23/11/2017

La parole des Peules autochtones au "Registre de la Mémoire du Monde"

Brasil, Brésil, Amazonie, Autochtones, UNESCO, Registre de la Mémoire du Monde, Parole des Peuples autochtones, Patrimoine mondial de l'Unesco, Docip, Palais Wilson, HCDH, ONU, Ville de Genève, Canton de Genève, New-York, Union Européenne, Parlement Saami de Norvège, Sámediggi, Sametinget, Augosto Willemsen Diaz, Edith Ballantyne, Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones, Centre pour les droits de l'homme, Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, Pierrette Birraux, Mouvement pour la Coopération Internationale, MCI, René Longet, Sami Kanaan, Juan Eduardo Aguilar, Guarani, Jean-Bernard Münch, Commission suisse pour l'UnescoL'UNESCO* a décidé d'inscrire à son Registre international "Mémoire du Monde" les archives du DOCIP** concernant les prises de parole des représentants des peuples autochtones aux Nations Unies entre 1982 et 2015. La décision a été prise le 30 octobre. L'annonce en a été faite le 14 novembre à Genève. Il s'agit de plus de 22'000 textes dont la plus grande partie (80%) ont été numérisés, donc largement accessibles en cliquant > ICI. Le Docip est le gestionnaire de cette documentation, il n'en est pas le propriétaire. L'utilisation non commerciale du matériel en ligne est libre pour autant que la source soit mentionnée. La conservation "physique" des documents est assurée par la Ville de Genève. Une aide précieuse si l'on se rappelle qu'en 1987 un incendie avait dévasté le secrétariat du Docip, alors logé dans l'annexe, maintenant démolie, du Palais Wilson, le siège actuel du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme - HCDH. Le Docip avait pu récupérer la totalité des documents détruits auprès des instances de l'ONU.

La décision de l'UNESCO est une reconnaissance du travail effectué par le Docip depuis sa fondation en 1978. Un service demandé par des leaders autochtones venus à Genève, en 1977*** et 1978 pour les premières grandes conférences à l'ONU portant sur les discriminations dont les peuples autochtones sont l'objet.

Lors des rencontres onusiennes à Genève et à New-York, le Docip met du personnel, un secrétariat et de la documentation à disposition des délégations pour leur permettre de rédiger, traduire, imprimer les documents dont elles ont besoin. Le Docip ne prend pas position dans les débats. Il ne fait pas de lobbying. Il reçoit l'appui de l'Union Européenne, du Parlement Saami de Norvège, du Canton et de la Ville de Genève.

Le Docip a vu le jour grâce à l'ouverture d'esprit dont ont fait preuve ses fondateurs. Parmi eux, Augusto Willemsen Diaz (décédé le 15 décembre 2014), juriste guatémaltèque au Centre pour les droits de l'homme de l'ONU, absorbé plus tard par le HCDH. Et Edith Ballantyne, alors membre de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté.

En septembre 2013, le Docip a organisé un symposium*** au titre évocateur : "Peuples autochtones aux Nations Unies : de l'expérience des pionniers à l' ''empowerment" des jeunes générations". Réunion qui a permis aux jeunes leaders de rencontrer les anciens qui avaient lutté pour accéder aux instances de l'ONU. Une façon de donner une continuité à la mémoire autochtone.

La relation des Peuples autochtones avec l'ONU a suivi un parcours particulier, différent de celui des États et des ONGs. Un statut particulier qui a donné des résultats, même appliqués de manière très inégale, comme par exemple, la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones de 2007. La situation des peuples autochtones est toujours précaire. Leur cheminement aux Nations Unies a été bien expliqué par Pierrette Birraux lors d'un débat, organisé en mars 2012, par le Mouvement pour la Coopération Internationale – MCI, à l'occasion de son 50e anniversaire. Une intervention que l'on peut visionner sur Youtube.

Par son geste, l'UNESCO donne une plus grande audience aux Peuples autochtones. Et bravo au Docip !

                                                                                      ***

* UNESCO > Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture, dont le siège est à Paris.

** Docip - Centre de documentation, de recherche et d'information des peuples autochtones, créé en 1978. Son siège est au :106, route de Ferney, CH-1202 Genève. Tél. : + 41 (0) 22 740 34 33. Courriel : docip@docip.org , Site : www.docip.org

*** Voir sur ce blog, la note du 13 septembre 2013

Photo : © DoCip. Les délégués autochtones présents à la conférence de 1977. Cliquer sur la vignette pour agrandir l'image.

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera publiée dans le prochain "AYA Info" No 120, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 13, rue des Bossons - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2

07/05/2017

Brésil : Les violations des droits humains sont dénoncées à l’ONU

Brasil, Brésil, Amazônia, Amazonie, autochtones, indígenas, Brasilia,Genève, Palais des Nations, Examen Périodique Universel, Haut Commissariat aux droits de l’homme, OHCHR, HCDH, Michel Temer, Paulão, Comissão de Direitos Humanos e Minorias, CDHM, Câmara, Suíça, Genebra, APIB, Sônia Guajajara, Rede de Cooperação Amazônica, RCA, Dhesca, Plataforma de Direitos Humanos, Maranhão, Gamela, Antonio Costa, FUNAICe 5 mai, une délégation d'ONGs brésiliennes était à Genève, au Palais des Nations, pour dénoncer les violations des droits de l'homme dans le pays. Ceci à l'occasion de "l'Examen Périodique Universel", un processus des Nations Unies portant sur l'application des droits de l'homme dans chacun de ses États membres. Ce vendredi, c'était au tour du Brésil de passer son "examen".

Un "Evénement parallèle" a été organisé par cette délégation au cours duquel ont été dénoncées les violations des droits humains dans différents domaines : éducation, santé, sécurité alimentaire, justice et, bien sûr, celles qui concernent des peuples quilombolas* et indigènes. Les restrictions budgétaires appliquées par le gouvernement de Michel Temer ont été citées comme ayant de graves conséquences. À noter la présence à cette rencontre d'un représentant de la Mission du Brésil et surtout celle de Paulão (Paulo Fernando dos Santos), le Président de la Commission des droits humains et des minorités de la Chambre des députés. Le député a fait le voyage à Genève – selon plusieurs sources, contre la volonté du gouvernement - dans l'intention d'alerter la communauté internationale sur l'ampleur et la gravité des violations des droits humains sur le territoire brésilien.

Les peuples indigènes brésiliens étaient représentés par Sônia Guajajara, coordinatrice de l'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil – APIB. Les organisations indigènes ont préparé leur rapport sur la situation des droits humains à l'automne 2016 déjà. Parmi les documents envoyés au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, à relever celui réalisé par une large coalition d'organisations comprenant l'APIB, le Réseau de Coopération Amazonien – RCA et la Plateforme des Droits Humains – Dhesca Brésil**. Il concerne les peuples indigènes. Il porte sur les droits territoriaux; la protection des droits à la vie; la protection des leaders indigènes et des défenseurs des droits humains; la protection des droits sociaux; la mise en œuvre du droit à la consultation libre, préalable et informée et sur le cadre légal et institutionnel de défense et de protection des peuples indigènes.

L'urgence de cette protection est illustrée par un événement récent survenu le 30 avril dans l'État du Maranhão. Un groupe d'Indiens Gamela a été attaqué par des hommes armés de machettes et d'armes à feu. Bilan : 22 indigènes blessés, certains gravement. C'est à Genève que la délégation a appris que le gouvernement avait mis un terme au mandat d'Antonio Costa à la tête de la Fondation Nationale de l'Indien – FUNAI. Il avait été nommé en janvier dernier. Une crise supplémentaire...

Les textes du Haut Commissariat se rapportant au Brésil sont accessibles en cliquant <ICI>.

                                                                           ***

* Les communautés quilombolas sont composées de descendants de Noirs marrons. ** Voir le rapport "A situação dos direitos humanos dos povos indígenas no Brasil", "Sumário das Recomendações por temas" et "Recomendações enviadas. »

Photo © B. Comoli : la délégation d’ONGs brésiliennes lors de « l’événement parallèle » du 5 mai au Palais des Nations. Tout à gauche, Sônia Guajajara, représentante de l’APIB. Cliquer sur la vignette pour agrandir l’image.

Ci-dessous : une video enregistrée par une vingtaine d’artistes brésiliens (dont Gilberto Gil) qui interprètent une chanson intitulée « Demarcação Já !» (Démarcation maintenant !) présentée lors du « Campement Terre Libre » qui a eu lieu du 24 au 28 avril dernier et qui a rassemblé 4’000 indigènes de tout le pays. (Voir sur ce blog, la note du 29 avril dernier).

 

PS : L'activation des liens hypertextes (en bleu) renvoie à une partie des sources utilisées pour la rédaction de cette note. Ces sources, permettent d'en "savoir plus".

Cette note sera reprise dans le prochain "AYA Info" No 116, le bulletin de l'association "Appui aux indiens Yanomami d'Amazonie" - AYA / 15, Chemin de la Vi-Longe - CH - 1213 Onex / Genève - CCP 17-55066-2