07/03/2017

"Trading Paradise", un film de Daniel Schweizer

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, povos, Daniel Schweizer, Trading paradise, Dirty Paradise, Dirty Gold War, Swissaid, Grand-Saconnex, Scala, FIFDH, Genève, Festival du Film Vert, FFV, Salle Communale des Délices, SuisseOn sait que la Suisse est l'une des principales places mondiales du commerce des matières premières. Une activité qui s'exerce généralement en toute discrétion. Le cinéaste Daniel Schweizer veut aller à contre-courant de cette discrétion. Son dernier film sur le sujet, "Trading Paradise", sort sur les écrans romands ce mois de mars. Il s'agit d'un documentaire par lequel le producteur veut poursuivre son travail portant sur la responsabilité de la Suisse dont certaines entreprises, parmi les plus puissantes au monde, ont des comportements à risque à l'étranger. Il a voulu combler un vide sur la problématique du commerce et des entreprises extractives.

Ce film, avec "Dirty Paradise " de 2010* et "Dirty Gold War" de 2015**, clôt une forme de trilogie sur l'impact de l'exploitation minière sur les communautés proches des sites.

Questionné sur la capacité des films documentaires à changer le monde, Daniel Schweizer est d'avis que : "Des films qui défendent un parti pris fort, dévoilant des réalités peu connues et travaillant en immersion avec leurs protagonistes peuvent permettre de changer la perception de ce qui se joue dans le monde. En préparant sur de longues périodes des films documentaires, en filmant de l’intérieur et en empathie, en accompagnant ses personnages, recueillant leurs confidences, en étant proche d’eux, plutôt que d’adopter une posture de voyeur ou d’observateur indifférent, je suis persuadé que le cinéma documentaire a une force et une raison d’être. Le documentaire indépendant doit s’éloigner du reportage afin de poser un autre regard sur le monde et sa complexité."

À Genève, "Trading Paradise" sera présenté par l'ONG Swissaid dans le cadre du Festival du Film Vert - FFV, ce jeudi 9 mars, à la Salle Communale des Délices du Grand-Saconnex et le 16 mars en ville de Genève, au cinéma Scala, en collaboration avec le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains – FIFDH 2017.

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* Voir sur ce blog la note du 4 mai 2010. **Voir la note du 5 mars 2015

Le dossier de presse du film peut être consulté à cette adresse :

https://www.swissaid.ch/sites/default/files/TP_Presskit_FR-3.pdf

Illustration : l'affiche du film. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

La bande de lancement du film :

 PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 115, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

05/06/2015

Trafic d'or dans la TI Yanomami : un réseau démantelé

Le matin  du 7 mai, la Police fédérale et l'Institut Brésilien du Milieu Ambiant – IBAMA ont réalisé une importante opération appelée "Warari Koxi" (esprit de porc en yanomami) pour mettre un terme aux agissements d'une organisation criminelle d'extraction illégale d'or et de diamants sur la Terre Indigène Yanomami (TI-Y) avec, à la clé, du blanchiment d'argent.

Outre les dégâts considérables causés à l'environnement, notamment par l'usage de mercure et autres métaux lourds, les préjudices sont estimés à 17 millions de réais par mois (environ 5,4 millions de US$) pour un total portant sur un milliard de réais (environ 316,5 millions de US$) pendant ces deux dernières années 2013 et 2014.

L'opération a été conduite par près de 150 policiers fédéraux agissant simultanément dans plusieurs États du pays : Roraima, Amazonas, Rondônia, Pará et São Paulo.

L'organisation était composée d'entrepreneurs, de fonctionnaires publics, d'une institution financière spécialisée dans la distribution de titres et valeurs mobilières, de propriétaires de "garimpos" (de lieux d'extraction d'or ou de diamants), de commerces de vente et d'achat d'or, de bijoutiers-joailliers et même de pilotes d'avions. Pour l'extraction de l'or, elle agissait dans la région de Boqueirão et Uraricoera, dans la TI-Y, à l'extrême nord de l'État de Roraima. La police estime que se sont environ 160 kg d'or qui, mensuellement, ont été retirés illégalement de ces zones.

L'enquête de la police porte sur plusieurs chefs d'accusation : association criminelle, extraction illégale de ressources naturelles, usage de mercure, usurpation du patrimoine de l'Union, recel de biens provenant de crimes, corruption massive, violation du secret de fonction, contrebande, blanchiment d'argent et opérations financières non autorisées par la Banque centrale.

Selon "Amazônia Real", au cours de la première semaine de l'intervention, une centaine de garimpeiros ont été évacués, 30 barges ont été saisies et 20 campements détruits qui, chacun pouvait accueillir une trentaine de garimpeiros. L'agence a questionné l'un des agents de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI mis en cause par la police. C'est un fonctionnaire connu pour son action contre l'orpaillage illégal dans la TI-Y. Il dit être victime d'une dénonciation par ceux auxquels il a causé un préjudice…

Depuis plusieurs années des opérations* de police sont réalisées pour mettre un terme à l'orpaillage illégal dans la TI-Y. Mais, à peine évacués, les "garimpeiros" retournaient sur les lieux d'orpaillage sans que les réseaux qui les engagent ne soient inquiétés. Maintes fois les Yanomami ont regretté cet état de fait. Le leader Yanomami, Davi Kopenawa, est menacé de mort pour son opposition à l'orpaillage illégal.

Il sera intéressant de suivre l'enquête et d'en connaître les conclusions. Jusqu'où l'or sale a-t-il été écoulé ? Rappelons ici que la Suisse achète de l'or au Brésil.

* Voir sur ce blog, les notes du 10 janvier 2015, 29 août et 28 mars 2014, et des 2 et 30 mars 2012.

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PS 1 : La note du 28 mai dernier, publiée sur ce blog, signale que le film "Dirty Gold War" (La guerre de l'or sale) de Daniel Schweizer qui traite des impacts de l'extraction de l'or passe sur les écrans romands. Une séquence du film traite de l'orpaillage illégal chez les Yanomami.

PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- L'essentiel de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 103, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

28/05/2015

Le film "Dirty Gold War" est présenté en salle

Brasil, Brésil, Brasilia, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Dirty Gold War, guerre de l'or sale, FIFDH, Scala, Peru, Pérou, Madre de Dios, Yanacocha, Suisse, Dirty Paradise, Guyane, Genève, Aldo Bearzatto, Daily Movies,Rita production, Lausanne, Vevey, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel, Fribourg, Sion"La guerre de l'or sale", c'est le titre que Daniel Schweizer a donné au film qu'il présentera le 3 juin prochain au cinéma "Scala"*. Il l'a déjà présenté, en première mondiale, le 7 mars dernier à Genève, à l'occasion du Festival du film et forum International sur les Droits Humains – FIFDH. Dans le dossier de presse du film, l'auteur explique ainsi les raisons pour lesquelles il a réalisé ce film : "Convoité et recherché, évoquant le glamour, la pureté et l’opulence, il [l'or] dissimule toutefois une part sombre où des dimensions humaines et écologiques sont dangereusement menacées. C’est ce scandale de l’or sale que je veux faire voir au travers de ce documentaire, car la majorité des gens semblent aujourd’hui l’ignorer. J’ai envie de rompre le silence et de faire mon travail de cinéaste, c’est-à-dire regarder là où l’on ne regarde pas, être présent là où on ne peut plus l’être et mettre sur le devant de la scène cette réalité peu médiatisées. En outre, le fait que je vive en Suisse, une des plaques tournantes du marché de l’or, a contribué d’autant plus à nourrir ma détermination à réaliser ce film.

Il signale des initiatives porteuses d'espoir : "En Amérique du Sud, au Brésil et au Pérou, les projets miniers menacent les populations locales. Le pire est en train de se passer à Madre De Dios ou à Yanacocha, tandis que dans d’autres régions des productions labellisées « green gold » ou « commerce équitable » tentent de se mettre en place. C’est au fond, là, une petite révolution qui est en marche, souvent modeste, mais qui révèle que d’autres pistes, viables, peuvent être empruntées. Un or « vert » ou « propre » serait donc généralisable pour demain ?"

En mars, lors de la présentation du film destinée au public de collégiens et d'apprentis, ces derniers ont particulièrement questionné Daniel Schweizer sur les possibilités d'action en Suisse : Que pouvons nous faire ? Le cinéaste a rappelé comment, pour beaucoup d'autres produits, les consommateurs demandent aux distributeurs de les informer sur la provenance et le mode de production des biens mis en vente. Mais c'est, selon lui, une question trop rarement posée à ceux qui sont actifs dans le commerce de l'or. Revendiquer et appliquer la traçabilité permettraient aux consommateurs de pouvoir choisir un produit propre.

Notre pays doit s'interroger sur l'origine de ses importations d'or et prendre des mesures pour éviter que le métal précieux, stocké sous forme de lingots, ou commercialisé sous forme de montres et de bijoux, ne soit pas d'origine douteuse. Ce serait-là notre contribution et notre soutien aux organisations indigènes, indigénistes et écologistes qui refusent de baisser les bras devant les réseaux souvent puissants et illégaux.

Ce n'est pas la première fois que Daniel Schweizer aborde le problème de l'or sale. Son film** "Dirty Paradise" dont le cadre se situe en Guyane française abordait le même sujet. Ce documentaire avait également été présenté au FIFDH en 2010. Il avait reçu le Grand Prix de l'État de Genève.

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* Cinéma Scala, 23 rue des Eaux-Vives, 1207 Genève, le 3 juin à 20h. Lors de la présentation, outre le réalisateur, il est prévu une intervention de Jean-Luc Pittet, Secrétaire général de Terre des Hommes Suisse/Genève, une ONG qui soutient des projets au en Amazonie péruvienne et brésilienne. Le film produit par "RITA Production" devrait rester à l'affiche deux semaines.

** Voir sur ce blog la note du 4 mai 2010

Pour visionner la bande annonce de "Dirty Gold War", cliquer > ICI  / Voir également l'interview du réalisateur par Aldo Bearzatto, publiée en mars 2015 sur le site de "Daily Movies" .

En Suisse romande, les séances spéciales de présentation auront lieu selon le programme suivant :

Lausanne – Pathé Les Galeries – jeudi 4 juin 2015 à 19h00

Vevey – Cinéma Rex 4 ou Astor – vendredi 5 juin 2015 à 18h45

La Chaux-de-Fonds – Cinéma Scala – samedi 6 juin 2015 à 18h00

Neuchâtel – Cinéma Bio – samedi 6 juin 2015 à 20h00

Fribourg – Cinéma Rex – dimanche 7 juin 2015 à 11h00

Sion – Cinéma – lundi 8 juin 2015 à 18h00

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PS 1 : En lien avec le sujet, voir sur ce blog, les notes des 5 mars 2015, 17 décembre 2014, 28 mars 2014 et 30 décembre 2013

PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- L'essentiel de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 101, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

05/03/2015

À voir : Dirty Gold War

"La guerre de l'or sale", c'est le titre que Daniel Schweizer a donné au film qu'il présentera*, le 7 mars, en première mondiale, à l'occasion du Festival du film et forum International sur les Droits Humains – FIFDH qui se déroule à Genève du 27 février au 8 mars.

Il s'agit d'un documentaire sur la filière de l'or, de son exploitation en Amérique du sud, son lot de miséreux, les dégâts causés à la santé des populations indigènes et à l'environnement, jusqu'aux vitrines des commerces de luxe en Europe. Il évoque le combat des organisations indigènes, indigénistes et écologistes qui refusent de baisser les bras devant les réseaux souvent puissants et illégaux.

Ce n'est pas la première fois que Daniel Schweizer aborde le problème de l'or sale. Son film** "Dirty Paradise" dont le cadre se situe en Guyane française abordait le même sujet. Ce documentaire avait également été présenté au FIFDH en 2010. Il avait reçu le Grand Prix de l'État de Genève. La pollution par le mercure de la population amérindienne de Guyane continue. Comme elle continue dans bien d'autres régions. C'est l'Amazonie, d'Est en Ouest qui est touchée…

Notre pays doit s'interroger sur l'origine de ses importations d'or et prendre des mesures pour éviter que le métal précieux commercialisé sous forme de montres et de bijoux ne soit d'origine douteuse.

Le problème de l'orpaillage illégal a maintes fois été évoqué sur ce blog…

Daniel Schweizer rappelle notre responsabilité !

* Samedi 7 mars à 20h30 – Salle du Théâtre Pitoëff, 52 rue de Carouge, 1205 Genève

** Voir sur ce blog la note du 4 mai 2010

Pour voir la bande annonce de "Dirty Gold War", cliquer > ICI

23/12/2014

Un médecin demande à la multinationale Vale SA d'éviter la pollution du Rio Cateté

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, Amazonas, Autochtones, indigènes, povos indígenas, Xikrin, Cateté, Pará, Kayapó, Kakarekré, Porekrô, Baypran ,FUNASA, René Fuerst, Aurélien Fontanet, Daniel Schweizer, Père Caron, Dominicains, Toulouse, Curé d'Indiens, Pierre Clastres, João Paolo Botelho Vieira Filho, UFSP, UNIFESP, Fernando Collor, Carouge, Genève, Flux Laboratory, OMCT, Conseil des droits de l'homme, FIFDH, Djudjê – Kô, Kateté, Oodjã, F.H. Cardoso, Cesta básica, diabète, diabetes, uma visão da saúde dos xikrin, merenda escolar,Vale, Sesai, Funai, minstério públicoAu cours du mois de juillet dernier, le photographe et vidéaste genevois Aurélien Fontanet est retourné chez les Indiens Xikrin* du Cateté (dans l'Etat brésilien du Pará) qu'il avait déjà visité en 2013**. Il avait alors apporté l'ouvrage que leur a consacré l'ethnologue René Fuerst qui avait vécu avec ce peuple en 1963. Cette année, Aurélien a effectué son voyage en compagnie du docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, professeur adjoint à l'Ecole de médecine de São Paulo – UNIFESP. Ce médecin apporte son aide aux Xikrin depuis 1967. Il est le consultant médical des associations indigènes Xikrin, Kakarekré, Porekrô et Baypran. En juillet, il a publié un rapport intitulé "Vision de la santé des Xikrin de la Terre Indigène - TI Kateté", avec un sous-titre évocateur : "L'insensibilité  des personnes envers les proches malades et nécessiteux devrait être cataloguée comme pathologie psychique". De son voyage, Aurélien a rapporté cet intéressant document.

En 2014 comme en 2013, le médecin a réalisé un relevé démographique des trois villages de la TI, Djudjê – Kô, Kateté et Oodjã où le nombre total d'habitants est quasiment resté stable, soit 1'313 en 2014 et 1'320 en 2013. Il faut rappeler que dans les années 60, les Xikrin du Cateté étaient un peu moins d'une centaine. Cette "renaissance" reste fragile. Les menaces qui pèsent actuellement sur les trois communautés sont bien réelles.

Elles tiennent d'abord à la proximité de l'exploitation minière de la multinationale Vale*** qui a un impact sur les communautés. Un décret présidentiel de F.H. Cardoso de 1997 impose à cette compagnie de fournir une assistance aux habitants de la TI. Une assistance sous diverses formes : indemnité versée aux associations indigènes, transports des malades vers les hôpitaux, etc. Le médecin attire l'attention de Vale sur la pollution du rio Cateté causée par ses activités minières. La santé des habitants de la TI dépend de la qualité de l'eau de la rivière. Si le rio devait rester pollué par des déchets de minerai, des matières toxiques ou des métaux lourds, les indiens seront exposés à des cancers. Les poissons seront impropres à la consommation. Il demande la construction d'ouvrages pour empêcher cette pollution.

Le rapport aborde également d'autres problèmes concernant les pouvoirs publics brésiliens : période de vaccination contre la grippe trop tardive, dépistages du cancer du col de l'utérus trop rares, manque de dentiste, nécessité d'un poste de santé dans le village de Kateté, comportements autoritaires des non indiens vis à vis des Xikrin. Compte tenu du nombre de diabétiques, le médecin rappelle l'importance de l'éducation alimentaire et la nécessité d'adapter le "Cesta basica" (le panier de base) remis à la population et les "Merendas escolares", les repas servis aux enfants des écoles des villages indigènes : ils sont trop riches en sucre. En raison de leur  patrimoine génétique, les populations indigènes sont celles qui, dans le monde, ont une plus grande prévalence et incidence du diabète.

L'appel du médecin sera-t-il entendu ?

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* Prononcer "Chikrine"

** Voir sur ce blog la note du 12 mars 2014

*** Vale International SA a son siège en Suisse, à Saint-Prex, dans le canton de Vaud

Photo © Aurélien Fontanet : Le docteur João Paulo Botelho Vieira Filho avec l'une de ses patientes Xikrin / Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

Ci-dessous : une carte (Instituto Socioambiental) pour situer la TI Xikrin - Cliquer sur le vignette pour agrandir l'image.

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans "AYA Info" (No 98), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

12/03/2014

Chez les Xikrin* du Cateté, cinquante ans après

À Carouge /Genève une exposition(1) est consacrée à ce peuple de l'État brésilien du Pará qui a failli disparaître. En 1967, les Xikrin do Cateté étaient moins d'une centaine, 98 exactement. En 2010, la Fondation Nationale de la Santé – FUNASA en a dénombré 1'818, dont  plus de 1'056 sont dans la Terre Indigène Xikrin do Cateté. Une "renaissance" qui ne doit rien au hasard. Elle est due à la résistance des indigènes eux-mêmes et à l'appui de quelques personnes qui ont épousé leur cause.

L'ethnologue René Fuerst a connu ces Xikrin en 1963. Il leur a consacré un ouvrage(2). Et, en 2013, le photographe et vidéaste Aurélien Fontanet a passé quelques semaines dans leurs communautés. Il a remis aux Xikrin le livre de leur ancien visiteur. Il a évidemment rapporté de son séjour amazonien des photos et un court métrage. Les images prises à cinquante ans de distance illustrent les changements, mais aussi la continuité de la culture de ce peuple.

Le 5 mars, lors du vernissage de l'exposition, le cinéaste Daniel Schweizer connu pour son engagement, notamment en faveur des peuples indigènes, a présenté le contexte dans lequel vit ce peuple. Les intervenants ont rappelé le rôle joué dans les années soixante par le Père Raymond Caron, un dominicain français qui a apporté son soutien aux Xikrin décimés par les maladies contractées au contact des "blancs". À son retour en France, avant son décès en 1975 au Couvent des Dominicains de Toulouse, le religieux a relaté son vécu brésilien dans un ouvrage "Curé d'Indiens", publié en 1971(3). Dans la recension qu'il fait de ce livre, l'anthropologue et ethnologue Pierre Clastres, commence ainsi son commentaire : "Le livre ne répond en rien au titre. "Curé d'Indiens" ne décrit pas, comme on pourrait le craindre, l'expérience d'un missionnaire cherchant à christianiser des Sauvages. C'est tout le contraire, puisque l'auteur, le Père Caron, narre au jour le jour les années (1966 – 1970) passées à tenter le sauvetage d'une petite tribu Kayapó du Brésil central, les Xikrin, menacés de disparition. "C'est cette lutte pour la vie, ce combat pour la justice, que j'ai raconté dans ce journal [dit-il]." Les termes ne sont pas excessifs, car il a fallu au P. Caron des ressources inépuisables de générosité et d'obstination pour parvenir à imposer son action.  On s'indigne au fil des pages, du cynisme et de la bassesse que l'auteur a dû affronter…"

Rappel a aussi été fait d'une autre personnalité qui apporte son assistance aux Xikrin depuis plus de quarante ans. Il s'agit du docteur João Paulo Botelho Vieira Filho, professeur adjoint de l'École  de médecine de l'Université fédérale de São Paulo. Encore récemment, dans un rapport de juillet 2013, il affirme que "Les Indiens doivent être informés des très grands risques qui doivent être évités pour leur survie physique, psychique et culturelle : le diabète, l'alcoolisme, la contamination par le virus HIV. Un risque majeur, toujours présent, est la perte des terres traditionnelles qui conduit à la mort, par le manque de volonté de vivre en raison des mauvaises conditions de vie. Un risque qui peut être évité dès que le gouvernement collabore."

Au même lieu, Daniel Schweizer présente également le portrait d'une douzaine de personnalités – dont le Yanomami Davi Kopenawa et le Kayapó Raoni - engagées dans la défense des droits humains en lien avec l'industrie extractive; un secteur qui opère souvent dans des contextes déjà fragilisés. Il a également présenté un court métrage "Yanomami en sursis".

L'événement, en fait une double exposition, a lieu alors qu'à Genève se tient la 25e Session du Conseil des Droits de l'Homme - CDH et que se déroule le Festival du Film et Forum International sur les Droits Humains – FIFDH. Parmi les partenaires officiels du festival on trouve l'Organisation Mondiale de lutte Contre la Torture – OMCT. Une ONG qui a un programme de défense des défenseurs des droits de l'homme. Flux Laboratory est également partenaire du Festival. L'exposition participe à ce temps fort de l'action pour le respect des droits humains.

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* Prononcer "Chikrine"

(1) L'exposition a lieu dans les locaux de Flux Laboratory, 10 rue Jacques-Dalphin, 1227 Carouge / Genève. Elle est ouverte jusqu'au 20 mars 2014, du lundi au vendredi de 10h à 17h, ou sur rendez-vous. Entrée libre.

(2) "Xikrin – Hommes oiseaux d'Amazonie" – Publié en 2006  - 5 Continents Editions -  ISBN 978-88-7439-317-6

(3) "Curé d'Indiens", publié à l'Union générale d'Éditions en 1971 dans la collection 10/18

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Une version réduite de cette note sera publiée dans le prochain AYA Info (No 91), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

30/12/2013

François Hollande, le Brésil, la Guyane et l'orpaillage illégal

Resté quasiment cinq ans dans les tiroirs et devant les Commissions du parlement brésilien, l'accord, signé en décembre 2008, pour renforcer la coopération entre la France et le Brésil afin de prévenir et réprimer l'orpaillage illégal en Guyane a été approuvé par la Chambre des députés le 12 décembre dernier. Le président français était alors en visite officielle au Brésil. Le parlement français l'avait adopté en juillet 2011 déjà. Cet accord, voulu par les deux présidents Lula et Sarkozy en février 2008, concerne les zones protégées ou d'intérêt patrimonial. Il s'applique dans une bande de 150 km de part et d'autre de la frontière. Il énumère une série de mesures à mettre en œuvre dans différents domaines. Par exemple, parmi les mesures pénales, il est prévu la confiscation des produits des infractions, mais aussi la confiscation et la destruction des biens et matériels utilisés pour commettre les infractions. Il devra encore être mis en œuvre. La France aura-t-elle plus de poids pour le faire appliquer maintenant que Brésil a choisi le Gripen suédois, au détriment du Rafale français, pour renouveler sa chasse aérienne ?

Les forces de l'ordre ont également à contrôler la frontière avec le Suriname, pays avec lequel la France a un accord de coopération transfrontalière en matière policière, mais le président français souhaite un accord semblable à celui signé avec le Brésil.

Le 6 décembre, peu avant l'arrivée F. Hollande en Guyane, la Préfecture de région avait fait le point sur l'orpaillage illégal. Elle a fait état d'une aggravation de la situation. Après un net recul en 2008 – 2009, tous les indicateurs sont en hausse sensible. En 2009, il avait été relevé 535 chantiers actifs, il y en avait 771 en 2013.

La société civile guyanaise s'inquiète. Un collectif – Les Hurleurs de Guyane – composé d'une quarantaine d'associations a appelé à manifester le 13 décembre pour attirer l'attention de F. Hollande sur la gravité de la situation décrite dans un intéressant document d'une trentaine de pages. Ils y affirment que la production illégale de l'or est entre 3 et 20 fois la production d'or déclarée, comprise elle, entre 1 et 2 tonnes par an. Ce texte a été remis aux conseillers du président.

Les 13 et 14 décembre, dans plusieurs de ses discours, le président de la république a évoqué le problème de l'orpaillage illégal : "Nous irons jusqu'au bout de ce combat" a-t-il annoncé à sa descente d'avion.  Il a rappelé la mort de trois militaires et les graves blessures dont ont été victimes deux légionnaires dans les opérations de lutte contre l'orpaillage illégal. Devant les élus, puis devant les acteurs économiques de Guyane, il a repris une proposition qui lui a été faite de créer un opérateur public qui, "dans le respect de l'environnement, permettrait une exploitation de l'or guyanais au bénéfice de la seule Guyane".

Un contact avec les organisations amérindiennes de Guyane n'était pas prévu au programme de la visite. Et, apparemment, celles-ci ne se sont pas manifestées. Cependant, à l'occasion de ce voyage, Raymond Depardon, photographe et cinéaste; Michel Adam, anthropologue et professeur; ainsi que Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International – France, ont signé une "Tribune" dans le quotidien "Le Monde" du 12 décembre : … "Si François Hollande aspire à faire de la France "la nation de l'excellence environnementale", il est temps qu'il reconnaisse les droits fondamentaux des peuples indigènes de la République, les meilleurs gardiens de la biodiversité, et qu'il envisage sérieusement la signature de la convention 169 de l'OIT". En Guyane ce sont certainement les populations amérindiennes qui souffrent le plus de l'orpaillage illégal comme l'a bien montré le film "Dirty Paradise" de Daniel Schweizer*.

Enfin, le Brésil n'ayant pas encore terminé les travaux d'accès au pont sur l'Oyapock et permettant une liaison routière avec la Guyane, l'inauguration n'a pas été programmée pour cette visite… La construction du pont avait été annoncée en février 2008. L'inauguration était souhaitée pour 2010.

* Le film a été présenté en mars 2010 au Festival du Film et Forum sur les droits humains –FIFDH de Genève où il a reçu le Grand Prix de l'État de Genève – voir AYA Info No 48

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À tous les lecteurs de ces notes, amis ou inconnus, réguliers ou occasionnels, je souhaite une année 2014 de "Bien vivre" et de progrès vers une "Terre sans mal", selon des expressions utilisées par les peuples indigènes.

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PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

- Cette note a été publiée dans AYA Info (No 89), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

15/03/2013

2012 n'a pas été une année de progrès pour les peuples indigènes du Brésil

Pour les peuples indigènes du Brésil, 2012 n'aura pas été une année de progrès. S'il est vrai qu'il est difficile de retenir tout ce qui a fait l'actualité indigène au cours de ces douze mois, il reste que c'est bien la conclusion à laquelle conduit l'examen de quelques domaines-clés de la politique indigéniste du pays.

Pour les droits territoriaux, seulement sept Terres Indigènes – TI ont été démarquées le 5 juin, pour la journée mondiale de l'environnement. Et, en octobre, il y a eu la publication du rapport d'identification d'une TI dans l'État d'Amazonas. Au début décembre, les Xavante ont retrouvé leur terre ancestrale de Marãiwatsédé. Le lobby anti-indigène a été particulièrement actif au parlement. Au Sénat et à la Chambre des Députés, des élus ont mis à l'ordre du jour des Projets d'amendements constitutionnels visant à enlever au Gouvernement la responsabilité finale de la démarcation des TI. En juillet, l'Avocat général de l'Union a signé un arrêté relatif à la démarcation des TI qui a soulevé de nombreuses protestations de la part des organisations indigènes et indigénistes. L'application de ce texte a été suspendue. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI a relevé que seulement 37,66 % du budget alloué pour la "Délimitation, la Démarcation et la Régularisation des TI" a été utilisé, alors qu'il reste de nombreuses terres à protéger.

Du point de vue institutionnel, en avril, la Présidente de la république, Dilma Rousseff a nommé Marta Maria do Amaral Azevedo à la présidence de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI, un poste jusque - là toujours assumé par des hommes. À l'initiative de la nouvelle présidente, après une année d'inactivité, la Commission Nationale de Politique Indigéniste - CNPI a repris ses travaux en juin. Elle a tenu deux autres réunions en août et décembre 2012. Des rencontres sont déjà programmées en 2013.

L'accès aux services de santé reste problématique pour de nombreux peuples indigènes, notamment dans les zones difficiles d'accès comme la Vallée du Javari et la TI Yanomami. En décembre 2012, les carences du service de santé indigène ont amené le Ministère Public Fédéral à lancer un programme pour obliger divers services de santé à prendre des mesures concrètes en faveur des peuples indigènes dans une quinzaine d'États. Le CIMI a relevé qu'en 2012, seulement 8,17% (2,176 millions de R$ sur 26,650 millions de R$) du budget fédéral destiné à la "Structuration d'unités de santé pour le service à la population indigène" ont été utilisés.

Des leaders indigènes brésiliens sont venus à Genève en 2012. Tout d'abord, au début mars, Davi Kopenawa, président de l'Hutukara Association Yanomami – HAY, était présent au Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il a eu des contacts avec les organisations internationales. À mi-novembre, Manoel Uilton dos Santos de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB a rendu visite au Haut Commissariat aux Droits de l'Homme pour demander l'appui de cette organisation pour le respect, par le gouvernement brésilien, des droits des peuples indigènes conformément aux textes internationaux ratifiés par ce pays. Le 10 décembre, journée internationale des droits de l'homme, c'est Raoni, le leader Kayapó qui a aussi été reçu au Palais Wilson, le siège du Haut - Commissariat. Les effets de cette pression internationale semblent limités. Le Brésil peine à reconnaître les droits des indigènes.

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PS : L'activation des liens hypertextes renvoie à une partie des  sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" (No 80), le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

30/03/2012

Après Genève, Davi Kopenawa continue son combat au Brésil contre les garimpeiros*

imgsize.php.jpegLe public genevois, présent à la salle de l'Alhambra le 4 mars, a fait la connaissance de Davi Kopenawa. Le Yanomami était invité par l'Organisation Mondiale de lutte contre la Torture - OMCT dans le cadre de son programme de "Défense des défenseurs des droits humains". Il a répété son appel à la protection de la forêt et de l'environnement au niveau planétaire à l'occasion du débat qui a suivi la projection du film "Indiens en sursis" de Daniel Schweizer; film inscrit au programme du Festival du film et forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Le film, également suivi d'un débat, a encore été présenté à Sion le 8 mars.

Pendant son séjour en Suisse, Davi a également rencontré les membres de plusieurs services et organismes des Nations Unies en lien avec les droits humains et ceux des peuples autochtones. Il a aussi eu des contacts avec des organismes suisses et genevois de solidarité internationale.

À son retour au Brésil, Davi a participé à la 41e Assemblée des peuples indigènes du Roraima organisée par le Conseil Indigène du Roraima - CIR. À cette occasion, le 12 mars, il a remis à Paulo Maldos, un représentant de la présidence de la république, une lettre destinée à la présidente Dilma Rousseff dans laquelle il lui demande "de prendre des mesures pour retirer les garimpeiros qui envahissent la Terre Indigène Yanomami, de punir les organisateurs et bénéficiaires de  cette activité criminelle qui lèse les peuples indigènes". Il demande aussi la mise en place d'un programme permanent de surveillance territorial et de promotion du bien être et du bien vivre.

L'appel de Davi a eu un certain écho : entre les 18 et 21 mars, cinq sites d'orpaillage ont été détruits par l'armée dans la Terre Indigène Yanomami. Une opération semblable avait déjà été menée au début novembre 2011.

Le document final adopté par l'Assemblée à laquelle a participé Davi est destiné à Dilma Rousseff et aux membres du gouvernement. Il aborde les préoccupations des peuples indigènes de la région : droits territoriaux, violences, santé, éducation. Ceux-ci demandent l'application de mesures efficaces de la part des organes fédéraux chargés de l'application de la Constitution.

Le lecteur trouvera ci-desous les liens hypertextes pour accéder aux divers documents en relation avec cette note.

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* Les orpailleurs

Photo : Miguel Bueno / FIFDH - Davi lors du débat du 4 mars

Pour en savoir plus, en français :

- Le film "Indiens en sursis" : http://www.rts.ch/video/emissions/temps-present/3840984-i...

- La brève interview de Davi diffusé par la RTS : http://www.rts.ch/video/info/journal-12h45/3839914-ge-le-...

- Le débat du 4 mars : http://www.dailymotion.com/video/xpaie8_les-population-au...

- La note publiée sur ce blog le 2 mars.

En portugais :

- La lettre de l'Hutukara Associação Yanomami à Dilma Rousseff : http://hutukara.org/davi-kopenawa-entrega-documento-a-pre... > documento 1 et documento 2

- Sur l'opération contre les sites d'orpaillage : http://www.folhabv.com.br/noticia.php?id=126404

- Sur l'opération du début novembre 2011 : la note publiée sur ce blog le 18 novembre 2011

- Le document final de la 41e Assemblée du CIR : http://amazonia.org.br/2012/03/carta-final-41ª-assembleia...

 

Une version réduite de cette note a été publiée dans "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

07/03/2012

Belo Monte : le Brésil ne respecte pas la Convention 169 de l'OIT

"D'après la documentation et les informations transmises par le gouvernement (brésilien), la commission estime que, dans le cadre des procédures menées à ce jour, malgré leur caractère étendu, les conditions prévues aux articles 6 et 15 de la convention, telles qu'elles sont décrites plus haut, ne sont pas remplies, et que les peuples autochtones n'ont pas pu participer de manière effective à la détermination de leurs priorités, conformément à l'article 7 de la convention".

La commission prie le gouvernement de :

i) prendre les mesures nécessaires pour consulter les peuples autochtones concernés sur la construction de l'usine hydroélectrique de Belo Monte, celle-ci risquant d'avoir des effets irréversibles (articles 6 et 15 de la convention) :

ii) en consultation avec les peuples autochtones, prendre les mesures pour déterminer si les priorités de ces peuples ont été respectées et déterminer si et dans quelle mesure leurs intérêts seront menacés afin d'adopter les mesures d'atténuation nécessaires et de prévoir l'indemnisation voulue; et

iii) transmettre les informations sur les résultats des procédures en cours devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme et devant le tribunal fédéral de Pará.

Telle est la conclusion du Rapport de la Commission d'experts pour l'application des conventions et recommandations de l'Organisation Internationale du Travail - OIT publié ce début mars.

Sur le terrain les travaux continuent !

La convention 169 de l'OIT relative aux peuples indigènes et tribaux a été adoptée en 1989 et ratifiée par le Brésil en 2002. Lula a promulgué la convention en avril 2004.

Les téléspectateurs de la RTS (TSR) qui regarderont le film de Daniel Schweizer "Indiens en sursis" diffusé, ce 8 mars, dans le cadre de "Temps Présent", pourront mesurer l'importance de la position des experts de l'OIT... "Indiens en sursis" a été présenté à Genève, dimanche 4 mars, dans le cadre du Festival et Forum International sur les Droits Humains - FIFDH. Il est encore à l'affiche du Festival samedi 10 mars.

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Pour en savoir plus,

- En français :

- Le texte de la Convention 169 : http://www.ilo.org/ilolex/cgi-lex/convdf.pl?C169

- Le rapport de la Commission d'experts de l'OIT : http://www.ilo.org/ilc/ILCSessions/101stSession/reports/r... Attention, c'est un "gros" document (13,9 Mo), voir les pages 1045 à 1050, mais numérotées de 1028 à 1033. La partie concernant Belo Monte est à la page numérotée 1030.

- Voir sur ce blog, les notes des 8 avril, 3 juin et 11 novembre 2011.

- Le site du FIFDH : http://www.fifdh.org/

- En portugais :

- La promulgation de la convention :

http://ccr6.pgr.mpf.gov.br/legislacao/legislacao-docs/con...

- Voir aussi le site du mouvement Xingu Vivo par Sempre :  http://www.xinguvivo.org.br/

 

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 70, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA - 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

 

 

08:47 Publié dans La lettre d'AYA | Tags : belo monte, temps présent, fifdh, indiens en sursis, oit, ilo, c169, daniel schweizer, xingu | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |