démarcation

  • Brésil - Croatie, les caméras n'ont-elles pas vu la revendication d'un jeune indien ?

    Imprimer

    Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, São Paulo, Croatie, Croácia, demarcação, démarcation, Coupe du monde 2014, Copa do Mundo, FIFA, football, futebol, Guarani, Krukutu, Carta Capital, Parelheiros, Fábio JekupéC'était le 12 juin dernier, sur la pelouse du stade de l'Arena de São Paulo, avant le coup d'envoi du match Brésil - Croatie, la rencontre inaugurale de la Coupe 2014. Devant 62'000 spectateurs, trois jeunes, une noire, un blanc et un indien, ont chacun lâché une colombe blanche en signe d'appel à la paix et à la tolérance. Les cameras* ont suivi l'envol des volatiles…

    Elles n'ont pas montré le jeune indien qui, après avoir délivré son message de paix, a déplié une banderole rouge portant l'inscription "démarcation". Il appelait à une application concrète de cette paix. "Carta Capital", le média qui relate l'événement et en publie une photo, indique que le jeune indien vit à Krukutu, un village de la région de Parelheiros, à l'extrême sud de l'agglomération de São Paulo.

    Plusieurs communautés Guarani de cette région ont récemment organisé des manifestations pour demander, soit la démarcation de leur terre, soit une extension de la surface de celles qu'ils occupent.

    Le geste d'un mineur de 13 ans, appartenant à une minorité (les indiens du Brésil représentent moins de 0,5% de la population du pays), à un moment fort (la Coupe du Monde), demandant l'application des droits territoriaux des peuples premiers, était  suffisamment symbolique pour mériter une bonne couverture médiatique. Mais les cameras ont détourné leur regard… Seuls le public et les autorités présentes dans le stade – la présidente de la république Dilma Rousseff était en compagnie de Sepp Blatter, le président de la FIFA - ont pu recevoir le message.

    Le leader Guarani, Fábio Jekupé n'a pas été surpris par le fait que l'acte de protestation ne soit pas relayé par la télévision : "Ils ne veulent pas montrer ça. Ils veulent seulement montrer la paix entre les peuples pour dire que tout va bien. Mais notre situation n'est pas celle-là."

     ***

    Photo © Luiz Pires / Comissão Guarani Yvyrupa – Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

    * Le lâcher de colombes  et le match Brésil – Croatie peuvent être vus sur le site de la Radio Télévision Romande – RTS.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera reprise dans le prochain AYA Info (No 94), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Terres Indigènes : des sénateurs veulent avoir le dernier mot pour leur démarcation

    Imprimer

    Le Sénat fédéral devrait voter, en plénière, une proposition d'amendement de la Constitution fédérale de 1988 qui lui transférerait la compétence d'approuver les processus de démarcation des Terres Indigènes - TI. Jusque-là une tâche relevant de la compétence du Gouvernement. L'annonce en a été faite le 23 janvier par l'agence d'information du Sénat. La date de la votation n'est pas précisée.

    Il s'agit d'une proposition de 1999 (PEC 38/99) émanant de Mozarildo Cavalcanti, un sénateur de l'État de Roraima, bien connu pour sa lutte contre les droits indigènes. En 2005, il avait tenté de s'opposer à la démarcation, par le président Lula, de la TI Raposa Serra do Sol située dans l'État qu'il représente. En février 2011, le sénateur avait demandé que sa proposition soit remise à l'ordre du jour du Sénat.

    Cette proposition d'amendement a déjà été approuvée par la Commission "Constitution, Justice et Citoyenneté - CCJ" du Sénat en avril 2009*. Outre le transfert de compétence, les auteurs de l'amendement prétendent que les peuples indigènes disposent de trop de terres en regard de leur nombre. Ils veulent limiter la surface des TI et des Unités de Conservation (les aires de protection environnementales comme les Forêts nationales) à 30% de la superficie de chaque État.

    Les organisations indigènes ont demandé le rejet de cette proposition, en avril 2005 déjà, à Brasilia, lors de la "Mobilisation nationale Terre Libre". En avril 2009, c'est l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB qui avait demandé, en vain, à la CCJ de ne pas adopter cette proposition.

    Le 4 mars 2009, un projet de loi (PL 4791/2009) avait aussi été déposé à la Chambre des députés visant à soumettre la démarcation des TI à l'approbation du Congrès national. À travers leurs propositions, ces sénateurs et députés veulent mettre une entrave supplémentaire à la démarcation des TI.

    Les Constituants de 1988 avaient donné un délai de cinq au Gouvernement pour démarquer toutes les TI du pays, un processus loin d'être terminé.

    Les travaux du Sénat ont repris le 2 février. À suivre...

    ***

    Pour en savoir plus :

    En français :

    * Voir "AYA Info No 38" du 30 avril 2009

    En portugais :

    - Le texte de l'amendement constitutionnel : http://www.senado.gov.br/atividade/materia/getPDF.asp?t=36786&tp=1

    - L'information de l'Agence du Sénat : http://www.senado.gov.br/noticias/pec-que-condiciona-demarcacao-de-terras-indigenas-a-aprovacao-do-senado-esta-na-ordem-do-dia.aspx?parametros=pEC+38%2f99

    - Le projet de loi déposé à la Chambre des députés :

    http://www.camara.gov.br/proposicoesWeb/fichadetramitacao?idProposicao=425192 > Intero teor

    - Le manifeste des organisations indigènes au sujet de la PEC 38/99, en 2005 :

    http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=1986 et en 2009

    http://www.coiab.com.br/coiab.php?dest=show&back=noticia&id=342&tipo=N&pagina=30

     

    Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 68), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2