convenção 169

  • Les Yanomami ont élaboré un plan de gestion territorial

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Terra Indígena, PGTA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, yanomae, ye’kwana, PGTA, OIT, Convention 169, Convenção 169, Política Nacional de Gestão Ambiental e Territorial de Terras Indígenas, PNGATI, Fernando Collor, Dilma Rousseff, Luiz Inácio Lula da Silva, Amazonas, Roraima, Rio Mucajaí, Rio Uraricoera, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, orpailleurs, ameaças, pescadores, caçadores, garimpeiros, madeireiros, piaçabeirosIls y ont travaillé pendant quatre ans ! Les Yanomami et Ye’kwana des différentes régions de la Terre Indigène Yanomami – TI-Y, regroupés au sein de sept associations, ont rédigé collectivement un Plan de Gestion Territorial et Environnemental* – PGTA. Ils ont pu compter sur la collaboration de plusieurs administrations publiques et d’organisations indigénistes, dont le Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA**. Ils ont reçu l’appui financier de plusieurs entités. Ce document a été remis dès la mi-juillet à diverses administrations gouvernementales, judiciaires et autres.

    Pour en faciliter la diffusion, il a été rédigé dans trois des neuf langues autochtones en usage dans la TI-Y : yanomami, yanomae, ye’kwana et, chaque fois, en portugais. Il se compose de plusieurs parties : une présentation de la TI-Y, ce qu’est le PGTA et la manière dont il a été élaboré. Suivent sept thèmes : la manière de prendre les décisions, de renforcer la protection de l’aire yanomami, de générer des revenus ; le maintien et la protection des connaissances traditionnelles, la protection de la forêt ; l’amélioration de la santé et de l’éducation scolaire indigène. Des propositions sont formulées pour chacun de ces thèmes. Un glossaire permet de mieux comprendre le document qui se termine par un protocole de consultation. Il s’agit de la procédure selon laquelle les Yanomami veulent que les autorités les écoutent avant que des projets les concernant soient décidés.

    Le TI Yanomami a été homologuée par un décret du 25 mai 1992 signé par Fernando Collor. Elle s’étend sur 96'649,548 km2, avec un périmètre de 3'370 km. Environ 40% de son territoire se situent sur trois municipalités de l’État d’Amazonas et à 60% sur cinq municipalités de l’État de Roraima. Elle est à la frontière du Venezuela au nord-ouest du Brésil. Elle compte environ 26'000 habitants répartis dans plus de 330 communautés villageoises. La TI-Y est l’une des plus importantes aires forestières continues du pays avec peu de zones déboisées ou dégradées.

    Mais c’est aussi une aire menacée. Elle l’est par des demandes de recherche et d’exploitation minières. Elle l’est par des chasseurs, pêcheurs, marchands de bois et, surtout, par des orpailleurs illégaux. Ces derniers sont particulièrement nombreux (environ 20'000 disent les leaders yanomami) sur les rios Mucajaí et Uraricoera dans le nord de la TI***.

    Un PGTA est un outil permettant aux peuples indigènes de mieux maîtriser leur destin. Celui-ci arrive dans un moment difficile pour tous les peuples indigènes du Brésil. Mais il est aussi le signe de la volonté des Yanomami de résister aux menaces qui pèsent sur eux.

                                                                              ***

    *Un tel plan est élaboré sur la base d’un décret du 5 juin 2012 signé par Dilma Rousseff. Il s’agit d’un texte d’application de la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail – OIT relative aux peuples indigènes. Convention ratifiée par le Brésil en 2002 et promulguée par un décret du 19 avril 2004 signé par Luiz Inácio Lula da Silva.

    **Le partenaire de AYA et du Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI /Genève

    ***Voir la carte ci-dessous (p. 23 ou 101 du  document) :

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Yanomami, Terra Indígena, PGTA, Service et Coopération avec le peuple Yanomami, Serviço e Cooperação com o povo Yanomami, SECOYA, yanomae, ye’kwana, PGTA, OIT, Convention 169, Convenção 169, Política Nacional de Gestão Ambiental e Territorial de Terras Indígenas, PNGATI, Fernando Collor, Dilma Rousseff, Luiz Inácio Lula da Silva, Amazonas, Roraima, Rio Mucajaí, Rio Uraricoera, Plano de Gestão Territorial e Ambiental, orpailleurs, ameaças, pescadores, caçadores, garimpeiros, madeireiros, piaçabeiros

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Illustrations : Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La loi sur la biodiversité est promulguée avec cinq veto de la présidente brésilienne

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    Adopté le 10 février* en première lecture par la Chambre des députés, le Projet de loi (No 7.735/2014) portant sur l'application de la Convention sur la Diversité biologique, a été envoyé au Sénat qui l'a modifié et l'a adopté le 22 avril. Des 23 amendements introduits par le Sénat qui visaient, en général à réduire les atteintes aux droits des populations traditionnelles, 11 ont été supprimées en deuxième lecture par la Chambre des députés qui a voté le texte, en deuxième lecture, le 27 avril. La présidente de la république, Dilma Rousseff l'a signé le 20 mai en opposant son veto à cinq articles. Le projet est maintenant une loi ordinaire (No 13.123 du 20 mai 2015). Elle a été publiée au Journal officiel de l'Union le 21 mai.

    Début mai, plus de 150 mouvements sociaux et organisations de la société civile avaient adressé une lettre à la présidente de la république pour lui demander d'user de son droit de veto sur huit articles et l'Instituto Socioambiental – ISA sur neuf articles. Les veto demandés par ces entités concernent notamment le consentement préalable tel qu'il est prévu par la Convention 169 de l'OIT, la définition des connaissances traditionnelles et la préservation de leur accès aux communautés traditionnelles et l'amnistie de ceux qui ont commis des actes de bio-piraterie dans le passé. Selon ISA, trois veto de Dilma répondent aux revendications des mouvements sociaux: un article qui exemptait de l'obligation de la répartition des bénéfices de l'exploitation économique du patrimoine génétique réalisée avant le 29 juin 2000. A été supprimée la possibilité, pour les industries, d'avoir l'exclusivité du choix du destinataire final de la répartition des bénéfices non monétaires des produits issus du patrimoine génétique. Un autre veto garantit que l'Institut Brésilien du Milieu Ambiant contrôle l'accès et l'exploitation du patrimoine génétique évitant le contrôle exclusif du Ministère de l'Agriculture. "Le résultat final porte encore un grand déséquilibre en faveur des intérêts de l'agrobusiness, des grandes industries de cosmétiques et de médicaments principalement. Les vetos, cependant sont importants pour corriger des distorsions significatives" estime Maurício Guetta, avocat de ISA.

    Ce 25 juin, le Ministère public fédéral a publié une recommandation demandant au gouvernement que les populations traditionnelles soient préalablement consultées sur la réglementation d'application de cette loi.

    ***

    * Voir sur ce blog, la note du 3 avril 2015

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 103, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Le projet de loi sur les ressources génétiques est contesté par les organisations indigènes

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    Le 10 février à Brasilia, la Chambre des députés a adopté un projet de loi (No 7.735/2014) du gouvernement relatif à l'application de la Convention sur la diversité biologique promulguée par Décret (No 2.519 du 16 mars 1998). Cette convention traite de l'accès au patrimoine génétique; de la protection et l'accès aux connaissances traditionnelles associées; de la répartition des bénéfices; de la conservation et l'usage soutenable de la biodiversité; et d'autres mesures. Le Sénat est maintenant saisi du même sujet au travers du Projet de loi PLC No 2/2015. Plusieurs Commissions ont travaillé sur ce texte important. Le gouvernement a demandé au parlement d'examiner son projet en urgence. Celui-ci devrait avoir terminé son travail le 10 avril.

    Le 27 février, près de 80 organisations indigènes, indigénistes, communautés traditionnelles et d'agriculture familiale – de fait représentant les détenteurs de ce patrimoine et de ce savoir - ont publié une lettre ouverte pour exprimer leur mécontentement à l'égard du contenu de ce projet. Ce texte a été remis au Ministère de l'environnement à l'occasion d'une rencontre qui a eu lieu fin février.

    Elles reprochent au pouvoir exécutif d'être lié à une coalition d'intérêts économiques qui leur sont contraires; de les avoir délibérément exclues du processus d'élaboration de la loi et de ne pas les avoir consultées préalablement, cela en violation de Traités internationaux approuvés par le Brésil (Convention 169 de l'OIT entre autres). Les signataires soulignent le manque de contrôle sur les entreprises nationales et internationales qui veulent accéder à ces ressources et les exploiter. La répartition des bénéfices est également contestée. Globalement, elles reprochent au projet de loi de vendre et détruire la biodiversité nationale et de porter gravement atteinte à leur avenir.

    Le 5 mars, le Conseil National de Sécurité Alimentaire – CONSEA a demandé à la Présidente de la république de retirer le projet de loi et de reprendre un processus de négociation permettant à toutes les parties de faire valoir leurs droits.

    Quatre commissions permanentes du Sénat, celles de l'Agriculture et de la Réforme agraire – CNA, de la Science et de la technologie - CCT, des Affaires économiques – CAE et du Milieu ambiant - CMA ont déjà examiné le projet de loi en adoptant ou non des amendements.

    À l'occasion d'une audience publique, Jorge Viana, rapporteur du projet devant la CMA a affirmé son intention d'entendre les peuples indigènes et les communautés traditionnelles. Effectivement, plusieurs amendements leur étant favorables ont été adoptés lors de l'examen du projet par la Commission. Qu'en restera-t-il après la délibération en plénière ?

     ***

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 101, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Les barrages sur le Rio Tapajós, les Munduruku veulent être consultés

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    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Munduruku, Miguel Rossetto, rio Tapajós, complexe hydroélectrique, complexo hidrelétrico, convenção 169, OIT, Convention 169, terra indígena, Sawre Muybu, FUNAI, Belo Monte, Xingu, Pedro Martins, Terra de direitos, ONU, a públicaLe 30 janvier dernier, des représentants du peuple Munduruku ont remis un "protocole" à Miguel Rossetto, le  nouveau Secrétaire Général de la présidence de la république. Ce document expose comment ils entendent être consultés à propos de la construction du complexe hydroélectrique prévu sur le rio Tapajós. Un ouvrage susceptible d'inonder leur territoire et qui les obligerait à le quitter. Ils ont préparé ce document au cours de trois réunions qui ont eu lieu en septembre et décembre 2014 dans leurs communautés. Ils ont été conseillés par le collectif "Consulta préavia, livre e informada" et par le Ministère public fédéral. Il s'agit pour eux d'appliquer les dispositions de l'article 6 de la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail – OIT.

    Dans le premier paragraphe, en guise de condition préalable à la consultation, ils exigent du gouvernement la démarcation de Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Munduruku, Miguel Rossetto, rio Tapajós, complexe hydroélectrique, complexo hidrelétrico, convenção 169, OIT, Convention 169, terra indígena, Sawre Muybu, FUNAI, Belo Monte, Xingu, Pedro Martins, Terra de direitos, ONU, a públicala Terre Indigène Sawré Muybu (reconnue comme telle par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI) dont ils affirment que le processus n'avance pas à cause de ce projet de barrage. Ils expriment leur refus d'être déplacés. Ils demandent la protection des groupes isolés présents sur leur territoire. Ils veulent que les autres communautés riveraines soient aussi consultées.

    Une deuxième partie du document traite d'abord de l'espace géographique sur lequel doit porter la consultation : tous les villages du Haut, Moyen et Bas Tapajós. Et les groupes de personnes à être consultés : les caciques, les leaders et guerriers, les femmes, les étudiants et enseignants. Les organisations indigènes doivent participer à la consultation, "mais jamais seules"… "Les décisions du peuple Munduruku sont collectives".

    Une troisième partie décrit la manière de réaliser la consultation. Celle-ci doit avoir lieu dans les villages en tenant compte du calendrier des activités économiques et culturelles. Elles doivent se dérouler en langue Munduruku. Les indiens se réservent le choix des traducteurs. Ils souhaitent la présence du Ministère Public Fédéral et de partenaires non indiens choisis par eux. Pour que la consultation soit réellement libre, ils refusent la présence des corps armés de l'Etat : Police militaire, Police fédérale, armée… Pour leur sécurité, ils veulent filmer les réunions. Ils mettent des conditions aux partenaires et agents du gouvernement qui souhaitent prendre des photos ou filmer les rencontres : être autorisés par eux et leur remettre des copies. Ils refusent de voir leurs lieux sacrés filmés ou photographiés. Ils n'acceptent pas la divulgation et l'usage indu de leurs images.

    Dans une quatrième partie, ils définissent les étapes de la consultation : 1.- Arriver à un accord avec le gouvernement sur les étapes de la consultation. 2.- Organiser des réunions d'information où le gouvernement explique ses intentions. 3.- Tenir, autant que nécessaire, des réunions internes au peuple Munduruku pour que tous soient informés de manière complète et définir une position. 4.- Avoir une réunion de négociation avec le gouvernement sur le territoire Munduruku : "Le gouvernement doit entendre et répondre à notre proposition, même si elle est différente de la sienne"… "Nous espérons que le gouvernement respecte notre décision. Nous avons un droit de veto!"

    En décembre 2014, pour marquer leur détermination, les Munduruku ont symboliquement procédé à une auto-démarcation de leur territoire en faisant une trouée dans la forêt à la frontière de leur terre indigène.

    Comme le barrage de Belo Monte sur le rio Xingu, le complexe hydroélectrique sur le rio Tapajós est controversé. En 2012 et 2013 ce projet a été la cause d'incidents (1). En mars 2014, le gouvernement brésilien a été dénoncé à l'ONU (2) pour le non respect de ses obligations envers les peuples indigènes du pays dans le dossier des grands barrages en construction ou en projets.

    Selon Pedro Martins, conseiller juridique de l'ONG "Terra de Direitos" (Terre de Droits), "Un nouveau "cycle" [de développement] qui a comme "abre-alas" (3) le complexe hydroélectrique de Tapajos – est marqué par une série d'ouvrages d'infrastructures dont l'objectif est de viabiliser l'avancée de la culture de soja et l'accélération de l'exploitation de minerai... La "Sortie Nord" (4) devra diminuer de moitié le coût d'écoulement des grains, spécialement le soja…"

    Les Munduruku sont confrontés à d'énormes intérêts…

    ***

    (1) Voir, sur ce blog, les notes des 16 novembre 2012, 31 mai, 10 et 19 août 2013,

    (2) Voir, sur ce blog, la note du 21 mars 2014

    (3) "abre-alas" se traduit en français par panneau, étiquette; mais c'est aussi le nom donné à un char allégorique qui ouvre le défilé d'une entité carnavalesque.

    (4) La "Sortie Nord", c'est le rio Tapajós et ses infrastructures portuaires notamment.

    Cartes : Infographie de l'agence "A Pública". Image supérieure : les différents ouvrages prévus. Image inférieure : simulation des surfaces inondées. Cliquer sur les vignettes pour agrandir les images.

    - PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 100, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2