17/11/2018

Brésil : la violence contre les Peuples indigènes a augmenté en 2017

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Le nombre de cas est resté le même dans trois domaines : les abus de pouvoir (8 cas), le manque d’assistance dans le domaine de la santé (42 cas) et le manque d’assistance en général (également 42 cas). Il a diminué en ce qui concerne la mortalité infantile (enfants de moins de 5 ans) : 702 cas contre 735 en 2016. Et les données officielles – celles du Secrétariat Spécial de Santé Indigène (SESAI) - relatives à la quantité d’assassinats : 110 contre 118 en 2016. Mais, de son côté, le CIMI a dénombré 68 assassinats en 2017, contre 56 en 2016. Pour ce type de violence, le Conseil a publié des chiffres remontant à 1995.

Pendant les deux mandats du Président Fernando Henrique Cardoso (1995 – 2002), il y a eu 165 assassinats, soit une moyenne de 20,6 par année. Lors des deux mandats du Président Luiz Inácio Lula da Silva (2003 – 2010), il y en a eu 451, soit une moyenne annuelle de 56,3. Pendant la présidence de Dilma Rousseff (janvier 2011 à fin août 2016), il y en a eu 322, soit une moyenne de 56,8 par année. Et pour les premiers 16 mois de la Présidence de Michel Temer (de septembre 2016 à décembre 2017), il y en a eu 90, ce qui porte la moyenne annuelle à 67,5 assassinats.

Á relever que pour la troisième fois, dans le chapitre des « Violences contre le patrimoine », est mentionnée la situation du peuple Krenak gravement impacté par la rupture, le 5 novembre 2015, du barrage qui retenait les boues toxiques de la mine de la Samarco, près de Mariana, dans le Minas Gerais**. Boues qui ont pollué le Rio Doce jusqu’à son embouchure dans l’Atlantique. La situation des Krenak, dont le fleuve est le cadre de vie, n’est toujours pas réglée. Récemment, une campagne a été lancée par la Fondation France – Libertés pour alerter l’opinion publique internationale et les autorités brésiliennes afin de sauver ce peuple des graves périls qui le menacent.

Les violences contre les peuples indigènes ont fait l’objet d’un rapport que l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a remis aux membres de la Commission Interaméricaine des Droits Humains – CIDH*** venue au Brésil enquêter – entre le 5 et le 12 novembre - sur l’ensemble de la situation des droits humains dans le pays. Au terme de son voyage, la Commission a publié des « Observations préliminaires ». Un paragraphe est consacré aux peuples et communautés indigènes. Á leur sujet, elle a formulé une dizaine de recommandations concernant, notamment, la délimitation et la démarcation des terres; le droit à la consultation préalable, libre et informée; le total respect et la garantie des droits aux peuples en isolement volontaire…

L’avenir des droits humains au Brésil inquiète. La présidente de la CIDH, Margarette May Macaulay, s’est dite préoccupée par les propos tenus par Jair Bolsonaro, le président élu le 28 octobre…

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*Le CIMI est l’organe de la Conférence Nationale des Évêques du Brésil (CNBB) en charge des questions indigènes. ** Voir sur ce blog, la note du 19 février 2016. *** Une instance rattachée à l’Organisation des États Américains – OEA .

PS 1 : Pour les années précédentes, voir sur ce blog les notes du 16 novembre 2017,  4 novembre 2016, 28 septembre 2015, 17 septembre 2014, 2 septembre 2013, 14 septembre 2012, 9 septembre 2011 et 3 août 2010

Image : première de couverture du rapport publié le 27 septembre 2018 par le CIMI. Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 124, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

21/10/2018

Elections brésiliennes : des femmes indigènes marquent des points

Sônia Guajajara, a été la première indigène de l’histoire du Brésil à briguer le poste de Vice-présidente de la République*. Elle s’est présentée aux cotés de Guilherme Boulos, candidat, lui, à la Présidence de la République sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL. Ils n’ont obtenu « que » 617'115 voix (0,58% des suffrages) lors du premier tour des élections le 7 octobre dernier. Cependant, sur sa page Facebook, Sônia tire un bilan positif de son engagement, notamment pour avoir brisé une barrière historique qui faisait croire aux indigènes qu’ils ne pouvaient participer à une telle campagne. Selon elle, un moment qui a permis de créer des alliances, de mettre sur le devant de la scène les thèmes propres aux indigènes et à l’environnement : « Comment ne pas considérer cela comme une victoire ! » Elle est consciente de la période critique que traverse le Brésil : « Le moment exige de nous trois attitudes fondamentales : courage, résistance et réaction ! Allons-nous garantir un futur de liberté pour les prochaines générations ?» Sônia remercie spécialement Midia Ninja, un média qui a couvert sa campagne. Elle félicite deux autres femmes indigènes : Chirley Maria Pankará qui a été élue à l’Assemblée Législative de l’État de São Paulo (ALESP) et Joênia Wapichana élue à la Chambre des Députés.

La particularité de Chirley Maria Pankará, est de faire partie, sous l’étiquette du PSOL, d’une « Bancada Ativista » un groupe comprenant huit autres personnes qui a obtenu 149'844 voix. La tête de liste est une journaliste, Mônica Seixas. C’est seulement le nom de celle-ci qui apparaissait aux électeurs. La « Bancada » a gagné un mandat collectif, mais elle n’a droit qu’à un seul siège, une seule voix lors des votes de l’ALESP. C’est la première fois qu’une telle candidature collective est élue à São Paulo. Chirley est pédagogue. Elle a un engagement dans le cadre des Centres d’Éducation et Culture Indigène – CECI de l’État de São Paulo. Une organisation qui accueille des enfants des communautés indigènes pour leur donner une éducation différenciée respectant leur culture.

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Une première historique a été réalisée par Joênia Wapichana*. Cette avocate a été élue avec 8'491 voix pour représenter l’État de Roraima à la Chambre des Députés. Un État globalement pas acquis à la cause indigène. C’est la première fois, depuis la création de la Chambre en 1824, qu’une femme indigène y occupe un siège. Dans le passé, entre 1983 et 1987, Mário Juruna a été le seul indigène à y occuper une place. Interviewée par « Agência Brasil » Joênia dit que ce qui lui arrive est le résultat d’une lutte menée pendant des années par les communautés autochtones de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol d’abord pour en obtenir la démarcation en 2005 et, ensuite, la gestion. La Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI lui a demandé quelles sont ses principales propositions : « La défense des droits collectifs indigènes est un point prioritaire. Défendre la conclusion de la régularisation des terres, leur apporter une protection. Combattre les propositions anti-indigènes. Obtenir l’application de la consultation des peuples indigènes sur les projets de loi présentés à la Chambre les concernant… » Sa tâche sera ardue.

À part ces deux élues, les autres candidates et candidats indigènes – ils étaient près de 130 - ont échoué dans leur tentative…

Le nouveau parlement entrera en fonction en février 2019. La Chambre des Députés comptera une trentaine de partis contre 25 dans la législature qui se termine. Joênia y retrouvera 76 autres femmes, elles étaient 51 ces quatre dernières années. Les groupes de pression qui se constitueront vont traduire des rapports de forces plus ou moins favorables aux indigènes. Le rôle du nouveau Président de la République ne sera pas négligeable non plus ! Le deuxième tour de l’élection présidentielle aura lieu le 28 octobre. Le favori des sondages, Jair Bolsonaro, inquiète par ses propositions… Voir les médias !

                                                                     ***

*Voir dans ce blog la note du 4 octobre 2018.

Image : « Félicitations Joêna Wapichana – Élue - Première femme indigène députée fédérale ». Cliquer sur l’image pour en agrandir la taille.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

04/10/2018

Élections brésiliennes : les candidats indigènes plus nombreux !

Au 30 septembre, date de la dernière actualisation des statistiques électorales du Tribunal Supérieur Électoral – TSE, 131 candidats s’étaient déclarés comme « indigènes » aux prochaines élections brésiliennes des 7 et 28 octobre. Cela représente une augmentation d’environ 54 % par rapport aux élections de 2014 (85 candidats).* Mais ils ne représentent que 0,48% du total des postulants.

Les électeurs brésiliens (plus de 147 millions) sont convoqués pour élire les parlementaires et gouverneurs des États, les membres de la Chambre des Députés, une partie – cette année les deux tiers - du Sénat, le Président et le Vice-président de la République.

L’augmentation des candidatures indigènes à ces différents niveaux avait été souhaitée par les indigènes eux-mêmes lors du « Campement Terre Libre » qui avait réuni plus de 3'000 d’entre eux, à Brasilia, en avril dernier. Au moment du rassemblement, 21 pré-candidats avaient annoncé leur intention de se présenter. C’est dans les États amazoniens de Roraima et d’Amazonas qu’il y a le plus grand nombre de candidats indigènes, respectivement 20 et 17. Dans un relevé des données publiées par le TSE au début du mois d’août, le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI note que parmi les candidatures indigènes, 75 le sont pour occuper un poste de député « estadual » (membre du parlement d’un État), 39 pour un poste à la Chambre des Députés, 7 pour être suppléant d’un Sénateur, 2 pour être Sénateur, 1 pour être vice-gouverneur, et, enfin, 2 pour être Vice-président de la République.

En matière de choix politique, 26 se présentent sous l’étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL, 14 ont choisi le Parti des Travailleurs – PT, 9 le parti Rede Sustentabilidade – REDE (Réseau de « soutenabilité »), 9 le Parti Communiste du Brésil – PCdoB. Les autres se répartissent sur les listes de 28 partis différents.

Parmi ces candidatures, il faut relever celles de deux femmes.

Joênia Wapichana est candidate à la députation fédérale de l’État de Roraima. Elle est la première indigène du Brésil à exercer la profession d’avocate. Elle s’est engagée au sein du département juridique du Conseil Indigène de Roraima – CIR. Elle a milité pour la démarcation de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol. Elle a été la première présidente de la Commission des Droits des peuples indigènes au sein de l’Ordre des Avocats du Brésil – OAB. Elle se présente sous l’étiquette du REDE dont la leader est Marina Silva (qui avait démissionné du Gouvernement de Lula en 2008).

Sônia Bone Guajajara, est de l’État du Maranhão, plus exactement de la Terre Indigène Araribóia. Elle est infirmière. À l’Université de l’État du Maranhão elle a reçu une formation en éducation spécialisée. Son engagement dans le mouvement indigène est déjà ancien. Elle a été responsable de la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB avant d’avoir une responsabilité au sein de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Elle est la première indigène à briguer le poste de Vice-présidente de la République** au côté de Guilherme Boulos, candidat, lui, à la Présidence de la République pour le PSOL.

L’autre candidat indigène à la Vice-présidence de la République est Hamilton Mourão, un général en retraite. Lors d’un meeting électoral, tenu au début du mois d’août à Caxias do Sul, il a déclaré que le « Brésil avait hérité de l’indolence des indigènes et du comportement de malandrins des africains ». Discours qui a suscité de nombreuses réactions. Au-delà de ces propos, sa candidature accompagne celle du pour le moins controversé Jair Bolsonaro, candidat, lui, à la Présidence de la République. Celui-ci est connu de longue date pour ses positions anti-noirs et anti-indigènes. En 2017 déjà, il avait annoncé que, s’il était élu en 2018, il en finirait avec les réserves indigènes !

Les médias relatent abondamment l’évolution de cette campagne électorale qui marque le retour d’une extrême droite incarnée par ce candidat.

Dans l’histoire brésilienne, un seul indigène, Mário Juruna, a occupé un siège à la Chambre des Députés entre 1er février 1983 et le 31 janvier 1987. Actuellement, au sein du Congrès (Chambre des Députés et Sénat),

Les lobbys anti-indigènes sont puissants. Le CIMI vient de publier un document recensant les parlementaires (40 Députés et 10 Sénateurs) qui agissent le plus contre les droits indigènes.

Il y a tout juste trente ans, le 5 octobre 1988, le Brésil qui sortait de la dictature militaire, adoptait une Constitution reconnaissant aux indigènes des droits culturels et territoriaux. Droits malheureusement mal appliqués et maintenant contestés. Comment les électeurs brésiliens de 2018 vont - ils célébrer cet anniversaire. ?

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*Voir sur ce blog la note du 1er octobre 2014 / ** Voir la note du 31 mai 2018

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

30/10/2014

Élections brésiliennes, l'Amazonie et les peuples indigènes*

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, índios, terras indígenas, eleições, élections, Câmara dos Deputados, Senado, Presidente, Governador, Assembleia legislativa, Estados, 5 de otoubro, 26 de otoubro, Dilma Rousseff, Marina Silva, Aécio Neves, PT, Partido dos Trabalhadores, Partido Socialista Brasileiro, PSB, Partido da Social Democracia Brasileira, PSDB, APIB, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, demarcação, Acre, Amapá, Amazonas, Mato Grosso, Pará, Rondônia, Roraima, Tocantins, Maranhão, Nilmário Miranda, Padre Ton, Bancada ruralista, Frente Parlamentar da Agropecuária, Katia AbreuC'est maintenant connu, au deuxième tour le 26 octobre, sur l'ensemble du Brésil, Dilma Rousseff l'a emporté en obtenant plus 54,50 millions de voix, soit 51,64 % des votes exprimés. Elle dirigera le pays pour un deuxième mandat de quatre ans à partir du 1er janvier 2015. En 2010, elle avait été élue avec 54 % des voix. Son concurrent, Aécio Neves, a recueilli 51,04 millions de votes, soit 48,36 %. Une différence de 3,46 millions de voix.

En Amazonie légale**, au premier tour le 5 octobre, Dilma Rousseff est arrivée en tête dans cinq États de cette partie du Brésil : Amapá, Amazonas, Maranhão, Pará et Tocantins; elle a obtenu les voix de près de 6,86 millions d'électeurs. Aécio Neves est arrivé premier dans trois États : Mato Grosso, Rondônia et Roraima où il a recueilli un peu plus de 3,34 millions de suffrages. Marina Silva est arrivée en tête dans le seul État d'Acre d'où elle est originaire; elle a eu les faveurs de 2,27 millions d'électeurs.

Au deuxième tour, Dilma y a obtenu près de 7,6 millions de voix, étant arrivée en tête dans les mêmes cinq États qu'au 1er tour. Aécio Neves y a recueilli 4,9 millions de voix. Lui aussi a obtenu la majorité des suffrages dans les mêmes trois États que lors du 1er tour, plus l'État d'Acre. Marina Silva avait choisi de soutenir Aécio.

La Chambre des députés, où sont déposés de nombreux projets de lois concernant les peuples indigènes, se trouve modifiée par ces dernières élections. La coalition des neuf partis soutenant la candidature de Dilma Rousseff autour du Parti des Travailleurs - PT a placé 304 députés, soit 36 de moins que pendant la législature précédente. À lui seul, le PT a perdu 18 sièges, passant de 88 à 70 représentants. La coalition qui a appuyé la candidature d'Aécio Nevas autour du Parti de la Sociale Démocratie Brésilienne - PSDB sera forte de 130 députés. Le PSDB a gagné dix sièges passant de 44 à 54 représentants.

Les deux députés, Nilmário Miranda et Padre Ton, auteurs de la Proposition d'Amendement Constitutionnel – PEC No 320/2013, créant quatre places destinées à des représentants indigènes à la Chambre de députés ne sont plus membres de la Chambre. Nilmário, qui s'est présenté dans le Minas Gerais sur une liste du PT n'a pas été réélu. Padre Ton n'était pas candidat à la Chambre des députés, il a postulé pour le poste de Gouverneur de l'État de Rondônia sous l'étiquette du PT. Il n'est arrivé que quatrième. Les peuples indigènes ont perdu deux de leurs soutiens.

La "Bancada ruralista", aussi désignée sous le terme de "Frente Parlamentar da Agropecuária" (Front parlementaire de l'agro-élevage) de la Chambre des députés, est le groupe de pression représentant les intérêts de l'agrobusiness. Il lutte contre les droits des indigènes, notamment leurs droits territoriaux. Très vite, après le premier tour, il a publié un relevé préliminaire, selon lequel des 191 députés membres du front, 139 ont été réélus, et 124 nouveaux députés ont des liens avec ce secteur économique. Ainsi le Front pourrait regrouper 263 (51%) des 513 députés de la Chambre et disposer ainsi de la majorité absolue. Situation à vérifier après la mise en place de la nouvelle Chambre en janvier 2015.

Au Sénat, le fait à relever pour les membres de ce Front, c'est la réélection de Katia Abreu***, d'abord élue à la Chambre des députés en 2002, puis élue Sénatrice du Tocantins en 2006. Elle est la Présidente de la puissante Confédération de l'Agriculture et de l'Élevage du Brésil - CNA.

Globalement, au vu des résultats de ces élections, le cadre dans lequel sont traités les droits des peuples indigènes s'est plutôt dégradé. Entre les deux tours, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB avait déjà annoncé que " nos peuples indigènes de tout le pays continueront la lutte pour la démarcation de nos terres, la santé, l'éducation différenciée et la défense de l'environnement".

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* Voir sur ce blog, les notes du 1er et du 21 octobre

** Soit les États d'Acre (AC), Amapá (AP), Amazonas (AM), Mato Grosso (MT), Pará (PA), Rondônia (RO), Roraima (RR), Tocantins (TO) et une partie du Maranhão (MA) (compté ici dans sa totalité). L'Amazonie légale, avec ses 5,2 millions km2 constitue 61 % du territoire national, mais l'électorat amazonien, de près de 17,5 millions de citoyens, ne représente que 12,2 % des 142,8 millions d'électeurs brésiliens. Elle abrite de nombreux peuples indigènes.

*** Voir sur ce blog, la note du 23 décembre 2010.

- Carte : Élection présidentielle 2014, le vote du 2e tour dans les États de la Fédération et en Amazonie légale. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image,

- PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 98, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

21/10/2014

Élections brésiliennes : le deuxième tour ce 26 octobre

Les médias l'ont largement évoqué, comme en 2010, il y a un second tour pour l'élection présidentielle avec les deux candidats arrivés en tête le 5 octobre : Dilma Rousseff  (PT*) a recueilli plus de 43 millions de voix soit 41,59 % des suffrages et Aécio Neves (PSDB*) près de 35 millions, soit 33,55 %. Dans les premiers "viennent ensuite", on trouve : Marina Silva (PSB*) avec plus de 22 millions de voix, soit 21,32 %. Elle avait été deuxième dans les sondages pendant plusieurs semaines. Loin derrière Luciana Genro (PSOL*) avec 1,6 millions de votes, soit 1,55 %. Pour le deuxième tour, Marina Silva soutient Aécio Neves.

Pour ces élections, le Tribunal Supérieur Électoral a publié la liste des candidats selon leur origine ethnique, dont ceux qui se sont auto-déclarés "Indigènes". Dans l'État de Roraima**, la tentative de placer Mário Nicácio à l'Assemblée Législative de l'État et Aldenir Wapichana, à la Chambre des Députés a échoué. Le premier est arrivé en 40e position avec 2’064 voix. Le second arrive en 25e position avec 1’936 voix.

Deux des candidats auto-déclarés "Indigènes" ont été élus. José Carlos Nunes da Silva, candidat député à l'Assemblée législative de l'État du Espirito Santo a été élu avec 26'749 voix, sur une liste du PT. C'est un leader du syndicat des employés de commerce de la Centrale Unique des Travailleurs – CUT. Ses liens avec l'un ou l'autre des peuples indigènes ne sont pas mentionnés. Le deuxième élu est Paulo Guedes, candidat député à l'Assemblée Législative du Minas Gerais également sur une liste du PT. Il a été élu avec 164'831 voix. C'est un enseignant. Il va assumer un 3e mandat dans cette Assemblée. Il affirme avoir des liens avec le peuple Xakriabá*** qui occupe plusieurs Terres Indigènes dans cet État.

Globalement, la question de la représentation politique des peuples indigènes reste posée. Il n'y a toujours pas de représentant indigène à la Chambre des députés.

Avant le deuxième tour, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB a publié une lettre ouverte aux deux candidats à la présidentielle : "Le mouvement indigène, par l'APIB, manifeste son indignation sur la manière avec laquelle les grands partis qui contrôlent le pouvoir dans le pays déconsidèrent les droits constitutionnels de nos peuples originaires. Fait qui se reflète dans la manière dont ce thème a été systématiquement ignoré dans la campagne électorale". L'APIB rappelle qu'est public et notoire le mépris manifesté envers les peuples indigènes par le premier gouvernement de la présidente Dilma Rousseff… "elle a permis que son ministre de la justice paralyse complétement les démarcations des terres dans le pays". Quant au candidat Aécio Neves, l'APIB lui reproche notamment son appui à la Proposition d'Amendement Constitutionnel 215 – PEC 215 (qui veut transférer au Congrès le droit à la démarcation des Terres Indigènes). Dans ces conditions, l'APIB adresse à nouveau aux deux candidats la lettre envoyée aux présidentiables avant le premier tour. L'Articulation rappelle que les revendications historiques des indigènes sont toujours négligées. "Nous annonçons que nos peuples indigènes de tout le pays continueront la lutte pour la démarcation de nos terres, la santé, l'éducation différenciée et la défense de l'environnement".

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* PT – Parti des Travailleurs; PSDB – Parti de la Sociale Démocratie Brésilienne; PSB – Parti Socialiste Brésilien; PSOL – Parti Socialisme et Liberté

** Voir sur ce blog, la note du 1er octobre 2014.

*** Prononcer Chakriabá

- PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note sera publiée dans "AYA Info"  No 97, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

01/10/2014

Élections 2014 : Les candidatures indigènes

Pour ces très prochaines élections brésiliennes* le Tribunal Supérieur Électoral – TSE a publié une statistique relative à la couleur et à la race des candidats, selon qu'ils se sont déclarés appartenir à l'une ou l'autre de cinq catégories : blancs, indigènes (amérindiens)**, jaunes (d'origine asiatique), de noirs et de "pardos" (métis descendants de parents noirs et blancs; de blancs et d'amérindiens, et de noirs et amérindiens).

Au 11 septembre, sur les 26'142 candidats, 86 (soit 0,33%) se déclarent indigènes. Parmi ceux-ci, les plus nombreux – 55 - sont candidats pour siéger comme Député "Estadual" (dans une Assemblée législative d'un État); 25 sont postulants à la Chambre des Députés à Brasilia; 3 le sont pour un poste de Sénateur; 2 comme Sénateurs-suppléants et un pour un poste de Vice-gouverneur. Le TSE a déclaré 5 candidatures "Indigènes" non valables. Parmi les candidatures indigènes 29 (34 %) sont des femmes. Du point de vue géographique, 34 candidatures émanent de huit des neuf États de l'Amazonie légale.

Les candidates et candidats indigènes se présentent au corps électoral sur les listes de 23 partis différents. Les plus nombreux : 37 (dont 16 pour le seul Parti des Travailleurs - PT) sont inscrits dans les partis de la coalition de Dilma Rousseff. Celle de Marina Silva en compte 17. Et celle d'Aécio Neves 9. Il y en 12 sur les listes du Parti Socialisme et Liberté – PSOL, et encore 11 dans divers partis. Il faut noter que les coalitions de partis sont variables selon les différentes instances, les États et les postes dont il s'agit.

Dans l'histoire récente du Brésil, il n'y a eu qu'un Indien ayant siégé à la Chambre des Députés : il s'agit de Mário Juruna, élu de Rio de Janeiro entre 1983 et 1987. Le système de désignation des 513 membres de la Chambre des Députés, où chaque État a droit à un certain nombre de représentants en fonction de son nombre d'habitants, rend difficile une représentation indigène.

Des organisations indigènes s'inquiètent de cette absence de représentation. Au mois de mars dernier déjà, le Conseil Indigène de Roraima - CIR, avait mis la question de la politique des partis et du vote "propre" à l'ordre du jour de sa 43e Assemblée générale. En mai, le Conseil des Tuxauas des neuf ethnies de Roraima a voulu que le vote des Indiens soit en faveur de candidats Indiens. Ils ont proposé que deux dirigeants du CIR soient candidats : Mário Nicácio comme Député "Estadual" et Aldenir Wapichana pour la Chambre des Députés. Dans cet État, près de 12% des 497'000 habitants sont des indigènes, une candidature indigène a un mince espoir d'aboutir.

Il faut rappeler que la représentation politique dans cet État est particulièrement anti-indigène. Par exemple, Paulo Cesar Quartiero, député fédéral dans la législature qui se termine, et maintenant candidat au poste de Vice-gouverneur de l'État, a été l'un des plus farouches opposants à la démarcation de la Terre Indigène Raposa Serra do Sol.

À la fin septembre – début octobre 2013, au moment de la mobilisation indigène pour célébrer le 25e anniversaire de la Constitution, deux députés du PT, Nilmário Miranda et Padre Ton, ont déposé une Proposition d'Amendement Constitutionnel – PEC (No 320/2013) créant quatre sièges pour des représentants indigènes à la Chambre des Députés. Selon les auteurs, la proposition "renforce la démocratie brésilienne qui passe non seulement par la reconnaissance de l'importance politique des peuples indigènes brésiliens, mais consolide un modèle démocratique voulant une véritable inclusion sociale et politique". La proposition est toujours en examen…

Ces élections s'inscrivent dans un moment où les droits des peuples indigènes sont remis en cause.

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* Voir sur ce blog, la note du 26 septembre.

** En 2010, la population auto-déclarée "Indigène" (818'000 personnes) représentait 0,44% des habitants du pays.

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- PS 1 : Plusieurs notes ont été publiées sur ce blog, en octobre, novembre et décembre 2010 à l'occasion des élections de 2010.

- PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 96), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

26/09/2014

Élections 2014 : La question indigène dans les programmes de gouvernement

Le 5 octobre prochain, les 143 millions de citoyens brésiliens sont appelés aux urnes pour le premier tour de l'élection présidentielle, mais aussi pour élire leurs représentants à la Chambre des Députés, un tiers des membres du Sénat, les Gouverneurs et les membres des Assemblées législatives des États. Le deuxième tour aura lieu le 26 octobre.

À ce jour, trois candidatures pour la présidence de la république arrivent en tête des sondages, celle de Dilma Rousseff, l'actuelle présidente qui se représente pour une coalition constituée autour du Parti des Travailleurs (PT). Celle de Marina Silva, ancienne ministre de l'Environnement – elle avait été membre du gouvernement de Lula entre 2003 et 2008 - qui se présente pour la coalition constituée autour du Parti Socialiste Brésilien (PSB). Et celle d'Aécio Neves, de la coalition constituée autour du Parti de la Sociale Démocratie Brésilienne (PSDB).

Malgré leur caractère relatif, les programmes de gouvernement des candidats permettent, à l'aide de quelques mots-clefs : "Indigènes", "Démarcation", et [Communautés] "Traditionnelles", de connaître leurs intentions à l'égard des peuples indigènes du pays.

Dans le programme de Dilma Rousseff, les termes "Indigènes" et "Démarcation" n'y figurent pas. Le terme de populations "traditionnelles" est mentionné dans la partie "Un nouveau cycle historique" où il est question de renforcer l'usage de procédés productifs faibles en émission de gaz à effets de serre. Présidente sortante, son bilan en matière de politique indigéniste est critiqué par les organisations indigènes. Par exemple, ces dernières lui reprochent de n'avoir démarqué que quelques Terres Indigènes au cours de ses années à la tête de la république.

Dans celui de Marina Silva, le terme "Indigènes" revient trois fois. Tout d'abord dans la description des axes de son action gouvernementale en faveur d'un nouveau cycle de développement soutenable… par la construction d'un État et d'une démocratie de haute intensité. Ensuite, en matière d'éducation, où est affirmé le droit à la diversité. Enfin, en matière de culture, d'activités artistiques, communautaires et entrepreneuriales : "Créer des formes adéquates pour le soutien (l'encouragement) des activités économiques des groupes indigènes et des populations traditionnelles".

Le terme "[communautés] traditionnelles" revient trois autres fois. Tout d'abord en rapport avec l'axe 2 de son programme : "Economie pour le développement durable" à propos des "Regroupements productifs locaux" : ... appui à l'organisation sociale des producteurs locaux et des communautés traditionnelles… Ensuite à propos du "Développement rural et agropastoral" : établir des synergies entre les universités rurales et écoles techniques agricoles pour répondre aux demandes des  communautés et populations traditionnelles. Le terme "démarcation" est cité une fois dans la partie "identités et reconnaissance des diversités culturelles" : garantir les processus de démarcation et d'homologation des terres indigènes et les possibilités de développement et d'autonomie des peuples indigènes.

Dans le programme d'Aécio Neves, le terme "indigènes" revient six fois au chapitre des Droits humains. Il est mentionné la volonté de donner une priorité aux politiques en relation avec les secteurs les plus vulnérables de notre société (dont les peuples indigènes). Le terme "démarcation" est cité une fois au chapitre du "Développement soutenable de l'agriculture familiale alimentaire" : "accélération de la régularisation foncière des territoires, accélération des processus de démarcation en garantissant leur protection physique… Au chapitre traitant de l'environnement et de la citoyenneté planétaire, est inscrite la "Reconnaissance du rôle des populations traditionnelles dans la conservation de la biodiversité" et "Valorisation des connaissances de ces populations moyennant une politique et une législation spécifiques."

Compte tenu du fait que plusieurs candidats indigènes se présentent sous l'étiquette du Parti Socialisme et Liberté – PSOL, il est intéressant d'examiner le programme de gouvernement de Luciana Genro, la candidate de ce parti, même si les sondages ne la placent qu'en 5e position avec environ 1% des intentions de vote. Les termes "[communautés] traditionnelles" et "démarcation" n'y figurent pas. Et "indigènes" est cité une fois pour rappeler la mobilisation des peuples indigènes de mai dernier à Brasilia. L'intérêt des indigènes pour ce parti vient probablement du fait que ce dernier veut un autre développement économique : …"Le Brésil a besoin de conquérir sa véritable souveraineté. Aujourd'hui la situation [du pays] est la soumission aux intérêts du capital  financier et monopolistique…"

Comme on peut le constater, la question indigène est relativement peu présente dans les programmes de gouvernement. Ce thème ne fait l'objet d'un chapitre spécifique dans aucun de ces documents.

Le 15 septembre, l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a publié une lettre ouverte aux candidates et candidats à la présidence de la république. L'articulation dénonce d'abord les attaques contre les droits indigènes émanant des pouvoirs publics et des grands médias. Elle leur demande de s'engager à respecter les droits inscrits dans la Constitution fédérale, la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail et autres traités internationaux signés par le Brésil. L'APIB détaille en onze points l'essentiel de ses revendications. Les premières concernant les droits territoriaux : la démarcation et la protection de toutes les Terres Indigènes. Il y est aussi question de la représentation des peuples indigènes dans diverses instances, le service de santé et l'éducation indigène. "L'engagement des gouvernants à mettre en œuvre ce programme sera la manifestation d'une volonté de dépasser les plaies et atrocités commises contre nos peuples, jusqu'à aujourd'hui depuis les 514 ans de l'invasion européenne. L'application de ce programme donnera une réalité au modèle constitutionnel [de 1988] qui a mis fin à l'indigénisme "intégrationiste", ethnocentrique, autoritaire, paternaliste, tutélaire et "assistancialiste". Il permettra de restituer l'autonomie de nos peuples, sujets politiques, ethniquement et culturellement différenciés. Cela en faveur de la fin de l'État colonial et d'une société réellement démocratique, juste et plurielle."

- PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 96), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2