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  • La FUNAI aura un nouveau président

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    Son deuxième mandat à la présidence de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, n’aura pas duré longtemps. Le 16 janvier dernier*, pour succéder à Wallace Moreira Bastos, le général de réserve Franklimberg Ribeiro de Freitas avait été nommé pour la seconde fois à la tête de la FUNAI. Une charge qu’il avait déjà occupée entre mai 2017 et avril 2018. Ce 12 juin, les médias ont annoncé son exonération. L’arrêté du Ministre-chef de la Maison civile de la Présidence de la République, Onyx Lorenzoni mettant un terme à ce deuxième mandat été publié au Journal Officiel de l’Union le 14 juin.

    Selon des propos rapportés par la presse, Luiz Antônio Nabhan Garcia, Secrétaire spécial des Sujets Fonciers au Ministère de l’agriculture, dit que Franklimberg a été démis de ses fonctions en raison de son incompétence. Selon Deutsche Welles, le partant est d’avis que le Président Jair Bolsonao est mal conseillé sur les questions indigènes. De plus, il indique que la FUNAI est constamment attaquée par des intérêts de tiers [opposés aux autochtones], qu’elle doit agir avec un budget limité et une pénurie de personnel. L’intérim a été confié à Fernando Maurício Duarte Melo, un Général de réserve déjà conseiller pour les projets spéciaux au sein de la Fondation.

    En 52 ans d’existence, l’institution est en passe d’avoir un 42e président. Ce turnover important illustre la difficulté de protéger les peuples autochtones dans un État où de nombreuse forces économiques et politiques leur sont hostiles. Et depuis le début janvier, la situation politique est particulièrement agitée.

                                                                                       ***

    *Voir sur ce blog, les notes des 30 janvier 201912 janvier 2019, 15 juin 2018, 2 juin et 13 octobre 2017

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 127, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

     

  • Brasilia : Campement Terre Libre 2019

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Campement Terre Libre, Acampamento Terra Livre, 2019, APIB, Supremo Tribunal Federal, STF, Xokleng, Santa Catarina, FUNAI, Câmara dos Deputados, Senado, Chambre des Députés, Sénat, ONU, EPU, Examen Périodique Universel, Victoria Tauli-Corpuz, Pedro Álvares Cabral, Conselho Nacional de Política Indigenista, CNPIC’est la quinzième fois que les Peuples Indigènes brésiliens se donnent rendez-vous dans la capitale brésilienne pour affirmer leur existence et défendre leurs droits acquis, maintenant mis en danger par le Gouvernement. Pendant trois jours, les 24, 25 et 26 avril, ils étaient entre trois et quatre mille, de plus de 300 Peuples originaires de toutes les régions du pays à avoir répondu à l’appel de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB les invitant à participer à cet « Acampamento Terra Livre - ATL » (« Campement Terre Libre » en français). Les femmes indigènes ont saisi l’occasion de ce rassemblement pour tenir une « Plénière nationale ». Et, signe des temps, une autre plénière a réuni les « Jeunes et les communicateurs indigènes ». Trois jours d’un programme chargé.

    L’APIB a organisé plusieurs délégations qui ont rencontré des membres des pouvoirs judiciaire et législatif. Une première veillée a eu lieu le 24 avril devant le Tribunal Suprême Fédéral – STF qui est appelé à se prononcer sur la démarcation de la Terre Indigène (TI) du peuple Xokleng dans l’État du Santa Catarina. Du jugement que rendra le STF dépend la démarcation des Terres Indigènes. Des rencontres ont été organisées avec les Présidents de la Chambre des Députés et du Sénat qui se sont déclarés favorables au retour de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI au Ministère de la Justice (1).

    Le titre du document final de l’ATL 2019, adopté le 26 avril, résume le sens du rassemblement : « Nous résistons depuis 519 ans (2) et nous continuerons de résister ». Les quatre premiers paragraphes dénoncent la politique du Gouvernement. La deuxième partie du texte précise treize revendications portant sur: le processus de démarcation des TI; le droit des peuples isolés à se maintenir dans cette condition; le maintien du sous-système de santé indigène; la mise en œuvre effective d’une éducation scolaire indigène différenciée; le développement de la Politique nationale de gestion territoriale et environnementale pour garantir la souveraineté alimentaire; la réactivation du Conseil National de Politique Indigéniste et des autres instances de participation indigène (3) ; la fin de la violence, de la criminalisation et de la discrimination contre les peuples et leaders indigènes ; le classement de toutes les initiatives législatives anti-indigènes; l’application des traités internationaux signés par le Brésil ; la mise en œuvre des recommandations de la Rapporteure Spéciale de l’ONU sur les droits des peuples autochtones (4) , ainsi que les recommandations de l’ONU à l’occasion de l’Examen Périodique Universel – EPU (5) ; au STF il est demandé de ne permettre, ni légitimer une réinterprétation rétrograde et restrictive du droit originaire des peuples indigènes sur leurs terres traditionnelles.

    Et de conclure : « Nous continuerons à donner notre contribution à la construction d’une société réellement démocratique, plurielle, juste et solidaire, pour un État pluriculturel et multiethnique de fait et de droit, pour un environnement équilibré pour nous et toute la société brésilienne, pour le bien-Vivre de nos générations actuelles et futures, de la Mère Nature et de l’Humanité. Nous résisterons, coûte que coûte ! »

                                                                                             ***

    (1) Voir sur ce blog la note du 12 janvier 2019.

    (2) En 1500, le Portugais Pedro Álvares Cabral commence la colonisation du Brésil.

    (3) Le récent Décret No 9.759 du 11avril 2019 a supprimé de nombreuses instances de dialogue et de représentation des ONG dans les différentes entités publiques.

    (4) Voir sur ce blog, la note du 23 septembre 2016.

    (5) Voir sur ce blog, la note du 7 mai 2017.

    Photo © Leo Otero /MNI - Lors de la veillée du 24 avril.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 127, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Politique indigéniste : la « Mesure Provisoire » de Bolsonaro est inconstitutionnelle

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    Le 7 mars, le Ministère Public Fédéral - MPF brésilien a publié une Note technique déclarant inconstitutionnelle la Mesure Provisoire 870/2019 et deux décrets pris*, le 1er janvier dernier par le nouveau Président de la République, Jair Bolsonaro. Par ces textes, celui-ci transfère la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, du Ministère de la Justice au Ministère de la Femme, de la Famille et des Droits Humains - MMFDH. De plus, il enlève à la FUNAI la tâche d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes, opérations qu’il a placées sous la responsabilité du Ministère de de l’Agriculture de l’Élevage et de l’Approvisionnement-MAPA.

    Le MPF affirme que ces mesures ne respectent pas le droit des Peuples indigènes à une consultation préalable, libre et informée sur les sujets les concernant. Démarche prévue dans la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail ratifiée par le Brésil. Il considère également que ces mesures violent le statut constitutionnel indigène ; quelles sont sources de conflits entre les intérêts des indigènes et la politique agricole, et celle conduite par le MMFDH. Le MPF relève également la convergence entre les intérêts indigènes et la préservation de l’environnement. En conclusion, il affirme que « la FUNAI et le processus de démarcation des Terres Indigènes doivent rester sous la supervision du Ministère de la Justice… La MP 870/19 est inconstitutionnelle et doit être rejetée ». Un avis qu’il adresse aux parlementaires** qui seront appelés à se prononcer sur les textes présidentiels. Le MPF répond ainsi à l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB qui, dès le 3 janvier, lui avait demandé de se prononcer sur la validité de ces transferts.

    Toujours sur le plan juridique, le 31 janvier, le Parti Socialiste Brésilien a adressé au président du Tribunal Suprême Fédéral -STF une « Action Directe d’Inconstitutionnalité - ADI » visant la MP 870 à laquelle s’associent d’autres entités.

    À la Chambre des Députés, le 27 février, en présence d’un nombreux public, le « Front parlementaire écologiste » a été relancé. Il devrait compter 200 parlementaires engagés notamment pour la défense de la forêt et de ses peuples. Deux leaders indigènes y ont pris la parole. D’abord, le cacique Raoni, parlant de Jair Bolsnaro, affirme « …n’avoir jamais entendu un Président de la République menacer autant les peuples indigènes… La FUNAI ne doit pas être démantelée, le Service de santé indigène – SESAI doit continuer… ». Ensuite, dans son intervention, Joênia Wapichana, la première députée indigène de l’histoire du Brésil a invité les parlementaires à rejoindre un « Front parlementaire mixte de défense des droits des peuples indigènes » dont elle propose la création.

    La politique indigéniste brésilienne est également débattue au niveau international. Dans un discours prononcé lors de la 40e session du Conseil des droits de l’homme qui s’est tenue à Genève du 25 février au 22 mars, la Ministre Damares Alves, à la tête du MMFDH a rappelé que «… le gouvernement brésilien est inébranlable dans le respect des normes les plus strictes en matière de droits de l’homme, de défense de la démocratie et du plein fonctionnement de l’état de droit… ». Dans les jours qui ont suivi, les inquiétudes des peuples indigènes du Brésil ont été portées devant ce même Conseil. D’abord, le 5 mars, c’est Avanilson Karajá qui s’est adressé à M. David Boyd, rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme et l’environnement : « La préservation de l’environnement est reconnue. Ce modèle de préservation n’est possible que grâce à une relation harmonieuse millénaire entre les peules autochtones et Mère Nature… Néanmoins la politique brésilienne actuelle met gravement en péril la forêt et ses protecteurs indigènes… ». Le 13 mars, c’est Glicéria Tupinamba qui a pris la parole devant le Conseil pour appeler la communauté internationale à redoubler d’attention par rapport aux droits des peuples autochtones mis en danger par le démantèlement des politiques indigénistes voulu par le gouvernement brésilien.

    Une autre forme de résistance est dans l’envoi d’une délégation indigène dans plusieurs villes européennes – dont Genève du 1er au 5 avril - pour attirer l’attention de l’opinion publique sur la situation des autochtones brésiliens.

    Ces actions s’ajoutent aux manifestations de protestation déjà organisées au Brésil*** par les organisations indigènes.

                                                                                ***

    *Voir sur ce blog la note du 12 janvier 2019

    **Le nouveau parlement, issu des élections de l’automne 2019, est entré en fonction ce mois de février

    ***Voir sur e blog la note du 9 février 2019

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 126, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Autochtones du Brésil : 26 février, une soirée d’information à Genève

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    Le collectif « Grito »*, composé essentiellement de Brésiliennes et de Brésiliens vivant en Suisse, organise une soirée d’information sur la situation des Peuples autochtones de leur pays d’origine.

    Au programme : plusieurs prises de parole, quelques brèves vidéos en provenance du Brésil et, surtout, un contact par vidéo-conférence avec Sônia Guajajara, la coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB. L’Articulation a invité les Peuples et organisations indigènes du pays à manifester le 31 janvier dernier contre les mesures prises**, dès le 1er janvier dernier, par le Gouvernent de Jair Bolsonaro, le nouveau Président de la République.

    Cette soirée aura lieu : Mardi 26 janvier, 18h15 à Uni Mail, 40 Bd du Pont d’Arve, Genève, salle MR070 RDC

    * « Cri » en français / **Voir sur ce blog, les notes des 12 janvier, 30 janvier et 9 février 2019

    Ci-dessous, l'annonce publiée par "Grito". Cliquer sur l'image pour en agrandir la taille.                                                           

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870 de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Franklimberg Ribeiro de Freitas, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos Humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Grito, Sônia Guajajara, Aline Pachamama, Tania Marino, Uni Mail, Genève, Léman Bleu, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, Serviço e Cooperação com Povo Yanomami, SECOYA, Manaus, rio Marauiá, Amazonas, Fédération Genevoise de Coopération, FGC

     PS 1 : Sur la TV locale « Léman Bleu », l’émission « Esprit solidaire » de ce mois de février est consacrée à un projet que le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, en collaboration avec le « Service et Coopération avec le peuple Yanomami – SECOYA » de Manaus, développe auprès des Yanomami du Rio Marauiá, dans l’État brésilien d’Amazonas. Un projet soutenu par la Fédération Genevoise de Coopération– FGC.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

  • Brésil : « Sang indigène, aucune goutte de plus »

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    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870 de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Franklimberg Ribeiro de Freitas, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos Humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Representação, Raquel Dodge, Ministério Público Federal, MPF, Terras Indígenas, TI, Maurício Corrêa, Itamar Franco, Maired Naguire, Adolfo Perez Esquivel, Rigoberta Menchú, Perimetral Norte, Haximu, Santa Ines do Maranhão, Mídia Índia, Apib, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Docip, Yanomami, Haximu, Coiab, Terra demarcada Vida preservadaIls ont répondu en nombre. Sur le thème « Sang indigène, aucune goutte de plus », l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB avait demandé aux Peuples et organisations indigènes du pays de manifester publiquement, ce 31 janvier, pour la sauvegarde de leurs droits constitutionnels et la fin des violences qu’ils subissent. Des rassemblements, barrages sur les routes, et autres actes de protestation ont été organisés dans une soixantaine de localités, tant au nord qu’au sud du Brésil. Des manifestations ont également eu lieu dans plusieurs pays, dont une en Suisse, à Zurich.

    C’est la première protestation d’ampleur contre les décisions prises par le nouveau président Jair Bolsonaro*. Les Indigènes reprochent à ce dernier d’avoir transféré la Fondation Nationale de l’Indien - FUNAI du Ministère de la Justice au Ministère de la Femme, de la Famille et des Droits humains. Ils lui reprochent également d’avoir enlevé à la Fondation la tâche d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes (TI) pour confier ce travail au Ministère de l’Agriculture. Un Ministère sous influence du lobby de l’agrobusiness, hostile aux droits indigènes. L’APIB a déjà demandé à la justice de suspendre le dispositif voulu par le nouveau Président.

    Pour rappel : en 1988, lors de l’adoption de la Constitution, les constituants ont approuvé des « Dispositions transitoires » donnant au gouvernement un délai de cinq ans – soit jusqu’en octobre 1993 - pour démarquer toutes les TI du pays. Ce délai, pourtant constitutionnel, n’a pas été respecté. Et les gouvernements successifs ont bien procédé à des démarcations, mais sans conclure l’opération pour la totalité des Terres identifiées ou devant l’être. Depuis trente ans, la démarcation de toutes les TI du pays est une revendication constante des organisations indigènes.

    Ainsi, en 1992, soit plus d’un an avant l’échéance fixée dans les dispositions transitoires, la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB a lancé une campagne**« Terre démarquée, vie préservée », avec récolte de signatures, pour demander au gouvernement de l’époque, présidé par Itamar Franco, de respecter cette obligation. En septembre 1993, la Coordination a remis au Ministre de la Justice du moment, Maurício Corrêa, une pétition signée par plus de 110'000 personnes. Le comité européen, créé à Genève en 1992 pour soutenir cette campagne au niveau international, a récolté environ 32'000 signatures. Il a pu compter sur l’appui de plus de 70 organisations. La pétition a été signée par deux Prix Nobel de la Paix, Maired Naguire (Irlande 1976) et Adolfo Perez Esquivel (Argentine 1980). De son côté, Rigoberta Menchú (Guatemala 1992) a adressé une lettre au Président du Brésil.

    En plus de la démarcation de leurs terres, les Indigènes demandent aussi la fin des violences commises à leur endroit. Dans ce domaine, le seul exemple du peuple Yanomami est significatif. Il a eu à souffrir du choc microbien à différents moments de son histoire : lors d’invasions d’orpailleurs, lors de la construction de tronçons de la route « Perimetral Norte ». En juillet 1993, alors que la campagne « Démarcation » n’était pas terminée, alors que la TI Yanomami avait été démarquée le 25 mai 1992, des orpailleurs s’en sont pris à la communauté de Haximu*** en massacrant une douzaine d’habitants, surtout des femmes et des enfants.

    L’histoire du Brésil est émaillée de faits de violences contre ses Peuples Premiers. Le slogan de la campagne de ce 31 janvier n’a pas été choisi au hasard…

                                                                                        ***

    * Voir sur ce blog la note du 12 janvier 2019

    **Image ci-dessous : le logo de la campagne de1992 – 1993 « Terre démarquée, Vie préservée / Campagne pour la démarcation des Terres Indigènes en Amazonie / 70% des terres indigènes en Amazonie ont besoin d’être démarquées jusqu’en octobre / 93 / Se joindre à nous / coiab - foram ». Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    ***Prononcer « Hachimou »

    Photo ci-dessus © Mídia Índia : la manifestation à Santa Inês do Maranhão / Cliquer sur la vignette pour en agrandir la taille.

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870 de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Franklimberg Ribeiro de Freitas, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos Humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Representação, Raquel Dodge, Ministério Público Federal, MPF, Terras Indígenas, TI, Maurício Corrêa, Itamar Franco, Maired Naguire, Adolfo Perez Esquivel, Rigoberta Menchú, Perimetral Norte, Haximu, Santa Ines do Maranhão, Mídia Índia, Apib, Articulação dos Povos Indígenas do Brasil, Docip, Yanomami, Haximu, Coiab, Terra demarcada Vida preservada

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 125, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

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  • Présidence de la FUNAI : le retour d’un militaire dans un contexte tendu

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    Le général de réserve Franklimberg Ribeiro de Freitas avait déjà présidé la FUNAI (Fondation Nationale de l’Indien) entre mai 2017 et avril 2018*. Il a retrouvé cette fonction depuis le 16 janvier dernier, peu après le début du mandat – le 1er janvier – de Jair Bolsonaro, le nouveau Président de la République**. La Fondation, créée en 1967, a changé de ministère de tutelle : précédemment, elle dépendait du Ministère de la Justice. Avec la nouvelle présidence, elle est désormais sous la responsabilité du Ministère de la Femme de la Famille et des Droits humains - MDH, dirigé par Damares Alves, une avocate et pasteure évangélique. Autre changement important : la FUNAI n’a plus la responsabilité d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes. Cette tâche a été transférée au Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Approvisionnement – MAPA, dirigé maintenant par Tereza Cristina, très liée au lobby de l’agrobusiness.

    Depuis avril 2018, la Fondation était présidée par Wallace Moreira Bastos. Avant son départ, et par deux fois, le 31 décembre 2018 et le 10 janvier 2019, celui-ci a dressé le bilan de son action : arrivée de nouveaux collaborateurs, soutien à des projets d’ethno-développement, action de protection des peuples isolés et de contact récent…

    À peine entré en fonction, les médias ont publié une information selon laquelle, peu de temps après avoir quitté son poste en 2018, Franklimberg avait accepté un poste de conseiller auprès de la société canadienne Belo Sun Mining qui a un projet de mine aurifère près du barrage de Belo Monte (Pará). La Funai, dans un communiqué du 22 janvier, a précisé que le nouveau président avait respecté la période de quarantaine de six mois voulue par la Commission d’Éthique de la Présidence de la République en cas de risque de conflit d’intérêt. Le 17 janvier Belo Sun confirme : Franklimberg s’était plié à cette obligation en n’occupant son poste que le 19 octobre 2018 (et qu’il l’a quitté le 28 décembre suivant). Le 23 janvier, il a participé à la rencontre organisée par le Ministère Public Fédéral - MPF sur le thème « Dialogue : Perspectives des droits constitutionnels indigènes ». Il a expliqué l’objectif du transfert, au Ministère de l’agriculture, la compétence de démarquer des terres indigènes est d’en accélérer les processus et d’en garantir la sécurité juridique...

    Pour cette réunion, le MPF avait invité des représentants du pouvoir exécutif, des milieux académiques, des diplomates de plusieurs pays (dont la Suisse), par vidéo, la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones Victoria Tauli-Corpuz, des ONG et des leaders indigènes, dont Joênia Wapichana, la première femme indigène élue à la Chambre des députés. Le Conseil Indigéniste Missionnaire – CIMI en a publié un intéressant compte-rendu.

    Dans les premières semaines de janvier, plusieurs peuples et organisations indigènes s’étaient adressés au MPF pour manifester leur inquiétude en raison des changements voulus par le nouveau Président de la République. La rencontre organisée par le MPF apparaît comme une première réponse aux organisations indigènes. Elle a permis de mettre en évidence des positions contradictoires en rapport avec le nouveau cadre politique.

    Les droits constitutionnels indigènes sont entre les mains du triple lobby, appelé « BBB » au Brésil. C’est à dire du B pour « Bœuf », celui de l’agrobusiness. Le B pour « Bible », celui des Évangéliques. Et le B de pour « balles », les partisans du port d’arme et des militaires. Les peuples et organisations indigènes ont décidé de résister…

    Ce 31 janvier, des manifestations de soutien aux indigènes sont organisées au Brésil et dans plusieurs pays. À Genève, le rassemblement prévu à la Place des Nations a été annulé en raison du délai imposé pour obtenir une autorisation de manifester.

                                                                        ***

    *Voir sur ce blog les notes du 2 juin et 13 octobre 2017 et 15 juin 2018 / **Voir sur ce blog la note du 12 janvier 2019.

                                                                         ***

    PS 1 : La catastrophe de Brumadinho (MG) qui, au moment de publier cette note, a causé la mort de 84 personnes et compte encore 276 disparus, rend la vie difficile d’une petite communauté indigène Pataxo Hã-hã-hãe. Celle-ci est composée d’une vingtaine de familles installées sur les rives du rio Paraopeba, dans la commune de São Joaquim de Bicas. La pollution de la rivière les prive de ressources. La FUNAI a fait savoir qu’elle leur porte assistance.

    PS 2 : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 125, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Bolsonaro casse la FUNAI

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    Il n’a pas attendu ! Le 1er janvier, le jour de sa prise de pouvoir, le nouveau Président du Brésil, Jair Bolsonaro, a signé deux textes : une « Mesure Provisoire » et un Décret relatifs  à l’organisation de son gouvernement. Il y annonce le transfert de la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI* et du « Conseil National de Politique Indigéniste », du Ministère de la Justice au Ministère de la Femme, de la Famille et des Droits Humains. Un Ministère placé sous la responsabilité de Damares Alves, une avocate et pasteure évangélique. De longue date, le lobby évangélique cherche à étendre son influence sur les communautés indigènes.

    Dans la foulée, le Président enlève à la FUNAI la tâche d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes. Opérations qu’il place désormais sous la responsabilité du Ministère de l’Agriculture, le MAPA. Il a confié ce Ministère à Tereza Cristina, jusque-là membre de la Chambre des Députés où elle présidait le « Front parlementaire mixte de l’agriculture – FPA », le lobby de l’agrobusiness bien connu pour ses positions anti-indigènes. Ces deux lobbys ont fortement soutenu la candidature du nouveau Président dans sa campagne électorale. Arrivé au pouvoir, celui-ci remercie ses soutiens.

    L‘Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB conteste ce transfert au MAPA, Le 3 janvier, elle a adressé une « Representação » (une plainte) à la Procureure Générale de la République, Raquel Dodge. L’Articulation, après avoir décrit le cadre historique de la politique indigéniste du Brésil et la législation actuelle s’y rapportant, demande à la Procureure d’en contrôler la légalité. Elle demande également que des mesures urgentes soient prises pour éviter le risque de dommage irréparable qu’auraient à subir les peuples indigènes en raison de la suspension des processus de démarcation et par un éventuel comportement de la Ministre de l’Agriculture et de ses subordonnés. La Fédération des Organisations Indigènes du Rio Negro – FOIRN a adressé la même plainte au Procureur de la République de l’État d’Amazonas, Fernando Merloto Soave. Ce 10 janvier, devant la croissance des menaces, l’APIB lance une campagne : « Sang indigène : pas une goutte de plus ». C’est un appel à la mobilisation de la société pour la défense des droits indigènes.

                                                                          

    Brasil, Brésil, Amazonie, Brasilia, Amazônia, Jair Bolosnaro, Medida Provisória No 870, de 1º de Janeiro de 2019, Decreto No 9.660 de 1º de Janeiro de 2019, FUNAI, Conselho Nacional de Política Indigenista, Ministério da Justiça, Ministério da Mulher, da Familia e dos Direitos humanos, Ministério da Agricultura, Pecuária e Abastecimento, MAPA, Ministério da Mulher, da Família e dos Direitos Humanos, MDH, Damares Alves, Tereza Cristina, APIB, Representação, Raquel Dodge, FOIRN, Fernando Merloto Soave

                                                                            ***

    *La FUNAI a été fondée en 1967. Elle est chargée de protéger les Peuples indigènes. Une de ses tâches principales était bien d’identifier, de délimiter et de démarquer les Terres Indigènes.

    Image : Sang indigène : pas une goutte de plus / #Janvier rouge / #Démarcation maintenant. Cliquer sur la vignette pour en agrandir le format.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 125, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : Les Indigènes rappellent leurs droits à Bolsonaro

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    Pas encore installé au « Planalto », le palais présidentiel qu’il occupera dès le 1er janvier 2019, que Jair Bolsonaro a déjà reçu un courrier de l’APIB, l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil. La faîtière des organisations indigènes du pays, rappelle au Président élu le 28 octobre dernier, les droits constitutionnels reconnus aux Indigènes par la Constitution de 1988.

    Le premier paragraphe de cette lettre du 6 décembre concerne les déclarations du Président reprises dans les médias* : « Ces derniers jours, les organes de presse ont publié une série de déclarations de Votre Excellence au sujet de la question indigène. Des affirmations qui entachent l’image et la dignité de nos peuples et communautés. Elles préoccupent parce qu’elles démontrent, d’un côté le manque de connaissance de nos droits constitutionnels, et d’un autre la vision d’un indigénisme assimilateur, rétrograde, autoritaire, discriminatoire, raciste et marqué par des préjugés. Une vision rejetée il y a plus de trente ans par la Constitution citoyenne de 1988 ».

    L’APIB met l’accent sur les droits territoriaux. Elle récuse l’accusation selon laquelle les Terres Indigènes (TI) seraient le prétexte pour chercher à créer de nouveaux pays sur le territoire brésilien. Et de mentionner que ces aires sont des biens de l’Union (art. 20)

    Elle rappelle l’article 225 de la Constitution au sujet de l’environnement** et de signaler la relation harmonieuse que les peuples indigènes ont avec la Mère Nature depuis des millénaires. Un service rendu à toute la société brésilienne. « C’est pour cela que nous n’admettons pas d’être traités comme des êtres inférieurs. Nous sommes seulement différents. Et selon la Constitution fédérale, le gouvernement fédéral doit respecter notre organisation sociale, coutumes, langues, croyances et traditions (art. 231 de la Constitution) ». Suivent onze propositions concernant notamment la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI, la démarcation et la protection des TI, le maintien des droits reconnus par la Constitution, le Service de santé et l’éducation différenciée, le respect des traités internationaux signés par le Brésil, etc.

    « Nous attendons une réponse » conclut l’APIB.

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    *Une déclaration particulièrement relevée est celle prononcée (vidéo de 58’’) le 30 novembre dernier lors d’une visite dans une communauté religieuse de Cachoeira Paulista, une ville de l’État de São Paulo. Questionné à propos des réserves indigènes, Bolsonaro répond : « Les Indiens reclus dans des réserves sont comme des animaux dans un parc zoologique… Rien ne justifie une réserve grande comme deux fois la taille de l’État de Rio de Janeiro pour neuf mille Yanomami… l’Indien est un être humain juste comme nous, ils veulent ce que nous voulons… »

    ** « Tous ont droit à un environnement écologiquement équilibré, bien d’usage commun du peuple et essentiel à la qualité de vie. Il est du devoir du Pouvoir public et de la collectivité de le défendre et de le préserver pour les générations présentes et futures… »

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans « AYA Info » No 124, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : un défenseur de la forêt est retrouvé sans vie

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    Le corps - sans vie - de Jorginho Guajajara a été retrouvé le 12 août près d’une rivière, à la limite de la Terre Indigène (TI) Araribóia, dans la région d’Arame, une localité de l’État du Maranhão. Ce leader indigène était connu pour être un défenseur de la forêt amazonienne. Selon les premiers éléments de l’enquête dévoilés par la presse Jorginho est mort par noyade. Son corps ne présenterait pas de traces de violences. Son épouse aurait déclaré aux enquêteurs que son mari avait consommé de l’alcool la veille de son décès.

    Pour ses proches et plusieurs organisations, dont Survival-Brésil et l’Institut Socio-environnemental - ISA, Jorginho est une victime du conflit opposant les défenseurs de la forêt aux « madeireiros » constants et violents pilleurs de bois, y compris dans les aires protégées comme les Terres Indigènes. À plusieurs reprises, la TI Araribóia a également été dévastée par des incendies qui ont mis en danger les groupes indigènes qui y vivent en état d’isolement volontaire*.

    Pour combattre l’invasion de leurs territoires et la dégradation de leurs forêts, les Guajajara se sont organisés en groupes de protection territoriale appelés « Gardiens de la forêt ». Une forme de résistance.

    Pour Sônia Guajajara**, Coordinatrice de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB : « Ce qui est arrivé est le portrait journalier du Brésil. La violence augmente chaque jour. Notre peuple est en train de mourir à l’intérieur de sa propre terre. Ce n’est pas une mort isolée, il s’agit d’un génocide programmé. Jorginho n’est pas le premier et ne sera pas le dernier avec l’absence de l’État. La mise en œuvre d’une politique publique sociale, environnementale et territoriale est une urgente nécessité ».

    À suivre !

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    *Voir sur ce blog, les notes du 11 novembre 2015 et du 10 décembre 2016

    **Voir sa note du 15 août sur Facebook. Sônia est candidate à la vice-présidence de la République aux prochaines élections.

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, souvent en portugais, permettent d'en "savoir plus".

    - Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 123, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • Brésil : le gouvernement change une fois de plus la présidence de la FUNAI !

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    Depuis le 24 avril dernier, la Fondation Nationale de l’Indien – FUNAI a un nouveau président en la personne de Wallace Moreira Bastos. Avant sa nomination, celui-ci était Sous-secrétaire des sujets administratifs au Ministère des transports, des ports et de l’aviation civile. Il n’a jamais eu un emploi, ni suivi une formation en rapport avec les questions indigènes. Il succède à Franklimberg Ribeiro de Freitas qui était en poste depuis mai 2017*.

    Une controverse s’est développée sujet de ce changement de président. Selon les leaders indigènes réunis à Brasilia du 23 au 26 avril pour la 15e édition du « Campement Terre Libre » qui a rassemblé plus de 3'000 indigènes de tout le pays, la proposition aurait été faite au Ministre de la Justice par un député fédéral, André Moura du Parti Social Chrétien (PSC) et membre du Front parlementaire Évangélique du Congrès. Demande appuyée par la « Bancada ruralista » (le lobby de l’agrobusiness au Parlement fédéral), selon laquelle ce serait les organisations indigènes qui auraient demandé le renvoi de Franklimberg Ribeiro de Freitas. Cette affirmation est contestée par les leaders indigènes.

    Créée en 1967, la FUNAI en est à son 41e président si l’on inclut dans ce nombre ceux qui l’ont été par intérim. Au cours de ces quinze dernières années, deux d’entre eux y ont exercé un mandat « longue durée »: Mércio Pereira Gomes, de septembre 2003 à mars 2007. Et surtout son successeur, Márcio Meira, d’avril 2007 à avril 2012. C’était sous la présidence de Lula et au tout début du premier mandat de Dilma Rousseff. Depuis avril 2012, la FUNAI en est à son neuvième président… Une instabilité significative !

    La FUNAI a remplacé le Service de Protection de l’Indien (SPI) qui avait été créé en 1910 pour protéger les autochtones, mais surtout les intégrer à la nation. Il a été supprimé en raison de sa mauvaise gestion, d’un manque de ressources et, à diverses reprises, d’avoir usé de violences à l’égard des Peuples dont il avait la charge. La FUNAI a vu son budget se réduire ces dernières années. Elle est aussi l’objet de convoitises de la part des partis politiques au pouvoir qui se partagent la direction des services publics. Actuellement, ces groupes de pressions sont hostiles à la mise en œuvre des droits des Peuples indigènes reconnus dans la Constitution de 1988, notamment leurs droits territoriaux. Depuis son accession à la Présidence de la République (mai 2016),Michel Temer n’a homologué qu’une seule Terre Indigène (TI), et cela tout récemment, le 26 avril dernier. Il s’agit de la TI Baía dos Guató située dans l’État du Mato Grosso. Une TI de près de 20’000 ha, occupée par un peu plus de 200 Indiens Guató.

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    * Voir sur ce blog les notes du 13 octobre et du 2 juin 2017

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 122, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2