dia do indio

  • Avril indigène, les indiens occupent la Chambre des députés

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    Brasil,Brésil,Abril indígena,Dia do Indio,Brasilia,Câmara dos Deputados, Henrique Eduardo Alves, Congresso,Terras Indígenas,demarcação,Constituição federal,Proposta de Emenda à Constituição,PEC 215/2000 Le 16 avril à Brasilia, la Chambre des Députés a été envahie par plusieurs centaines d'indigènes. Ils ont mis un terme à leur occupation après que le président de la Chambre se soit engagé à suspendre la procédure d'examen de textes litigieux, notamment la Proposition d'amendement constitutionnel (PEC 215/2000)qui vise à transférer au Congrès l'approbation de la démarcation des Terres Indigènes – TI. Un pouvoir qui est dévolu à l'exécutif.

    Ce geste fort de mécontentement des indigènes est une réponse aux attaques, répétées et diverses, contre leurs droits territoriaux. Elles sont menées par les tenants de l'agrobusiness et des entreprises qui convoitent les richesses minérales que recèlent les territoires indigènes. Ces attaques peuvent être vues par les indigènes comme une deuxième "colonisation" dont les effets pourraient être comparables à ceux qu'ils ont subis après l'arrivée des Portugais.

    Dans une "Déclaration", les 600 représentants de 73 peuples et diverses organisations indigènes de toutes les régions du pays, présents à Brasilia ce jour-là, ont souligné les graves menaces qui pèsent sur les droits garantis aux peuples indigènes. Ceux reconnus par la Constitution fédérale de 1988 et les instruments internationaux approuvés par le Brésil, notamment la Convention 169 de l'OIT et la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones.

    Ils dénoncent le modèle de développement économique d'exploitation et d'exportation des matières premières et les infrastructures qui lui sont nécessaires. Un modèle qui met en danger les peuples indigènes. Ils soulignent que pour exploiter les territoires indigènes, les pouvoirs économiques et politiques ont trois objectifs : 1.- Invalider et empêcher la reconnaissance et la démarcation des Terres Indigènes (TI) encore usurpées par des non - indiens. 2.- Réouvrir et revoir les processus de démarcation déjà finalisés. 3.- Envahir, exploiter et "mercantiliser" les TI démarquées et préservées jusque-là par les peuples indigènes. La déclaration énumère la liste des projets de loi, décrets et autres textes permettant d'atteindre ces objectifs. Les indigènes veulent l'abrogation de tous les textes qui menacent l'intégrité de leurs Territoires.

    Ils demandent au Gouvernement de respecter les engagements qu'il a pris dans diverses instances de dialogue avec le mouvement indigène. Ils affirment leur détermination à défendre leurs territoires, et la mère nature, pour le bien des générations actuelles et futures. Enfin, ils appellent les autres indigènes, peuples et organisations et aussi les alliés de partout "pour qu'ensemble, nous évitions qu'arrive l'extinction programmée de nos peuples".

    Les autorités prendront-elles au sérieux le mécontentement des peuples indigènes ? Le 17 avril, le président de la Chambre des députés, Henrique Eduardo Alves, a créé un Groupe de travail paritaire - Députés/Leaders indigènes des différentes parties du pays – pour discuter des sujets litigieux.

    Le traditionnel rassemblement de Brasilia pour marquer le "Jour de l'Indien" (officiellement le 19 avril) a pris cette année un sens particulier !

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    Photo : Gustavo Lima /Agência Câmara / 16/04/2013 Les manifestants à la Chambre des députés

    Vidéo ci-dessous : Les indigènes entrent à la Chambre des députés...

     

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note.

    Cette note a été publiée dans le dernier AYA Info (No 82), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Plus de 4'000 projets d'exploitation minière menacent 152 Terres Indigènes d'Amazonie

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Amazônia, mineração,exploitation minière,Terres Indigènes, Terras Indígenas,PL 1.610, Edio Lopes, Padre Ton,Comissão Nacional de Política Indígenista,Commission Nationale de Politique Indigéniste,Estatuto dos Povos Indígenas,Instituto Socioambiental, Marcos Apurinã, Sônia Guajajara,COIAB,Dia do Índio,Abril indígena, Dilma Rousseff, Marta AzevedoCe sont 4'220 projets d'exploitation minière dans 152 Terres Indigènes (TI) d'Amazonie brésilienne que l'Instituto Socioambiental – ISA a dénombré récemment. Pour 74 de ces TI c'est plus de 50% de leur territoire qui est concerné et pour 32 d'entre – elles, c'est même plus de 90% ! La TI Yanomami en compte 657, couvrant 54% de son territoire.

    La recherche et l'exploitation de l'or entrent pour plus de la moitié – 2'260 - de ces projets. Cinq sociétés minières ont déposé 1'356 demandes, soit 32 %  du total. À elle seule, Mineração Silvana Industria e Comercio Ltda en compte 690 et, en deuxième position, Vale SA avec 210. La Constitution de 1988 prévoit qu'il appartient au Congrès d'autoriser cette exploitation dans les TI.

    Un projet de loi (No 1.610) de 1996 est en discussion au Parlement. Ce texte a été présenté par deux députés, Padre Ton et Edio Lopes, aux délégués indigènes lors de la dernière réunion de la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI, le 5 décembre 2012. Ces derniers ont rappelé que ce thème a été amplement débattu dans toutes les régions du pays à l'occasion des discussions relatives au "Statut des Peuples Indigènes". Un chapitre entier de ce document est consacré à la recherche et à l'exploitation des ressources minières dans les TI. Ce Statut a été remis à la Chambre des Députés en août 2009 sans avoir encore été inscrit à son ordre du jour. Du point de vue des indigènes, le thème de l'exploitation minière ne doit pas être débattu séparément du Statut. D'une manière générale, ils sont opposés à l'ouverture des Terres indigènes à l'exploitation minière.

    Récemment, les participants à la 42e Assemblée générale des peuples indigènes de Roraima ont adressé une lettre à la Présidente de la république, Dilma Rousseff. Ils reprochent au PL 1.610 de ne pas donner aux peuples indigènes le droit de refuser un projet minier et de ne prévoir aucune garantie de sauvegarde de leurs lieux sacrés et d'habitation : "cela génère un état de claire agression à la survie culturelle de nos peuples". Ils demandent de paralyser les travaux parlementaires sur le PL 1.610 et de donner la priorité à l'approbation du "Statut des Peuples indigènes" qui, lui, prévoit un droit de refus de la part des communautés indigènes (art. 88).

    Un avis, allant dans le même sens, a été exprimé par des leaders indigènes d'Amazonie lors d'une rencontre organisée, sur le PL 1.610, par la Fondation Nationale de l'Indien - FUNAI, les 25 et 26 mars à Manaus. Marcos Apurinã, le leader de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne – COIAB, a adressé une lettre à Marta Azevedo, la présidente de la Fondation, pour demander l'acheminement du projet de Statut au Congrès. Il propose également la définition d'une stratégie commune entre mouvement indigène, mouvements sociaux, alliés au Congrès et au sein du Gouvernement pour en obtenir l'approbation. La COIAB a publié une "Lettre ouverte" aux dirigeants indigènes, à ses partenaires, aux autorités et à la société en général dans laquelle elle exprime sa préoccupation. Dans sa mission de défendre les droits des peuples indigènes, elle dit affronter aujourd'hui le pire moment où ces droits sont menacés, notamment, mais pas seulement, par les projets d'exploitation minière en Amazonie. Elle demande aux peuples indigènes, qui seront invités aux réunions d'information sur le PL 1.610 prévues dans le pays, de suivre le positionnement adopté par les leaders indigènes de la CNPI et de ceux qui ont participé à la réunion de Manaus.

    Au Brésil, depuis 1943, l'existence des peuples indigènes est traditionnellement rappelée en avril, particulièrement le 19, qui est le "Jour de l'Indien". La COIAB veut saisir l'opportunité du prochain rassemblement – prévu à Brasilia - des leaders indigènes de tout le pays pour créer une dynamique en faveur de l'adoption du Statut par le Congrès.

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    Photo © Secoya - De gauche à droite : Marcos Apurinã, leader de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne – COIAB; Edio Lopes, Député fédéral (PMDB) et rapporteur du projet de loi 1.610; Sônia Guajajara, Vice - coordinatrice de la COIAB lors de la réunion de Manaus les 25 et 26 mars dernier.

    PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

    Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 81), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La "Journée de l'Indien" 2012 célébrée dans l'indifférence

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    Au Brésil, le 19 avril est traditionnellement la "Journée de l'Indien". Une célébration voulue dès 1943 par le président Getúlio Vargas. La date a été choisie pour rappeler le 19 avril 1940, quand quelques leaders indigènes ont participé au premier Congrès indigéniste interaméricain qui se tenait à Mexico. Habituellement cette journée est l'occasion de célébrations ou d'actes marquants de la part du gouvernement. Par exemple, c'est le 15 avril 2005 que Lula a signé le décret d'homologation de l'emblématique Terre Indigène Raposa Serra do Sol, dans l'État de Roraima.

    À signaler cependant la publication, par l'Institut Brésilien de Géographie et de Statistique - IBGE, de plusieurs documents (résumé, cartes, graphiques et tableaux), concernant les indigènes brésiliens tirés du recensement de la population de 2010*. Cette année-là le Brésil comptait 817'963 indigènes, soit 0,43% de la population du pays. La proportion de municipalités avec au moins une personne s'auto-déclarant indigène est passée de 34,5 % en 1991 à 80,5 % en 2010. Des informations complémentaires devraient être publiées en juillet prochain.

    Le 19 avril, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a adressé un "Message aux Peuples indigènes" : "Cette [célébration] est une opportunité pour appeler nos parents (les indiens) à ne pas abandonner la lutte. La lutte pour la terre sans laquelle il n'y a pas d'existence. La lutte pour la préservation de la culture qui nous fortifie. La lutte pour la nature qui nous nourrit... L'indigène veut être respecté comme habitant originaire de cette terre patrie et non plus être traité en citoyens de seconde classe..." L'Articulation se plaint de ne pas encore avoir été reçue par la présidente Dilma Rousseff. L'APIB termine son message en rappelant sa participation au "Sommet des peuples" pour faire entendre sa voix au monde entier pendant la Conférence Rio+20.

    De leur côté, les leaders Guarani-Kaiowá de l'État du Mato Grosso du Sud - où les conflits de la terre entre indigènes et fazendeiros sont particulièrement fréquents et violents - ont publié une note dans laquelle ils dénoncent, une fois de plus, cette situation. Ils en appellent au Gouvernement et à la Justice fédérale : "Nous ne voulons plus voir nos dirigeants et parents (les indigènes) être menacés, assassinés, expulsés des petits espaces et territoires traditionnels, augmentant et alimentant plus de violence contre le peuple Guarani-Kaiowá. Pour cette raison, nous, dirigeants et porte-voix de ce peuple, à l'occasion de la semaine et du "Jour de l'Indien" 2012, nous réitérons notre demande de voir la conclusion des enquêtes policières relatives aux assassinats des dirigeants Nisio Gomes, Rolindo et Genivaldo Vera, entre autres, et surtout la punition des auteurs et des mandants. Enfin, nous sollicitons la conclusion immédiate et la publication des rapports anthropologiques d'identification de tous les territoires traditionnels Guarani et Kaiowá en cours d'étude".

    L'Instituto Socioambiental - ISA a dressé un tableau critique de la situation des droits indigènes dans le pays. ISA relève notamment qu'en quinze mois, le gouvernement de Dilma, n'a homologué que trois Terres indigènes.

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    Pour en savoir plus, en français :

    * voir "AYA Info" no 61 du 29 mai 2011 et, sur ce blog, la note du 24 juin 2011

    En portugais :

    - L'origine du "Jour de l'Indien" : http://pt.wikipedia.org/wiki/Dia_do_Índio

    - Les documents de l'IBGE : http://www.ibge.gov.br/indigenas/index.htm

    - Message de l'APIB : http://blogapib.blogspot.com/2012/04/19-de-abril-mensagem-aos-povos.html

    - La note du Conseil de l'Aty Guasu Guarani-Kaiowá : http://www.cimi.org.br/site/pt-br/index.php?system=news&action=read&id=6197

    - La note de l'ISA : http://www.socioambiental.org/nsa/detalhe?id=3532

    Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 71, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2