gaz à effet de serre

  • Les incendies en Amazonie, le Président crée la controverse

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    Au début de ce mois d’août, le Président Bolosnaro avait déjà été mécontent de la forte augmentation du taux de déforestation constaté en Amazonie brésilienne par l’Institut National d’Études Spatiales – INPE : son directeur, Ricardo Galvão, a été démis de ses fonctions.

    Le 19 août, la presse a fait état de la progression du nombre d’incendies qui ravagent le pays, passant d’environ 39'000 de janvier à août 2018 à près de 72'000 pour la même période en 2019, soit une augmentation de 82%. Plus de la moitié de ces feux sont Amazonie. Les médias en ont largement diffusé les images.

    Interrogé à ce sujet, et sans citer de noms, Jair Bolsonaro a émis l’hypothèse, qu’en Amazonie, des ONGs pouvaient être derrière ces incendies pour nuire au gouvernement. Cette assertion a suscité des réactions, notamment de la part des ONGs brésiliennes. Le 21 août plus d’une centaine d’entre elles, dont la Coordination des Organisations Indigènes de l’Amazonie Brésilienne – COIAB et l’Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB, ont publié un communiqué dans lequel elles rappellent que « L'augmentation des incendies n'est pas un fait isolé… la déforestation, l’invasion de parcs et des terres indigènes, l’exploitation illégale et prédatrice des ressources naturelles et l’assassinat de dirigeants de communautés traditionnelles, autochtones et écologistes ont également augmenté… L'augmentation de la déforestation et des incendies représente également une augmentation des émissions de gaz à effet de serre du Brésil, empêchant le pays d'atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. Alors que le gouvernement justifie l'assouplissement des politiques environnementales comme étant nécessaire pour améliorer l'économie… Le président doit agir de manière responsable et prouver ce qu'il dit au lieu de tirer des conclusions insensées et inconséquentes, en répétant la tentative de criminaliser des organisations, en manipulant l'opinion publique contre le travail accompli par la société civile…. Bolsonaro n'a pas besoin des ONGs pour brûler l'image du Brésil dans le monde entier. »

    Des manifestations sont annoncées cette fin de semaine dans différentes villes du Brésil et à l’étranger. Ce 23 août, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le consulat du Brésil à Genève. Le président français, Emmanuel Macron a décidé de mettre ce sujet à l’agenda du sommet du G7 qui doit s’ouvrir ce 24 août à Biarritz…  À suivre !

                                                                                             ***

    PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

    Cette note sera publiée dans le prochain « AYA Info » No 128, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

  • La COIAB participe à la COP-18 à Doha

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    Brasil,Brésil,Amazônia,Amazonie,COIAB,Sônia Guajajara,COP-18,Doha,Qatar,ONU,Kyoto, Durban,gaz à effet de serre,protocole,développement durable,changements climatiques,COP-17Les peuples indigènes sont préoccupés par les changements climatiques. Ils suivent de près les négociations internationales à ce sujet. Sônia Guajajara, membre de la Coordination des Organisations Indigènes de l'Amazonie Brésilienne – COIAB était à Doha (Qatar) pour suivre les travaux de la COP-18, la 18e Conférence des parties à la convention de l'ONU sur les changements climatiques qui a eu lieu du 26 novembre au 8 décembre 2012. On sait que la conférence n'a abouti qu'a un accord minimal consistant à prolonger le protocole de Kyoto jusqu'en 2020. Les États les plus pollueurs ne sont tenus à aucun engagement.

    En août 2011, les représentants des organisations indigènes des neuf pays amazoniens étaient réunis à Manaus pour adopter une position commune – le Mandat de Manaus - sur les changements climatiques. Depuis, ils ont été présents à Durban* en 2011 pour la COP-17 et à la Conférence Rio+20 de juin 2012 sur le développement durable.

    À Doha, à l'occasion d'une conférence de presse, Sônia a rappelé que "le modèle de développement du Brésil est basé sur l'industrie extractive et l'agriculture d'exportation. Ce modèle requiert nécessairement le renforcement des infrastructures et l'implantation de grands ouvrages (usines hydroélectriques, lignes de chemin de fer, ports, etc) qui, inévitablement, impactent les terres et territoires, la vie socio - économique, physique, culturelle et spirituelle des peuples indigènes et autres populations locales". Selon Sônia, pour promouvoir ce modèle, le gouvernement brésilien a été complice de l'offensive des secteurs politiques et économiques qui s'opposent aux droits territoriaux des indigènes. Elle énumère ensuite les projets de lois ou dispositions administratives visant à réduire les droits des indigènes.

    À ceux qui pourraient s'interroger sur le lien entre ces droits et le climat, sujet de la conférence, elle rappelle qu'en préservant, sur leurs terres, les forêts, l'environnement et la nature, les peuples indigènes contribuent à maintenir la biodiversité et à éviter les émissions de gaz à effet de serre.

    ***

    * Voir sur ce blog les notes du 16 septembre 2011 et du 6 janvier 2012

    Photo : site COIAB. Sônia Guajajara au cours de la conférence de presse.

     PS : L'activation des liens hypertextes renvoie aux sources utilisées pour la rédaction de cette note. Elles sont souvent en portugais, sauf quand il s'agit d'anciens "AYA Info".

     Cette note a été publiée dans le dernier "AYA Info" No 78, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe  -  CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2