet minier « Montagne d'Or » toujours controversé

Le débat public autour du projet minier de la « Montagne d’Or » est ouvert jusqu’au 8 juillet. Diverses réunions ont eu lieu en différents lieux de Guyane et sur différents sujets. Pour rappel, un consortium russo-canadien a l’intention d’extraire sur une douzaine d’années, 80 tonnes d’or tirées d’une fosse de 2,5 km de long sur 500 mètres de large et jusqu’à une profondeur de 400 mètres*.

Deux ministres ont eu l’occasion de s’exprimer récemment à ce sujet. Interviewée le 16 juin sur Radio Mayouri, Annick Girardin, la Ministre des Outremer : « Ce projet, tel qu’il est construit, tel qu’il est porté n’aboutira pas… Sur ce projet-là toutes les garanties ne sont pas réunies…». Le 13 juin, questionné à l’Assemblée nationale par le député guyanais Gabriel Serville qui demandait un moratoire sur l’utilisation du cyanure (pour extraire l’or sur le site minier), le ministre Nicolas Hulot répond : «Vous me voyez soulagé qu’un député de la Guyane ne cède pas spontanément au miroir aux alouettes. Et vous avez raison, on ne se posera pas suffisamment de questions avant de se prononcer sur ce projet et les mises en garde que vous évoquez doivent être prolongées et instruites. Les impacts environnementaux, les bénéfices économiques, à mon avis nous avons intérêt à remettre tout cela à plat… »

En septembre 2017, WWF France avait déjà publié une étude économique qui montrait le coût de ce projet, et, en conclusion de laquelle il a décidé de s’y opposer. En mai 2018, le Cercle Cyclope (Paris) a publié un rapport montrant, au contraire, l’intérêt économique d’exploiter cette mine : « À notre degré de connaissance du projet, rien ne semble témoigner d’un risque excessif par rapport aux bénéfices attendus ». Ce rapport, qui contredit celui du WWF, a été présenté le 15 juin aux membres de la Collectivité Territoriale de Guyane – CTG et à ceux de la Chambre de Commerce et d’Industrie – CCI de Région Guyane. Deux entités favorables au projet.

Autre prise de position, celle de Monseigneur Lafont, évêque de Cayenne. Le 28 mai, le prélat a publié une « Lettre pastorale » sur « La protection de création en Guyane ». Il évoque les menaces qui pèsent sur l’Amazonie en général et sur les peuples autochtones en particulier : « L’Église confesse sa part de responsabilité dans les blessures faites aux peuples autochtones depuis le début de la colonisation et jusqu’à aujourd’hui... ». Une partie du texte est consacré à la Montagne d’or :  «… On nous dit que cela va créer des emplois. Sans doute quelques-uns, mais à quel prix ! Le prix d’une opposition de plus en plus farouche entre les rares bénéficiaires d’une telle entreprise, et la majorité des guyanais, dans l’attente d’un légitime développement équitable !  Le prix de responsables, obnubilés par un seul projet, au détriment d’un rôle de nécessaire garant de l’intérêt général ! Et puis, le développement durable n’est pas là ! …  Chaque fois que j’ai écouté les jeunes parler de ce projet, j’ai trouvé une profonde réticence, pour ne pas dire un refus tout net. J’ai entendu les Amérindiens de notre territoire. Écoutons la sagesse des peuples de la forêt… »

Le 7 juin, Guyane 1ère a diffusé, à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, un documentaire « Amers Indiens » rappelant ce que les colonisateurs ont fait subir aux Amérindiens de Guyane : l’esclavage avant l’esclavage. Le lendemain, des animateurs de la chaîne ont invité un jeune Amérindien, Christophe Pierre - Yanuwana Tapoka selon son identité amérindienne - membre de la Jeunesse Autochtone de Guyane - JAG et Eline Grand-Emile, juriste, métisse (descendante amérindienne et bushinenge**) de réagir au documentaire. Une occasion de parler du passé, mais aussi de l’actualité. Le leader de la JAG évoque le projet minier : « Sur la question de la Montagne d’or, on nous parle d’experts à tout va, des experts en biologie, des experts miniers, mais nous avons aussi nos experts : nos anciens ont des connaissances, ils savent comment fonctionne ce territoire et il faut les écouter… On n’accepte pas, mais on peut comprendre la réponse à la détresse sociale actuelle. 750 emplois, on est tous prêts à sauter dessus... La lecture de cette détresse, de cette fragilité des élus guyanais est un aveu d’échec politique. Ils avaient 30 ans pour se préparer à la situation actuelle… L’étude d’impact sur la Montagne d’Or n’est pas publiée… C’est normal qu’il y ait des réticences, on ne sait pas ce que cela va engendrer… Comment, en ignorance de cause se prononcer « pour » et dérouler le tapis rouge… Voilà ce que fait la CTG qui ne respecte pas la décision des Amérindiens » (qui sont opposé au projet).

Le Gouvernement français écoutera-t-il les Amérindiens ? Autoriser l’exploitation d’une telle mine est-elle compatible avec la volonté de mettre en œuvre les décisions de la COP 21 ?

À suivre !

*Voir sur ce blog, la note du 10 mars 2018

**d’esclaves marrons.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note a été publiée dans « AYA Info » No 122, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

10/03/2018

Guyane : la Montagne d'Or, Or de question ?

De ce mois de mars à juillet prochain, la Guyane va débattre de l'opportunité d'autoriser, ou non, l'exploitation industrielle d'un site aurifère appelé "La Montagne d'Or". Celui-ci est situé à environ 180 km à l'Ouest de Cayenne, sur la commune de Saint Laurent du Maroni, entre deux réserves biologiques intégrales. "La Montagne d'Or" est aussi le nom d'une compagnie née du regroupement de deux sociétés qui veulent exploiter le gisement. L'une, Columbus Gold est canadienne, et l'autre, Nordgold est russe. L'exploitation – prévue sur douze ans - se ferait en creusant une fosse de 2,5 km de long, sur 500 mètres de large et jusqu'à 400 mètres de profondeur. Il devrait y être retiré environ 80 tonnes d'or. La société prévoit de créer 900 emplois pendant la construction de la mine, puis 750 emplois directs et 3'000 emplois indirects et induits pendant l'exploitation. Elle annonce vouloir mettre en pratique une approche environnementale et sociale responsables et se conformer à toutes les normes françaises et européennes. À la fermeture de la mine, elle s'engage à restaurer et à revégétaliser le site pour le retour à un état le plus proche possible de la situation naturelle.

En septembre 2017, la Commission Nationale (française) de Débat Public – CNDP (1) a décidé "qu'il revient aux habitants de la Guyane de participer à l'élaboration des décisions concernant le projet d'exploitation du gisement aurifère de la Montagne d'Or." Une Commission particulière a été désignée pour organiser la consultation. En fait, le débat a commencé il y a plusieurs mois.

Le WWF France (2) a réalisé une analyse économique du projet. L'organisation relève la fragilité des hypothèses retenues par la compagnie : "La fragilité de la rentabilité se constate alors que les calculs incluent les subventions massives dont le projet bénéficierait s'il était réalisé. Sans ces subventions massives, le projet serait dépourvu de rentabilité économique." Le WWF avance le chiffre de 560'000 Euros pour chacun des 750 emplois créés. "Les éléments économiques soulevés dans l'étude confortent le WWF France dans son opposition au projet Montagne d'Or." Il appelle à ce qu'un autre modèle de développement soit porté pour la Guyane. C'est ce que propose le collectif "Or de question".

Ce collectif, composé de plus d'une centaine d'organisations, après avoir énuméré les raisons de dire non au projet de mine, liste vingt-cinq domaines dans lesquels il est possible de développer des emplois d'avenir : agriculture, pêche, métiers du bois, énergies renouvelables, santé, économie sociale et solidaire, etc.

Questionné par des journalistes lors de son déplacement en Guyane en octobre 2017 (3), le Président de la République, Emmanuel Macron est d'avis que ce projet peut être favorable pour la Guyane : "Sur ses fondamentaux, le projet peut être bon pour la Guyane… Je souhaite que la Guyane puisse réussir avec ses atouts. Je ne suis pas pour mettre la Guyane sous une cloche. Mais avec des exigences et des contraintes. Elles sont de trois ordres : 1.- Le projet doit se conformer à la Charte "Mine responsable". 2.- Qu'il y ait un juste retour pour la Guyane en favorisant l'emploi local. 3.- Que réponse soit faite à tout ce qui émergera du débat public qui est organisé; le projet devra y répondre…"

Interrogé sur une chaîne TV française le 8 novembre dernier (4), Nicolas Hulot, Ministre de la transition écologique et solidaire, a déclaré qu'il n'était pas favorable à ce projet qu'il trouve purement spéculatif en l'état… "Je ne pense que ce projet soit fait pour créer de l'emploi… Cela va faire très cher à l'emploi créé… Il y a des impacts environnementaux pour un bénéfice d'emploi et économique assez réduit… Le Président a demandé que les Guyanais s'emparent de ce projet… J'ai exprimé mon opinion… Les Guyanais cumulent tellement de difficultés… C'est à eux maintenant de décider !"

Beaucoup d'élus guyanais se sont déclarés favorables à ce projet. Mais l'opposition est claire dans les organisations amérindiennes : la Fédération des Organisations Autochtones de Guyane - FOAG, l'Organisation des Nations Autochtones de Guyane – ONAG et le Conseil des Chefs Coutumiers de Guyane. À l'occasion de la COP 23, qui s'est tenue à Bonn, du 6 au 17 novembre dernier, un représentant de la Jeunesse Autochtone de Guyane, Yanuwana Tapoka (Christophe Pierre, selon son identité française) est allé expliquer devant le Tribunal International des Droits de la Nature les raisons de refuser le projet (5). Il était accompagné de deux personnes de France-Libertés et de Maïouri Nature Guyane. Dans son jugement, le Tribunal recommande la suspension immédiate du projet et tient l'État français pour responsable s'il venait à l'autoriser et, par conséquent, de tout dommage pouvant survenir si le projet voyait le jour…

À suivre !

                                                                        ***

(1) Site de la CNDP : https://montagnedor.debatpublic.fr

(2) Rapport du WWF-France : https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/montagne-dor-mirage-economique

(3) Interview du 31 octobre 2017 sur Guyane 1ère et ATV : https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/emmanuel-macron-projet-montagne-peut-etre-bon-guyane-527465.html

(4) Interview sur BFM TV du 8 novembre 2017 : http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/nicolas-hulot-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-1000471.html

(5) Tribunal international des droits de la nature : https://www.france-libertes.org/fr/victoire-projet-de-mega-montagne-dor-condamne-tribunal-droits-de-nature/

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 121, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

13/06/2015

Amérindiens de Guyane : la France montrée du doigt par le CERD

Lors de sa dernière session qui a eu lieu à Genève ce mois de mai, le Comité pour l'Élimination de la Discrimination Raciale – CERD - organe rattaché au Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies - a publié ses observations sur le rapport périodique présenté par la France. Cela en application de l'article 9 de la Convention Internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Le Comité a examiné les 20e et 21e rapports fournis par ce pays. Il a pris note avec satisfaction des progrès législatifs et institutionnels par la France depuis l'examen de son dernier rapport. Mais il fait part de ses préoccupations qui touchent différents domaines : les crimes de haine raciale, la discrimination à l'égard des Roms et Gens du voyage. Il demande de remettre de nouveaux rapports périodiques d'ici au 27 août 2017.

À propos des peuples autochtones de Guyane, le Comité se dit préoccupé par toute une série de difficultés qui font le quotidien des amérindiens de ce Département français. À leur égard, il recommande à la France de :

a) Envisager la reconnaissance des droits communautaires aux peuples autochtones, en particulier le droit aux terres ancestrales détenues et utilisées par ces communautés depuis des temps immémoriaux ainsi qu'aux ressources traditionnellement utilisées par elles;

b) Intensifier ses efforts afin de garantir une égalité de traitement avec le reste de la population en ce qui concerne l'accès à l'éducation, notamment dans les langues de ces populations;

c) Faciliter et assurer la liberté de circulation de ces populations et lever les obstacles à leur accès au logement, aux services publics, en particulier à l'état civil et à la justice ainsi qu'aux soins de santé;

d) Trouver des solutions durables, y compris avec les pays voisins, propres à remédier aux conséquences de l'orpaillage sur la santé et l'environnement de ces populations;

e) Consulter et coopérer avec les peuples autochtones avant l'approbation de tout projet ayant des incidences sur l'utilisation de leurs terres ou territoire et autres ressources.

Les organisations de la société civile ont la possibilité de faire connaître leur point de vue sur les questions de discrimination. L'Organisation des Nations Amérindiennes de Guyane – ONAG n'a pas manqué d'adresser un rapport au CERD* exposant les difficultés dans lesquelles se trouvent les amérindiens de Guyane, notamment en ce qui concerne les impacts de l'orpaillage illégal sur la santé de cette partie de la population guyanaise.

En avril 2014, l'ONAG et l'Association Solidarité Guyane ont déposé auprès du Tribunal administratif de Cayenne un "Recours de plein contentieux" contre l'État français. Ils reprochent aux autorités de n'avoir pas pris les mesures nécessaires de protection de la population contre les dangers causés par l'orpaillage illégal. La procédure suit son cours. Le Tribunal a fixé une audience ce 18 juin prochain. Cette procédure a été annoncée dans l'épilogue de l'ouvrage "Les abandonnés de la République" paru en septembre 2014 aux éditions Albin Michel**

La Préfecture de Guyane diffuse de l'information au sujet de l'orpaillage illégal, comme par exemple le bilan septembre – décembre 2014, dans lequel elle annonce de réelles avancées dans la coopération franco-brésilienne. De son côté l'Agence Régionale de Santé – ARS de Guyane a publié***, en janvier 2015 un communiqué sur le déroulement d'un "Programme de santé environnement" comprenant une action de prévention de l'imprégnation mercurielle des groupes à risque, notamment chez les femmes enceintes. Les chiffres publiés par l'ARS ont été complétés par l'Association Solidarité Guyane - ASG qui dispose de chiffres plus alarmants. L'association a mis en ligne une interview de Mme Mélanie Aliman'Hé, chef du village de Cayodé qui parle de l'orpaillage illégal et de ses conséquences pour la santé des habitants.

Le 11 mai dernier, "Guyane Première" a publié un reportage sur l'exfiltration de l'or de Guyane et les trafics clandestins qui y sont liés, en particulier le blanchiment d'argent vers les paradis fiscaux dont la Suisse. Y est évoqué le projet du WWF sur la traçabilité de l'or.

La question de l'exploitation industrielle de l'or en Guyane est à nouveau d'actualité. Le 5 juin, le quotidien économique français "Les Echos" a publié un article rappelant le vif intérêt porté par Columbus Gold , une compagnie canadienne pour exploiter le site aurifère guyanais "Paul Isnard", particulièrement le lieu-dit "La Montagne d'Or". Le 22 avril, "Guyane Première" a fait état du déplacement, en forêt, de quarante invités - des élus et des représentants de l'État - de Columbus Gold sur le site. La compagnie soigne sa communication.

Dans ce contexte, quelle sera la réponse de la France au CERD ? Quelle sera la réponse à ceux qui ont déposé le recours devant le Tribunal administratif de Cayenne ?

 ***

* Voir sous "France" > Info des organisations de la société civile > ONAG

** Voir sur ce blog, les notes du 17 décembre 2014, 30 décembre et 8 février 2013.

***http://www.ars.guyane.sante.fr/fileadmin/GUYANE/fichiers/Votre_sante/prevenir_les_risques/mercure/CP_prevention_impregnation_mercurielle.pdf

PS 1 : Le film de Daniel Schweizer  "Dirty Gold War" (La guerre de l'or sale) est encore à l'affiche dans plusieurs salles romandes. Voir sur ce blog, la note du 28 mai dernier.

PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note est une version complétée de la "brève" publiée dans "AYA Info" No 103, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2