10/12/2016

En Amazonie brésilienne, la déforestation et les incendies font des ravages

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Desmatamento, déforestation, INPE, ISA, garimpeiros, orpailleurs, madeireiros, exploitants forestiers,, Terras Indígenas, Terres Indigènes, Almir Suruí, Paiter Suruí, Sete de Setembro, Rondônia, Acre, Araribóia, Awá Guajá, Amapá, Pará, Roraima, Mato Grosso, Maranhão, TocantinsLe 28 septembre dernier, l'Institut National d'Enquêtes Spatiales – INPE a publié le résultat de ses observations sur la déforestation en Amazonie légale* pour la période d'août 2014 à juillet 2015. Ce sont 6'207 km2 de forêt qui ont été détruits. Au cours des 12 mois précédents, 5'012 km2 avaient disparus, soit une augmentation de l'ordre de 24 %. L'Institut estime que pour la même période 2015 – 2016, la déforestation atteindra 7'989 km2. On est heureusement loin du record de 2004 où la déforestation avait été de 27'772 km2, mais c'est le chiffre le plus élevé de ces dernières années (4'571 km2 en 2011).

Le Ministère de l'environnement espère un ralentissement du rythme de déforestation. L'Institut socioambiental – ISA s'inquiète de la déforestation dans les Terres Indigènes – TI et autres aires protégées, en particulier dans l'État du Pará, près du complexe hydroélectrique de Belo Monte ou dans celui de Rondônia. Dans cet État, l'augmentation a passé de 684 km2 en 2014 à 1'030 km2 en 2015, soit une progression de 51%. Une situation qui a incité Almir Suruí, leader du Peuple Paiter Surui de la TI Sete de Setembro à lancer un appel à l'aide au niveau international. Des médias ont annoncé, le 9 novembre, que la Police fédérale de Rondônia avait commencé une opération pour protéger des garimpeiros (orpailleurs) et madeireiros (exploitants forestiers) illégaux plusieurs Peuples et TI de la région.

Des incendies ont également dévasté la forêt amazonienne en différents points. Au début du mois d'août déjà, l'INPE a annoncé que, depuis le début 2016, il avait enregistré plus de 53'000 foyers et incendies de forêts sur le territoire national. Une augmentation de 65 % par rapport à la même période de 2015. Il relève que l'État d'Acre présente une des situations les plus graves avec 844 feux, soit trois fois plus qu'en 2015. Dans l'État d'Amazonas, il a été relevé 3'022 incendies, soit une croissance de 284 % par rapport à la même période de 2015. Du point de vue de l'Institut, la sécheresse prolongée, provoquée par El Niño a facilité la propagation des incendies, mais 90% de ceux-ci sont dû à l'action humaine. Il y a aussi des incendies criminels dans des zones de conflit où les forêts sont transformées en pâturages. Un programme de prévention a été développé cette année touchant plus de 7'000 personnes. Près de 700 kilomètres de pare-feu ont été installés.

Plusieurs TI ont été touchées par des incendies comme la TI Araribóia où vivent les Awá-Guajá. Un peuple qui vit en isolement volontaire. Celui-ci a déjà été mis en danger en 2015 par un incendie qui a dévasté près de 50% de la TI**.

Le feu représente un risque permanent pour la faune et la flore brésiliennes, sans oublier les dommages sur la santé humaine et pour la planète en augmentant le réchauffement global.

                                                                  ***

* L'Amazonie légale a une superficie de 5'217'423 km2. Elle comprend les États d'Acre, Amapá, Amazonas, Pará, Rondônia, Roraima et une partie des États du Mato Grosso, du Maranhão et du Tocantins.

** Voir sur ce blog la note du 11 novembre 2015.

Graphique : Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 113, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

24/06/2015

L'encyclique "Laudato Si'", l'Amazonie et les peuples indigènes

L'encyclique "Laudato Si'" (Loué sois – tu) du pape François sur "La sauvegarde de la maison commune" publiée ce 18 juin devrait trouver un écho particulier au Brésil pour deux raisons au moins. Premièrement, c'est un pays où la majorité de la population est catholique. Deuxièmement, il y est question de l'Amazonie, de la déforestation, de l'accès à l'eau potable et des peuples indigènes; des sujets d'actualité bien brésilienne.

Les lignes qui suivent n'ont d'autre prétention que de rappeler quelques passages de la lettre de François susceptibles d'être illustrés par des situations souvent développées dans les notes de ce blog.

L'Amazonie et les forêts tropicales.

À propos de la perte de biodiversité: (§ 37)* "Certains endroits requièrent une protection particulière à cause de leur énorme importance pour l'écosystème mondial, ou parce qu'ils constituent d'énormes réserves d'eau et assurent ainsi d'autres formes de vie. (§ 38) "Mentionnons, par exemple, ces poumons de la planète pleins de diversité que sont l'Amazonie et le bassin du fleuve Congo ou bien les grandes surfaces aquifères et les glaciers. On n'ignore pas l'importance de ces lieux pour toute la planète et pour l'avenir de l'humanité. Les écosystèmes des forêts tropicales ont une biodiversité d'une énorme complexité, presque impossible à répertorier intégralement, mais quand ces forêts sont brûlées ou rasées pour développer des cultures, d'innombrables espèces disparaissent en peu d'années, quand elles ne se transforment pas en déserts arides. Cependant un équilibre délicat s'impose, quand on parle de ces endroits, on ne peut pas non plus ignorer les énormes intérêts économiques internationaux qui, sous prétexte de les sauvegarder, peuvent porter atteinte aux souverainetés nationales. De fait, il existe "des propositions d'internationalisation de l'Amazonie, qui servent uniquement les intérêts économiques des corporations transnationales". Elle est louable la tâche des organismes internationaux et des organisations de la société civile qui sensibilisent les populations et coopèrent de façon critique, en utilisant des mécanismes de pression légitimes, pour que chaque gouvernement accomplisse son propre et intransférable devoir de préserver l'environnement ainsi que les ressources naturelles de son pays, sans se vendre à des intérêts illégitimes locaux ou internationaux."

La pollution.

Elle est bien sûr mentionnée à de nombreuses reprises, par exemple, quand le pape parle de la "Dette écologique" du Nord à l'égard du Sud : (§ 51) "Les exportations de diverses matières premières pour satisfaire les marchés du nord industrialisé ont causé des dommages locaux, comme la pollution par le mercure dans l'exploitation de l'or ou par le dioxyde de soufre dans l'exploitation du cuivre".

Les peuples indigènes.

Au quatrième chapitre de son document, François prône une écologie intégrale (§ 137), aux dimensions environnementale, économique, sociale et culturelle (§ 143), il parle de l'attention à porter aux peuples indigènes : "(§ 145) Beaucoup de formes hautement concentrées d’exploitation et de dégradation de l’environnement peuvent non seulement épuiser les ressources de subsistance locales, mais épuiser aussi les capacités sociales qui ont permis un mode de vie ayant donné, pendant longtemps, une identité culturelle ainsi qu’un sens de l’existence et de la cohabitation. La disparition d’une culture peut être aussi grave ou plus grave que la disparition d’une espèce animale ou végétale. L’imposition d’un style de vie hégémonique lié à un mode de production peut être autant nuisible que l’altération des écosystèmes."

"(§146) Dans ce sens, il est indispensable d’accorder une attention spéciale aux communautés aborigènes** et à leurs traditions culturelles. Elles ne constituent pas une simple minorité parmi d’autres, mais elles doivent devenir les principaux interlocuteurs, surtout lorsqu’on développe les grands projets qui affectent leurs espaces. En effet, la terre n’est pas pour ces communautés un bien économique, mais un don de Dieu et des ancêtres qui y reposent, un espace sacré avec lequel elles ont besoin d’interagir pour soutenir leur identité et leurs valeurs. Quand elles restent sur leurs territoires, ce sont précisément elles qui les préservent le mieux. Cependant, en diverses parties du monde, elles font l’objet de pressions pour abandonner leurs terres afin de laisser libres pour des projets d’extraction ainsi que pour des projets agricoles et de la pêche, qui ne prêtent pas attention à la dégradation de la nature et de la culture."

Au cinquième chapitre, le pape donne "(§163) Quelques lignes d'orientation et d'action". (§ 176) Il parle du dialogue en vue de nouvelles politiques nationales et locales.

Parmi les réponses envisageables, François rappelle qu'au niveau local, il est possible de prendre des initiatives : "(§179)… l'instance locale peut faire la différence alors que l'ordre mondial existant se révèle incapable de prendre ses responsabilités. En effet, on peut à ce niveau susciter une plus grande responsabilité, un fort sentiment communautaire, une capacité spéciale de protection et une créativité plus généreuse, un amour profond pour sa terre ; là aussi, on pense à ce qu’on laisse aux enfants et aux petits-enfants. Ces valeurs ont un enracinement notable dans les populations aborigènes…"

Et de poursuivre sur le rôle des organisations de la société civile

(§ 179) "Étant donné que le droit se montre parfois insuffisant en raison de la corruption, il faut que la décision politique soit incitée par la pression de la population. La société, à travers des organismes non gouvernementaux et des associations intermédiaires, doit obliger les gouvernements à développer des normes, des procédures et des contrôles plus rigoureux. Si les citoyens ne contrôlent pas le pouvoir politique – national, régional et municipal – un contrôle des dommages sur l’environnement n’est pas possible non plus."

Plusieurs organisations brésiliennes ont très vite réagi positivement à la publication de l'encyclique, par exemple Greenpeace Brésil, le Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre – MST et le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI.

À voir, dans l'avenir, la réponse qui sera apportée au pape François !

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* Ces parenthèses renvoient aux paragraphes de l'encyclique.

** "aborigène" est à prendre dans sa première définition: "Qui est originaire du pays où il vit". "Aborigène" – avec une majuscule - est utilisé pour les autochtones d'Australie (Larousse). En Amérique latine, c'est le terme "Indigènes" qui est le plus couramment utilisé et, dans une moindre mesure, on parle "d'Indiens". Au niveau international, il est le plus souvent question "d'autochtones". Certains utilisent également le terme de "Peuples premiers".

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 104, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

14/05/2015

La forêt amazonienne est malade

En mars dernier "Nature", la bien connue revue scientifique britannique a publié les résultats d'une étude* conduite depuis une trentaine d'années par de nombreux chercheurs : la forêt amazonienne absorbe de moins en moins le dioxyde de carbone (CO2) anthropique. Dans les années 90, chaque année, l'Amazonie retirait de l'atmosphère environ 2 milliards de tonnes de CO2. Aujourd'hui, elle n'en absorberait seulement que la moitié. Plusieurs medias ont relayé l'information.

Parmi ceux-ci, le quotidien français Le Monde qui relève que le taux de mortalité des arbres a augmenté de 30% en trente ans. Entre 1990 et 2000, le surplus de gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère a favorisé la croissance de la forêt. C'est ce que souligne sur France tv info Jérôme Chave, spécialiste en évolution et diversité : "L'arbre d'Amazonie a plus de nourriture, il grandit plus vite, c'est le premier effet que l'on observe… Comme tous les gens qui mangent trop, les arbres ont une certaine capacité, puis ils saturent à un certain point et ils ne sont plus capables d'absorber aussi vite le dioxyde de carbone que l'on met dans l'atmosphère".

À l'occasion de la conférence "Bonn Challenge" qui a eu lieu en mars dernier dans la ville allemande, sous les auspices de l'Allemagne, de la Norvège et de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature -  UICN, 15 pays se sont engagés à replanter, sur leur territoire, 60 millions d'ha de forêt d'ici 2020, l'équivalant de ce qui a été détruit ces dix dernières années en Amazonie. Le Brésil est dans la liste des six pays qui se sont engagés à restaurer moins d'un million d'hectares.

Les chiffres relatifs à la déforestation en Amazonie brésilienne montrent qu'entre août 2013 et juillet 2014 celle-ci était de l'ordre de 4'848 Km2, soit une réduction de 18 % par rapport à la même période 2012 – 2013 où elle avait été de 5'891 km2. Cependant l'Institut de l'Homme et du Milieu Ambiant de l'Amazonie – IMAZON n'a pas écarté la possibilité d'une forte augmentation de la déforestation qui doublerait pour la période 2014 – 2015. Dans son bulletin de mars 2015, l'organisation compare l'évolution de la déforestation de la période d'août 2013 à mars 2014 où elle avait été de 560 km2 et la même période (août 2014 à mars 2015) où elle a été de 1'761 km2, soit une augmentation de 214 %. Le 11 mars, les ministères brésiliens de l'Environnement et celui de la justice ont signé un accord avec la Banque Nationale de Développement Economique et Social – BNDES pour financer des opérations de lutte contre la déforestation illégale de la forêt amazonienne.

Le réseau Globo, dans la série "Fantástico", sous le titre "Amazônia Sociedade Anônima" a diffusé, du 22 mars au 19 avril, cinq émissions d'une dizaine de minutes chacune, montrant les enjeux du développement actuel de l'Amazonie, ce qui doit être fait pour en garantir l'avenir.

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* Revue "Nature" No 519 du 19 mars 2015 :

http://www.nature.com/nature/journal/v519/n7543/full/nature14283.html

- PS 1 : Voir sur ce blog les notes du 17 avril et 5 décembre 2014

- PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" No 102, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

05/12/2014

Un cri d'alarme : le futur climatique de l'Amazonie est en danger !

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, futur climático da Amazônia, Antonio Donato Nobre, ARA, INPE, INPA, floresta, chuva, pluie, vapor d'água, cataclismos climáticos, desmatamento, déforestation, rios aéreos, rivières aériennes, rios voadores, rios volants, degradação, reforestation, reflorestanento, Lima 2014, Paris 2015, COP 20, UNFCCCCes quarante dernières années ce sont 763'000 Km2 de forêt amazonienne qui ont été détruits, soit plus de dix-huit fois la superficie de la Suisse, ou deux fois celle de l'Allemagne. Seulement au Brésil, on estime que 42 milliards d'arbres ont été coupés, soit plus d'un milliard par année. Mis les uns à la suite des autres les troncs de ces arbres – d'une longueur moyenne de 15 mètres - couvriraient une distance de 635 millions de km, soit environ 1'700 fois la distance Terre – Lune (384'400 km). À cela, il faut ajouter les zones où la forêt a été dégradée et ne remplit plus son rôle d'écosystème.

Ces chiffres chocs, et d'autres encore, ont été rappelés dans un rapport d'évaluation scientifique d'une quarantaine de pages publié le 30 octobre à São Paulo. Il est l'œuvre du spécialiste du climat et de l'écosystème amazonien, Antonio Donato Nobre, chercheur à l'Institut National de Recherche Spatiale du Brésil – INPE et à l'Institut National de Recherche d'Amazonie - INPA. C'est un travail demandé par l'Articulation Régionale Amazonienne - ARA. La publication de ce document, synthèse de plus de 200 articles et enquêtes scientifiques relatifs à la déforestation, arrive au moment où l'État de São Paulo est confronté à une très forte sécheresse. L'auteur lance un cri d'alarme en rappelant le rôle de la forêt pour le climat. Il dévoile cinq "secrets".

Le premier, c'est que la forêt maintient humide l'air en mouvement et provoque des pluies dans les zones éloignées des océans, cela en raison de la capacité des arbres à transférer de grands volumes d'eau du sol vers l'atmosphère. La forêt amazonienne émet dans l'atmosphère 20 milliards de tonnes d'eau par jour. De son  côté, l'Amazone déverse dans l'Atlantique 17 milliards de tonnes d'eau par jour.

Le deuxième "secret" est la formation de pluies abondantes dans l'air pur amazonien. Les arbres émettent des substances volatiles favorisant la condensation de la vapeur d'eau. Cela a pour résultat la formation de nuages entraînant de fortes pluies favorables à "l'océan vert".

Le troisième explique pourquoi, dans l'histoire, la forêt amazonienne a survécu aux cataclysmes climatiques : C'est sa capacité à maintenir un cycle hydrologique bénéfique, même dans des conditions défavorables. La transpiration abondante des arbres, liée à une très forte condensation (plus élevée que sur les océans voisins) permettent la formation de nuages et de pluies provoquant un abaissement de la pression atmosphérique sur la forêt. Un phénomène qui aspire l'air humide de l'océan vers le continent. Cela maintient les pluies en n'importe quelles circonstances.

Le quatrième est lié au fait que la forêt amazonienne non seulement maintient l'air humide pour elle-même, mais exporte des fleuves aériens de vapeur qui transportent les pluies vers l'est. Confrontés au barrage de la cordillère des Andes, ils font une courbe vers les régions méridionales de l'Amérique du Sud, notamment vers le quadrilatère fortuné du Brésil, São Paulo, Rio de Janeiro… Contrariant la tendance à l'aridité de cette région. A l'ouest des Andes et sous les mêmes latitudes, sur d'autres continents, il y a de grandes zones désertiques

Le cinquième "secret" explique la raison pour laquelle, en Amazonie et dans la proche région océanique, il n'y a pas de formation d'ouragans ou autres événements climatiques extrêmes : la condensation spécialement uniforme sous la couverture forestière empêche la concentration des vents en tourbillons destructeurs. Cet ensemble de facteurs font de la forêt amazonienne la meilleures et la plus précieuse partenaire de toutes les activités humaines.

Le rapport traite ensuite des effets déjà observés des changements climatiques : réduction drastique de la transpiration, la modification de la dynamique des nuages et des pluies et le prolongement de la saison sèche. Les dégâts du déboisement, aussi bien que ceux des feux, de la fumée et de la suie sur le climat sont évidents dans les observations scientifiques actuelles sur le terrain.

L'auteur du rapport rappelle que les forêts de l'Amazonie sont essentielles pour le maintien du climat, et avec lui la sécurité des générations futures.

Selon lui, pour retourner la situation, il faut un effort de guerre. L'unique option responsable est d'agir dès maintenant pour combattre les causes de la déforestation. En premier lieu, il faut lutter contre l'ignorance en facilitant l'accès aux découvertes scientifiques relatives au changement climatique. Il faut arrêter la déforestation et la dégradation forestière. Il est nécessaire et inévitable de mettre en œuvre un immense effort pour replanter et restaurer la forêt détruite.

Il appelle à tracer un nouveau chemin où la forêt protégée et recomposée sera la principale alliée des activités humaines à l'intérieur et à l'extérieur de l'Amazonie.

Ce cri d'alarme a été lancé avant les prochains rendez-vous internationaux sur le climat. D'abord à Lima ce mois de décembre, et surtout à Paris en novembre et décembre 2015.

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Image (Wikipédia) : Les "rios volants". Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

Traduction des notes : Le chemin des rivières volantes

1.- Dans la bande équatoriale de l'océan Atlantique se produit une intense évaporation. C'est là que le vent se charge d'humidité. / 2.- L'intense évaporation, transpiration et condensation sur l'Amazonie produit une aspiration des Alizés, pompant ces vents à l'intérieur du continent, provoquant des pluies et mettant en mouvement les rivières volantes. / 3.- Cette humidité avance dans le sens ouest jusqu'à atteindre la cordillère des Andes. Durant cette trajectoire, la vapeur d'eau refait un cycle pluie, transpiration, condensation et évaporation au passage sur la forêt. / 4.- Quand l'humidité rencontre la Cordillère des Andes, une partie se précipitera à nouveau formant les sources des rivières de l'Amazonie. / 5.- L'humidité qui atteint la région andine retourne en partie au Brésil par les rivières volantes et peut tomber sur d'autres régions. / 6.- Dans la phase finale, les rivières volantes peuvent alimenter les réservoirs d'eau des Régions Sudeste et Sud (du Brésil), se dispersant jusqu'aux pays frontaliers, comme le Paraguay et l'Argentine.

- PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans  "AYA Info" No 97, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

17/04/2014

La déforestation, en baisse depuis 2008, est repartie (provisoirement ?) à la hausse

À mi-novembre, l'Institut national (brésilien) d'enquêtes spatiales – INPE a diffusé les résultats de ses observations relatives à la déforestation. Entre août 2012 et juillet 2013, la forêt de l'Amazonie légale a perdu 5'843 km2. Par rapport à la même période 2011 – 2012 pendant laquelle elle avait perdu 4'571 km2 cela représente une augmentation de 28%. Cette progression n'est pas générale dans tous les États de la région. La hausse est le fait de six États : Amazonas (562 km2 ou + 7%), Maranhão (382 km2 ou + 42%), Mato Grosso (1'149 km2 ou + 52%), Pará (2'379 km2 ou + 37%), Rondônia (933 km2 ou + 21%) et Roraima (185 km2 ou + 49%). En 26 ans, l’Amazonie a perdu 402'600 km2. Depuis 1988, la déforestation a connu quelques pics importants : 29'059 km2 en 1995, 25'396 en 2003 et 27'772 km2 en 2004. Depuis cette année-là, sauf en 2008, la baisse a été continue.

Plusieurs spécialistes ont analysé ces résultats pour l'association O eco. Pour Roberto Smeraldi des "Amis de la Terre", les instruments de contrôle peuvent et doivent être améliorés. Pour Márcio Santili de l'Instituto Socioambiental – ISA, l'importance de la déforestation  montre un certain relâchement du système de contrôle; c'est un signe évident que le gouvernement fédéral n'a pas fait son travail. Pour Paulo Baretto de l'ONG Imazon, le risque de déforestation est lié à trois composantes : les menaces, l'exposition et la vulnérabilité. C'est comme la grippe dit-il, "Vous avez besoin de trois éléments pour la contracter : la présence d'un virus, la proximité avec une personne infectée et un système immunologique qui permet son entrée. À amnistier les auteurs de déforestation et de désaffectation des aires protégées, le gouvernement a augmenté la vulnérabilité, ou, pour utiliser une métaphore, il a affaibli le système immunologique". En fait, P. Baretto fait allusion à l'application du nouveau code forestier.

Pour le ministère de l'environnement, le dernier niveau de déforestation atteint fin juillet 2013 est le deuxième plus petit taux observé depuis 1988. Il admet des problèmes ponctuels dans les États du Pará, du Mato Grosso et du Maranhão. Izabella Teixeira, la ministre de l'environnement a relevé que les chiffres reflètent des cas spécifiques. Selon elle, il y a eu plus d'un milliers d'opérations de contrôle dans la région : "Nous avons combattu la déforestation tous les jours impliquées dans des actions contre la déforestation… Jamais nous n'avons eu moins de 1'000 personnes impliquées dans des actions de lutte contre la déforestation". La ministre a également défendu le nouveau code forestier. "Il n'y a pas moins de possibilités de régulariser les déforestations illégales". Cependant, après avoir minimisé cette progression de la déforestation, la ministre a réuni, le 22 novembre, les représentants  des États de l'Amazonie légale pour renforcer, avec le concours de ces États, la lutte conte la déforestation. Et, le 27 novembre, lors de la 112e réunion du Conseil national de l'environnement - CONAMA, la ministre a annoncé de nouvelles mesures pour mieux surveiller le territoire; elle a indiqué que l'Institut brésilien de l'environnement et des ressources renouvelables – IBAMA, étudiait la possibilité d'utiliser des drones.

Le WWF-Brésil relève qu'en Amazonie la déforestation se concentre sur les fronts d'expansion de l'agriculture et de l'élevage, mais aussi dans les zones proches d'axes routiers. Il note également que la déforestation n'est pas limitée à l'Amazonie, elle existe dans d'autres régions du Brésil. Elle est aussi une réalité dans les autres pays amazoniens. Pour l'organisation écologiste, il y une urgente nécessité de renforcer la coopération entre ces pays pour combattre la déforestation et, surtout, valoriser la forêt sur pied. Selon André Dias, l'un des responsables du WWF, "La science et les faits montrent que les parties de chacun des pays amazoniens sont connectées. L'équilibre de toute l'Amazonie dépend de son fonctionnement comme unité écologique. De là, l'importance du combat contre la déforestation dans tous les pays amazoniens".

Le 21 février, l'INPE a publié les résultats des observations réalisées entre août 2013 et janvier 2014. Pendant cette période, la déforestation s'est étendue sur 1'163 km2. Elle avait été de1'428 km2 entre août 2012 et janvier 2013. La réduction est de 19%. Les données collectées par le système de Détection de la déforestation en Temps Réel – DETER ont leurs limites. Par exemple, il est important de tenir compte de la couverture nuageuse d'un territoire pour comparer les résultats. Les renseignements obtenus sont utiles pour orienter la surveillance sur des zones particulièrement suspectées de crimes environnementaux.

Il faut attendre les résultats sur l'année août 2013 – juillet 2014 pour savoir si la réduction du taux de déforestation se confirme.

 

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus". Voir sur ce blog les notes des 17 décembre 2010 et 30 novembre 2012.

- Cette note est une version actualisée de la "brève" publiée dans AYA Info (No 88), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

30/11/2012

Brésil : Le nouveau et controversé code forestier est entré en vigueur

Le nouveau code forestier brésilien est entré en vigueur le 18 octobre*, le jour de sa parution au Journal Officiel de l'Union. La Chambre des Députés l'avait adopté le 18 septembre, et le Sénat quelques jours plus tard, le 25 septembre. Un texte encore controversé malgré huit paragraphes et un article sur lesquels la Présidente de la république, Dilma Roussef, a exercé son droit de veto. Un premier décretd'application relatif au cadastre environnemental rural et au programme de régularisation environnemental a également été publié la 18 octobre.

Selon la ministre de l'environnement, Izabella Teixeira, les veto de la présidente visent à ne pas stimuler la déforestation illégale et à assurer l'inclusion sociale des petits propriétaires et des paysans pratiquant l'agriculture familiale. C'est un équilibre entre la protection de l'environnement et l'inclusion sociale.

Le 19 octobre, l'Institut socio - environnemental – ISA a diffusé une analyse du nouveau texte signée de Raul de Valle, un avocat de l'Institut. Selon lui, la nouvelle loi est pleine de contradictions. Elle crée deux modèles de citoyens : ceux qui ont respecté la loi jusque-là en vigueur et les autres. Et sa mise en œuvre sera difficile. La protection de l'environnement qu'elle recherche s'applique différemment selon la taille des propriétés et en fonction de leur localisation dans le pays.

Plusieurs règlements d'application doivent encore être publiés; ils sont susceptibles de réduire les dégâts produits par la nouvelle loi. Les "ruralistes", partisans de l'agrobusiness, qui sont à l'origine de la nouvelle loi, font déjà pression sur le gouvernement pour obtenir des textes qui leur soient favorables.

Cette entrée en vigueur du code forestier a précédé de peu la présentation, le 27 novembre, par l'Institut National d'Enquêtes Spatiales – INPE, des données 2012 relatives à l'évolution estimée de la déforestation en Amazonie légale : 4'656 km2 de forêt détruite entre août 2011 et juillet 2012. C'est le niveau le plus bas enregistré depuis 1988, date à laquelle l'Institut a commencé ses observations. C'est une réduction de 27% par rapport à 2011 (6'418 km2 dévastés). La forêt de l'État du Pará a le plus souffert, elle a perdu 1'699 km2.

Depuis les années 90, la plus forte déforestation a été observée en 1995 : 29'059 km2. C'est le pic le plus élevé. Les deux années 2003 et 2004 ont aussi connu une forte poussée de déforestation avec, respectivement, 25'396 et 27'772 km2. Mais depuis 2005, les chiffres sont orientés à la baisse (voir AYA Info No 56).

Le nouveau code forestier permettra-t-il de mieux lutter contre la déforestation ?

* Voir sur ce blog, les notes des 26 et 4 mai 2012, 9 décembre, 23 septembre et 27 mai 2011

PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Une version réduite de cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 76, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

26/05/2012

Code forestier brésilien : le veto partiel de Dilma

C'est au terme du délai légal d'un mois que la présidente, Dilma Rousseff, devait se prononcer sur le sort qu'elle réservait au nouveau Code forestier, voté le 25 avril dernier, par la Chambre des députés.

La présidente a décidé d'opposer son veto sur 12 points et d'apporter 32 modifications au nouveau code. Selon les nouvelles diffusées par "Agência brasil", des 32 modifications, 14 sont reprises du texte voté par le Sénat le 6 décembre 2011, 5 correspondent à des dispositifs nouveaux et 13 sont des ajustements de contenu. Parmi les modifications apportées par la présidente, on trouve une différenciation entre les obligations des petits et grands propriétaires en ce qui concerne les "Aires de Protection Permanentes" à devoir être conservées.

Le veto partiel de la présidente a été annoncé à l'occasion d'une conférence de presse tenue au Palais présidentiel de Brasilia ce 25 mai. Ce sont les ministres, de l'environnement, Izabella Texeira; de l'agriculture, Mendes Ribeiro; du développement agraire, Pepa Vargas et l'avocat général de l'Union, Luis Inácio Adams qui en ont présenté les grandes lignes

Le détail des modifications fera l'objet d'une "Mesure provisoire" qui sera publiée le 28 mai au journal officiel de l'Union. Le Sénat et la Chambre des députés devront se prononcer en dernier ressort - à la majorité absolue et par bulletin secret - sur le texte final.

Les réactions à ce veto partiel sont multiples. Pour le "Comité Brésil de défense des forêts et du développement soutenable", l'organisateur de la campagne pour le veto total, la décision présidentielle "renforce la nécessité d'amplifier la mobilisation des Brésiliens d'avoir un code forestier qui concilie conservation et production". Pour le député Ronaldo Caiado, le veto est un affront au Congrès national. D'autres entités attendent le texte de la "Mesure provisoire" pour se prononcer.

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Voir sur ce blog, les notes des 4 mai 2012, 9 décembre 2011, 23 septembre 2011 et 27 mai 2011

Pour en savoir plus (en portugais) :

- Les informations d'"Agência brasil"

http://agenciabrasil.ebc.com.br/noticia/2012-05-25/dilma-... et  http://agenciabrasil.ebc.com.br/noticia/2012-05-25/veto-a...

- Le "Comité Brésil de défense des forêts et du développement soutenable" :

http://d3nehc6yl9qzo4.cloudfront.net/downloads/cartacomit...

- La note de l'Instituto Socioambiental : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3561

 

Cette information sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 72, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

04/05/2012

Les députés brésiliens ont adopté un Code forestier controversé

veta-dilma1.jpgLe 25 avril, c'est par 274 voix contre 184 et 2 abstentions, que la Chambre des députés a révoqué l'ancien Code forestier de 1965. Elle a accepté, en deuxième lecture, un nouveau texte qui réduit drastiquement les aires protégées dans les propriétés privées et amnistie ceux qui ont procédé à des déforestations illégales.

Le 24 mai 2011, en première lecture, les députés avaient déjà approuvé, par 410 voix contre 63 et une abstention, un texte conforme aux intérêts du lobby de l'agrobusiness; un projet proposé par Aldo Rebelo, alors député, maintenant ministre des sports. Le 6 décembre 2011, les sénateurs, après avoir amendé le texte des députés, avaient adopté le nouveau Code par 58 voix contre 8.

C'est avec l'appui d'une partie de la coalition gouvernementale que la Chambre des députés vient d'accepter ce nouveau Code forestier très controversé. En effet, sur ce sujet, le vote de la Chambre marque un éclatement de la coalition gouvernementale composée essentiellement du Parti des Travailleurs - PT, et du Parti du Mouvement Démocratique du Brésil - PMDB. Les députés du PT ont massivement refusé le texte proposé par le rapporteur : 79 députés sur les 80 ayant pris part au vote. Alors que 71 députés du PMDB l'ont accepté sur les 74 ayant voté. Le rapporteur du projet de loi, le député Paulo Piau est lui-même membre du PMDB.

Le document est maintenant soumis à la signature de la présidente de la république qui peut lui opposer son veto. C'est ce que lui demande le "Comité de défense des forêts", un regroupement de dizaines d'organisations et mouvements sociaux. Dans sa note du 26 avril, le Comité explique les raisons de sa demande : "Si le texte approuvé par le Sénat signifiait déjà  l'amnistie [pour les responsables] des déforestations illégales et l'incitation à de nouvelles déforestations, les députés sont parvenus à ce qui paraissait impossible : le rendre encore pire. Le texte révisé par la Chambre des députés, en plus d'être contraire aux principes constitutionnels d'égalité devant la loi, de la fonction sociale de la propriété et de l'interdiction de réduire des droits fondamentaux, est frontalement contraire à l'intérêt national".

La vague de protestation s'étend dans le pays. Une pétition a été lancée sur Internet. Les commentateurs soulignent comment, par ce vote, le Brésil est mis en mauvaise posture à la veille de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui doit se tenir à Rio de Janeiro dans quelques semaines.

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Image : logo de la campagne d'appel à Dilma Rousseff, la présidente de la république, pour qu'elle fasse usage de son droit de veto pour s'opposer à cette loi.

Pour en savoir plus, en français : Voir sur ce blog, les notes des  23/09/2011 et 09/12/2011

En portugais :

- L'information de l'agence de la Chambre des députés :

http://www2.camara.gov.br/agencia/noticias/MEIO-AMBIENTE/...

- La fiche de la procédure parlementaire et le texte adopté :

http://www.camara.gov.br/proposicoesWeb/fichadetramitacao... > Redação final

- Une première analyse de l'Instituto Socioambiental :

http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3536

- L'appel du Comité de défense des forêts : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3537

- L'analyse publiée sur le site du Mouvement des Travailleurs ruraux Sans Terre - MST :

http://www.mst.org.br/node/13289

- Le texte de la pétition lancée sur Internet : http://www.mst.org.br/node/13288

- Un commentaire des "Amis de la terre/Brésil" : http://amazonia.org.br/2012/05/veta-dilma/

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

06/01/2012

Les peuples indigènes à la COP-17 de Durban

Au niveau international, les organisations indigènes sont bien conscientes des enjeux et des menaces que les changements climatiques font peser sur leur existence. Pour l'organisation Survival International, "Les peuples indigènes sont les premiers experts en changement climatique".

De nombreuses organisations indigènes étaient présentes à la 17e Conférence des parties à la Convention de l'ONU sur les changements climatiques qui a eu lieu à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011. Une réunion plus généralement désignée par le sigle COP-17.

En prévision de cette rencontre, les organisations indigènes des neuf pays du bassin amazonien, groupées au sein de la Coordination des  Organisations Indigènes du Bassin Amazonien - COICA, avaient déjà fixé leur position lors d'une rencontre tenue à Manaus en août dernier*. La COICA recommandait la prudence vis-à-vis du mécanisme onusien de Réduction des Emissions de gaz à effets de serre en raison de la Déforestation et la Dégradation des forêts - REDD +. L'Alliance Globale des Peuples indigènes et Communautés locales a demandé l'instauration d'un moratoire sur ce mécanisme.

De leur côté, les organisations indigènes du Brésil ont envoyé cinq représentants à Durban. Pendant la conférence, la délégation a tenu à rappeler ses préoccupations en rapport avec la politique indigéniste du gouvernement brésilien :

1.- Les retards pris pour la démarcation des Terres Indigènes, en particulier celles des Guarani dans l'État du Mato Grosso do Sul; la mauvaise protection contre les envahisseurs, notamment dans la Vallée du Javari ou l'aire indigène Yanomami;  la volonté du Congrès de politiser le processus même de démarcation.

2.- La construction programmée de nombreux ouvrages hydroélectriques dans la région amazonienne. 3.- La réduction de l'émission des gaz à effet de serre compromise par la réforme du Code forestier en cours de discussion devant le Congrès.

La délégation a souligné le nécessaire respect des Conventions et Traités internationaux, la nécessité d'un plan de gestion des Terres Indigènes et le soutien aux initiatives des peuples indigènes pour la protection de leur environnement.

 

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* AYA Info No 63

Pour en savoir plus (en français),

- Le rapport de Survival International (2009) : http://www.survivalfrance.org/actu/7911 > Télécharger le rapport

- L'appel au moratoire publié par Attac International :  http://www.france.attac.org/articles/les-indigenes-contre...

- L'appel de l'Alliance Globale des Peuples indigènes et Communautés locales (en anglais):

http://climate-connections.org/2011/12/06/indigenous-peop...

- La position de la délégation indigène brésilienne (n portugais) :

http://blogapib.blogspot.com/2011/12/movimento-indigena-p...

 

Cette note a été publiée  dans "AYA Info" No 67, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

08:31 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : cop-17, peuples indigènes, redd+, coica, manaus, déforestation, durban | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

09/12/2011

Controversé, le projet de code forestier a été adopté par le Sénat

Dans la nuit du 6 au 7 décembre, le controversé Code forestier a été adopté au Sénat brésilien (1) par 59 voix contre 7. Le texte avait été voté en première lecture par la Chambre des députés le 24 mai dernier. Il a été repris par plusieurs Commissions du Sénat dont celle de l'Environnement qui, après quelques améliorations, l'a approuvé le 24 novembre.

Au Sénat (2) , les partis gouvernementaux et ceux liés aux producteurs ruraux ont approuvé un texte qu'ils jugent équilibré. La sénatrice Kátia Abreu, présidente de la Confédération de l'agriculture et de l'élevage du Brésil - CNA, estime que le texte met fin à la dictature environnementale par laquelle les organisations non gouvernementales contrôlaient le thème de l'environnement dans le pays et ne laissaient pas le Congrès national discuter le sujet.

Pour l'un des deux rapporteurs du projet de loi, le sénateur Jorge Viana, si le texte approuvé par le Sénat devient une loi, il sera possible de transformer les forêts en l'un des plus importants actifs économiques du pays.

Dans le camp des opposants, la sénatrice Marinor Brito reproche au nouveau texte d'ignorer les recommandations faites par des entités scientifiques comme la Société Brésilienne pour le Progrès de la Science ou l'Académie Brésilienne des Sciences. Pour elle, le texte démontre que le gouvernement a décidé de se mettre au côté de ceux qui commettent des crimes environnementaux, laissant de côté les intérêts du peuple brésilien.

Plusieurs organisations et entités ont manifesté leur hostilité au texte proposé aux sénateurs. Le 29 novembre, 1'500 personnes étaient réunies à Brasilia devant le Palais présidentiel pour demander à la présidente Dilma Rousseff de tenir ses engagements de campagne électorale et qu'elle empêche l'amnistie des responsables de déforestation illégale et la réduction des aires protégées dans les propriétés rurales. Cette manifestation a été l'occasion de remettre à la Présidente de la république et au président du Sénat une pétition contre les altérations du code forestier munie de 1,5 million de signatures. Pour Greenpeace Brésil, le 6 décembre est un jour de honte !

Le 2 décembre, à Durban, où se tient la 17e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur le changement climatique, le Brésil a été classé premier "Fossile du jour". Un prix symbolique délivré quotidiennement par le collectif "Climate Action Network - CAN". En cause le projet de code forestier en discussion devant le Sénat. Ce jour-là, la Nouvelle Zélande et le Canada étaient classés respectivement en deuxième et troisième position.

Après son adoption par le Sénat, le projet retournera devant la Chambre des députés pour une deuxième lecture. Celle-ci ne devrait pas intervenir avant la fin de l'année. Ensuite, le projet sera soumis à la Présidente de la république. Celle-ci pourra, ou non, user de son droit de veto sur certains articles avant promulgation de la loi.

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(1) Au Sénat brésilien, chacun des 26 États de l'Union et le District fédéral a droit à trois représentants, soit 81 membres au total. C'est l'équivalent du Conseil des États du Parlement helvétique.

Pour en savoir plus,

- Les documents du Sénat liés au projet de loi:

http://www.senado.gov.br/atividade/materia/detalhes.asp?p... / pour le projet soumis aux sénateurs > ver imagem das assinaturas

- Le projet adopté par le Sénat : http://www.senado.gov.br/atividade/materia/getPDF.asp?t=1...

- (2) Les interviews de membres du Sénat par "Agência Senado" :

- Les partisans du nouveau texte : http://www.senado.gov.br/noticias/senadores-da-base-do-go...

- L'avis de Jorge Viana, l'un des rapporteurs : http://www.senado.gov.br/noticias/para-jorge-viana-codigo...

- Des voix de l'opposition : http://www.senado.gov.br/noticias/texto-do-novo-codigo-fl...

- La manifestation du 29 novembre à Brasilia : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3468 et http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3464

- L'avis de Greenpeace Brésil :

http://www.greenpeace.org/brasil/pt/Noticias/Dia-de-vergo...

  • En anglais :

- Le Prix "Fossile du jour" de CAN : http://www.climatenetwork.org/fossil-of-the-day/brazil-ta...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 66, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2